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Singxer DAC SDA-1 : solidité, sérieux, conception audiophile et restitution sonore de qualité !

Pas de multiples boutons permettant quantité de réglages, pas d'affichage occupant la moitié de la façade, mais un certain nombre de LED surmontées d'une indication comme ce fut courant au début de l'ère des convertisseurs numérique analogique, tel se présente le DAC Singxer SDA-1. Rien vraiment qui ne mette extérieurement en évidence un appareil usant de techniques sophistiquées.

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 24 juin 2018
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En effet, s'il se présente de manière presque banal, le DAC Singxer SDA-1 cache son jeu car son électronique a demandé deux années de développement et a été peaufinée dans les moindres détails, et surtout, les signaux audio numérique, quelle que soit l'entrée utilisée, subissent un traitement maison réalisé par un puissant circuit programmable Xliinx, améliorant, selon le constructeur, tous les paramètres de ceux-ci.

Effectivement, nous avons découvert une électronique sophistiquée dont certains aspect ne laisseront pas indifférents les audiophiles, l'alimentation en particulier. Cependant, comme l'expérience nous l'a souvent démontré, le traitement des signaux numériques (à relativement forte dose, comme c'est le cas ici) est une arme à double tranchant, et pour notre part nous préférons que les signaux restent en mode natif.

Ainsi, vous découvrirez à la fin de ce banc d'essai que les résultats sonores, s'ils nous ont semblé de qualité, nous ont aussi paru avoir subi quelques modifications de caractère qu'il appartiendra à chacun d'apprécier.


Présentation

Sobriété, fonctionnalité et solidité, tel est le résumé que l'on peut faire de la présentation du DAC Singxer SDA-1. Son boîtier est entièrement réalisé en aluminium anodisé noir satiné présentant une bonne épaisseur.


La marque et la référence de l'appareil sont sérigraphiées à l'extrémité de la partie gauche de la façade tandis qu'à l'opposé on trouve deux boutons de commande (sélecteur d'entrée et mise en fonction du silencieux) encadrés par deux groupes de LED bleues. Celui de droite indique les fréquences d'échantillonnage PCM de 44,1 kHz à 384 kHz (en revanche nous n'avons pas trouvé d'informations pour le DSD). A gauche des boutons, la rangée de Led du bas indique la source sélectionnée et celle du haut le verrouillage du DAC sur un signal numérique, une indication PLL (boucle à verrouillage de phase, mais à quelle occasion ?), et l'indicateur de silencieux.

A l'arrière de l'appareil on trouve cinq entrées numérique, la désormais classique USB B, deux entrées S/PDIF électriques, deux asymétriques, une sur prise Cinch et l'autre sur connecteur à baïonnette (BNC), une aux standard professionnel AES/EBU sur prise symétrique XLR, et enfin une entrée I2S sur prise HDMI dont on peut modifier l'affectation des broches par une série d'interrupteurs de type dipswitch accessibles depuis le fond du boîtier. Cette entrée I2S est configurée d'origine pour fonctionner avec le bridge USB SU-1 XMOS de la marque possédant, entre autres, une sortie I2S sur connecteur HDMI.


Les sorties audio analogiques standards sur connecteurs Cinch cohabitent avec des sorties symétriques sur connecteurs XLR et leur niveau est fixe.

Réalisation

Intérieurement, la réalisation du DAC Singxer SDA-1 n'a rien à envier à celle de l'extérieur. C'est du sérieux, à commencer par l'alimentation qui utilise deux transformateurs toroïdaux, l'un de facture classique maintenu sur le fond de boîtier par un ensemble de rondelles en métal et caoutchouc solidarisées par un boulon bloqué par un écrou, les deux étant partiellement enduits de vernis de blocage, l'autre transformateur étant un modèle toroïdal moulé d'origine Talema à montage sur circuit imprimé.


Le modèle standard, de plus forte puissance, sert à fabriquer les tensions nécessaires aux nombreux circuits analogiques tandis que l'autre est réservé pour les tensions destinées aux circuits numériques. On peut voir sur la vue ci-dessous que le filtrage n'est pas pris à la légère puisqu'on dénombre huit condensateurs électrochimiques de 2700 μF/25V, probablement répartis entre les tensions pur l'analogique et la tension pour le numérique et que chaque enroulement des deux transformateurs bénéficie de son propre pont de diodes moulé (petits blocs noirs à côté du connecteur blanc).


Ci-dessous, une vue globale beaucoup plus nette de la carte extraite de son boîtier après avoir dessoudé les fils des entrées S/PDIF dont les connecteurs BNC et coaxial étaient solidaires de la face arrière. On peut voir que cette carte est réalisée avec grand soin et que les divers blocs fonctionnels sont logiquement disposés.


La réception des signaux numériques provenant des diverses entrées ainsi que leur traitement préalable sont regroupés dans la zone que l'on peut voir sur le visuel ci-dessous. On remarquera déjà que la partie réception USB, dont le cœur est un processeur USB XMOS Xcore 200, est isolée galvaniquement (pas de potentiels électriques communs) du reste de la carte par différents circuits, dont des isolateurs Silicons Labs Si8660BA (six canaux) et Si8620BBB (deux canaux) qui enjambent une zone du circuit où le cuivre a totalement été retiré sur les deux faces.


De même, les deux entrées S/PDIF sont isolées par des transformateurs adaptateurs d'impédance qui assurent un transfert optimal des signaux. Les signaux différentiels de l'entrée AES/EBU sont traités par un récepteur différentiel à haute vitesse Texas Instruments LVDS33. L'aiguillage et l'extraction du bus I2S de ces signaux sont assurés par un transceiver (émetteur-récepteur) Asahi Kasei AK4118 (24 bits à 192 kHz), situé sur la gauche des transfos S/PDIF sur le visuel.

Vient ensuite un FPGA Xilinx qui, selon la fiche produit d'Audiophonics se charge du système d'horloge et du traitement du signal audio numérique. Pour abaisser le jitter de l'USB c'est pas moins de quatre horloges indépendantes qui interviennent (utilisant des oscillateurs à 22,579 MHz, 24,576 MHz, 45,158 MHz et 49,152 MHz, que l'on peut voir sur la gauche du Xilinx, regroupés deux par deux, NDLR). Une boucle à verrouillage de phase hybride numérique-analogique haute performance (un 74HCT9046A située entre les deux groupes d'oscillateurs, NDLR) permet elle d'améliorer la synchronisation et la récupération de l'horloge. Côté I2S c'est le FPGA Xilinx et la technologie de synchronisation de la source qui permet d'ajuster le signal isolé, éliminant le jitter de la puce d'isolation.

Ci-après, un visuel de la partie conversion numérique analogique et filtrage symétrisation des signaux analogiques où l'on peut déjà remarquer, sur la gauche, les deux régulateurs de tension dédiés à l’alimentation symétrique des circuits traitant ces derniers, un LM2941S (tension positive) et un LM2991S (tension négative), provenant tous deux de chez National Semiconductor, ainsi que quatre condensateurs électrochimiques de filtrage de 470 μF/25V.


Un peu plus haut sur la droite se trouve la puce de conversion numérique analogique, un modèle Asahi Kasei AK4490 compatible avec les signaux PCM jusque 32 bits à 384 kHz et DSD jusqu'au DSD256. Ce circuit sortant des signaux différentiels en tension (signaux identiques mais de sens de variation opposés), ceux-ci sont confiés à quatre filtres actifs organisés autour de quatre amplificateurs opérationnels simples à faible bruit de type NE5534.

Ensuite, quatre amplificateurs opérationnels à hautes performances National Semiconductor LME49720 donnent du gain aux signaux et les symétrisent. Les signaux, symétriques ou asymétriques, parviennent ensuite aux sorties XLR ou Cinch au travers de relais de marque Omron.

Le micro contrôleur de gestion de l'électronique STMicrelectronics STM32 prend place sur la carte montée le long de la façade où se trouvent également les deux boutons de commande et les LED de signalisation.

Ecoute

La restitution sonore offert par le DAC Singxer SDA-1 est plutôt du genre solide et charpentée, mais elle n'en oublie pas pour autant les détails d'une interprétation. Ainsi, avec les Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine de Vivaldi par Rinaldo Alessandrini dirigeant le Concerto Italiano on a un peu l'impression que cet ensemble baroque ainsi que les solistes et les chœurs ont pris quelque consistance mais on reconnaît fort bien la pâte sonore et la vivacité musicale de l'ensemble qui se laisse apprécier avec une présence qui n'usurpe pas son appellation.

Cette restitution réussit plutôt très bien à la Symphonie N°6 de Dvořák par Yannick Nézet-Séguin dirigeant le London Philharmonic Orchestra (version Hi-Res 24 bits à 96 kHz) dont la densité d'origine se trouve encore renforcée et engendre parfois un climat plus sombre que d'origine, comme on en rencontre surtout dans certaines œuvres plus tardives du compositeur, une sorte d'anticipation par électronique interposée.

Pour sûr, on n'avait jamais encore entendu le titre quasi-mystique Isn't It A Pity de l'album All Things Must Pass de George Harrison avec une telle puissance émotionnelle, presque un magma psychédélique emportant l'esprit hors du monde réel sans usage d’hallucinogènes. Pas mal du tout et sans risque pour la santé !

Et, pour terminer, si You Want It Darker un maximum, la chanson ouvrant l'ultime album du regretté Léonard Cohen, pas de problème vous serez comblé par une restitution sonore d'un noir profond et très prenant.

Pour conclure, le DAC Singxer SDA-1 se montre sérieux sur toute la ligne, y compris musicale. Usant de techniques de traitement évoluées et d'une réalisation sans compromis, il offre une restitution sonore de qualité mais qui a quelque peu tendance à accentuer les traits graves qui peuvent être contenus dans la musique.

Caractéristiques techniques
Site constructeur
Contact
Installation driver (driver dans pièces jointes)


Nos remerciements à Audiophonics pour le prêt du DAC Singxer SDA-1.

Capacités de lecture

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