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Octavio, le lecteur réseau qui modernise votre système Hi-Fi vintage

Par ALBAN AMOUROUX |

Octavio est une jeune société française qui s’est lancée sur le créneau de la Hi-Fi connectée. Leur premier lecteur réseau ultra-simple permet d’envoyer votre chaîne dans le monde de l’audio 2.0. L’Octavio, qui porte le même nom que l’entreprise, se présente sous la forme d’un mini-boîtier aux capacités Hi-Res à relier à l’entrée d’un amplificateur ou d’une paire d’enceintes actives. Un produit parfaitement dans la tendance du moment.

Cette start-up de l’audio basée dans le Nord existe depuis un peu plus de trois ans. L’idée qui a dirigé cette création suit un objectif vertueux : permettre à tout un chacun de profiter de la musique connectée tout en évitant de remplacer ou de jeter totalement son équipement existant. Plutôt que de remplacer un amplificateur intégré équipé seulement d’entrées analogiques et numériques par un équivalent avec une liaison réseau, Octavio se propose d’apporter cette connectivité à travers un appareil minuscule.

Il y a donc une idée d’anti-obsolescence dans le discours d’Octavio. Nul besoin d’ajouter encore des appareils aux montagnes d’électronique à recycler, puisque vos équipements, même les plus anciens, peuvent bénéficier des dernières technologies. Octavio s’est donc concentré sur cette valeur ajoutée, en écartant les fonctionnalités inutiles et en facilitant la mise en œuvre. Pour ceux qui n’auraient déjà plus de chaîne Hi-Fi, Octavio prépare un amplificateur connecté pour l’an prochain auquel il suffira de relier vos enceintes préférées quels qu’en soient le modèle et l’ancienneté.

Caractéristiques

● Prix : 149 €
● Échantillonnage : 192 kHz / 24 bits
● Protocoles : UPnP/DLNA
● Connectivité : Wi-fi N, Bluetooth 5.0, 1x sortie mixte analogique mini-jack/numérique optique
● Autres : alimentation 5 volts USB-C, 1x câble audio au choix
● Dimensions (l x p x h) : 118 x 64 x 21 mm
● Poids : 480 g 

Présentation générale de l’Octavio

Avant de détailler l’appareil, précisons que le positionnement de l’entreprise se retrouve dès l’ouverture de la boîte. Celle-ci est en carton recyclé et imprimée avec de l’encre écologique, tout comme le guide de démarrage. La fabrication n’est pas aussi léchée que celle des emballages de certains produits haut de gamme, mais Octavio respecte à la lettre son cahier des charges. Par ailleurs, le produit lui-même est réalisé à partir de plastiques recyclés.

Il se présente sous la forme d’une petite barquette de 11 sur 4 centimètres. La partie inférieure, la coque, est blanche tandis que le capot supérieur est noir. Le logo est tampographié au centre, entouré de deux touches sensitives pour passer à la piste suivante et pour mettre en pause la musique. L’Octavio repose sur quatre pieds en caoutchouc qui cachent les vis d’assemblage.

La connectique en face arrière est minimaliste. Elle comprend une seule sortie audio mixte. En effet, elle accepte aussi bien une fiche mini-jack 3,5 mm qu’un connecteur optique mini Toslink. A ce propos, Octavio laisse le choix au moment de la commande entre un cordon analogique ou un cordon optique, inclus dans la boîte.

Le port USB-C sert uniquement à l’alimentation de l’appareil. Un transformateur 5 volts type chargeur de smartphone est fourni. Normalement, tout est là pour relier l’Octavio et en profiter immédiatement.

Le bouton entre les deux connecteurs sert à l’appairage Bluetooth. Il manque seulement une LED d’état quelque part sur le produit afin de confirmer que ce dernier est bien alimenté. Il n’y a donc aucune indication, et encore moins d’afficheur. L’Octavio est si petit qu’il peut se cacher derrière un amplificateur. Il n’y a donc aucune nécessité d’intervenir sur l’Octavio : tout se passe via l’application mobile.

Le lecteur réseau Octavio est entièrement développé en France et fabriqué pour la plupart de ses éléments dans l’Hexagone. La carte de gestion interne est propriétaire. Elle est complétée par une carte réseau Linkplay déjà présente dans de nombreux produits concurrents.

Fonctionnement de l’Octavio

Une fois le lecteur branché pour la première fois, il bascule automatiquement en mode d’installation. Il suffit de télécharger l’application mobile pour démarrer la procédure. En prenant bien soin d’activer le Bluetooth sur votre smartphone, vous verrez alors apparaître le lecteur automatiquement reconnu. Il faut ensuite entrer les informations de votre réseau wi-fi qui seront transmises à l’Octavio. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et l’installation est déjà terminée.

Une fois sur la page d’accueil listant les appareils Octavio présents sur le réseau, on reconnaît immédiatement l’esthétique des applications utilisant un moteur Linkplay, comme c’est le cas chez Triangle ou Audio Pro par exemple. Chaque fabricant repeint l’application à ses couleurs, ici en noir et blanc pour Octavio. La société travaille actuellement au développement de sa propre application dont nous avons déjà pu voir quelques écrans en avant-première. Totalement inédite, elle visera la simplicité avec une interface pratique et épurée. Cette application fonctionnera en UPnP, ce qui signifie qu’elle pourra être utilisée pour piloter les appareils d’autres marques.

Pour l’instant, l’application existante récemment mise à jour fonctionne via trois écrans principaux. Le premier permet de parcourir les différentes sources de musique. C’est ici que se trouve l’accès direct à Qobuz intégré nativement. Il y a également la possibilité de lire la musique stockée dans son smartphone ou dans un dossier partagé sur son réseau domestique, d’accéder aux radios web et de basculer en lecture Bluetooth. Le moteur de recherche et les favoris sont accessibles depuis cet écran.

Le second écran liste les lecteurs Octavio présents sur le réseau, le troisième donne accès à quelques paramètres de l’app très limités. L’écran de lecture en cours est accessible via un bandeau omniprésent. Il affiche la jaquette, le titre et l’artiste ainsi que les informations sur la qualité du fichier en cours. Il est possible de piloter la lecture et de contrôler le volume.

A l’écoute

Le streameur Octavio a été relié en optique à un préampli/DAC Pro-ject Pre Box S2 devant un amplificateur Parasound et des enceintes de bibliothèque Dynaudio. Grâce à l’afficheur du DAC, nous avons pu vérifier la fréquence d’échantillonnage délivrée par l’Octavio. Depuis l’app, nous avons retrouvé toutes nos playlists de test Qobuz et nous avons enchaîné les morceaux avec satisfaction. L’application est intégrée de façon complète avec un accès à toutes les sélections, les nouveautés, les playlists… En cours de lecture, les informations comme la discographie et la biographie de chaque artiste sont bien présentes. La possibilité de compléter et de modifier ses playlists Qobuz est également proposée.

L’objectif de l’Octavio est de délivrer la musique en streaming le plus simplement possible. Sans en altérer les qualités bien entendu puisque la lecture en Hi-Res est assurée. A l’écoute de la symphonie No. 4 de Brahms en ré mineur par l’Orchestre symphonique de Pittsburgh, nous retrouvons une restitution suffisamment large pour remplir tout l’espace entre les deux enceintes. Les timbres sont respectés sur tout le spectre sonore, ce qui permet de suivre les différents pupitres sans effort. La dynamique est prenante, même si elle est forcément un peu plus tassée par rapport aux meilleurs lecteurs réseau passés entre nos mains valant parfois dix à vingt fois le prix de l’Octavio.

Il est un domaine dans lequel le lecteur Octavio ne met aucun voile, c’est le traitement des basses fréquences. Sur le titre Sumthin’ Sumthin’ issu de l’album Urban Hang Suite de Maxwell remastérisé, la batterie comme la basse s’en donnent à cœur joie. Ce qui permet de ressentir toute la puissance de ce morceau. L’Octavio délivre un message entraînant, ce qui n’est pas forcément une généralité avec tous les streameurs, parfois écourtés dans les extrêmes.

Terminons avec des cuivres, comme le saxophone de Chelsea Carmichael sur son premier album sorti récemment, The River Doesn’t Like Strangers. Un peu jazz, un peu pop, un peu reggae, les autres instruments entourent un saxo central au timbre conforme. Les micro-informations ouvrant l’espace sont bien présents. Toutefois, les plus exigeants seront en attente d’un peu plus d’aération et de présence de chaque instrument. Le message est cohérent et chaleureux avec l’Octavio, c’est tout ce que l’on attend ! Il ne peut évidemment pas rivaliser avec des produits haut de gamme qui feront la différence sur la précision et l’ouverture de la scène.

Les + :
Encombrement minimal
Efficacité maximale
Respect des timbres sur tout le spectre
Poids dans les basses fréquences
Qobuz intégré en Hi-Res
Sorties analogique & numérique

Les - :
Il manque une petite LED d’état

Conclusion

Réduire l’obsolescence, donner une seconde vie, ce sont les termes employés par l’entreprise Octavio pour sa communication autour de son produit. Autant dire que le pari est réussi. Ce tout petit lecteur réseau se branche sur n’importe quelle chaîne Hi-Fi qui ne serait pas encore connectée : il lui apporte Qobuz en Hi-Res sur un plateau pour un coût modique. Vous pouvez même les multiplier dans la maison pour faire de la diffusion multipièce. Les qualités sonores sont celles qu’on peut attendre d’un streameur de ce niveau. Il va même assez loin dans le respect des plus basses fréquences. Évidemment, il lui en manque un peu pour rivaliser avec les lecteurs réseau de référence. Mais ce n’est pas le propos. Le but d’Octavio est avant tout de permettre au plus grand nombre d’accéder à la musique dématérialisée sans bouleverser ses habitudes et en évitant de jeter des appareils devenus obsolètes. Nous confirmons que l’Octavio leur donne bien une seconde vie.