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Arcam SA10 : un bel appareil qui nous a laissés un peu sur notre faim...

Si les petites marques chinoises ont investi le créneau des amplificateurs à découpage avec des réalisations aussi peu chères que performantes, les grandes marques institutionnelles de Hi-fi continuent pour la plupart à miser sur l'amplification analogique, comme Arcam avec son nouveau modèle SA10. Il est beau, auréolé du prestige de la marque, mais qu'en sera-t-il au final ?

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 19 octobre 2018
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Qobuz

C'est en tout début d'année 2018 que le constructeur britannique Arcam a dévoilé ses nouvelles réalisations en matière de Hi-Fi. Il s'agit de deux amplificateurs, les SA10 et SA20, connectables au réseau pour être pilotés par l'application Arcam Control, disponible uniquement pour iOS, et intégrables dans un réseau domotique grâce à une connexion RS232, et d'une nouvelle source, un lecteur de CD/SACD avec lecteur réseau, le CDS50, compatible avec l'application Arcam MusicLife intégrant Qobuz en Hi-Res.

Les amplificateurs, qui revendiquent le label HDA (High Definition Audio), disposent tous deux des mêmes fonctionnalités, entres autres trois entrées numériques S/PDIF, mais se distinguent par leurs technologies d'amplification, classe A/B pour le SA10 délivrant 2 x 50W/8Ω et 2 x 85W/4Ω, et classe G pour le SA20 délivrant 2 x 80W/8Ω.

Voyons maintenant ce qu'il en est dans les détails de cet amplificateur Arcam SA10 au travers de son banc d'essai.


Présentation

L'amplificateur Arcam SA10 adopte un design moderne et agréable, aux lignes plus douces que les gammes antérieures du constructeur. De même, le coloris anthracite satiné du coffret et de la façade en aluminium n'est pas repris pour les touches et le bouton de volume, adoptant un gris argenté moyen satiné, avec un résultat visuel que nous trouvons réussi.


A côté du gros bouton de volume sont situées deux prises Jack 3,5 mm, la première pour pour brancher un casque et la seconde pour raccorder une source auxiliaire, comme un smartphone par exemple. Sous l'afficheur centrale, pouvant diffuser un bon nombre d'informations en caractères bleus visibles d'assez loin, se trouve une rangée de touches dont la plus à gauche met en service le mute tandis que les autres correspondent aux différentes sources, analogiques comme numériques, disponibles. Enfin, à droite on peut voir l'interrupteur de mise en marche et sa diode multicolore, rouge en veille, orange pendant la phase d'initialisation, puis bleu ciel lorsque l'appareil est en fonctionnement. La mise en veille ne peut être obtenue que depuis la télécommande à rétro éclairage ou l'application Arcam Control, tandis que le réveil ne se fait que depuis la télécommande ou en utilisant de nouveau ce bouton comme interrupteur en mettant le SA10 hors tension puis à nouveau sous tension.

Connectique

A l'arrière de l'amplificateur Arcam SA10 on trouve une prise secteur deux pôles et un sélecteur de tension. Une prise RJ45 permet le raccordement filaire au réseau (pour le pilotage par l'application Arcam Control, uniquement disponible pour iOS) et jouxte un connecteur RS232 pour une utilisation domotique de cet appareil ou le raccordement à un ordinateur. La mise à jour du firmware se fait depuis une clef USB branchée sur la prise USB A. Trois entrées numériques S/PDIF, une optique et deux coaxiales, sont aussi présentes.


On dispose également de trois entrées analogiques linéaires et d'une entrée phono, avec sa borne de mise à la masse, pour une platine vinyle équipée d'une cellule à aimant mobile (MM : Movin Magnet), ainsi que d'une sortie pré amplifiée (à niveau variable). Enfin, deux paires de borniers pour brancher les enceintes acceptent les fiches banane comme les fils dénudés.

Réalisation

Un grand circuit, à la densité de composants assez faible et très proprement réalisé, occupe la surface entière du boîtier de l'amplificateur SA10, au moins cela permet-il de ne pas avoir de cartes à interconnecter entre elles avec diverses nappes de fils généralement assez disgracieuses. Le circuit de la façade, accueillant l'affichage est les commandes est relié de manière très discrète au circuit principal par un circuit souple protégé sur une grande partie de sa longueur par de la gaine thermorétractable. L'alimentation de veille utilise un petit transformateur moulé monté sur la carte principale et un relai commutant le secteur sur le transformateur toroïdal.


L'alimentation, conçue de manière très traditionnelle utilise un gros transformateur toroïdal dont les enroulements secondaires à point milieu sont redressés par un pont de diodes de puissance fixé sur un sérieux radiateur en aluminium à ailettes commun aux éléments ayant de la chaleur à dissiper, dont les modules de puissance et les régulateurs ajustables destinées à fournir des alimentations stables aux amplificateurs opérationnels qui sont utilisés en grand nombre. Deux condensateurs électrochimiques de 10.000 μF/63V sont chargés de filtrer les tensions redressées et sont placés au plus près de la partie amplification. Sur leur droite se trouve l'amplificateur pour casque qui utilise des amplificateurs opérationnels à faible bruit de la série SoundPlus™ de Texas Instruments conçus pour fonctionner comme amplificateurs pour casque.

Sur le visuel ci-dessous, on peut voir la puce d'interface avec le réseau, un émetteur récepteur Texas Instruments DP83848, et, juste à sa droite un circuit MAX232, Texas Instruments également, pour la gestion de l'interface RS232. Au-dessus de ces deux circuits se trouve le micro contrôleur qui les gère, ainsi que le reste de l'électronique de la carte, et aussi sa mémoire programme effaçable électriquement pour faire les mises à jour du firmware.


La partie droite regroupe la puce de conversion numérique analogique, un modèle ES9016K2M Sabre du fabricant ESS. Elle utilise le processus propriétaire Hyperstream qui recalcule sur 32 bits à haute fréquence d'échantillonnage tous les signaux audio numérique entrants, quels qu'ils soient, ainsi que la technologie Time Domain Jitter Eliminator. Il accepte les signaux PCM, DSD et aussi S/PDIF, ce qui est le cas ici puisque c'est lui qui traite les entrées coaxiales et optique, celles-ci étant auparavant commutées par un circuit 74HC151, un sélecteur huit entrées numériques vers une sortie.

Les signaux des sorties en tensions différentielles du convertisseur ES9016K2M sont ensuite nettoyés par des filtres actifs construits autour d'amplificateurs opérationnels à hautes performances développés pour l'audio LME49723 National Semiconductor puis référencés au 0V par une puce du même type. On peut également voir un amplificateur opérationnel LME49721, aux performances proches du LME49723 mais fonctionnant avec une tension maximale de 6V et servant probablement en interface avec le micro contrôleur.

Les entrées analogiques sont sélectionnées par des commutateurs de types 74HC4051 et 74HC4052 (multiplexeurs/démultiplexeurs analogiques CMOS utilisant des transistors MOS fonctionnant en interrupteurs). Nous ne sommes pas parvenus à établir les rôles des amplificateurs opérationnels TL072 et OPA1652, quant au LME49723, il semblerait qu'il soit utilisé en tampon (buffer) avant le réglage de volume constitué d'un circuit intégré Burr-Brown PGA2311, les signaux lui parvenant soit de cette partie analogique, soit de la partie conversion numérique analogique, leur commutation étant assurée par le relais situé dans l'angle supérieur gauche.


On peut voir la partie phono dans l'angle inférieur droit dont la correction RIAA s'articule également autour d'amplificateurs opérationnels à hautes performances LME49723 National Semiconductor développés pour l'audio.

Pour l'amplification, Arcam a utilisé du tout fait puisque ce sont deux amplificateurs intégrés National Semiconductor LM3886 qui sont solidement fixés sur le radiateur chargé de les refroidir. Entre eux prend place un capteur de température plaqué efficacement sur le radiateur pour être en contact étroit avec celui-ci. De même, ces deux LM3886 sont précédés d'étages de pré amplification réalisés avec un amplificateur opérationnel double à faible bruit OPA1652 de la série SoundPlus™ de Texas Instruments. De bons composants certes, mais rien qui soit propre au constructeur, si l'on peut dire.


Les signaux amplifiés traversent ensuite une cellule anti oscillations composée d'une self et d'une résistance de puissance et ils sont commutés vers les enceintes par un relais acceptant de forts courants.

Ecoute

Afin de tester à la fois la partie conversion numérique analogique et l'amplification du SA10, nous avons connecté un Chromecast Audio à son entrée numérique optique et branché nos enceintes Triangle Antal Anniversary.

Et comme nous le faisons généralement quant une puce de conversion numérique analogique ESS est utilisée, nous choisissons des extraits musicaux particulièrement sensibles au traitement Hyperstream, à commencer par la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood.

Et la restitution que nous a offert le SA10 de cette œuvre s'est révélée fort bonne, pleine d'aération et de finesse, avec une large bande passante où les aigus ne manifestent aucun excès (il nous a même semblé que le tintement du triangle était un rien discret !), enfin bref, on est loin de ce que nous avons déjà pu entendre avec des puces ESS et c'est tant mieux.

Cette impression se confirme à l'écoute des Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine de Vivaldi par Rinaldo Alessandrini dirigeant le Concerto Italiano, restituées avec un bon suivi de la dynamique, une belle palettes de couleurs et de belles ambiances où orchestre et chœurs fusionnent de manière très heureuse et se déploient dans une image sonore large sans que l'on ait besoin de beaucoup de puissance, mais les attaques des cordes, si vives dans cette version et que nous apprécions tant, sont quelques peu gommées par l'électronique du SA10, sans que cela soit dramatique, soyez rassurés, mais nous estimons que cela fait partie de notre travail que de le dire. Sans doute cela est-il le fait de l'utilisation d'un certain nombre d'amplificateurs opérationnels, et aussi d'amplificateurs de puissance intégrés, donc d'éléments faisant usage de taux contre-réaction qui peuvent être élevés.

Avec les titres aux graves dévastateurs North Star et Silent Space de l'album Tale Of Us, le SA10 peut délivrer des niveaux élevés dans le grave mais leur fermeté et leur maîtrise laissent un peu à désirer quand on commence à pousser (les selfs en sortie ne sont certainement pas innocentes dans l'affaire car elles affectent l'amortissement des amplificateurs) et ce n'est visiblement pas la tasse de thé de cette british électronique (et encore, nous utilisons des enceintes qui sont plutôt assez bonnes dans ce registre et font 4Ω d'impédance, donc tirent cet amplificateur vers sa puissance la plus élevée).

Ça se passe beaucoup mieux avec les titres Wherever I Lay My Hat et Love of the Common People de l'album The Essential Paul Young où l'ensemble de la restitution se montre fort respectueux des titres en révélant toute leur richesse instrumentale avec un bon sous bassement de grave, tout comme est mise en valeur la voie si particulière, et si belle, de Paul Young. On notera aussi que la sortie casque fournit des résultats sonores très corrects.

En conclusion, pour parler en toute franchise (ce qui est quand même notre habitude), et pour connaître un peu les réalisations Arcam et en avoir déjà récompensées d'un Qobuzissime, nous espérions mieux de cet amplificateur SA10 tant d'un point de vue de la conception que des prestations sonores, d'autant que son tarif nous semble un peu élevé au regard de ces considérations. A acquérir par amour pour la marque et à réserver à l'écoute de musiques globalement pas trop expressives dans le grave.

Spécifications
Manuel d'utilisation (multilangue)
Site Arcam
Site PPL Audio (Importateur)

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