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Programme français à Berlin, à déguster dans les archives du Philharmonique

Par Berlingot |

Messiaen, Debussy et Duruflé, voilà les damoiseaux qu'abait élu Donald Runnicles pour composer son programme à la tête du Philharmonique de Berlin le 12 mars, à retrouver dans les archives de la Salle de concerts numérique

Bon, si le programme fut en effet exclusivement français, c'est bien par leur totale absence qu'y brillèrent les artistes français : le chef Donald Runnicles est écossais, deux des trois solistes - la mezzo Kelley o'Connor et le ténor Noel Bouley - sont états-uniens, tandis que la soprano Martina Welschenbach est allemande ! Mais ils ont su malgré cela nous donner La Damoiselle élue de Debussy dans une élocution d'autant plus parfaite que l'ouvrage fait la part belle au texte. Texte naturellement chanté en français quand bien même Debussy a mis en musique un poème originalement en anglais du poète et peintre anglais (répondant au nom diablement italien) de Dante Gabriel Rossetti. Pour mémoire, Rossetti qui fut l'un des fondateurs du mouvement préraphaélite dès les années 1850. Dès 1888 Debussy mettait le poème en musique (une musique encore très wagnérienne), même si l'orchestration définitive dut attendre 1902, témoignant de la considérable évolution de la texture orchestrale par rapport au matériau nettement plus conservateur. On sent que les Nocturnes, le Prélude à l'après-midi-d'un faune et surtout Pelléas sont passés par là...

La Damoiselle élue, détail du tableau de Rossetti

On pourrait s'imaginer que Donald Runnicles en pince pour les Requiems, puisqu'il a déjà dirigé le Philharmonique de Berlin dans ceux de Brahms, Berlioz et Britten. C'est maintenant celui de Maurice Duruflé qu'il a choisi, une œuvre de 1947 que le compositeur a sciemment placé sous l'influence de Fauré, en particulier dans le choix des textes sacrés : Pie Jesu, Libera me, In Paradisum y apparaissent comme dans le "modèle" fauréen. Runnicles choisira bien sûr la version pour grand orchestre - Duruflé avait établi trois versions, l'une pour orchestre complet, une deuxième pour un plus petit ensemble, une dernière pour orgue. Le concert débutait par une pièce de jeunesse de Messiaen, Hymne , écrite initialement en 1932 mais dont la partition fut perdue au cours de la guerre ; le compositeur reconstitua son ouvrage en 1946, sans doute avec modifications, de sorte que l'on ne sait pas exactement s'il s'agit à 100% d'une pièce de jeunesse ou plutôt d'un ouvrage d'après un travail antérieur ! A l'auditeur messianophile de décider.

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