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Chers disparus

Zoltán Kocsis est mort

Par Clotilde Maréchal |

Ambassadeur majeur de la musique de Bartók, le grand pianiste et chef d’orchestre hongrois s’est éteint à l’âge de 64 ans.

Zoltán Kocsis est décédé le 6 novembre 2016, dans sa ville natale de Budapest. C’est un géant du piano qui s’éclipse à seulement 64 ans. Son ami le chef Ivan Fischer qui co-fonda avec lui le Budapest Festival Orchestra (BFO) en 1983 a écrit sur sa page Facebook que Kocsis était un géant de la musique. « C’était un des rares génies. Et son influence sur sa génération est incommensurable. » Zoltán Kocsis avait subi une opération du cœur en 2012 et avait annulé, le mois dernier, tous ses concerts selon les recommandations de ses médecins. Avec ses compatriotes Dezsö Ranki et András Schiff, il complétait un triumvirat renversant de pianistes hongrois surdoués nés au début des années 50...

Le nom de Zoltán Kocsis est évidemment indissociable de celui de Béla Bartók – son compositeur fétiche – dont il a gravé l’intégrale des œuvres pour piano solo ainsi que les concertos. Au disque (essentiellement chez Hungaroton et Philips), il laisse aussi derrière lui des enregistrements remarqués d’œuvres de Debussy (ses Images de 1990 décrocheront le Gramophone Instrumental Award de l’année), Rachmaninov (superbes concertos), Liszt (« Le compositeur le plus moderne du XIXe siècle ! Bartók a beaucoup appris de lui. »), Wagner (via les transcriptions de Liszt mais aussi de lui-même), Mozart ou bien encore György Kurtág qui lui a dédié plusieurs de ses œuvres et qu'il a créées au quatre coins du monde.



Né en 1952, Kocsis avait posé ses doigts sur le clavier d’un piano à seulement trois ans. Il n’en a que huit de plus lorsqu’il entre au Conservatoire Bartók en 1963. Cinq ans plus tard, il est admis à l’Académie de Musique Franz Liszt où ses maitres sont notamment Pál Kadosa, Ferenc Rados et György Kurtág. Son talent explose durant la décennie 70. Il remporte le Concours Beethoven de la Radio Hongroise en 1970 et entame sa première tournée américaine l’année suivante. Le Prix Liszt en 1973 et le Prix Kossuth en 1978 viennent remplir l’étagère d’un jeune virtuose qui sera également par la suite un chef d’orchestre passionné mais aussi, à compter de 1987, un compositeur impliqué (« L’écriture est la marche suivante logique. »).



Zoltán Kocsis s’est évidemment produit avec les plus grands orchestres, de la Philharmonie de Berlin au Chicago Symphony Orchestra en passant par le San Francisco Symphony Orchestra, le New York Philharmonic, la Staatskapelle de Dresde, le Philharmonia of London ou bien encore la Philharmonie de Vienne. Avec Fischer, il lance donc en 1983 le BFO dont il sera le directeur artistique jusqu'en 1997. L’aura de la phalange magyare prendra alors une toute autre envergure. En 1997, Kocsis avait été nommé directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Hongrie… S’il citait Rachmaninov, Joseph Hofmann et Sviatoslav Richter (« Le plus grand de la seconde moitié du XXe siècle !) comme ses pianistes de chevet, il évoquait aussi son intérêt pour Guilels, Lipatti, Dohnanyi, Cziffra mais aussi Pollini.

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