Étant connecté à Facebook, l'article que vous êtes en train de lire est susceptible d'être partagé au bout de 10 secondes de lecture. Vous pouvez configurer ceci dans vos paramètres de services externes.
Bonne lecture!

De Bach au Jazz

Du 7 au 10 mai, le concours international De Bach au Jazz attire 115 jeunes pianistes issus de 23 pays. Soutenue par la Schola Cantorum de Paris cette initiative pédagogique de la pianiste et pédagogue Lilia Boyadjeva entraîne les candidats dans un itinéraire esthétique allant du baroque au contemporain en passant par le jazz.

Par Pierre-Carl Langlais | Nominations et Prix | 3 juin 2013
Réagir
Qobuz

La Schola Cantorum de Paris conjugue le passé au futur. Initialement conçue pour redonner vie aux chef-d’œuvre de la musique religieuse du moyen-âge et de la Renaissance, l’institution a directement contribué à l’évolution de la musique des XXe et XXIe siècles. Parmi ses élèves on compte des profils aussi différents que Isaac Alberniz, Erik Satie, Edgard Varèse ou Cole Porter.

Le concours de piano international « De Bach au jazz » perpétue cet art délicat de la transmission. Conçu par la pianiste et pédagogue franco-bulgare Lilia Boyadjieva, il prolonge l’existence des œuvres anciennes dans la création la plus actuelle.

Organisé du 7 à 10 mai, l’événement a fédéré 115 participants venus de 23 pays. Un public nombreux est venu apprécier ces jeunes interprètes regroupés en plusieurs classe d’âge (à partir de 6 ans). Un jury cosmopolite, présidé par le directeur de la Schola Cantorum, Michel Denis, était chargé de l’attribution de 8000 euros de prix — dont 1500 au titre du prix Nathalie, qui récompense la meilleure improvisation de jazz.

Les épreuves reposent sur un principe pédagogique stimulant : le croisement de plusieurs styles et époques. Selon les groupes d’âge, les élèves sont invités à jouer au moins une œuvre d’époque baroque, une œuvre d’époque classique ou romantique et une œuvre de jazz ou de musique contemporaine, d’où le nom du concours « De Bach au Jazz ». La succession de styles aussi différents nécessite de sortir des cadres imposés. Passant d’un paradigme musical à l’autre, l’élève ne peut se contenter de restituer une interprétation « canonique ». Il doit s’approprier pleinement la partition et en faire le lieu d’une véritable recréation.

Les enregistrements des concerts permettent de se faire une idée de l’efficacité de cette pédagogie.

Titulaire du prix Nathalie, le bulgare Nikolov Angel a élaboré une improvisation remarquable de la première Méphisto-Valse de Franz Liszt. L’œuvre se prête bien à une telle relecture : ses rythmes pointés nerveux lorgnent par anticipation vers le blues. Angel propose notamment une vision surprenante du thème « un poco meno messo » (parfois qualifié de thème de Marguerite) : il se métamorphose graduellement en slow enjôleur et décalé. S’ensuivent de fréquents traits d’humour, volontiers parodiques, qui ne manquent pas d’être appréciés par l’audience.

Sur un versant plus classique, le grec Destounis Konstantinos a reçu le premier prix du groupe G pour un autre opus lisztien, Après une lecture de Dante. Dès les premières mesures, le ton est posé : les accords se succèdent sur un rythme inexorable. Konstantinos maîtrise à merveille l’art de la tragédie musicale, cette idée, difficile à transmettre, que tout est déjà joué d’avance. Dès le début, la fin, inévitable, s’annonce : « Toi qui entre ici abandonne toute espérance ». Les repos apparents sont de courte durée : à peine un thème nouveau est-il amorcé que la folle mécanique repart de plus belle. L’instrument pianistique se fait rarement aussi sombre.

Pour plusieurs interprètes primés, l’aventure ne s’arrête pas là. Ils sont inscrits d’emblée à l’Académie Internationale de Piano de Poros. Du 19 au 31 août 2013, ils pourront donner la pleine mesure de leur talent dans le cadre si esthétique de cette île égéenne.

Liens externes

De Bach au Jazz

Schola Cantorum

Votre avis

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters