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Trifonov/Rachmaninov, destination finale

Avec l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Yannick Nézet-Seguin, le virtuose russe boucle sa belle intégrale des concertos pour piano de Rachmaninov...

Par Elsa Siffert | Vidéo du jour | 3 novembre 2019
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Le voyage de Daniil Trifonov à travers l’univers de Rachmaninov s’achève avec Destination Rachmaninov: Arrival que publie Deutsche Grammophon. Le pianiste est arrivé à bon port avec l’Orchestre de Philadelphie de Yannick Nézet-Seguin. Ce finale a été inspiré par la permanence des cloches dans le paysage sonore de la Grande Russie.

Alain Corbin a dit leur importance dans la scansion rythmique et symbolique du quotidien de la France au XIXe siècle dans son ouvrage Les Cloches de la Terre.



Le témoignage du pianiste, qui a grandi à Novgorod, comme Rachmaninov, rejoint les analyses de l’historien. À la différence près que les cloches ont donné à la musique russe sa noblesse teintée de nostalgie populaire.

Daniil Trifonov s’en souvient, particulièrement dans sa transcription pour piano du premier épisode des Cloches. Il a su respecter la puissance opératique de la partition et la splendeur de son orchestration : harpe, célesta et flûtes se sont véritablement transformés en cloches sous les doigts du musicien qui n’a pas oublié l’aura d’inquiétante étrangeté (Edgar Poe n’est pas loin) qui enveloppe le premier mouvement.



Sa technique épouse tous les caprices de son imagination, qu’il a bouillonnante. Si l’on s’ennuie un peu dans la Vocalise, les premier et troisième Concertos font tour à tour frissonner d’extase et pleurer de plaisir. Un très beau disque où l’orchestre, un brin distant peut-être, remplit sa mission de caisse de résonance du soliste.

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