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Paris - Chicago, vol direct

Avec "Moving Cities", le trompettiste Antoine Berjeaut et le batteur Makaya McCraven signent un album de jazz pluriel surpuissant gorgé de groove avec en guest un certain Julien Lourau...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 6 décembre 2019
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6640 kilomètres séparent Chicago de Paris. Mais 53 minutes seulement suffisent à Antoine Berjeaut et Makaya McCraven pour relier les deux cités. Paru aujourd'hui, leur trip bouillant exclusivement composé de prises live a même un nom : Moving Cities.

On connaissait déjà les pérégrinations du batteur américain aux quatre coins du monde et notamment avec ses confrères de l’effervescente scène londonienne, mais cette fois, Makaya croise le fer avec une poignée de Gaulois parmi lesquels le trompettiste parisien donc mais aussi le sax-empêcheur de tourner en rond Julien Lourau, Arnaud Roulin aux synthés et le guitariste Guillaume Magne. Deux autres Américains (Matt Gold à la guitare et Junius Paul à la basse, proches de Makaya) et un Italien (Lorenzo Bianchi Hoesch aux bidouillages électronique) viennent compléter un casting éclectique ne réunissant pas que des purs jazzmen. Ce qui tombe bien puisque le jazz qui résonne ici est viscéralement pluriel.



Antoine Berjeaut a toujours aimé brouiller les pistes comme sur son album Wasteland de 2014 sur lequel il conviait la plume et la voix de Mike Ladd. Cette fois, le torrent improvisé qu’il verse avec Makaya McCraven est un jazz adossé contre une épine dorsale rythmique maousse.

Première parution du label parisien I See Colors, Moving Cities suinte l’urbanité. De ce bitume et ces sous-sols desquels pousse une fulgurance de groove lancé à mille à l’heure. Le gang de ce disque, tête baissée, déroule un discours lorgnant parfois dans le rétro du Miles du début des seventies (période On the Corner/Big Fun).



Evidemment, la présence de Makaya rattache aussi cet album de l’œuvre du batteur (plus In the Moment qu'Universal Beings d'ailleurs).



Mais le discours de Berjeaut possède malgré tout sa propre singularité. Dans l’épure de son jeu. Et dans le mystère qu’il insuffle également à ses compositions. On sort surtout de Moving Cities le cerveau en ébullition et le corps chahuté par des forces occultes. Assez pour appuyer à nouveau sur la touche « play ».



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