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Maya Dunietz en quarantaine

Par Marc Zisman |

L'année de ses 40 ans, l'artiste et atypique pianiste de jazz israélienne signe un magnifique album habité par ses expériences diverses et ses rencontres multiples...

L’artiste totale ! Dans les formes. Dans les lieux. Née le 16 avril 1981 à Tel Aviv, Maya Dunietz ne compte pas canaliser ses créations puisque cet éclectisme la symbolise plus que tout. Une installation à base de milliers d’écouteurs au Centre Pompidou, un travail d’orchestration et d’édition de partitions de la compositrice éthiopienne Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, des piges pour John Zorn, Mike Patton, Evan Parker ou pour les allumés du groupe Cheveu, la pianiste, compositrice, chanteuse et artiste sonore suit ses envies et son instinct.

Ce Free the Dolphin encage 27 minutes de son art pluriel, sous la forme d’un beau voyage intimiste slalomant entre jazz, blues, folk et musique africaine, le tout porté par un piano lorgnant aussi bien vers Thelonious Monk et Erroll Garner que les vieux maîtres du stride. Un court autoportrait musical enregistré avec le batteur Amir Bresler et le bassiste Barak Mori et, sur deux titres, la trompette d’Avishai Cohen (Oddeta) et la voix de David Lemoine de Cheveu (The Wine of Love). Sans oublier, pour assembler le tout, Yuvi Havkin alias Rejoicer, producteur et musicien goûtu (membre de l’écurie Stones Throw) aussi à l’aise dans le hip hop que la drum’n’bass et fondateur de l’excitent label de Tel Aviv Raw Tapes sur lequel sort justement Free the Dolphin.

« J’avais besoin de sa créativité sans borne et de son énergie productive pour mettre en forme ces idées et en faire un album », précise Maya Dunietz. « Nous avons enregistré en un jour et demi. Les nuits précédentes, j’avais écrit quelques esquisses de compositions pour le trio, des choses très minimalistes, une mélodie par ici, un groove très simple par là. J’avais délibérément laissé de l’espace pour que Barak et Amir y ajoutent leurs couleurs et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Avant la session, Rejoicer et moi avons écouté des albums en trio à la recherche du son que nous voulions recréer pour cet album. Doctor Adir et Rejoicer, ont mené de sérieuses recherches sur la façon dont ces albums avaient été enregistrés, avec quels genres de micros, etc. Ce travail préparatoire a permis à l’album d’avoir ce son incroyable. » Un « son incroyable » pour un enregistrement de jazz hybride qui joue à cache-cache avec la tradition, tend d’improbables ponts entre ragtime et ethio-jazz et glisse au passage une version sépia du Lover Man indissociable de Billie Holiday.

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