Max Jury, moins country, plus groovy

Avec son 2e album, le songwriter américain offre une facette funky assez inédite...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 18 juin 2019
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Qobuz

Que fait-on après un premier album introspectif suivi d'une longue tournée qui vous permet de sortir de votre tanière ? Max Jury (dont le premier opus, éponyme, avait été salué en 2016 par la critique et sacré Qobuzissime) a choisi de tirer profit de l’expérience du live pour se renouveler musicalement, et surtout pour se tourner davantage vers le monde qui l’entoure.

Avec Modern World, son deuxième opus paru vendredi, le jeune natif de l’Iowa a mis sa country adorée un peu de côté pour la remplacer entres autres par des machines et autres effets jouant avec les sonorités du passé. Ces derniers montrent à la fois son obsession pour la musique d’une époque où il n’était pas né (celle de Randy Newman et Paul McCartney), et son désir de capter l’air du temps.

Avec son élégance suprême, un peu désuète et malgré tout très moderne, une chanson comme Gone montre avec évidence la dualité talentueuse de la démarche de Max Jury. Pour mettre cette couleur particulière en œuvre, le chanteur fut épaulé en studio par le producteur Robin Hannibal (Kendrick Lamar, Jessie Ware, Anderson .Paak).



Les ambiances soul, funk et jazz sont également très présentes, se fondant avec une grâce infinie au milieu de mélodies accrocheuses, concoctées par le jeune homme avec un soin extrême. Ses chansons parviennent souvent à allier rythmes dansant (Crime, Quicksand) et suavité aérienne (Primrose, et ses réminiscences enchanteresses d’une country ressuscitée par des techniques du XXIe siècle). En parlant de douceur, il faut ajouter que la voix androgyne de Jury participe grandement au phénomène quasiment vaudouesque que constitue cet album.



Quant aux paroles de Modern World, elles évoquent avec simplicité le sentiment d’angoisse qui caractérise sa génération, ainsi que les subterfuges dont elle use pour « éloigner les loups ». Sur des cocotes funk d’un autre temps, le refrain du single Modern World est très parlant à cet égard : « I'm living in the modern world/Jumping over modern hurdles/Drinking every night away/'Till we start again the next day ». L’ubiquité temporelle de Max Jury dans toute sa splendeur.

En 2016, à l'occasion de la sortie de son premier album Max Jury, Qobuz rencontrait le jeune Américain pour une interview et une session exclusives :



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