Jessica Pratt, la force tranquille

Le folk rêveur et virginal de la Californienne irradie son album "Quiet Signs"...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 8 février 2019
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À l'issue d'une répétition, une comédienne de théâtre assiste à la mort d'une fan hystérique, renversée par une voiture alors qu'elle regardait son idole s'en aller. Elle est bouleversée par cet incident qui la plonge dans un terrible désarroi. Cette scène interprétée par Gena Rowlands ouvre Opening Night de John Cassavetes. Un film de 1977 qui a lui aussi bouleversé Jessica Pratt au point de l’influencer sur son nouvel album Quiet Signs, dont le premier morceau s’intitule justement Opening Night

Ce troisième album de la chanteuse américaine aurait pu paraître en 1977, d’ailleurs. En 1968 ou 1973 aussi. Finalement, ce sera 2019. Être intemporelle n’étant pas à la portée de tous, Pratt profite de n’appartenir à aucun espace-temps pour mieux brouiller les pistes. Même sa voix, l’une des plus bouleversantes et étranges du moment, est un électron libre. Celle d’une fillette se confessant au père Noël ? D'une fée irréelle ? D'une vieille femme errant dans une ville fantôme ? Les trois à la fois sans doute…

Tout autour, la Californienne trentenaire tire des tentures de folk chambriste et dépouillé, qu’une simple flûte, une guitare acoustique, un orgue vintage, quelques cordes ou un piano viennent colorer. On pense à l'oubliée Linda Perhacs, à Vashti Bunyan, Sibylle Baier et Karen Dalton aussi. Beaucoup plus près de nous à Joanna Newsom. Bref, à toutes ces folkeuses, de la fin des 60's et du début des 70's pour la plupart, dotées d’organes irréels. La magie de Quiet Signs, quant à elle, est bien réelle.



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