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Coldplay voit double

Avec "Everyday Life", la bande Chris Martin publie un copieux double album alternant entre énergie positive et engagements offensifs...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 25 novembre 2019
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Depuis la création de Coldplay en 1998, son leader Chris Martin insuffle régulièrement des références à la religion dans ses chansons. Cette tendance semble atteindre son apogée avec Everyday Life, leur huitième album qui vient de paraître.

Dans de nombreux cas, ces élans de spiritualité se caractérisent par une douceur qui se répand sans emphase. C’est par exemple la simplicité d’un morceau guitare/voix/chants d’oiseaux (WOTW / POTP), ou celle d’une chanson gospel interprétée par huit chanteurs – et rien d’autre (BrokEn). Dans d’autres morceaux, au contraire, la couleur musicale et le propos sont plus lyriques, comme dans Church, When I Need a Friend, ou encore cet hymne en faveur de la paix, intitulé Arabesque. Notons dans ce dernier les interventions de Stromae (qui chante en français) et du saxophoniste nigérian Omorinmade Anikulapo-Kuti.

L’autre « grand » morceau de l’album est sans doute Orphans : sur une rythmique pop-rock planante typique de Coldplay, et accompagné par un grand chœur, Chris Martin chante pour les migrants et autres réfugiés déracinés.



Divisé en deux parties distinctes (Sunrise et Sunset), Everyday Life joue sans cesse avec l’idée du yin et du yang, à commencer par cette pochette énigmatique où l’on voit le quatuor posé comme des musiciens de fanfare d’une autre époque (un montage réalisé à partir d'une photo de famille de 1919 du guitariste de Coldplay, Jonny Buckland), à côté desquels se trouve un certain… Friedrich Nietzsche ! L’image figure à la fois à l’endroit et à l’envers.



Tout le long de l’album, Coldplay alterne énergie positive (le doux piano voix Daddy) et dénonciations offensives des maux de notre époque (Guns, avec sa guitare rock). L’album comprend enfin une chanson au titre et aux paroles atypiques (pour un album mainstream occidental du moins) puisqu’ils sont en arabe. Intitulé بنی آدم (littéralement : « fils d’Adam »), et débutant par une valse mélancolique au piano solo, le morceau s’inspire de Bani Adam, un texte écrit par le poète persan Saadi Shirazi. Les deux premiers vers de ce texte symbolisent d’ailleurs à eux seuls la pensée spirituelle et bienveillante de Chris Martin, en particulier dans cet album : « The children of Adam are the members of one another/Since in their creation they are of one essence ».

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