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Amy Winehouse, bête de scène

Par Marc Zisman |

Un magnifique tour d'horizon de la chanteuse soul britannique captée en live entre 2004 et 2009...

Presque dix ans après la disparition tragique et prématurée d’Amy Winehouse, malheureusement peu surprenante vu son train de vie, la BBC exhume une impressionnante somme d’enregistrements live de cette voix à part de la soul moderne. Il s’agit en fait d’une version copieusement augmentée de 24 titres d’At the BBC paru à l’origine en novembre 2012. Une voix qui ne doit pas être zappée d’un revers de manche, ni pour cette vie chaotique d’étoile filante faisant la fortune des tabloïds britanniques, ni pour les torrents d’alcool et de stupéfiants et encore moins pour ces dizaines de vidéos trainant sur YouTube de concerts ratés voire pathétiques…

Dans sa version 2021, At the BBC réunit donc 38 chansons (2004/2009) sur plus de deux heures de musique, histoire de bien montrer la force de cette artiste unique comme son rapport parfois ambiguë avec la scène. On trouve ici ses prestations dans les émissions de feu Pete Mitchell, Jo Whiley et surtout Jools Holland, qui a toujours été un de ses grands soutiens, comme des extraits de concerts captés par la radio britannique (deux avec le Modfather Paul Weller en guest) et des captations en plus petit comité. Rapport ambigüe car face à son public, Amy force parfois son chant, appuyant sur les enluminures vocales, comme tentée par la pyrotechnie. Mais tout reste contrôlé et classieux, comme lorsqu’elle revisite les standards Lullaby of Birdland et I Should Care. Ou sur cette version brute et puissante de Rehab chez Mitchell en 2006…

Durant les années 2000, les soul sisters étaient peu nombreuses à tenter de faire vraiment évoluer la soul music éternelle sculptée par les Aretha Franklin, Ann Peebles, Nina Simone, Tina Turner, Dinah Washington et autres Marlena Shaw. Comme le rappelle At the BBC, Amy Winehouse offrait alors une voix de panthère, de vraies chansons (qu’elle écrivait elle-même, contrairement à 90% de ses consœurs), des productions aux accents vintage (mais jamais passéistes) et un instrumentarium cuivré à souhait.

Des singularités qui brillent sur la dernière partie de cette version 2021 d’At the BBC avec un concert de 2007 au Porchester Hall de Londres, qui se termine par une reprise épicée du Monkey Man de Toots and the Maytals, que les Specials – un des groupes préférés de la chanteuse – avait aussi revisité sur leur premier album.

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