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Amália par Mariza

Par Benjamin MiNiMuM |

Quand la chanteuse portugaise la plus populaire rend hommage à la reine du fado, Amália Rodrigues...

Pour tous musiciens, amateurs et a fortiori chanteuses (et même chanteurs) de fado, Amália Rodrigues est le monument incontournable à partir duquel ils se positionnent pour apprécier ou développer cet art. Icône de tout un peuple, symbole de l’âme portugaise, l’aura de la fadista n’a pas faibli depuis sa disparition en 1999.

En 2020, on fête les 100 ans de sa naissance. Mariza, qui est aujourd’hui la chanteuse la plus populaire auprès des Portugais, a décidé de célébrer ses 20 ans de sa carrière en consacrant à son aînée l’intégralité d’un album. Canta Amália contient une sélection des morceaux les plus populaires de sainte Amália : de l’un de ses premiers grands succès, Foi Deus (1952), à l’un de ses derniers Lágrima (1983), et fait la part belle aux standards de son âge d’or dans les années 60, lorsqu’elle travaillait en tandem avec le brillant compositeur Alain Oulman (Gaivota, Fado Português, Estranha Forma de Vida, Povo Qui Lavas No Rio, Cravos de Papel ou Com Que Voz). Mariza aborde ce répertoire avec respect, mais aussi avec la distance émotionnelle qui caractérise son approche décrispée d’un genre normalement voué à vous tirer les larmes.

Pour cet album, elle a de nouveau fait appel au producteur, arrangeur et violoncelliste brésilien Jaques Morelenbaum, ancien complice de Tom Jobim ou Caetano Veloso et maître d’œuvre de l’un des pics de la carrière de Mariza, l’album Transparente de 2005. Les cordes ont ici le beau rôle et rendent les arrangements, parfois jazzy, parfois brésiliens, aussi luxuriants qu’une superproduction hollywoodienne des années 50.

Si Canta Amália a été enregistré à Rio, c’est aussi par clin d’œil aux débuts discographiques d’Amália qui se déroulèrent dans cette même ville en 1945. Et si la guitare du Brésilien Lula Galvão lâche parfois des accents hispanisants, c’est sans doute pour évoquer les origines de la diva née en Beira Baixa, ancienne province portugaise frontalière de l’Espagne dont la musique était fortement imprégnée et qui fut son premier champ d’expérimentation. Mais bien sûr, les notes cristallines de l’incontournable guitare portugaise, tenue selon les morceaux par deux des plus grands praticiens contemporains Bernardo Couto et Luís Guerreiro, nous ramènent au cœur de l’Alfama de Lisbonne, quartier populaire où est né le fado.

Toutefois, cet album ne cherche à aucun moment à retourner sur la scène intimiste et recueillie d’une Casa de Fado traditionnelle tant il est taillé pour des amples scènes, à même d’accueillir les grands orchestres et les stars comme Mariza ou Amália, qui fut la première chanteuse de fado à être célébrée dans une salle prestigieuse.

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