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Musiques du monde - Paru le 1 janvier 2002 | Island Records (The Island Def Jam Music Group / Universal Music)

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En décembre 2017, trente-trois ans après sa sortie, Legend fêtait sa 500e semaine consécutive dans le Billboard 200 américain. Un record seulement dépassé par Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Cette compilation, sortie trois ans après la mort de Bob Marley (en 1981) et dont il s’écoule encore aujourd’hui quelques milliers d’exemplaires par mois, a aussi largement passé le cap des 30 millions, plaçant Bob Marley au même rang que des icônes de la pop comme Madonna, Michael Jackson ou Queen. Seul artiste “non occidental” à atteindre ces cercles généralement réservés aux Anglais et Américains, le Jamaïcain a indéniablement bénéficié de la force de frappe commerciale du label londonien Island et du “lissage” de ses ingénieurs du son. Même s’il ne faut pas négliger la puissance et l’universalité du songwriting de Bob Marley, on peut objectivement penser que les versions brutes concoctées dans le studio de Lee Perry au tout début des 70’s n’auraient pas connu autant de succès.Si elle a été parfois décriée pour son manque de représentativité, difficile de nier l’efficacité de cette compilation posthume dont le tracklisting va droit au but : toucher le plus de monde possible. Elle contient donc les titres les plus populaires de la carrière de Bob, dont de nombreux extraits d’Exodus, composé en majeure partie à Londres – Jamming, Punky Reggae Party, Three Little Birds, One Love, Waiting in Vain – et surtout les titres les plus crossovers du Tuff Gong, dont les oreilles ont, tout au long de sa carrière, été ouvertes aux autres courants, soul, disco, rock et même punk. On y retrouve les hymnes No Woman No Cry et Redemption Song, qui ont donné à Marley l’image d’un Dylan noir, mais aucune chanson des albums Natty Dread, Rastaman Vibration, Babylon by Bus et Survival, ni de textes trop politiques ou violents comme War, qui reprend le discours de l’empereur d’Éthiopie Haile Selassie à l’ONU, ou le déchirant Burning and Looting (à l’exception de I Shot The Sheriff, passage obligé après la reprise de Clapton). Parfaite introduction au reggae pour les néophytes, Legend fut pendant longtemps l’arbre qui cachait la jungle des talentueux artistes jamaïcains derrière Bob Marley. Et si, aujourd’hui, les sons caribéens se propagent partout le monde, les millions de copies de Legend dans les salons du monde entier y sont sans doute pour quelque chose. © Smaël Bouaici/Qobuz

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