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Afrique - Paru le 20 septembre 2019 | Mr Bongo

Distinctions 4F de Télérama
Chanteur et saxophoniste charismatique, Gyedu-Blay Ambolley est un peu le chaînon manquant de l’évolution musicale de son Ghana natal entre le highlife des années 50-60 et l’afrobeat contemporain. Control est la réédition d’un album de 1980 qui témoigne d’une synthèse qui a digéré le swing cuivré des orchestres de highlife, la leçon funk et panafricaine de l’afrobeat, mais aussi assimilé la nonchalance éveillée du reggae et la frivolité festive du disco. Autant d’influences que l’on retrouve aujourd’hui en germe dans les productions d’un Wizkid ou d’un Fuse ODG. Véritable commando d’élite, le groupe Zantoda Mark III avance avec maestria à travers ces esthétiques en assurant le contrôle absolu du dancefloor. Tour à tour reggaeman accompli (Woye Afofo), crooner charmant (Don’t Go) ou prophète convaincant (The Message), Gyedu-Blay Ambolley stimule ses troupes et gagne chaque bataille. Quarante ans après sa mise en orbite, Control ne peut tricher sur la datation de ses artifices électroniques, qui aujourd’hui peuvent prêter à sourire, mais n’a rien perdu de sa densité musicale ni de son efficacité dansante. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 20 septembre 2019 | naïve

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Cet album, quasiment achevé au moment où Rachid Taha passait de l’autre côté du miroir, peut s’entendre comme le flash-back qui traverse l’esprit de celui qui affronte sa dernière heure. Je suis Africain compile les meilleurs moments de sa carrière et présente un inédit qui donne son titre à l’objet. On y retrouve intacts l’esprit, la poésie et les ingrédients stylistiques qui ont nourri l’œuvre de cet artiste unique et indispensable à son temps. Cet album en forme de retour aux sources est le fruit d’une connivence avec Toma Feterman, pilier des formations balkano-punk La Caravane Passe et Soviet Suprem, et accoucheur de ces ultimes chansons. On entend l’écho du leader engagé de Carte de Séjour dans le rythm'n'blues oriental d’ouverture (Ansit), où il pourfend les fachos en arabe dans le texte. Puis Aïta souligne le courage des migrants. On retrouve aussi le gardien de l’esprit de la chanson franco-maghrébine façon Mazouni (Ecoute-moi camarade) avec Minouche, ainsi que le pionnier de l’électro-rock arabe avec les brûlots Andy Whaloou et Like a Dervish.Comme avec Jeanne Added dans Zoom (2013), le rocker féministe pointe le futur en nous faisant découvrir le chant puissant et habité de la Suisse-Algérienne Flèche Love, qui hante le morceau Whadi. Dans le morceau-titre, le militant redessine la carte du panafricanisme en citant les héros de ce mouvement, nés aussi bien dans un des pays du continent premier qu’en Jamaïque, aux Etats-Unis ou en Europe. L’homme sincère à l’humour provocateur se met à nu dans Strip tease et, en éternel amoureux, clôt l’histoire sur un pied-de-nez avec Happy End. Maintenant que sa discographie officielle s’achève avec ce tonique et émouvant Je suis Africain, on peut affirmer que Rachid Taha n’a jamais produit de mauvais disque ni cessé d’évoluer tout au long de son remarquable parcours. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz

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