Les albums

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Bossa Nova & Brésil - Paru le 21 juin 2019 | Analog Africa

Distinctions 4F de Télérama
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Afrique - Paru le 10 mai 2019 | Buda musique

Distinctions 4F de Télérama
Comme l’atteste leur patronyme en quatre langues (zoulou, portugais, kiswahili et anglais), les membres du collectif Bantu Continua Uhuru Consciousness ne s’adressent pas uniquement à leur communauté du ghetto de Soweto. S’il témoigne des corruptions et inégalités sociales de leur environnement, leur message est universel, et prône la libération physique et spirituelle de l’homme, où qu’il soit. Les ingrédients de leur musique hybride, organique et essentielle sont simples et maîtrisés. La basse funky domine, ondule et caresse. Les tambours et les congas ouvrent la conscience et poussent irrémédiablement vers la danse. Les voix entre chant zoulou et flow hip-hop ouvrent l’esprit. Les flûtes shona ou la trompe mbomu appellent les ancêtres, les subtils effets sonores électroniques convoquent le présent. Il n’y a plus qu’à se laisser glisser vers une transe salvatrice. Si la puissance musicale de BCUC est particulièrement prégnante lors de leurs prestations scéniques, cet album, le troisième, leur rend parfaitement justice. Deux longues suites dépassant le quart d’heure où alternent de façon naturelle accélérations, ralentissements et breaks. Dans la seconde (Sikhulekile, “nous sommes libres” en xhosa) la présence de Femi Kuti, fils de Fela, l’inventeur de l’afrobeat, fait le lien entre les combats d’hier et ceux d’aujourd’hui. Ses improvisations au saxophone étincellent au cœur du flot énergétique et thérapeutique des sept sorciers sud-africains. L’album se clôt sur un troisième titre de 4 minutes Isivunguvungu (“l’orage”), pour lequel BCUC accueille le poète, slameur et activiste américain Saul Williams, parfaitement au diapason des objectifs du groupe. Au bout des 50 minutes de The Healing (“la guérison”), on ne peut que constater qu’il porte parfaitement son nom et s’étonner qu’il ne soit pas remboursé par la sécurité sociale. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 29 mars 2019 | Machette Production

Distinctions 4F de Télérama
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Musiques du monde - Paru le 8 mars 2019 | tôt Ou tard

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
En plongeant dans ses racines, le Camerounais Blick Bassy donne un meilleur éclairage de notre époque. En contant un moment clé de son pays de naissance, il s’adresse à la terre entière. En insufflant cette force identitaire dans sa musique, il touche le plus grand monde. Son troisième album, 1958, souligne la date de la fin d’un rêve, celui d’un homme éclairé, le syndicaliste humaniste Ruben Um Nyobé dit Mpodol, qui voulait mener son pays à l’indépendance. Il fut assassiné par les militaires du colon français pour enrayer le mécanisme de libération stimulé par ce brillant orateur. Un héros caché que ses ennemis ont essayé d’enfouir le plus profondément possible afin que son exemple ne soit pas suivi. Pour raconter cette histoire et les vérités sociales et philosophiques qu’elle contient, Blick Bassy met sa musique à nu. Orchestrations largement acoustiques relevées ici et là de fines touches électroniques, les arrangements justes et dépouillés permettent à ses mélodies subtiles et à son chant inspiré d’aller à l’essentiel. Puisant tout autant dans les rythmes assiko, bolobo ou hongo qui battent la mesure du cœur du Cameroun que dans l’exemple des grands musiciens de son panthéon personnel (Marvin Gaye, Skip James…), Blick Bassy affirme sa propre voix et livre une œuvre originale et fascinante. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Asie - Paru le 1 mars 2019 | Buda musique

Distinctions 4F de Télérama
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Europe - Paru le 18 janvier 2019 | Bonsai Music

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
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Asie - Paru le 18 janvier 2019 | Glitterbeat Records

Livret Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
Ce très bel album nous rappelle qu’il fut un temps où le Pakistan était terre indienne, que les croyances religieuses, aussi différentes soient-elles, pouvaient se rejoindre au sein d’un même chant d’extase, une même description sonore du ciel. L’Inde du Nord, qui a subi des invasions de puissances arabes, turques entre le VIIIe et le XVIIIe siècles, a connu un âge d’or d’osmose culturelle, de tolérance religieuse et un enrichissement de ses musiques durant la période de l’empire moghol (1527-1707). Le chant khyal que pratique Naseeruddin Saami, tout en lui apportant une touche très personnelle, a émergé à la fin de cette ère. Dans la musique classique hindoustanie, mot qui s’oppose à celui de carnatique, qui qualifie la musique classique du Sud de l’Inde, le chant khyal est devenu le style dominant. Il est cependant rare aujourd’hui de l’entendre interprété au Pakistan. Le terme honorifique arabe Ustad, qui indique que celui qui le porte est un maître reconnu de son art, va à Naseeruddin Saami comme une couronne sur mesure. Son chant acrobatique, soutenu par des harmoniums et entraîné par des percussions pakhawaj, ne se dépare jamais d’une juste expression émotionnelle. Les différents chants anciens de God Is Not a Terrorist ont été enregistrés lors d’une session qui a duré six heures sans interruption ; il reste à espérer que le producteur Ian Brennan, lauréat d’un Grammy Award en 2011 avec Tinariwen, réussisse, comme il le souhaite, à nous délivrer la totalité de cette performance dans les mois qui viennent. En attendant, ce disque est une jolie initiation qui permet de percevoir la force d’enchantement musical de cette grande voix.© Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Dub - Paru le 19 octobre 2018 | Jarring Effects

Distinctions 4F de Télérama
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Musiques du monde - Paru le 19 octobre 2018 | Molpé Music

Livret Distinctions 4F de Télérama
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Musiques du monde - Paru le 12 octobre 2018 | Glitterbeat Records

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Ce puzzle (Quebra Cabeça), patiemment construit par le big band Bixiga 70 prouve, tout au long des onze pièces qui le constituent, que la scène musicale de leur ville de São Paulo est l’une des plus chaudes de la planète. Les racines africaines des dix instrumentistes sont très présentes, l’afrobeat nigérian, le highlife ghanéen, les grands guitaristes maliens ou les rythmes malinkés les ont de toute évidence nourris. Mais comme souvent avec les Brésiliens et leur incroyable faculté à pouvoir tout ingurgiter sans perdre leur identité, ces influences qu’ils ont mélangées à du funk vintage, du jazz, du rock psychédélique saupoudré d’effets numériques ressortent de leur chaudron métamorphosées en un plat qu’eux seuls peuvent revendiquer. Soutenu par une batterie et des percussions africaines endiablées, le rythme est haletant et ne ralentit qu’au dernier et romantique morceau (Portal). Les cuivres se payent la part du lion, les guitares, agiles comme des gazelles-caméléons, changent souvent de costume, la basse est souple comme une liane et les claviers vintage ont une mémoire d’éléphant. Chaque morceau fait l’effet d’un kaléidoscope et le tout s’enchaîne comme un manifeste métis du partage festif. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Reggae - Paru le 5 octobre 2018 | Yotanka Records

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Retour aux sources pour Zenzile. Après Elements en 2017, qui oscillait entre rock et électro, le groupe d’Angers revient au dub pur et dur, avec un nouvel opus de leur série 5+1, entamée en 1999 avec la chanteuse Jamika. Le quintet, leader de la première vague dub hexagonale aux côtés de High Tone ou Improvisators Dub, a cette fois invité le chanteur Jay Ree du groupe City Kay, qui avait déjà collaboré avec eux sur l’album Electric Soul en 2012. Sur ce maxi de 5 titres – tous accompagnés de leur version dub –, Jay Ree démontre toute l’étendue de sa palette vocale, en mode rub-a-dub à la Dillinger sur 4000 Years, qui détourne le 400 Years des Wailers (évoquant l’esclavage), détaché comme Barry Brown sur Stay Close to Me, ou plus emphatique tel Horace Andy sur So Good So Far. Il n’y a pas à pinailler : Jay Ree est une pioche parfaite pour ce disque. Sa voix se moule naturellement dans les basses profondes fabriquées par Zenzile, qui n’a rien perdu de son sens du dub sous influence Basic Channel, avec d’ailleurs un hommage assumé à Rhythm & Sound, l’alias reggae du duo allemand Maurizio, sur le très deep morceau de clôture Disconnected. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 5 octobre 2018 | Jazzland

Distinctions 4F de Télérama
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Musiques du monde - Paru le 21 septembre 2018 | Schubert Music Publishing France

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
En 1986, le public de l’Occident non communiste découvrait la magie du chœur féminin de Sofia, Le Mystère des voix bulgares, grâce à la diffusion par le label anglais 4AD d’un album collecté dix ans plus tôt par l’ethnomusicologue suisse Marcel Cellier. Ces voix angéliques aux harmonies presque irréelles ont frappé l’imagination de nombreux mélomanes et d’artistes célèbres, dont Kate Bush qui travailla trois ans plus tard avec un trio issu de cette formation pour son album The Sensual Work. Au mitan des années 80, le label 4AD abritait un jeune groupe australien destiné au succès, Dead Can Dance : les deux musiciens emblématiques de la formation, Brendan Perry et Lisa Gerrard, ont pu à cette époque découvrir le chœur bulgare en concert à Londres. La chanteuse eut alors une révélation, qui, selon ses dires, a changé sa vie et guidé son ambition de vocaliste. Trente ans plus tard, lorsque Jules Maxwell, clavier qui tournait avec Dead Can Dance, l’appela pour lui proposer de participer, après vingt ans de silence, à l’enregistrement du retour discographique des chanteuses bulgares, Lisa Gerrard crut d’abord qu’il plaisantait avant de s’engager avec bonheur dans ce projet, nommé BooCheemish, variation volontairement fantaisiste du nom de la danse traditionnelle « bučimiš ».  La majorité des compositions et la production est signée par le jeune compositeur bulgare Petar Dundakov, qui s’est distingué dans la musique pour le théâtre, le ballet ou le cinéma. Ses arrangements somptueux habillent l’ensemble comme une garde-robe de haute couture. Les quatre morceaux où apparaît Lisa Gerrard sont de sa plume, mêlée à celles de la soliste Gergana Dimitrova et de Jules Maxwell. Le héros bulgare des beatboxers, SkilleR prodigue ses percussions vocales sur Ranio Ranifa. La remarquable flûte diatonique kaval de Kostadin Genchev offre un souffle supplémentaire à Zableyalo Agne et Tropanista, morceau légèrement inspiré de la musique brésilienne. Sluntse, aux allures jazz manouche, accueille la vièle gadoulka de Hristina Beleva, qui sonne comme aurait pu le faire le violon de Stéphane Grappelli. Mais ces petits écarts se marient sans heurts au style inimitable du Mystère des Voix Bulgares. Tout en permettant à Lisa Gerrard de réaliser un rêve, BooCheemish plonge également l’auditeur dans un état onirique délicieux et teinte d’excellence leur retour aux affaires discographiques. Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 14 septembre 2018 | Cobalt

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Au sujet de cette jeune artiste réunionnaise, il y a d’abord eu une rumeur d’excellence, propagée par quelques habitants de son île, dont son producteur et homme de confiance Philippe Conrath, artisan du destin professionnel de son presque homonyme Waro Danyel, artiste gigantesque de cette province française. Il y eut aussi un concert discret sur Paris fin 2017 où l’on put découvrir cette mutine chanteuse habitée. Enfin arrive cet album intimiste, sur lequel le chant plane puis plonge en plein cœur comme un aigle fond sur sa proie. Elle délivre ces chansons créoles aux textes profonds sur des ambiances délicates, modulées par d’autres voix et des souffles (flûte, euphonium ou trompette) et rythmées par le tambour rouleur, le kayanm ou le bob, les attributs percussifs du maloya. Mais il serait exagéré de ranger Ann O’aro dans cette seule musique. Bien sûr, il y a de la transe de l’océan Indien dans sa musique, mais il y a surtout une présence unique entre cris et chuchotements, un charme troublé par un passé compliqué – il est question dans les textes de père meurtrier et d’inceste – un fil onirique qui a sûrement aidé l’ancienne danseuse à arriver jusqu’à nous debout et émouvante. Il est aussi permis de penser à une autre figure abîmée de la Réunion, Alain Péters, poète maudit qui fit école après son envol pour des contrées interdites aux vivants. Mais là ou Péters vivait ses peines Ann O’aro semble les avoir évacuées. Il y a de l’urgence dans ce premier album, beaucoup de poésie, mais aussi une grande douceur. On sent la force profonde qui a transformé les traumas en musique unique propre à nous porter, à nous nourrir et nous marquer pour longtemps. © Benjamin MiNiMuM/ Qobuz
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Zouk & Antilles - Paru le 22 juin 2018 | Bongo Joe

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Forme de chants de commentaires sociaux ou politiques, le plus souvent improvisés, le calypso est associé aux îles de Trinité-et-Tobago, où il est né au début du XXe siècle. Mais cette musique s’est aussi répandue dans d’autres coins des Caraïbes. A l’est du Costa Rica, dans la région de Limón, vit et chante le roi du calypso Limonense : Walter Gavitt Ferguson. Né en 1918, il chante depuis ses 20 ans et fut indétrônable dans les compétitions régionales. Dans les années 60, il fit fructifier sa réputation à la tête de son groupe The Miserables, mais cessa toute activité scénique à partir de la décennie suivante. Comme l’industrie phonographique du Costa Rica est quasi inexistante et qu’il n’a jamais voulu quitter sa région où sa famille et son exploitation de cacao l’ont retenu, il n’existe que très peu de disques de Walter Gavitt Ferguson. En 1976, il acquiert un magnétophone et prend l’habitude de s’enregistrer et de vendre ces cassettes uniques à ses visiteurs. Consciente de la valeur de ce patrimoine, sa famille, aidée par l’équipe de Rootsprovisionah Production, s’est lancée dans une chasse aux cassettes. Cet album présente 15 calypsos inédits retrouvés et restaurés où Ferguson s’accompagne à la guitare. Il délivre ses airs enlevés et ses récits haut en couleur dans son environnement familier. Parfois, un chien semble lui répondre, ailleurs une voiture ponctue son phrasé souple. Mais le son est clair et restitue fidèlement la verve, l’entrain et le velours de la voix de ce roi. Le charme est total © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Maghreb - Paru le 15 juin 2018 | Glitterbeat Records

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Echappé du collectif Bargou 08, le musicien électro tunisien Sofyann Ben Youssef enfile le pseudonyme Ammar 808 et sort un premier album décoiffant. Comme autrefois pour 808 State, pionniers anglais du mouvement acid de Manchester, le nom est une référence à la boîte à rythme de légende TR-808, qui trônait au centre de l’arsenal de tout producteur électro ou hip-hop à la fin des 80's-début des 90's. Si celle-ci s’acoquine à une belle palette d’instruments traditionnels maghrébins (luth gumbri, flûte gasba ou cornemuse zukra), elle n’impose pas pour autant une dominante passéiste à cet album. Le fûté producteur a aussi convié quelques voix parmi les plus remarquables de la jeune scène d’Afrique du Nord, son compatriote Cheb Hassen Tej (Ichki Lel Bey, El Bidha Wessamra) le Marocain Mehdi Nassouli (Boganga & Sandia, Layli), découvert par ici aux côtés de Titi Robin, ou encore l’Algérien Sofiane Saïdi (Zine Ezzine), avec lequel Ammar 808 poursuit un fertile dialogue entamé en compagnie de Mazalda sur le très convaincant album El Ndjoum. Ammar 808 aligne les reprises de morceaux traditionnels mais les habille de combinaisons futuristes. Déjà bien excités par les bonnes surprises du mouvement électro-chaâbi ou celles du collectif Acid Arab, avec ce Maghreb United, les clubbeurs post-printemps arabes n’ont pas fini de danser. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 11 mai 2018 | Strut

Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
Elève du pianiste free-jazz Cecil Taylor, le très polyvalent saxophoniste Idris Ackamoor a formé son groupe The Pyramids dans les années 70. Il peaufine alors sa vision musicale et militante,  voisine de celle du futuriste Sun Ra, suite à ses voyages en Afrique, celle du highlife ghanéen ou de l’afrobeat nigérian, la terre promise et sacrée, le berceau de l’humanité et de tous les rythmes.  Après une dissolution en 1977 suivent trente-cinq ans de silence discographique, brisé par la réédition de son œuvre par le label allemand Disko B, ce qui a entraîné la reformation des Pyramids en 2012. Cette nouvelle vie a réanimé une actualité discographique dont An Angel Fell est le troisième volume. Cette « chute angélique » est polymorphe. Le jazz y est libre et le saxophone mène la danse, l’afrobeat accueillant (Tinoge), les effluves psychédéliques fréquents ou accentués (An Angel Fell), les grooves latinos sont élégants (Papyrus), le dub inattendu (Land of Ra) la gravité militante est affirmée (Soliloquy for Michael Brown) et l’ensemble compte d’incessants franchissements clandestins de frontières stylistiques. Foisonnant sans étourdir, réjouissant sans effets secondaires indésirables, ce manifeste d’un vieux groupe sonne plus frais que beaucoup de productions de jeunes pousses. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Amérique latine - Paru le 30 mars 2018 | Daptone Records

Distinctions 4F de Télérama
Le premier album de l’Orquesta Akokán a été enregistré au Areito Studio 101, au sein du complexe de production musicale EGREM, où les grands de Cuba des années 40 et 50 ont marqué l’histoire et où le Buena Vista Social Club a vu le jour. Dès la première minute, nous sommes transportés « au cœur » (akokán en yoruba), d’un paradis disparu. Il y flotte un parfum de La Havane, quand le mambo et le cha-cha-cha étaient rois et les plaisirs coulaient à flots. Robes de cocktail et tuxedos semblent virevolter gaiement autour de la piste de danse sous les malices enivrantes des cuivres et percussions (conga, timbale, bongo ou cloche), d’un volubile piano et de la voix suave et gouailleuse de José “Pepito” Gómez, qui a rassemblé ce big band de jeunes et vieux virtuoses. Ils nous entraînent aux frontières de l’ivresse grâce à un savoir-faire oublié, une science dépoussiérée des grands orchestres festifs. Elégance, vitalité et bonne humeur caractérisent leur musique, mais cette légèreté ne les gêne en rien pour accomplir quelques figures complexes et étonnantes lors de courts et intenses solos. Cette première virée hors du sol américain du label Daptone s’avère aussi endiablée et excitante que leurs meilleures productions (l’afrobeat d’Antibalas, la soul puissante des regrettés Charles Bradley ou Sharon Jones & The Dap-Kings ou encore le funk hip-hop du Budos Band). © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musiques du monde - Paru le 16 mars 2018 | Accords Croisés

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Après s’être fait les dents à reconstituer un gouleyant cocktail éthio-jazz, qui conjuguait fièrement musiques éthiopiennes et influences soul et jazz, le sextet français et cuivré Arat Kilo ouvre son imaginaire à de plus larges horizons. Si quelques gimmicks nés à Addis-Abeba dans les années 1960-70 jalonnent ces « Visions de paix », les invitations faites à la Malienne Mamani Keita et au slameur originaire de Boston Mike Ladd ont fait sortir la musique d’Arat Kilo du musée pour la propulser vers une proposition personnelle et contemporaine. Loin de la manipulation laborantine, le résultat émane d’échanges, sans filet, entre trois entités au sommet de leur art, curieuses de découvrir et suivre les chemins fertiles qui ont fleuri lors de leurs confrontations amicales. Leurs énergies conjointes ont fait sauter les frontières et abattu les orthodoxies. Grooves hip-hop et chants de griot ne sont pas les seuls éléments à entrer dans la danse. Grisés par un juste sentiment de liberté, ils se sont permis d’agréger à leurs ingrédients naturels des parfums inattendus. Il y a, ici et là, des flûtes orientales, de l’électro-dub sur Nafqot, une rythmique touarègue sur Eshi Ulet, des guitares sous influences congolaise sur Dia Barani, une intro raï sur Chaos Embedded et même un clin d’œil au Lust for Life de Bowie-Iggy Pop sur Angafile. Mais loin de faire catalogue, à l’écoute, cet assemblage apparemment hétéroclite coule de source. Les musiciens sincères et agiles d’Arat Kilo font défiler leurs chatoyants paysages laissant Mike Ladd et Mamani Keita entremêler leurs voix et leurs sciences avec un feeling redoublé. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Afrique - Paru le 16 mars 2018 | Buda musique

Distinctions 4F de Télérama - Songlines Five-star review
Sans s’appuyer sur aucune tradition précise, le collectif de Soweto, BCUC (pour Bantu Continua Uhuru Consciousness, traduisible par “l’homme en quête de sa liberté de conscience”) pratique une musique tribale et hybride, à la fois moderne et inspirée par les ancêtres zoulous, mais sans passéisme ni ajout électronique. Des percussions soutenues, des voix positivement énergiques et une basse agile et profonde sont le cœur de leurs longs morceaux qui, tout en apportant un regard éclairé et critique sur la société sud-africaine, mène l’auditeur vers la transe et la joie. Emakhosini n’est que le second album en quinze années de carrière de cet impressionnant groupe de scène. Il porte le nom du lieu où les ancêtres se reposent et propose deux longues improvisations extatiques et stimulantes Moya (l’esprit) et Insimbi (l’acier) et une adaptation désacralisée du Nobody Knows, tiré du répertoire gospel. Assister à une prestation de BCUC est une expérience inoubliable, à laquelle ce disque, quasi thérapeutique, prépare de la meilleure des façons. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz

Le genre

Musiques du monde dans le magazine