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Duos - Paru le 24 février 2015 | Zig-Zag Territoires

Hi-Res Livret
Faites la moyenne entre 1870 et 1930, vous obtiendrez 1900 tout rond. Et justement, Jos van Immerseel joue sur un Bechstein de 1870, la clarinettiste Lisa Shklyaver sur une clarinette française Dolnet de 1930, pour un répertoire tournant allègrement autour des années 1900 ! Facétie mise à part, cette nouveauté offre un regard en arrière sur des sonorités telles qu’elles auraient pu éclore sous les doigts des compositeurs de ces œuvres : Poulenc (même si sa sonate pour clarinette et piano, de l’année de sa mort – 1962 – est plus tardive), Saint-Saëns avec sa presque symphonique sonate de 1921, Debussy dont la Rapsodie servit de pièce obligée pour le concours du Conservatoire de 1910, Milhaud qui adapta pour clarinette et piano son Scaramoucheinitialement conçu pour deux pianos, le trop discret Pierné dont la Canzonetta de 1888 est un petit bijou de jeunesse, et l’encore plus discret André Bloch, le tendre auteur de Denneriana de 1940. Ecoutez ces œuvres « comme à l’époque », sans l’excès de brillant que l’on pourrait éventuellement constater sur les clarinettes modernes – ou chez certains clarinettistes modernes, du moins. © SM/Qobuz
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Duos - Paru le 19 janvier 2018 | Warner Classics

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Gramophone Editor's Choice - 5 étoiles de Classica
On ne peut vraiment pas dire qu’Edgar Moreau et David Kadouch ont fait dans la facilité en sélectionnant le programme de cet album, qui commence avec l’ample et impressionnante Grand sonate dramatique « Titus et Bérénice » de Rita Strohl (1865-1941), pseudonyme de Aimée Marie Marguerite Mercédès Larousse La Villette, compositrice française dans la mouvance de Franck ou Saint-Saëns. Rita Strohl est entrée dans l’Histoire comme un étonnant personnage : n’a-t-elle pas caressé l’idée de créer une sorte de petit Bayreuth français, La Grange à… Bièvres ! avec le soutien d’Odilon Redon et de nombre d’artistes de son temps ; il était question d’y jouer les opéras de Rita – des monuments qui n’ont rien à envier aux plus énormes excès de Scriabine : un cycle chrétien, un cycle celtique en cinq journées, un cycle hindou en sept journées. Les projets se heurtèrent à leur propre immensité, sans compter le déclenchement de la Guerre de 14-18 et d’autres soucis personnels de Strohl. Toujours est-il que cette sonate dévoile une personnalité bourrée de talent et d’idées, que Moreau et Kadouch servent avec un dévouement de tous les instants. Suit la Sonate de Poulenc pour violoncelle et piano, que l’on n’entend guère ; un délicieux moment dans la veine « légère », presque salonnière, de Poulenc. L’autre grand moment de l’album est la Sonate de Franck, dans la réécriture qu’en avait fait Jules Delsart encore du vivant du compositeur. On entendra également une petite rareté de Fernand de La Tombelle, l’un des membres fondateurs de la Schola Cantorum, et dont l’écriture s’apparente à celle d’un Reynaldo Hahn. L’ample album se referme sur un inédit discographique de Poulenc (car cela existe encore !), Souvenirs. En fait de souvenir, la partie de piano semble se souvenir (ou préfigurer) les drames des Dialogues alors que le violoncelle, qui n’intervient qu’épisodiquement, chante le Poulenc de salon ! © SM/Qobuz

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