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1 album trié par Date : du moins récent au plus récent et filtré par Classique, 5 Sterne Fono Forum Klassik, Heinrich Ignaz Franz von Biber et 24 bits / 192 kHz - Stereo
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Musique de chambre - Paru le 27 septembre 2015 | Channel Classics Records

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica - 5 Sterne Fono Forum Klassik
Les Sonates du Rosaire de Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704), cycle formé de quinze sonates pour violon avec basse continue et d'une passacaille pour violon seul, s'inscrivent dans un mouvement de création au XVIIe siècle, qui faisait la part belle à l'audace, à l'expérimentation, à l'exploration et à l'approfondissement de techniques instrumentales parmi les plus ardues – un courant rendu possible par les avancées instrumentales, directement exportées d'Italie, et qui trouva alors un terreau particulièrement propice en Europe centrale, avec Schmelzer, et quelques autres, puis dans la génération suivante, Westhoff ou bien sûr Biber. Les Sonates du Rosaire exigent du soliste une sérieuse capacité à l’abstraction : en effet, la plupart sont écrites selon le principe de la « scordat[t]ura », c’est à dire qu'une ou plusieurs cordes du violon sont accordées différemment de l’habituel sol-ré-la-mi. La partition ne correspond alors donc pas à ce que l’on entend, puisque les cordes désaccordées deviennent transpositrices. Autrement dit, certaines notes sonnent comme ce qui est écrit, d’autres différemment, selon la corde imposée par le compositeur. L’instrumentiste doit donc faire le même effort que vous devriez faire si une partie des touches de votre clavier d’ordinateur donnaient d’autres lettres que ce qui est écrit dessus, mais qu’il vous fallait faire comme si de rien n’était. Et ce, dans le but de modifier la sonorité de l’instrument, de permettre certains accords différents, de pouvoir utiliser des cordes à vide différentes des habituelles. Biber nous propose ici une musique infiniment déroutante, des sonorités parfaitement inouïes, des harmonies incongrues, un étonnant cheminement harmonique et mélodique qui le met tout à fait à part dans le monde baroque qui, en cette fin des années 1670, n’y comprit pas grand-chose, de sorte que l’ouvrage tomba dans l’oubli avant de connaître une éclatante résurrection au début du XXe siècle. C'est la violoniste anglaise Rachel Podger, véritable star de l'instrument baroque, qui, après ses incursions chez Mozart, Bach, Vivaldi, et quelques autres compositeurs importants des XVIIe et XVIIIe siècles, toutes auréolées de récompenses et autres succès, révèle ici les trésors enfouis de ce chef-d'œuvre. Entourée de quelques brillants amis instrumentistes (dont Marcin Świątkiewicz aux claviers et qui s’est distingué dans un excellent opus Müthel paru chez BIS il y a quelques mois, et le gambiste Jonathan Manson, un co-équipier régulier pour la violoniste et Trevor Pinnock), Podger exploite avant tout la poésie narrative du recueil, en distillant des phrasés d’une grande élégance et déployant une sonorité envoûtante. Une expérience authentiquement mystique ! © Qobuz« Dès les premières notes de l'Annonciation, elle saisit la partition et alerte l'auditeur du mystère à venir par des guirlandes de triples croches agitées comme un signal. La violoniste britannique parcourt les quinze stations de ce chemin sacré avec un aplomb sidérant et une technique magistrale qui lui permet de surmonter les embûches d'une partition difficile. Les passages en doubles cordes et polyphoniques sont ainsi maîtrisés comme rarement mais cette aisance insolente permet aussi d'apporter aux épisodes contraints — à variations, et libres, à caractère improvisé — comme aux nombreuses danses, une souplesse de phrasé et une éloquence de tous les instants, de l'abattement à l'espoir. [...] Il serait injuste de ne pas saluer les complices de Rachel Podger qui doivent souvent croiser son archet dans d'intenses moments d'écriture en imitation.» (Classica, décembre 2015 / Philippe Venturini)

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