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Metal - Paru le 30 août 2019 | RCA Records Label

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Comme tous les albums de Tool depuis Ænima, Fear Inoculum est inclassable. Il faudra probablement réviser les impressions d'aujourd’hui tant les chroniques, qui se sont multipliées à propos de 10,000 Days, l’album précédent, se sont avérées contradictoires depuis sa commercialisation au printemps 2006. En revanche, ce qui est certain, c’est que Tool déchaîne les passions. Le monde se divise entre ceux qui réclament son intégration au rock progressif et ceux qui estiment qu’il est à associer au rock alternatif ; ceux qui sont convaincus qu’il est encore aujourd’hui un groupe de metal (ou alt metal) et ceux qui crient haut et fort qu’il a trahi la cause depuis bien longtemps…Disons-le tout net, cette fois, deux ou trois écoutes suffiront pour mettre tous les camps d’accord sur une chose... leur désaccord. Fear Inoculum est tout sauf un retour aux racines ni une version revue et corrigée de l’une ou l’autre des productions tooliennes. En tenant compte des virgules ou intermèdes sonores chers au groupe, les musiciens se sont donné une marge d’expression qui va du plus simple (délicat arpège de guitare, légère nappe de percussions, ligne de chant murmurée ailleurs ou encore envolées de guitare toutes en harmonies subtiles…) au plus élaboré (des successions de rythmiques complexes, des variations de tempo multiples, avalanches de riffs, vocaux acrobatiques…). Seule évidence : ce qui prime avant tout pour Maynard James Keenan, Justin Chancellor, Dany Carey et Adam Jones, c’est la charge émotionnelle et non le pur déballage technique.Tool n’est certainement pas le premier groupe à avoir tenté le mariage de la carpe et du lapin, mais avec Fear Inoculum, tout porte à croire qu’il y est parvenu, avec une production qui est à la fois très expérimentale et très abordable. Il se rapproche donc nettement plus du dernier A Perfect Circle, Eat The Elephant, que de Puscifer, pour n’évoquer que les frasques de Keenan. Sinon, l’album aura tout pour trouver grâce aux oreilles des fans de Cure, de R.E.M, de Peter Gabriel, de David Bowie, de Pink Floyd, d’Iron Maiden, de King Crimson, de Prong, de Ministry, de Nine Inch Nails, de Porcupine Tree et d’un paquet d’autres, quel que soit leur champ d’action. © Jean-Pierre Sabouret/Qobuz
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Metal - Paru le 19 mai 2001 | RCA Records Label

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Suivant l’adage populaire « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué », Tool a littéralement construit son album suivant un calcul très élaboré. Et il y en aurait encore pour dire que le groupe se répète alors que le contraire est donc mathématiquement prouvé à partir de ce déroutant Lateralus. Leonardo Fibonacci, le mathématicien qui vécut il y a 800 ans, est déjà celui qui vous permet de lire ce nombre au lieu de DCCC (il a imposé les chiffres indo-arabes aux dépens des romains, donc). Mais il a également défini la suite qui porte son nom et que Tool a utilisée pour son troisième album. Le principe est limpide, à l’exception des deux premiers, chaque chiffre puis nombre de la suite est égal à la somme des deux termes qui le précèdent immédiatement.Au-delà des mathématiques, cette suite, étroitement liée au nombre d’or, se retrouve dans la nature et même l’univers, des coquilles d’escargots aux galaxies, en passant par les cyclones, les ananas ou même les ratios utilisés dans l’analyse technique des marchés financiers... Les membres de Tool, qui sont loin d’être des ânes, ont appliqué leur passion pour Fibonacci à la composition, sous l’impulsion du batteur Danny Carey. Mais nul besoin de faire appel à Cédric Villani (grand fan de Fibonacci) pour comprendre la musique ensorceleuse de Tool. Nonobstant leur singulière complexité technique, il suffit de se laisser emporter comme par des vagues par chacun des treize (Fibonacci !) morceaux aussi massifs que nuancés. Chaque écoute vous entraînera toujours plus loin du rivage et de tout ce que vous pensiez connaître. © Jean-Pierre Sabouret/Qobuz
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Metal - Paru le 2 mai 2006 | RCA Records Label

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Cela deviendra la marque de fabrique de Tool : c’est lorsqu’on a fini d’espérer qu’il daigne sortir un album et raviver les passions. Tout autre serait tombé dans l’oubli et serait condamné à des retours de plus confidentiels, mais pas le groupe de Maynard James Keenan, Adam Jones, Danny Carey et Justin Chancellor. Pourtant, après le succès de l’autre groupe majeur du chanteur, A Perfect Circle (sans oublier qu’il s’était en outre lancé dans le projet Puscifer), un retour de Tool devenait presque illusoire. Et quand bien même, il était impensable qu’il puisse atteindre les mêmes sommets que ses deux précédentes productions. Non seulement 10 000 Days ne fut pas boudé à sa sortie, mais il se classa même en tête des charts aux États-Unis et réalisa un score remarquable dans de nombreux pays. Preuve que ce quatrième opus était rien de moins qu’une nouvelle œuvre majeure à ajouter au palmarès bien rempli de Tool.Seuls ceux qui n’ont jamais écouté les albums du groupe avec toute l’attention qu’ils réclament continuent à clamer trop haut et trop fort que « Tool sonne toujours pareil ». Les autres ne sont pas forcément d’accord entre eux sur les mérites de tel ou tel album, mais ils s’entendent pour reconnaître que 10 000 Days est non seulement très différent, mais qu’il présente une nouvelle facette du groupe. Inspiré par les trois années de souffrance et d’agonie de la mère de Keenan, ainsi que d’autres tragédies qui ont frappé les musiciens, cet album explore les tréfonds de l’âme humaine lors de sa confrontation à la douleur mentale ou physique. Cela passait pour une plaisanterie de Jones, mais la « lacrimologie » prônée dès Undertow, prend ici tout son sens. Cette fois, on fera fi des performances techniques, pourtant une nouvelle fois remarquables, pour se laisser submerger par des torrents d’émotions aussi diverses qu’intenses. Rien qu’avec cet album d’une incomparable majesté, il y avait largement de quoi patienter treize ans jusqu’à l’arrivée de son successeur. © Jean-Pierre Sabouret/Qobuz
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Metal - Paru le 10 mars 1992 | RCA Records Label

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En 1992, Tool n’a pas cherché à entrer par la grande porte avec un album massif, à l’image de ses ambitions musicales futures, mais s’est contenté d’un presque modeste EP de cinq morceaux plutôt concis et véhéments. Avec le recul, on ne recommandera donc pas de commencer une découverte de Tool avec Opiate, mais plutôt de le mettre de côté pour le ressortir une fois que l’assimilation de l’univers toolien sera en bonne voie, via Aenima, Undertow ou 10 000 Days. On ne dira pas complète, dans la mesure où aucun bipède sur cette planète ne peut prétendre avoir parfaitement appréhendé ou élucidé le mystère Tool.Sans aller jusqu’à qualifier le groupe d’opportuniste, il était dans l’air du temps et a bénéficié d'une signature rapide parce que sur scène, il se rapprochait de ce que les maisons de disques cherchaient alors : un groupe à la fois féroce et torturé dans la lignée de Nirvana, Alice In Chains, Pearl Jam ou Soundgarden. Maynard Keenan et ses trois acolytes ne s’y sont pas trompés, puisque, chose exceptionnelle pour un simple EP, Opiate a cartonné, dépassant le million d’exemplaires vendus. Seule la parodie psychédélique proche du Arnold Layne de Pink Floyd, qui clôt le morceau-titre, indique réellement ce dont Tool sera capable dans les années suivantes. C’est-à-dire tout et le reste… © Jean-Pierre Sabouret/Qobuz