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Jean Cras

La vie et la carrière de Jean Cras (1879-1932) fut en quelque sorte un « poème de l’art et de la mer » : compositeur, il savait qu’il obéissait à la volonté supérieure de l’inspiration musicale, contre-amiral (et major général commandant le Port de Brest, en passant) il s’estimait maître de la mer. Il ne choisit jamais entre l’une et l’autre de ces dévorantes vocations, et poursuivit les deux avec égal bonheur, même si les mémoires collectives se souviennent plus aisément d’un compositeur et ses œuvres écrites à tout jamais, que d’un contre-amiral – même si, jusqu’à l’avènement de la calculatrice électronique, sa « règle Cras » inventée en 1917 fut un indispensable instrument de navigation ! À la fois lucide et ô-combien modeste, il déclarait : « Je n’ai pas de modèles auxquels je désire et essaie de me conformer lorsque j’écris. J’obéis uniquement aux appels d’une voix intérieure très impérieuse, et c’est tout. Mon seul maître, Henri Duparc, n’a eu qu’un seul but : m’apprendre à lire, alors, qu’ignorant, je ne faisais qu’écouter. D’abord, et presqu’exclusivement, Beethoven et Bach, dont je suis imprégné jusqu’à la moelle, puis tous les autres. Je me suis créé ainsi une esthétique qui se ressent probablement de la lecture des grands maîtres, et aussi de la vie un peu spéciale que j’ai menée à la mer. Je serais bien embarrassé de préciser davantage. » Une demi-douzaine d’œuvres orchestrales, dont Journal de bord, un Concerto pour piano et une bien belle Légende pour violoncelle et orchestre ; un opéra, Polyphème, créé à l’Opéra-Comique en 1922, de la musique de chambre en assez grande quantité, des mélodies et de la musique sacrée, voilà le peu – hélas, mille fois hélas – que nous a légué Cras qui, outre qu’il était quand même assez occupé en tant que marin puis contre-amiral, ne vécut pas bien longtemps puisqu’il devait s’éteindre à l’âge de cinquante-trois ans. Sa musique s’inspire certes souvent de la Bretagne, mais ladite inspiration reste solidement filtrée par les expériences que le marin-compositeur accumula au cours de ses pérégrinations autour de la planète. Aucune école n’eut jamais de prise sur lui, et on peut autant déceler certains héritages de Debussy que de Duparc (dont il se réclame) que Bach dans l’écriture polyphonique tirée à quatre épingles, ou encore Fauré ou Saint-Saëns. Pour la petite histoire, sa fille épousa Alexandre Tansman. © SM/Qobuz

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