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Rock - Paru le 19 juin 2020 | Columbia

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
A quelques encablures de ses 80 printemps, Bob Dylan donne de ses nouvelles. Pour de bon cette fois. Premier album de chansons originales depuis Tempest en 2012, Rough and Rowdy Ways paraît alors que la planète vit des heures agitées à tous les niveaux. Évidemment, le Zim a toujours détesté cette étiquette de « porte-parole d’une génération » que certains lui collèrent dans le dos durant les 60's et les 70's, quand le monde n’allait pas tellement mieux. Mais entendre cette voix, quel qu’en soit l’ADN, poétique ou politique, ésotérique ou historique, a toujours résonné comme une parenthèse enchantée et salvatrice. Comme cette cuvée 2020, d’une richesse impressionnante et que certains, vu son grand âge, interprètent déjà comme un recueil crépusculaire, quasi testamentaire…L’histoire de cet album a débuté le 27 mars 2020 lorsque Dylan publie sans prévenir Murder Most Fool, une chanson de 17 minutes autour de l’assassinat de Kennedy et qu’il place ici à la fin de ce Rough and Rowdy Ways. Un choc plus parlé que chanté, musicalement presque en sourdine, mêlant tirade politique et culture pop(ulaire) avec une armada de références parmi lesquelles les Beatles, Joni Mitchell, Wanda Jackson, Robert Johnson, le Grateful Dead, les Who, Elvis Presley, Joan Baez, Little Richard, Billie Holiday, Patsy Cline, Etta James, John Lee Hooker, Nina Simone, les Eagles, Stan Getz, Thelonious Monk, Charlie Parker, Woody Guthrie, Ella Fitzgerald, Nancy Sinatra, Stevie Nicks, Miles Davis, Chet Baker, Randy Newman et même Ludwig van Beethoven ! Comme toujours chez lui, le lisible côtoie le flou et les docteurs et experts en dylanisme passeront des mois à décrypter chaque mot, chaque verbe de leur idole. Comme il l'a expliqué dans une interview au New York Times, « trop entrer dans les détails n'a pas d'importance. Cette chanson est comme une peinture, vous ne pouvez pas tout voir en même temps si vous vous tenez trop près. Toutes ces pièces individuelles ne sont qu'une partie d'un tout. »Rough and Rowdy Ways est aussi un tout durant lequel Dylan alternait entre vieux blues abrasifs sans fioriture (Crossing the Rubicon, False Prophet) et valses délicates aux teintes sépia. Dans ce torrent de mots plutôt que de notes, il évoque les droits civiques, la guerre, la religion, la mort, lui-même aussi (« Je ne suis pas un faux prophète / Je sais juste ce que je sais / Je vais où seul le solitaire peut aller ») et mille autres sujets. Il déroule ce qui ressemble davantage à des monologues teintés de poésie plutôt qu’à des structures de chansons classiques comme le furent au siècle dernier ses Blowin' in the Wind, Mr. Tambourine Man, Lay Lady Lay, Hurricane et autres Like a Rolling Stone. En cela, on n’entre pas si aisément dans ce Dylan qui confesse, murmure ou psalmodie avec le charisme du vieux sage. A l’arrivée, Rough and Rowdy Ways confirme que même s’il est invariablement un homme de blues, de folk, de jazz et de country, Bob Dylan reste un genre musical à lui seul. © Marc Zisman/Qobuz
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Rock - Paru le 27 mars 2020 | Columbia

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Rock - Paru le 17 avril 2020 | Columbia

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Rock - Paru le 17 juin 1966 | Columbia

Hi-Res Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Hi-Res Audio
Et un double ! Et même le premier de l’histoire du rock’n’roll ! Paru au milieu de l'année 1966, Blonde On Blonde est surtout un nouveau monument signé Bob Dylan. Un Dylan qui aura passé sa première décennie artistique à se remettre en question, à se revisiter et construire sur ce qu’il a détruit. Enregistré avec Robbie Robertson qui n’a pas encore formé The Band, ce septième album studio est un merveilleux patchwork qui secoue folk, blues, country et rock’n’roll dans tous les sens. Délirant ou introspectif, caustique ou émouvant, simple ou complexe, le Zim fait tout, chante tout. Visions Of Johanna, I Want You, Absolutely Sweet Marie, Rainy Day Women #12 & 35 et les onze minutes poignantes de Sad Eyed Lady Of The Lowlands, il enchaîne les perles comme autant de petits romans miraculeux. Et la planète rock ne sera (une fois encore) plus vraiment comme avant… © MZ
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Rock - Paru le 27 août 1965 | Columbia

Hi-Res Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Prise de Son d'Exception - Hi-Res Audio
Il était une icône folk hippy, il sera une rock star ! Ayant pactisé avec la fée électricité depuis Bringing It All Back Home, Bob Dylan désintègre sa propre image avec ce chef d’œuvre paru en août 1965 qu’il a conçu avec un vrai groupe rock emmené par le guitariste Mike Bloomfield. Sur ce sixième album studio produit par Bob Johnston, l’instrumentation est plus dense et riche qu’à l’accoutumée comme en témoigne Like A Rolling Stone et le Zim ose tous les styles, plongeant même sa plume cynique et parfois surréaliste (le cirque fou de Desolation Row) dans l’encre d’une certaine décadence… Et qu’il s’agisse de rock’n’roll nerveux et arrogant ou de blues folk à l’âme soul, c’est bien le nouveau personnage de Dylan qui prend forme au cœur de cette Highway cabossée et bigarrée. Une vraie révolution qui influencera toute la planète rock. © MZ
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Rock - Paru le 8 mai 2020 | Columbia

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Folk - Paru le 24 mai 1963 | Columbia

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Avec son deuxième album studio paru en mai 1963, Bob Dylan chamboule la folk music. Il a beau ressembler à un digne héritier de Woody Guthrie ou de Dock Boggs, la musique qu’il propose ici mêle à la fois poésie, contestation, allégories et relectures bien à lui de traditionals. Une guitare brute, une voix nasillarde ne ressemblant à aucune autre et un harmonica sans fioriture sont les simples armes d’un jeune Dylan (il n’a que 21 ans !) qui chante la révolte, l'âme, la terre, le ciel, le cœur, la guerre, l'amour, la haine, comme personne. Surtout, ce Freewheelin' Bob Dylan renferme déjà des chansons d’une maturité et d’une beauté à toute épreuve : Blowin' In The Wind, Girl From The North Country, Masters Of War, A Hard Rains' A-Gonna-Fall, Don't Think Twice It's Alright, I Shall Be Free, etc. © MZ
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Rock - Paru le 19 mars 1965 | Columbia

Hi-Res Distinctions Discothèque Idéale Qobuz - Hi-Res Audio
L’Histoire sait que certains esprits étroits n’apprécièrent guère que Bob Dylan ait mis les doigts dans la prise. Tant pis pour eux car ce cinquième album paru en mars 1965 prouve que le génie dylanien fonctionne dans tous les contextes. Tous ! Sa prose prophétique comme ses mélodies renversantes font ici des étincelles inédites et Bringing It All Back Home est une orgie ultime où se croisent folk, blues, rock, country, chansons engagées, délires à la Burroughs, poésie, satire, rien ne manque à l’appel ! Une manière aussi pour le Zim d’insister sur le fait qu’il n’est le gourou ou le leader d’aucun mouvement. Juste un songwriter qui ne ressemble qu’à lui-même et qui influencera tous les habitants de la planète rock. © MZ
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Pop/Rock - Paru le 22 septembre 1989 | Columbia

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Indirectement, c’est au chanteur Bono qu’on doit la résurrection de Bob Dylan avec l’inespéré Oh Mercy  son meilleur album des années 80. C’est en effet le chanteur de U2 qui lui recommande de faire appel au producteur et auteur-compositeur canadien Daniel Lanois, un assistant de Brian Eno qui fit des miracles sur l’album The Joshua Tree, succès planétaire. La rencontre a lieu lors de l’enregistrement de l’album Yellow Moon des Neville Brothers, le fameux groupe de funk « cajun » de La Nouvelle-Orleans. Bob Dylan assiste aux séances et écoute avec attention deux reprises de ses standards « With God On Your Side » et « Ballad of Hollis Brown ». La voix d’Art Neville, les arrangements vaporeux et envoûtants le convainquent définitivement que Daniel Lanois peut être l’orfèvre idéal pour capter ses nouvelles compositions. L’enregistrement est fixé en février 1989 dans un manoir victorien avec l’équipe des musiciens de Yellow Moon. Après une période tendue où Dylan teste la patience de Lanois et des musiciens, la fusion opère. La musique est dépouillée, enveloppante avec des accents planants. La plupart des morceaux sont mis en boîte la nuit, baignant l’album d’une atmosphère flottante et cotonneuse. Les morceaux rocks « Political World » et « Everything is Broken » (tous deux sortis en simples) sont enthousiasmants. Le premier est dans une veine dénonciatrice signe fréquent chez Dylan d’un élan retrouvé. Même si le texte paraît au départ assez simple, « Political World » dévoile des vers moins évidents et plus mystérieux comme si la dénonciation se teintait ici de désillusion. « Everything is Broken », au départ une chanson d’amour, se transforme en attaque contre un monde bruyant et décomposé. Le texte très sombre est contrebalancé par un rythme swinguant teinté de rockabilly. Toutefois, les morceaux les plus bouleversants sont les cinq ballades « Ring Them Bells », « The Man In The Long Black Coat », « What Good I Am ? », « Disease Of Conceit », et « Most Of The Time ».  Si « Ring Them Bells », mélopée au piano juste nimbée d’une guitare, rappelle par instants « Chimes Of Feedom » de 64, « The Man In The Long Black Coat » est un  requiem macabre sur un amour perdu chanté d’une voix lente et enrouée. Pour amplifier l’ambiance glaçante du titre, des criquets enregistrés la nuit par Daniel Lanois furent rajoutés. On y parle de foi vacillante, de fantômes et de culpabilité. Quelques touches de dobro jouées par le producteur amènent un feeling blues faisant de ce morceau l’un des plus beaux du répertoire de Dylan. L’autre joyau de l’album « Most Of The Time » est un tour de force du chanteur. Chaque couplet se finit par l’expression « Most of time » et l’on ne comprend que couplet après couplet que le narrateur, délaissé par sa bien aimée, nie farouchement la douleur de sa perte en montrant qu’il tient parfaitement le choc. Tout le texte doit être lu en devinant l’inverse de ce qui est écrit. La musique est comme saisie par un « chaloupement » lancinant qui accentue la tristesse des vers. Bob Dylan questionne aussi son rapport au public sur « What Was It You Wanted » où l’auteur est face à un fan dont il ne perçoit pas les intentions. Porté par une basse serpentine et un tempo obsédant, le titre est à sa façon une tentative réussie de « reggae » cajun à la Neville Brothers. Oh Mercy  est la preuve éclatante que Bob Dylan, quand il est guidé par un producteur doué et attentionné, peut délivrer de belles chansons sans parodier ses anciens classiques. La collaboration entre Bob Dylan et Daniel Lanois sera reconduite en 1997 sur le tout aussi beau Time Out Of Mind. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016
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Pop/Rock - Paru le 11 avril 1969 | Columbia

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Nashville Skyline sorti en avril 1969, provoque la stupéfaction chez le public et la critique. Même si le dernier titre de John Wesley Harding, « I’ll Be Your Baby Tonight » possédait un léger parfum country, Nashville Skyline est totalement consacré au genre. Pour les fans de Dylan, ce style musical est associé au conservatisme le plus étroit et ce fut un vrai supplice pour eux de le voir embrasser cette nouvelle palette. Ils sont aussi interloqués par la durée très courte de l’album (27 minutes) faisant naître chez eux un soupçon de sécheresse créative chez un chanteur plutôt prolifique habituellement. Mais le choc est surtout dans cette nouvelle voix : une tessiture de crooner romantique sans ce timbre nasal si caractéristique de Dylan. Celui-ci, pince sans rire, l’attribuera à l’arrêt de la cigarette. Certains vieux fans affirment qu’il possédait déjà ce type de voix à ses débuts juste avant qu’il se mette à imiter le timbre de Woody Guthrie. La country music, Bob Dylan la connaît depuis son adolescence à Hibbing où il écouta beaucoup d’artistes de cette mouvance dont sa première idole connue, le tourmenté Hank Williams. Selon un journaliste venu l’interviewer, Bob Dylan possédait de lui un songbook, preuve qu’il se ré-intéressait à cette musique appelée « Blues des Blancs ». Sur Nashville Skyline, il préfère adopter une musique country assez décontractée, positive où le thème principal est « l’amour qui fait tourner le monde ». Exit les élucubrations littéraires de Blonde On Blonde, les paraboles bibliques de John Wesley, les textes de Nashville Skyline sont simples et directs. L’ouverture de l’album par la nouvelle version « made in Nashville » de « Girl From North Country » en duo avec l’homme en noir Johnny Cash surprend par sa lenteur et sa touchante imperfection. Les deux chanteurs, qui se respectent énormément, semblent hésiter à joindre leurs voix ajoutant ainsi un cachet très spontané. Véritable curiosité de l’album, « Nashville Skyline Rag », premier instrumental de Bob Dylan est un concentré de bluegrass à l’ancienne exécuté par un orchestre alerte. « Peggy Day », « One More night » et « Country Pie » sont d’agréables morceaux qui peuvent être vus comme des hommages au style « hillbilly » et pas plus que cela. En revanche, « Lay Lady Lay » est une des pièces maîtresses de l’album (avec le mélancolique « I’ll Threw It All Away »), un morceau languissant et envoûtant qui fut, contre toute attente de son auteur, un de ses hits les plus vendus dans le monde entier. Ecrite à l’origine pour le film Macadam Cowboy, le réalisateur John Schlesinger lui préféra la chanson de Fred Neil interprétée par Harry Nilsson, « Everybody’s Talkin’ ». En bon fan d’Elvis Presley, Bob Dylan lui lance un hommage vocal dans « Tell Me It Isn’t True », aimable bluette sur un mari trompé. Mis à part son accueil assez mitigé en 1969, on peut affirmer que même s’il n’atteint pas les cimes des précédents opus, Nashville Skyline est un album de bonne facture où Bob Dylan explore avec simplicité et enthousiasme un genre qu’il a toujours aimé sincèrement et qu’il maîtrise aussi bien que les rois de Nashville. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016
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Soul - Paru le 30 mars 2018 | Verve

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Une grande voix soul ressuscitée. Des chansons engagées entrées dans le Great American Songbook. Voilà un projet ancré dans les années 60 (mais pas que…) et qui trouve pourtant un bel écho dans l’Amérique divisée et chahutée de la présidence Trump… En consacrant exclusivement ce disque à des reprises de Bob Dylan, Bettye LaVette veut faire entendre sa voix au sens propre comme au figuré. Produit par Steve Jordan, Things Have Changed, qui accueille notamment Keith Richards et Trombone Shorty, alterne entre soul vintage et chaude et uppercut plus funky voire carrément rock’n’roll. Surtout, à 72 ans passés, la soul sister originaire du Michigan continue à prouver qu’elle est encore bien loin de la voie de garage… En 2005 déjà, LaVette avait fait un joli come-back avec l’album I’ve Got My Own Hell to Raise, lui aussi composé de nombreuses reprises signées alors Sinéad O'Connor, Lucinda Williams, Joan Armatrading, Rosanne Cash, Dolly Parton, Aimee Mann et Fiona Apple. Deux ans plus tard, elle confirmait la tenue de son organe sur The Scene of the Crime en revisitant du Eddie Hinton, George Jones, Willie Nelson, Ray Charles, John Hiatt et Elton John. Jamais deux sans trois, Interpretations : The British Rock Songbook, publié en 2010, la voyait cette fois à l’assaut de compositions popularisées par les Beatles, les Rolling Stones, Traffic, les Animals, Led Zep, George Harrison, Pink Floyd, Ringo Starr, Paul McCartney, les Moody Blues, Derek & The Dominos et les Who… Cette cuvée 2018 se positionne pourtant au-dessus des autres tant la chanteuse s’approprie le répertoire dylanien avec une sincérité renversante. Du grand art. © Max Dembo/Qobuz
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Pop/Rock - Paru le 10 septembre 2012 | Columbia

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Son nom a beau être un genre musical à lui seul, Dylan ne se pose finalement pas de question et poursuit son grand œuvre, enchainant les albums sur un rythme assez régulier… Avec Tempest, son 35e album studio produit par Jack Frost, le Zim plonge une fois de plus ses mains dans le moteur de l’Amérique et de ses musiques « classiques », le blues, le folk, le rock’n’roll et la country. Dix titres non pas pour réinventer la roue mais juste pour rappeler que ces valeurs musicales presqu’ancestrales sont toujours source d’inspiration pour créer des chansons intemporelles, simples et habitées par une mélodie qui fait mouche, une narration qui alpague par le colbac ou une ligne de guitare qui irradie l’atmosphère. La Tempest tout en retenue d’une force tranquille indéboulonnable.
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Pop/Rock - Paru le 29 décembre 1967 | Columbia

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Curieux album que ce John Wesley Harding qui rompt un silence radio de deux ans, début 1968 en plein « flower power ». Alors que tous ses pairs anglais rivalisent de sophistication (Sgt. Peppers pour The Beatles et Their Satanic Majesties Request pour The Rolling Stones), Bob Dylan surprend en sortant son disque le plus épuré depuis quatre ans. Les recherches poétiques survoltées de Blonde on Blonde sont laissées de côté pour faire place à une écriture moins alambiquée tout en paraboles bibliques. L’accompagnement est minimal : une guitare sèche, une section basse batterie et quelques discrètes notes de piano et de « pedal steel ». De plus John Wesley Harding fait fi de la structure couplets-refrain pour se concentrer sur la narration d’histoires. Celles-ci regorgent de vagabonds, d’immigrants, de chapardeurs, de messagers et même de saints. L’ensemble de l’album est très homogène et cohérent et tous les titres sont d’un haut niveau. Le titre principal « John Wesley Harding » est une allusion au hors-la-loi du même nom qu’il décrit comme un Robin des Bois de western altruiste et prenant soin des plus faibles. Sur « I’m A Lonesome Hobo », Bob Dylan s’inspire de l’histoire d’Abel et Caïn pour nous décrire un marginal qui a touché à toutes les magouilles avant une possible issue fatale. Dans « Drifter’s Escape » un autre marginal est sauvé d’un procès par une foudre salvatrice qui lui permet de s’échapper. C’est l’Amérique et ses valeurs trompeuses qui sont brocardées dans « I Pity The Poor Immigrant » : l’apologie de la richesse bannit tout salut spirituel. Point de salut non plus dans « All Along The Watchtower » où s’inspirant du Livre d’Isaïe de l’Ancien Testament, Bob Dylan nous décrit la chute de Babylone et la proximité de l’Apocalypse, en débutant par une descendante chromatique en mineur, du La au Si mineur et Sol, devenue légendaire. Jimi Hendrix en livrera une version approuvée par l’auteur dans son chef d’oeuvre Electric Ladyland en accentuant la menace sous-jacente du morceau. Les solos rageurs combleront Dylan qui reprendra le morceau sur scène dans un arrangement similaire. C’est encore une parabole biblique qui illumine la longue « Ballad Of Frankie Lee And Judas Priest » où Bob Dylan décrit de façon voilée le monde du spectacle et ses risques permanents. C’est l’histoire classique de la tentation de Jésus par le Diable sauf qu’ici Judas Priest, selon les dylanophiles, ne serait autre que le manager Albert Groosman et Frankie Lee, bien sûr, Bob Dylan. Albert Grossman semble être aussi au cœur de « Dear Landlord », l’une des plus belles chansons de l’album. Une mélodie plaintive au piano et une voix tourmentée portent ce morceau au sommet. C’est une sorte de mise au point entre Dylan qui demande à garder son rythme créatif et un manager énervé de voir sa « star » jouer au reclus en évitant de tourner. Titre prémonitoire puisque Bob Dylan ne renouvellera pas le contrat de son manager (landlord : propriétaire). « Down Along The Cove », un blues paisible et la belle romance « I’ll Be Your Baby Tonight » annoncent par leur simplicité et légèreté le futur album Nashville Skyline qui verra Bob Dylan venir à des thèmes plus terre à terre sur fond de « country music ». Par sa musique si proche des racines et cette voix apaisée qui ne hausse jamais le ton, John Wesley Harding, qui se démarque du « psychédélisme » ambiant, est l’un des albums incontournables de Bob Dylan. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016
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Pop/Rock - Paru le 20 août 1979 | Columbia

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Pop/Rock - Paru le 16 janvier 1976 | Columbia

Après l’introspection douloureuse du plébiscité Blood On The Tracks, Desire  est un retour remarqué à la spontanéité du « live » et aux chansons narratives. Revenu à New York, il se reconnecte avec les musiciens de la ville et se remet à improviser sur scène comme dans sa jeunesse. Durant une « jam » impromptue dans un café, il croise le fer avec une intrigante violoniste au style très véloce, Scarlet Rivera. L’entente musicale est si intense qu’il l’engage sur-le-champ, donnant ainsi un ton gipsy à tout l’album. Un autre soir, au café « The other end », Bob Dylan rencontre par hasard Jacques Levy, ancien psychologue reconverti metteur en scène et occasionnellement parolier de Roger McGuinn le leader des Byrds. Levy l’encourage à écrire de grandes chansons narratives basées sur des histoires réelles. Les séances d’enregistrement ont lieu à New York où Bob Dylan invite tous les musiciens locaux disponibles. Un groupe se dessine au fur et à mesure comprenant Scarlet Rivera, une section rythmique imparable avec Rob Stoner à la basse et Howard Wyeth à la batterie. Pour les chœurs, Bob Dylan choisit la chanteuse Emmylou Harris qui collabora précédemment avec le grand chanteur de country Gram Parsons. Tous les titres furent gravés « live » dans la journée du 30 juillet 1975 et aux dires des musiciens, l’atmosphère était  extatique. Première « protest-song » de Bob Dylan depuis « George Jackson » en 1971, le fougueux « Hurricane » nous conte l’histoire vraie du boxeur noir Rubin Carter condamné pour un triple meurtre qu’il semble n’avoir pas commis. L’histoire est brillamment exposée et le trait de Bob Dylan est si plein de fiel contre les policiers et le tribunal acharné à piéger un homme de « couleur » que sous la pression des avocats de CBS, Bob Dylan doit réécrire une partie des textes pour éviter un procès. La chanson n’eut guère d’impact immédiat puisque Rubin Carter ne fut absous qu’en 1985, ce qui désola Bob Dylan, très impliqué dans le combat pour l’innocenter (libéré sous caution le 21 mars 1976 après le succès de la chanson, il fût à nouveau condamné à vie lors de son deuxième procès). La musique est-elle somptueuse, portée par une mélodie accrocheuse au parfum country. « Isis » est un autre sommet de Desire  : air entêtant, imagerie riche et histoire mystérieuse. Sur fond de recherche d’un trésor qui se révèle vite illusoire, un homme quitte sa bien aimée « Isis » pendant un voyage initiatique. L’humour abonde dans cette curieuse chanson sur la réconciliation notamment dans le dialogue final entre les deux époux.  Le thème central de l’album, le désir, est résumé dans trois vers et le court refrain du bouleversant « Oh Sister », supplique pour la réconciliation de l’homme et de la femme. Sur « Joey » (somptueux vocaux mêlés d’Emmylou Harris et Bob Dylan) et « Black Diamond Bay », le poète rock se fait conteur de mythes. La première est une réactualisation de la chanson classique sur le hors-la-loi, thème fréquent dans le folk. Ici, c’est Joey Gallo le bandit new-yorkais au grand cœur (« king of the street ») bien que la réalité (le parti pris d’empathie de Dylan fut dénoncé par certains critiques dont Lester Bangs) soit moins reluisante. « Black Diamond Bay » est la peinture plutôt farfelue des occupants d’un hôtel qui va être emporté par un tremblement de terre. Le dernier couplet nous montre le narrateur assistant goguenard à la scène retransmise à la télé dans sa chambre. Le panoramique « Romance In Durango » avec l’accompagnement mariachi évoque un Mexique idéalisé en western épique (Dylan y chante en espagnol, et fort bien), tandis que l’exotique « Mozambique » est une douce invitation au voyage et à la libération des sens. Le mélancolique « One More Cup Coffee », autre morceau-clé de Desire  part d’un élément banal -le café- pour se transformer en déclaration romantique à une gitane libre et exubérante. Les harmonies acrobatiques entre Emmylou Harris et Bob Dylan en font l’une des merveilles de l’album, avec la partie de violon en contrepoint. La seule chanson autobiographique est l’ultime de l’album (située ici pas par harsard), la ballade passionnée « Sara » dédiée à sa femme alors que leur mariage est au plus bas, dix ans après son poème amoureux « Sad-Eyed Lady of the Lowlands » destiné à la même Sara. Ici, plus de métaphores, plus d’images, plus de symboles. Bob Dylan s’y montre nu, comme dans un journal intime. Son chant y est d’ailleurs mixé différemment, plus « en avant », comme s’il se confiait et demandait le pardon de ses fautes. La rédemption. Porté par une musique étincelante et dépaysante et un Dylan enflammé, Desire  est numéro un des deux côtés de l’Atlantique et demeure un de ses plus beaux albums. Une collection de neuf chansons qui demeurent parmi ses toutes meilleures, où son génie à exprimer les expériences humaines n’a qu’un but, démontrer que tous nos actes et nos sentiments sont motivés par le Désir. Mais Dylan a sous-titré son album « chansons de rédemption », ce qui n’est pas innocent car il a toujours choisi ses mots scrupuleusement. Ce que notre « désir » obtient, se paie. Desire sera le parfait véhicule de la tournée épique Rolling Thunder Revue  où le chanteur, accompagné d’un groupe pléthorique en produira des versions féroces, documentées dans son film Renaldo and Clara. © ©Copyright Music Story François Bellion 2016
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Rock - Paru le 13 juillet 1973 | Columbia - Legacy

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Pop/Rock - Paru le 11 septembre 2001 | Columbia

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Country - Paru le 26 septembre 1995 | Nonesuch

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Pop/Rock - Paru le 1 novembre 1983 | Columbia

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Rock - Paru le 20 septembre 2019 | BMG Rights Management (UK) Ltd

Le compositeur

Bob Dylan dans le magazine