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Alternatif et Indé - Paru le 6 octobre 2017 | [PIAS] Le Label

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS
« Pour Lilies, j’ai voulu me retirer dans ma cave avec mon Pro-Tool, mon ordinateur et un micro Sure acheté cent euros. J’aurais pu m’offrir un grand studio et faire une grosse production. Mais j’ai souhaité me limiter à ce matériel. Je voulais revenir à l’essence même de la créativité. J’étais dans cette pièce où il n’y avait pas de lumière, où je ne faisais pas la distinction entre le jour et la nuit. Une situation particulièrement inconfortable, mais je me sentais libre. Je n’avais pas besoin de plus. » L’esprit et le contexte dans lesquels Melanie De Biasio a conçu Lilies sont finalement à l’image de cette artiste à part… Une chanteuse-musicienne toujours prête à se remettre en question pour à nouveau faire trembler les paravents qu’on met habituellement entre les genres musicaux. Paru en 2013, son album No Deal excellait dans ce corps à corps atmosphérique entre jazz, électro et rock. La Belge qui vénère Nina Simone et Abbey Lincoln s’éloigne à nouveau avec délicatesse des classiques sentiers battus de ce qu’on appelle communément le jazz vocal pour flâner vers la soul, le trip hop, le blues voire dans des éthers on ne peut plus impalpables. Dans ces séquences en apesanteur, Lilies impose un peu plus la marque De Biasio. Une manière de réduire en poussière les étiquettes et de jongler avec l’ombre et la lumière, le jour et la nuit. © MD/Qobuz
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Chanson française - Paru le 2 mars 2018 | Initial Artist Services

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Outre la référence à un groupe qui jouait lui-même avec les codes du genre, le titre du premier album d’Eddy de Pretto peut recouvrir d'autres significations. La musique est-elle pour lui une manière de se désintoxiquer des excès qu’il évoque dans certaines chansons (Fête de trop) ? Ou bien la cure est-elle celle qu’il souhaite pour une société malade d’homophobie et autres violences envers ceux et celles qui refusent de rentrer dans le moule ? Ou bien est-ce tout simplement la sonorité cassante du mot qui a attiré l’auteur-compositeur-interprète ? Car Cure est un album dur. Eddy de Pretto est l’auteur (ou coauteur) des paroles, lesquelles sont parfois d’une évidence déconcertante, comme dans ces passages de Kid où il prend la voix d’un père homophobe : « Tu seras viril mon kid, je ne veux voir aucune once féminine. » La dénonciation a le mérite d'être claire, à défaut d’être subtile. Même langage cash lorsqu’il évoque son penchant pour certaines pratiques sexuelles, en particulier « la feuille de rose » : « J’ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses/Dans de tout petits angles où l’on voit qu’les muqueuses ». Dans d’autres cas, les images sont plus poétiques et malignes, comme dans Jimmy, chant d’amour à la Jean Genet en hommage à son dealer. On l’aura compris, Eddy de Pretto parle sans ambages de son homosexualité dans son art. Mais c’est finalement moins l’évocation de son orientation sexuelle que la déconstruction radicale des codes sociaux masculins/féminins qui est la plus intéressante à observer dans ses chansons, en particulier dans celles qui évoquent les injonctions à se construire tel ou tel corps suivant le genre auquel on appartient (Genre). Il revendique clairement une « normalité » (Normal), qui s’exprime chez lui par une neutralité de genre. Et il faut admettre que ce discours est assez novateur dans la pop. Entre les maquillages bariolés de Boy George et le smoking de Marlene Dietrich, il existe donc une troisième voie à explorer, une autre manière de brouiller les pistes. La neutralité de genre est encore un vaste chantier, et qu’on aime ou non son style, Eddy de Pretto a au moins le courage d’essuyer les plâtres. Le petit paradoxe qui fait le piment de son personnage, c’est qu’il crie haut et fort sa colère avec une voix puissante (oserons-nous le terme « masculine » ?) à l’articulation parfaite, un timbre décoiffant qui fait de lui une sorte de « Claude Nougaro de Créteil » (l’accent en moins, donc). Autre petite provocation : musicalement, il se tourne vers des rythmiques d'une musique – le rap – connue pour cultiver parfois le terreau de la binarité des genres. Mais il est aussi visiblement très attiré par la chanson française, dans tout ce qu’elle a de plus classique (certains le comparent même à Jacques Brel). En résumé, en mettant un coup de pied dans la fourmilière d’une pop française souvent frileuse à l’idée de jouer avec les genres (musicaux ou sexuels), Eddy de Pretto s’est construit un personnage impossible à cerner avec précision. Et c’est pour cela qu’il est intéressant. © Nicolas Magenham/Qobuz
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Electro - Paru le 2 février 2018 | Concord Records

Distinctions 4F de Télérama
Une voix androgyne à la Anohni d'Antony and the Johnsons. Un groove feutré très eighties évoquant Everything But The Girl et Sade. Et une épure digne de The xx. Le premier album de Rhye, Woman, paru en 2013, était un vrai choc. L’improbable binôme basé à Los Angeles et composé du Canadien Mike Milosh et du Danois Robin Hannibal déroulait un R&B d’une sensualité (sexualité ?) folle. Cinq ans plus tard, Blood est lui aussi une érotique et troublante bande originale urbaine. Une soul en apesanteur qui semble faire du credo less is more son unique religion. Pourtant, Hannibal a quitté le navire en 2017, laissant Milosh seul à bord. La musique de Rhye est ainsi devenue plus organique. Moins sophistiquée. Et, d’une certaine manière, plus vraie. Surtout, le falsetto du maître des lieux est un aimant surpuissant pour l’ouïe. Une voix encore mieux mise en valeur que sur Woman et qui fait de Blood un sommet de groove raffiné. © MD/Qobuz
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Electro - Paru le 17 mai 2013 | Columbia

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - 5 étoiles Rock and Folk - Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music - Prises de son d'exception - Hi-Res Audio
Virage à 180° pour Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ! Avec leur quatrième album, les Daft semblent boucler l'ère de la musique électronique faite sur un simple laptop dans une chambre de 10m² pour revenir à la bonne vieille méthode à l'ancienne. Célébration du beau son et hymne grandiose au mythe du studio d'enregistrement perçu comme une Mecque de la musique, ce Random Access Memories semble avoir été conçu à la fin des années 70, avec les moyens et l'hédonisme de cette époque où régnaient notamment le disco et le rock californien. Les influences on ne peut plus éclectiques s'entrecroisent comme par magie sur ce nouveau Daft : Chic, Steely Dan, Alan Parsons Project, Todd Rundgren, Pink Floyd, etc. Pour épauler le tandem francilien dans sa démarche rétro-futuriste, un impressionnant casting de stars, lui aussi éclectique, a fait le déplacement : du pape de l'italo-disco Giorgio Moroder (dont la B.O. du film Midnight Express est entrée dans la légende) à Nile Rodgers (cerveau guitariste du groupe Chic) en passant par Paul Williams (Monsieur Phantom of the Paradise en personne !), Pharrell Williams, Todd Edwards, DJ Falcon, Gonzales, Panda Bear d'Animal Collective et Julian Casablancas des Strokes, difficile de rivaliser. Au final, Random Access Memories ne lorgne pas uniquement dans le rétroviseur car le travail des deux musiciens français les plus populaires à l'étranger est bel et bien ancré dans son temps. Entre disco-futuriste et pop ovni, le résultat est impressionnant. © MD/Qobuz
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Ambient - Paru le 26 janvier 2018 | Erased Tapes

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Alors que toute une génération de musiciens semble s’être accommodée de la composition nomade, souvent entre deux dates dans un avion ou un bus de tournée, il en reste encore quelques-uns pour apprécier la qualité de la production studio. Quoi qu’en disent les producteurs de chambre les plus chevronnés, l’environnement est un facteur majeur de la réussite d’un enregistrement (demandez à Ben Frost ou Midori Takada). Quand d’autres sortent des maxis tous les deux mois, Nils Frahm, génie allemand du piano électrisé (ou pas toujours), a pris deux ans pour imaginer et construire “le studio de ses rêves”. Il l’a localisé dans un lieu chargé d’histoire(s), le Funkhaus Berlin, ancien siège de la radiotélévision est-allemande, transformé en complexe de studios et salle de concert. Nils Frahm s’est donc posé dans la Saal 3 pour construire patiemment un orgue à tuyaux qu’on entend émerger dès les premiers titres du disque, comme cette profession de foi The Whole Universe Wants to Be Touched. Avec ce septième album qui, piste après piste, nous replonge avec délice dans son univers onirique, presque subaquatique, l’Allemand continue sa quête de la perfection, qu’il sait pourtant inaccessible. “La musique que j'entends à l'intérieur de moi ne finira jamais sur un disque, car il semble que je ne puisse la jouer que pour moi-même, mais ce disque comprend ce que je pense et décrit mes récentes découvertes musicales de la meilleure façon possible.” Qu’il continue d’essayer surtout… © Smaël Bouaici/Qobuz 
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Alternatif et Indé - Paru le 11 mai 2018 | Domino Recording Co

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Impossible de reprocher à Alex Turner de se reposer sur ses lauriers : avec ce sixième album, les Arctic Monkeys jouent le contre-pied total ! L’uppercut AM de 2013 semble en effet à des années-lumière des mélodies soul, sensuelles et sublimes de Tranquility Base Hotel + Casino. Et dès les premières mesures de ce disque aux cambrures late sixties, on comprend pourquoi le cerveau du quartet de Sheffield cite l’incontournable Melody Nelson de Serge Gainsbourg, le démentiel et trop sous-estimé Born yo Be With You de Dion produit par Phil Spector, mais aussi la BO de François de Roubaix pour Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, comme de fortes influences de cette cuvée 2018. Dans cet esprit, le piano prend logiquement le pouvoir et relègue les guitares énervées sur le banc des remplaçants. Mais les Monkeys restent un groupe à l’âme rock’n’roll et manipulent donc ses influences à la manière de certains de leurs illustres aînés comme David Bowie (auquel on pense souvent) ou Pulp. Et si Tranquility Base Hotel + Casino s’écoute davantage vautré dans un canapé de cuir que dans le pit d’une salle de concert sans clim’, c’est aussi pour mieux mesurer la teneur et le niveau des chansons de leur auteur. Des compositions là pour s’inscrire dans la durée et confirmer que les Arctic Monkeys ne sont vraiment pas un énième groupe de rock anglais comme les autres… © Marc Zisman/Qobuz
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Classique - Paru le 5 janvier 2018 | Warner Classics

Livret Distinctions 4F de Télérama
NOTE DE L'ÉDITEUR : Cette intégrale réunit l’ensemble des œuvres connues de Debussy. Seule la version orchestrale d’un Intermezzo datant de juin 1882 reste pour le moment inaccessible. On peut toutefois en avoir une idée grâce à la version pour piano à quatre mains du compositeur. Parmi les œuvres enregistrées pour la première fois figurent : — la Chanson des brises pour soprano solo, chœur de femmes et piano à quatre mains de 1882, dont le manuscrit complet a été découvert récemment ; — la première version de 1898 des deux Chansons de Charles d’Orléans ; — Diane au bois, comédie lyrique pour soprano, ténor et piano de 1885-1887 ; — le début de La Chute de la maison Usher, tel que Debussy l’a laissé en 1916 ; À cet ensemble, on a joint également les réductions de piano de Khamma, dont l’orchestration est principalement due à Koechlin, et de Jeux, celles-ci donnant une idée sur la manière dont les danseurs ont conçu leur chorégraphie. Par ailleurs, certaines des transcriptions réalisées par Debussy dans les années 1890 n’avaient jamais été enregistrées : — À la fontaine, op. 85 de Robert Schumann, transcrite pour piano deux mains ; — l’Humoresque en forme de valse, op. 159 de Joachim Raff, transcrite pour piano deux mains ; — la Symphonie n° 2 et les Airs d’Étienne Marcel de Camille Saint-Saëns, transcrits pour deux pianos, quatre mains. Ont été ajoutés plusieurs arrangements d’œuvres de Debussy émanant de compositeurs avec lesquels il entretenait des relations amicales. Ainsi, tous ceux d’André Caplet (piano seul, deux pianos, et orchestrations), même lorsqu’ils ont été réalisés après la mort de Debussy, ont été inclus dans cette intégrale, notamment celui des deux Ariettes oubliées enregistrées pour la première fois. Debussy a approuvé la plupart d’entre eux, en dirigeant à plusieurs reprises l’orchestration du Children’s Corner ou en jouant Ibéria dans la version à deux pianos. Il en est de même pour ceux de Jean Roger-Ducasse, Henri Büsser, Désiré-Émile Inghelbrecht ou Bernardino Molinari. Quant aux transcriptions et orchestrations de Maurice Ravel, elles témoignent de l’admiration qu’il avait pour Debussy. Signalons par ailleurs que Debussy s’était lié d’amitié avec le violoniste Arthur Hartmann et avait transcrit pour lui l’un de ses Préludes pour piano, Minstrels. Il les joua en concert le 5 février 1914 avec les deux autres arrangements qu’Hartmann avait conçus avec son assentiment, l’un extrait d’un des Préludes, La fille aux cheveux de lin et l’autre d’Il pleure dans mon cœur, la deuxième des Ariettes oubliées. Enfin, figurent en complément le seul enregistrement acoustique connu de Debussy, accompagnant Mary Garden et réalisé en février 1904 pour la Compagnie Française du Gramophone, ainsi que les rouleaux des quatorze pièces pour piano notés avec le système Welte-Mignon, que Debussy enregistra vraisemblablement en novembre 1913. Denis Herlin © 2017 Warner Classics
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Jazz - Paru le 6 avril 2018 | Okeh

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Ce superbe ovni ne s’appelle pas Nordub pour rien. Nor pour North, le Nord, incarné ici par Nils Petter Molvaer. En 1997, lorsque le label ECM publia l’étonnant album Khmer, ce trompettiste norvégien ébranla la planète jazz en intégrant de l’électronique à son univers sonore assez climatique. Nor, c’est aussi son compatriote le guitariste Eivind Aarset et le bidouilleur et DJ finlandais Vladislav Delay. Quant aux trois lettres de Dub, elles sont ici représentées par le duo le plus emblématique du genre : le batteur Sly Dunbar et le bassiste Robbie Shakespeare. En 2015, cette association on ne peut plus atypique entre le tandem jamaïcain et Nils Petter Molvaer s’est produite sur scène. De quoi s’échauffer avant d’entrer tous ensemble en studio, à Oslo. Par essence, l’univers de Molvaer a toujours été hybride, accueillant des textures jamais exclusivement jazz. Son jeu manipule différents leviers atmosphériques sans jamais délaisser la force créative de ses improvisations ou de ses compositions. Ici, le trompettiste laisse même entrer le son unique de Sly & Robbie avec beaucoup de naturel. Là réside sans doute la force de Nordub. Personne ne prend le dessus, ni ne cherche à étouffer l’autre. La fusion est totale et sincère. On sent même nos deux vieux routiers sexagénaires jamaïcains sortir de leur habituelle zone de confort pour participer activement à la musique qui prend forme. Tout comme le travail d’Aarset et Delay est lui aussi essentiel dans le résultat final. Ensemble, nos cinq aventuriers du son accouchent d’une belle symphonie planante de dub’n’jazz vraiment singulière. © Marc Zisman/Qobuz

Chanson française - Paru le 2 juin 2017 | Balulalo

Livret Distinctions 4F de Télérama
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Le Fil – le sien – est toujours là. Intact. Inaltéré. Celui-là même que Camille Dalmais a tendu, douze ans plus tôt, et qui l’a propulsé sur le devant de la scène. La chanson française, qui n’avait pas pris une telle claque depuis des lustres, restait bouche bée face à cette extra-terrestre malaxant la langue, les sons et les rythmes comme nulle autre. Une forte personnalité qui ne pouvait que déclencher une bataille d’Hernani entre fans transis et ennemis excessifs… Avec son cinquième album, Camille tient donc toujours fermement ce Fil. Conçu près de Villeneuve-Lès-Avignon, Ouï est une graine plantée dans un terreau rythmique. Un point de départ comme un battement de cœur sur lequel elle fait grandir son chant et ses sons. Car ce qui sort de la bouche de Camille, c’est du fond comme de la forme. Une façon de singulariser sa démarche et de se démarquer de ses ainés ; et même de ses contemporains. Ce rythme au cœur de ses chansons vient de mille contrées. Surtout du folklore et des musiques traditionnelles qui sont les carburants (épure, simplicité, dépouillement) de ses acrobaties vocales. Sa voix marche. Puis saute. S’envole. Se couche. Et ainsi de suite. Un funambulisme toujours aussi intense qu’elle n’oublie jamais de mettre au service de ses chansons. Sous le sable qui ouvre ce disque magnifique reflète à la perfection chaque détail de toutes ces spécificités et, plus globalement, de toute la démarche de Camille. Mais surtout, Ouï dégage une forte sensation charnelle. Quelque chose d’assez rare dans la musique actuelle. © MD/Qobuz
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Piano solo - Paru le 6 octobre 2017 | Alpha

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama
« Coloriste sophistiqué, virtuose cérébral, Nelson Goerner met pourtant à nu les failles, les flottements, les foudres des passions dans le labyrinthe de Chopin » écrivait Diapason à l’occasion de la sortie des Préludes en 2015 (Diapason d’Or & Choc de Classica). Sérénité, équilibre, clarté, respiration jalonnent les chroniques des disques et des concerts du pianiste argentin qui signe ici son cinquième enregistrement solo chez Alpha. Il embarque pour une intégrale des Nocturnes, sommet de la poésie chopinienne. Ces 21 miniatures accompagnent Chopin pendant une bonne partie de sa vie puisqu’il les compose entre 1827 et 1848. Hommages au Belcanto italien, les Nocturnes expriment la rêverie mais aussi la complexité des sentiments et une profondeur qui va bien au-delà de la simplicité apparente de ces pièces. Le sens de la mélodie et du tempo de Nelson Goerner fait merveille dans ces pages qu’il a enregistrées dans le cadre idéal de la Salle de Musique de La Chaux de Fonds en Suisse. © Alpha « [...] Version d’esthète, sans aucun doute, sculptée dans les résonances autant que chantée. Mais dans cette catégorie, Nelson Goerner s’incline devant Claudio Arrau au zénith [...] (Diapason, novembre 2017 / Bertrand Boissard)
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Rap - Paru le 14 avril 2017 | Aftermath III JV

Livret Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
DAMN est l’album de rap le plus attendu de l’année. L’unanimité autour de Kendrick Lamar est telle que quelques heures après sa sortie, la moitié de la raposphère l’avait déjà décortiqué, autopsié et sacré « chef d’œuvre » sans prendre le temps de plusieurs écoutes, voire de le digérer sur quelques jours. Oui, le kid de Compton est doué. Très doué même. Et se positionne bien au-dessus d’une mêlée certes polluée par beaucoup de suiveurs et finalement assez peu de créateurs. En 2015, To Pimp A Butterfly avait bluffé son monde par son côté osé prenant le contrepied de good kid, m.A.A.d city paru trois ans plus tôt. La densité tant musicale que verbale de ce troisième album à la saveur afrocentrique prouva que Kendrick était là pour son art et sa communauté, pas simplement pour remplir ses caisses face à un public déjà plus qu’acquis à sa cause. Musicalement, DAMN marche davantage dans les clous. Le Californien signe un quatrième album moins monolithique que ses prédécesseurs. Le tubesque côtoie le plus avant-gardiste, le sensuel se frotte au plus hardcore, les effluves de soul psychédéliques seventies (Lust) fricotent avec le minimalisme électro (Humble), etc. A l’arrivée, Kendrick retombe toujours sur ses Reebok. Surtout que sa plume engagée reste aiguisée comme jamais, entre prêches et introspections plus personnelles ponctués de belles allégories de l’Amérique de Trump. Ainsi, quand Geraldo Rivera de Fox News accuse « le hip hop de faire plus de mal aux jeunes Afro-Américains que le racisme lui-même », Kendrick lui répond brillamment sur DNA, analyse complète de son ADN personnelle. Plus loin, sur Duckworth, il se fait le conteur des galères passées de son père. Du plus grand au plus petit dénominateur commun, Kendrick Lamar rappe à 360°. La liste des invités conviés à la fête est elle aussi éclectique au possible : Rihanna (Loyalty), U2 (XXX), James Blake (Element), Kaytranada (Lust), Kamasi Washington (Lust), Steve Lacy de The Internet (Pride), le bassiste fou Thundercat (Feel), les Canadiens de BadBadNotGood (Lust), sans oublier Kid Capri (Element, XXX, Duckworth et Love), cultissime DJ et MC du Bronx qui sévit à l’aube des années 90 en plein âge d’or du rap, tous apportent non seulement leur touche personnelle mais montrent aussi l’ouverture d’esprit et la gourmandise d’un artiste dépassant les frontières du hip hop. Une fois de plus, on sort sonné de ce disque surpuissant qui lustre un peu plus la couronne de son auteur. © MZ/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 6 octobre 2014 | Play It Again Sam

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Avec Aventine, Agnes Obel étoffe un peu plus l’univers intimiste, climatique et on ne peut plus onirique qui suintait de son premier album, le grandiose Philharmonics. Derrière un piano épuré emprunté à Erik Satie, la Danoise installée à Berlin étire ses miniatures vers davantage de grandeur. Comme d’immenses espaces sonores que sa voix réverbérée vient magnifier. On se laisse donc flotter dans cette sublime matière sonore. Dans ce rêve éveillé encore plus subtil que sur son prédécesseur. Moucheté par quelques violons ici. Ou par un violoncelle là. Un disque qui confirme le talent d’une musicienne hors du temps. Cette édition Deluxe comprend onze titres inédits dont des versions live de ses classiques tels que Fuel To Fire ou Words Are Dead, deux remix signés David Lynch et David Matz ainsi que trois titres inédits : Arches, Under Giant Trees et September Song. De quoi prolonger un peu plus la magie… © MD/Qobuz
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XEU

Rap - Paru le 2 février 2018 | Universal Music Division Capitol Music France

Distinctions 4F de Télérama
En rap encore plus que dans les autres genres, les innovateurs dézinguent illico les suiveurs. Valentin Le Du alias Vald est de la trempe des premiers. Sans se poser de questions, le MC d’Aulnay dégaine ses punchlines atomiques mais surtout atypiques, le transformant en poète majeur du bitume et de la grisaille cérébrale ; la sienne surtout. Chatte, shit, chibre, chier et plus si affinités : les thèmes ont été abordés 6 587 fois par ses confrères, mais rarement avec un cynisme de ce calibre. Surtout que Vald est indéniablement singulier, jouant avec le décalage et l’absurde comme nul autre. Une marque de fabrique qui l’a imposé comme un extraterrestre déambulant sur la raposphère gauloise, jonglant avec sa Sainte Trinité sexe/drogue/solitude. Il monte d’un cran avec Xeu, plus impressionnant que sur Agartha, son premier album paru en 2017. Son stylo a mûri aussi. Quant à la production (signée Seezy), sa précision redoutable rend l’ensemble encore plus impressionnant. Même lorsqu’il flirte ou partouze avec les sonorités électro comme le veut l’air du temps, Vald se démarque là encore de ses collègues de bureau. Enfin, la fluidité de son flow faussement débraillé est comme décuplée par les sons anthracite et les beats minimalistes. Bref, il y a désormais Xeu qui savent… © MZ/Qobuz
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Chanson française - Paru le 17 novembre 2017 | Universal Music Division Mercury Records

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
La jeunesse éternelle existe, Daho l’a rencontrée. Avec Blitz, le fringant sexagénaire signe un renversant quatorzième album d’une rare densité. Dans ses sons, dans sa plume, tout ici est parfaitement pensé, conçu et interprété et montre un artiste inspiré et déchaîné comme jamais. Plus qu’à la première heure ! On entre surtout dans ce Blitz comme on découvre un paysage grandiose. Un vrai coup de poing au plexus qui fait vaciller en convoquant des tas de références. L’imagerie américaine a toujours fascinée Etienne Daho. De l’âge d’or d’Hollywood (Duel au soleil) à la Factory de Warhol arpentée par Lou Reed, l’une de ses grandes idoles, le Rennais a toujours su intégrer ces images d’Epinal pop dans sa sémantique gauloise. Outre-Manche aussi, Daho a bu à de nombreuses sources. Et notamment à celle de Syd Barrett dont le fantôme hante son Blitz. Par un concours de circonstance, il a retrouvé un appartement londonien dans lequel l’éphémère premier leader de Pink Floyd a vécu et a pu y passer quelques minutes. On imagine la force spirituelle d’une telle expérience pour celui qui rappelle que The Madcap Laughs de Barrett fut l’un de ses premiers disques de chevet… Moins évident car plus riche que ses prédécesseurs, Blitz est une vraie caverne d’Ali Baba pop et rock. On est ici à des années-lumière de l’hédonisme de ses Pop Satori (1986) et autres Eden (1996) mais plutôt dans le cerveau-labyrinthe d’un artiste qui déstabilise les codes comme un David Lynch psyché. Avec sa pochette choc très Warhol/Fassbinder/Genet et ses guitares nerveuses, Blitz est un tour de force comme Daho n’en avait pas orchestré depuis des années. Impressionnant. © MD/Qobuz
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Ash

Electro - Paru le 29 septembre 2017 | XL Recordings

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
L’anglais, tout le monde connait. Le yoruba, c’est moins sûr… Grâce au premier album éponyme d’Ibeyi paru début 2015, le plus grand nombre a pu réviser cette langue africaine importée à Cuba au XVIIe siècle par des esclaves originaires de l'actuel Nigeria. Ibeyi, c’est le nom du duo emmené par deux jumelles franco-cubaines d’origine vénézuélienne qui sculptent une belle musique soul habitée et empreinte de spiritualité. Elles chantent donc en yoruba mais aussi en anglais et en espagnol. Après avoir offert de grands pans de mélancolie qu’elles transforment parfois en hymnes percussifs, Naomi et Lisa-Kaindé Diaz poursuivent avec Ash la fusion entre musiques de leur héritage afro-cubain familial (leur père n’était autre qu’Anga Diaz, percussionniste du groupe Irakere) et celles de leur temps, de l’électro au rap en passant par la pop. Un alliage qu’elles appliquent également aux instruments, qu’ils soient acoustiques, électriques et même électroniques. Ibeyi s’amuse même ici avec l’Auto-Tune ! A noter enfin que ce deuxième album est aussi la convention des gens de goût puisqu’on y croise l’atypique pianiste canadien Chilly Gonzales, le saxophoniste californien furibard Kamasi Washington, la bassiste Meshell Ndegeocello et la rappeuse espagnole Mala Rodriguez. © MD/Qobuz
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Chanson française - Paru le 9 mars 2018 | Universal Music Division Barclay

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Après une introduction où la voix atypique du chanteur (Arthur Teboul, également auteur des paroles) navigue sur des arpèges électroniques, le nouvel album de Feu ! Chatterton s’emballe avec Grace, slow rock psychédélique en hommage à une « princesse qui porte si joliment son nom ». Dès les premières minutes de L’Oiseleur, on se rend donc compte sans déplaisir que le groupe parisien n’a pas abandonné son attirance pour les années 70, tant au niveau de la musique (tendance « pop rock sophistiquée ») qu’au niveau des paroles au romantisme « fin de siècle ». Le dandysme suranné et assumé de Teboul trouve un écrin idéal dans des morceaux comme Zone libre (texte d’Aragon), la ballade nostalgique Erussel Baled (Les Ruines), et surtout le magnifique Ginger, dont l’orchestration mêlant orgue électronique, chœurs féminins et célesta fait des étincelles. La couleur se fait plus contemporaine dans un morceau comme L’Ivresse, mais la mayonnaise a du mal à prendre – c’est un peu comme si Marcel Mouloudji et Serge Gainsbourg fusionnaient pour entonner un slam lourdement branché. Finalement, c’est lorsqu’ils montrent leur amour exclusif pour les musiques du passé que le groupe déploie son talent avec le plus de conviction. Dans la dernière plage de ce second album de Feu ! Chatterton (après Ici le jour (a tout enseveli) en 2015) Arthur Teboul parle de « gaie mélancolie » et des « poèmes de Paul Eluard » sur une musique dépouillée et onirique, avant d’enchaîner avec une mélopée envoûtante mise en valeur par des envolées de cordes enchanteresses et quelques notes de clarinettes inquiètes. Une conclusion belle et élégante pour un album à la tenue, dans l’ensemble, excellente. ©Nicolas Magenham/Qobuz  
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Jazz vocal - Paru le 19 mai 2017 | ACT Music

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - 5 Sterne Fono Forum Jazz
Quoi de mieux que de s’entourer de nouveaux complices pour faire un nouveau casse ! C’est la bonne idée de Youn Sun Nah pour ce She Moves On. Quatre ans après Lento, la chanteuse coréenne s’est entourée d’un proche de John Zorn, Jamie Saft au piano, à l’orgue Hammond, au Fender Rhodes et au Wurlitzer (il est aussi le producteur du disque), ainsi que de Brad Jones à la contrebasse et du batteur Dan Rieser, compagnon de Norah Jones au sein des Little Willies. Mais c’est surtout la présence du guitariste Marc Ribot, sur cinq des onze titres, qui fait tendre l’oreille. Entourée de ces quatre fortes personnalités, Youn Sun Nah explore un répertoire assez varié empruntant aussi bien au rock qu’au folk, aux rythmes qu’aux textes, à travers des reprises de Joni Mitchell (The Dawntreader), Paul Simon (She Moves On), Lou Reed (Teach The Gifted Children), Jimi Hendrix (Drifting avec un solo furibard de Ribot) ou encore le traditionnel Black Is The Color Of My True Love’s Hair. Trois compositions originales, Traveller, Evening Star et Too Late, complètent cet album résolument inspiré par la musique américaine et qui présente sa voix impressionnante dans un contexte qui n’est pas sans rappeler Norah Jones justement, voire Melody Gardot. Mais la personnalité vocale de Youn Sun Nah est assez forte pour qu’elle ne marche jamais ici sur les plates-bandes de ses illustres consœurs et propose, à l’arrivée, un enregistrement qui lui ressemble. © MD/Qobuz
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Folk - Paru le 9 février 2018 | Alela Diane

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
En 2007, The Pirate's Gospel imposa son folk drogué à l'âme du gospel. Son premier album, Alela Diane le portait de sa voix renversante. Les fans de Cat Power et de Karen Dalton apprécièrent… Une décennie plus tard, la Californienne installée à Portland s’est isolée dans une maison, en pleine forêt, histoire sans doute de se ressourcer après avoir mis au monde sa fille deux ans plus tôt… Là, la songwriter a troqué sa guitare acoustique pour un grand piano sur lequel sont nées les chansons de Cusp, cinquième album d’une femme décidée à faire un bilan tant personnel qu’artistique. Son rapport à la féminité mais aussi son regard sur la maternité (sur Song for Sandy, Alela Diane rend hommage à Sandy Denny (grande prêtresse du folk britannique des sixties au sein de Fairport Convention, qui mourut à seulement 31 ans peu de temps après être justement devenue mère) ou sur ses contemporains (Emigré sur la crise des migrants) nourrissent un disque d’une rare densité littéraire. Musicalement, son habituelle sensibilité mélodique et son approche épurée du folk se mêlent à un instrumentarium plus sophistiqué qu’à l’accoutumée. De quoi évoquer Carole King, Joni Mitchell et les grands noms de la scène de Laurel Canyon. De charismatiques influences qui ne bâillonnent pas pour autant l’originalité du style d’une Alela Diane plus maîtresse de son art que jamais. © MD/Qobuz
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Chanson française - Paru le 1 janvier 2013 | Island Records (The Island Def Jam Music Group / Universal Music)

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Discothèque Idéale Qobuz
Passons vite sur cette étiquette de Jacques Brel du troisième millénaire pour ne garder que les treize titres de cette Racine carrée évidemment tout sauf carrée. Avec ce deuxième album, l’extra-terrestre Stromae poursuit ses assemblages improbables entre hymnes dancefloor minimalistes et prose sombre, impeccable coup de zoom sur notre temps. Derrière le groove festif plane toujours cette impressionnante mélancolie quand ça n’est pas un pessimisme des plus anthracite. Dans ses textes. Dans les circonvolutions de sa voix. Là réside sans doute la personnalité musicale d’un artiste qui compte un peu plus à chaque nouvelle chanson. Au final, Stromae prouve surtout avec Racine carrée qu’il a su trouver comme écrire l’après Alors on danse, son acte de naissance de 2010. Étonnant. © CM/Qobuz
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Folk - Paru le 19 janvier 2018 | Columbia

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Lorsqu’elles publient The Big Black and the Blue en 2010, Johanna et Klara Söderberg n’ont respectivement que 20 et 23 ans. Rapidement, le nom des deux sœurs suédoises va s’installer tout en haut de l’affiche grâce à leurs relectures boisées de chansons signées Fleet Foxes, Lorde, Jack White ou bien encore Black Sabbath... Mais, dans la foulée, First Aid Kit impose surtout son style. Une sorte de folk rêveur aussi frais qu’envoûtant et au cœur duquel scintillent des harmonies vocales resplendissantes… Pour leur quatrième album, les Söderberg se sont envolées sur la côte Ouest des Etats-Unis. Ecrit en Californie (Los Angeles) et enregistré dans l’Oregon (Portland), Ruins est sans doute leur plus bel accomplissement. Le plus solide fil tiré entre leur Suède natale et l’Amérique de leurs rêves. Produit par l’excellent Tucker Martine, expert en country classe et racée, voilà surtout un disque qui puise son inspiration dans le vaste patrimoine de l’americana (de l’époque Gram Parsons/Emmylou Harris aux plus récents Fleet Foxes) pour ressembler avant toute chose à ses auteurs. Arrangements chatoyants, rythmiques moelleuses, harmonies vocales intenses et invités de renom (Peter Buck de R.E.M., Glenn Kotche de Wilco et McKenzie Smith de Midlake), tout est là pour rendre leur folk-rock encore plus luxueux que sur The Lion's Roar (2012) et Stay Gold (2014). Difficile de ne pas déballer la formule très cliché : pour les Suédoises, voilà l’album de la maturité. © MD/Qobuz