Les albums

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Piano solo - Paru le 4 mai 2018 | Challenge Classics

Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama
Voici le troisième album pour Challenge Classics de l’excellente pianiste d’origine israélienne Einav Yarden, qui après avoir exploré les mondes de Haydn, oun avant Beethoven et Stravinski, s’attaque à la figure la plus complexe du premier Romantisme germanique, Robert Schumann, au travers d’un répertoire d’une part assez original (Drei Fantasiestücke Op. 111, en incipit) et largement couru (Fantasie Op. 17, Waldszenen) par ses confrères. La concurrence, rude, ne doit pas pour autant vous écarter de la proposition de cette musicienne encore peu connue dans nos contrées, élève de Leon Fleisher au Conservatoire Peabody, chérie par Elisso Virsaladze et formée initialement en Israël. Ses interprétations de Schumann se distinguent par une grande volonté de clarté structurelle et des phrasés amples, annonçant parfois Brahms, plutôt que par la recherche du lyrisme ou d’une poésie doucement fébrile. © Théodore Grantet/Qobuz
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Intégrales d'opéra - Paru le 2 mai 2018 | PentaTone

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Gramophone Record of the Month - Diapason d'or / Arte - Le Choix de France Musique
L’histoire des Pêcheurs de perles de Bizet est rien moins que tourmentée : après la création en 1863, la partition – dont le manuscrit est désormais propriété privée et hélas invisible – tomba dans l’oubli, et fut remise à l’honneur bien après la mort du compositeur, une fois qu’il fût devenu célèbre avec Carmen. Hélas, mille fois hélas, les divers directeurs de théâtre se prirent pour de grands Manitous et firent allègrement remanier l’ouvrage, coupant par ci, rajoutant par là, modifiant jusques et y compris la fin. Jusque dans les années 1960, c’est cette version calamiteusement inepte qui fut présentée – le livret est déjà assez banal comme ça, pourquoi rajouter encore en ineptie ! –, jusqu’à ce que la musicologie se penche sur les documents d’origine disponibles, en particulier la réduction réalisée par Bizet lui-même, ainsi que le « conducteur » d’époque comportant quand même nombre d’indications d’orchestration. La présente version reconstituée en 2014 par Hugh MacDonald, chantée par la fine fleur de la grande relève française – Julie Fuchs, Florian Sempey, Cyrille Dubois et Luc Bertin-Hugault – restitue au plus près possible la version initiale de l’ouvrage, de sorte que l’auditeur aura sans doute quelques surprises de taille, et des bonnes surprises qui plus est : des numéros supplémentaires, des développements mélodiques et dramatiques en nombre, c’est presque une toute nouvelle partition que voilà. © SM/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 27 avril 2018 | ATO Records

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Derrière ses carreaux ronds et épais, sur lesquels on trouve à boire et à manger, la tête pensante d'Okkervil River a emmené son groupe fleuve dans d'autres lits. Pour Away (2016), Will Sheff avait ouvert avec l'élégie Okkervil River R.I.P, pour mieux annoncer le renouveau. Celui d'un groupe dont il s'était séparé pour faire peau neuve. Pour ce neuvième opus, étrangement optimiste, le songwriter n'a pas mis longtemps à trouver l'inspiration. En tournant à travers l'Amérique pour Away, la période électorale aidant, Sheff gratte des titres à mi-chemin entre folk précieux (How It Is) et verbeux (External Actor), indie pop brillante (Pulled Up the Ribbon) et sombre comme ce Famous Tracheotomy évoquant sa trachéo, celle de Mary Wells ou d'autres stars éteintes, tressant ainsi des récits aussi douloureux que frontaux. Mixé par Shawn Everett (The War On Drugs, Julian Casablancas), In the Rainbow Rain semble être finalement le film positif d'Away. Et l'un des chapitres les plus lumineux de leur discographie. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Musique vocale profane - Paru le 27 avril 2018 | harmonia mundi

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - 4F de Télérama - Prises de son d'exception
Disons que les compositeurs ici choisis par Sébastien Daucé et l’Ensemble Correspondances couvrent environ l’Angleterre de 1600 à 1700, de la génération de Coprario (en fait ; Cooper, mais italianisé pour être à la mode !), Johnson et Lanier, tous nés avant le tournant du XVIIe siècle, jusqu’à Hart et Blow disparus juste après le tournant du suivant. On y suit pas à pas la diffusion et l’incorporation de l’art nouveau importé d’Italie, même si les récitatifs accompagnés typiquement italiens restent toujours teintés du « chant déclamatoire » typique de la musique anglaise. Autre pivot évident, c’est le hiatus musical de quelque vingt ans entre le début de la Guerre Civile en 1642 et la Restauration lors du retour au trône de Charles II, en passant par la dictature religieuse puritaine de Cromwell qui entendait interdire plus ou moins toute forme de réjouissance, y compris la musique. Nombre d’artistes anglais choisirent d’ailleurs de s’exiler à la campagne pour y servir comme précepteurs musicaux, ou même à l’étranger. Cet éventail fort complet de tout un siècle permet à l’ensemble Correspondances, son ample groupe de chanteurs et d’instrumentistes, de faire montre de leur profonde connaissance de toute cette époque, richissime malgré des conditions de vie ou même de survie parfois des plus précaires. © SM/Qobuz « [...] ni musique française, ni musique italienne, ou plutôt les deux, dans une enveloppe anglaise. Voici donc un panorama de l'Angleterre du XVIIe siècle, glissement progressif de la musique de cour à la musique de théâtre et de ville [...] Le grain et la longueur de voix de Lucile Richardot font merveille dans la noirceur, mais sa présence nous magnétise dans bien d'autres registres. L'airain va de pair avec une clarté exceptionnelle d'élocution et l'absence de tout engorgement, une lumière dorée nimbe les aigus. [...] Sébastien Daucé sertit les reflets de cette perle rare avec une économie de moyens admirable [...] » (Diapason, juin 2018 / Sophie Roughol)
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Rock - Paru le 24 avril 2018 | Reprise

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Reissue
Tonight’s the Night fait partie des grands disques anthracites de l’histoire du rock’n’roll. En six mois, Neil Young a perdu deux proches, morts d'overdose : son guitariste Danny Whitten et son roadie Bruce Berry. Logique que l’album qu’il enregistrera dans la foulée en août et septembre 1973 (mais qui ne paraîtra qu’en juin 1975, après On the Beach) soit d’une rare noirceur… Le trip introspectif de Tonight’s the Night se nourrit de ces drames personnels qu’il mêle à l’ambiance oppressante qui règne alors en Amérique. Violences urbaines, consommation croissante de drogue, guerre du Vietnam et utopie hippie chahutée alimentent sa partition sombre mais sublime et poignante. Même l’instrumentarium déballé sur Tonight’s the Night est chancelant, entre un piano vacillant et une pedal steel à l’économie. Du dépouillé pour mieux souligner la beauté des mélodies comme sur les bouleversantes ballades Tired Eyes, New Mama et Borrowed Tune…  Les 20, 21 et 22 septembre 1973, Neil Young et ses musiciens, baptisés les Santa Monica Flyers (en fait, Ben Keith à la pedal steel, Nils Lofgren à la guitare et au piano, Billy Talbot à la basse et Ralph Molina à la batterie), montent sur la scène du Roxy, un tout nouveau club de Los Angeles sur West Hollywood. Dans leurs mains, ce nouveau répertoire qui sent la mort et le souffre mais dont les versions qu’ils livrent ici au public californien sont empreintes d’une force émotive, d’une réelle chaleur et parfois même d’une joie sincère et communicative logiquement absente sur les versions studio. Là réside la magie de cette archive ressuscitée et restaurée. Si les fans de Neil Young écouteront sans doute en boucle ce Roxy - Tonight’s the Night Live, les novices peuvent aussi prendre ce superbe train en marche pour découvrir et appréhender l’univers d’un musicien unique alors au sommet de son art et de son écriture. © Marc Zisman/Qobuz
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Metal - Paru le 20 avril 2018 | Century Media

Distinctions 4F de Télérama
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Quatuors - Paru le 20 avril 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Choc de Classica
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, cette première intégrale des quatuors à cordes (dont deux inédits) sur instruments d’époque révèle une partie méconnue de son œuvre, dominée par la musique vocale. Figure majeure du Romantisme français, Gounod s’inscrit avec ses cinq quatuors dans la lignée du classicisme viennois. Les accents lyriques du Quatuor en sol mineur ou la légèreté aérienne du Scherzo du Petit Quatuor évoquent rien moins que les noms de Schubert et Mendelssohn. Les musiciens du Quatuor Cambini-Paris (Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, Pierre-Éric Nimylowycz et Atsushi Sakaï) restituent avec grâce ces pages empreintes de gravité et de suavité. © Aparté/Little Tribeca
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Jazz vocal - Paru le 6 avril 2018 | ODIN

Distinctions 4F de Télérama
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Jazz - Paru le 6 avril 2018 | Okeh

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Ce superbe ovni ne s’appelle pas Nordub pour rien. Nor pour North, le Nord, incarné ici par Nils Petter Molvaer. En 1997, lorsque le label ECM publia l’étonnant album Khmer, ce trompettiste norvégien ébranla la planète jazz en intégrant de l’électronique à son univers sonore assez climatique. Nor, c’est aussi son compatriote le guitariste Eivind Aarset et le bidouilleur et DJ finlandais Vladislav Delay. Quant aux trois lettres de Dub, elles sont ici représentées par le duo le plus emblématique du genre : le batteur Sly Dunbar et le bassiste Robbie Shakespeare. En 2015, cette association on ne peut plus atypique entre le tandem jamaïcain et Nils Petter Molvaer s’est produite sur scène. De quoi s’échauffer avant d’entrer tous ensemble en studio, à Oslo. Par essence, l’univers de Molvaer a toujours été hybride, accueillant des textures jamais exclusivement jazz. Son jeu manipule différents leviers atmosphériques sans jamais délaisser la force créative de ses improvisations ou de ses compositions. Ici, le trompettiste laisse même entrer le son unique de Sly & Robbie avec beaucoup de naturel. Là réside sans doute la force de Nordub. Personne ne prend le dessus, ni ne cherche à étouffer l’autre. La fusion est totale et sincère. On sent même nos deux vieux routiers sexagénaires jamaïcains sortir de leur habituelle zone de confort pour participer activement à la musique qui prend forme. Tout comme le travail d’Aarset et Delay est lui aussi essentiel dans le résultat final. Ensemble, nos cinq aventuriers du son accouchent d’une belle symphonie planante de dub’n’jazz vraiment singulière. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 6 avril 2018 | Rough Trade

Distinctions 4F de Télérama
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Chanson française - Paru le 6 avril 2018 | Initial Artist Services

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Avec sa voix grave et sa personnalité imposante, Clara Luciani est un peu la cousine de Fishbach, Juliette Armanet ou Alice Lewis. En intégrant cette famille qui s’élargit de jour en jour, elle se propulse dans une constellation musicale pop féministe, mélodique et mélancolique, aussi esthétiquement passionnante que politiquement indispensable. Dès les deux premiers morceaux très disco synth-pop de cet album, Clara Luciani crève le disque et résume son projet. Toutes basses mises en avant, ces deux chansons mettent en lumière à la fois l’aspect combattif de la chanteuse (La Grenade) et sa douceur d’âme (La Baie). Entre une utopie planante et une rage intérieure, Clara Luciani décide de ne pas choisir, et c’est là toute sa force. Le reste de l’album n’est qu’une déclinaison de ces deux tendances. La chanteuse d’origine marseillaise bouscule l’auditeur en oscillant sans cesse entre une caresse et une gifle parfois teintée de détresse, notamment lorsqu’elle évoque le rôle des femmes au sein d’une société patriarcale (Drôle d’époque). Certes, Clara Luciani observe ce qui l’entoure, mais elle n’exclut pas pour autant l’introspection : parmi les autres morceaux de bravoure de cet album, citons On ne meurt pas d’amour (dont la mélodie pourrait sonner comme un hommage à Etienne Daho) ou bien la poignante berceuse Dors. Mais même lorsqu’elle parle d’elle-même et du chagrin d’amour, elle conserve cette fougue et ce côté guerrier qui lui sied si bien. Clara Luciani a percé grâce à des projets collectifs comme La Femme ou Nouvelle Vague, mais c’est visiblement le solo qui lui va le mieux. Dans cet album dont les compositions et la production sont signées Ambroise Willaume (alias Sage), elle explose comme cette grenade si lourde de sens qui ouvre et clôt Sainte Victoire. ©Nicolas Magenham/Qobuz
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Techno - Paru le 6 avril 2018 | Phantasy Sound - [PIAS]

Distinctions 4F de Télérama
Propulsé nouvelle sensation de la techno anglaise par toute la critique lors de la sortie de son premier album Drone Logic en 2013, Daniel Avery est depuis devenu l’une des références pour le circuit de la dance music européenne, s’affichant régulièrement dans les programmations des meilleurs clubs et festivals du continent, et notamment au célèbre club londonien Fabric, dont il est devenu l’un des piliers. Après quatre années passées à profiter de sa cote de tournée en tournée, l’Anglais s’est enfin décidé à se poser pour enregistrer un nouveau long format, dans un studio au bord de la Tamise. Le revers de la médaille. “Drone Logic a changé ma vie. J'ai commencé à tourner sans arrêt et partout. C'est génial car j'adore mixer, mais c'est devenu plus difficile de trouver du temps pour la production.” A l’inverse des productions ciblées dancefloor de son premier essai, Song for Alpha, mixé par son mentor Erol Alkan, le patron du label Phantasy, rencontré aux fameuses soirées Trash, démarre par une plage d’ambient, First Light, avant d’embrayer sur un trip hypnotique et onirique sur Stereo L. Les kicks de Projector et Sensation nous ramènent dans le noir d’un club de Detroit dans les 90’s, mais c’est pour aussitôt replonger la tête sous l’eau avec des délires inspirés par Brian Eno sur Citizen//Nowhere, Days from Now, Embers, ou Quick Eternity, qui clôture ce voyage par une démonstration de finesse aux airs de bande-son de film. Une ambition qu’il revendique : ce Song for Alpha ressemble à une carte de visite parfaite en cas de rencontre avec un cinéaste. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Amérique latine - Paru le 30 mars 2018 | Daptone Records

Distinctions 4F de Télérama
Le premier album de l’Orquesta Akokán a été enregistré au Areito Studio 101, au sein du complexe de production musicale EGREM, où les grands de Cuba des années 40 et 50 ont marqué l’histoire et où le Buena Vista Social Club a vu le jour. Dès la première minute, nous sommes transportés « au cœur » (akokán en yoruba), d’un paradis disparu. Il y flotte un parfum de La Havane, quand le mambo et le cha-cha-cha étaient rois et les plaisirs coulaient à flots. Robes de cocktail et tuxedos semblent virevolter gaiement autour de la piste de danse sous les malices enivrantes des cuivres et percussions (conga, timbale, bongo ou cloche), d’un volubile piano et de la voix suave et gouailleuse de José “Pepito” Gómez, qui a rassemblé ce big band de jeunes et vieux virtuoses. Ils nous entraînent aux frontières de l’ivresse grâce à un savoir-faire oublié, une science dépoussiérée des grands orchestres festifs. Elégance, vitalité et bonne humeur caractérisent leur musique, mais cette légèreté ne les gêne en rien pour accomplir quelques figures complexes et étonnantes lors de courts et intenses solos. Cette première virée hors du sol américain du label Daptone s’avère aussi endiablée et excitante que leurs meilleures productions (l’afrobeat d’Antibalas, la soul puissante des regrettés Charles Bradley ou Sharon Jones & The Dap-Kings ou encore le funk hip-hop du Budos Band). © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Chanson française - Paru le 30 mars 2018 | Elektra France

Livret Distinctions 4F de Télérama
Entre classicisme pop très 70s et modernité électronique, cet album de Barbara Carlotti est une arme de séduction massive. Héritière d’une lignée prestigieuse de grandes chanteuses françaises éthérées (de Françoise Hardy à Charlotte Gainsbourg), elle envoûte l’auditeur par sa voix aérienne. Ses chansons pourraient être des berceuses pour adultes, à la frontière de la réalité et de l’imaginaire, comme le prouve la magnifique Tu peux dormir, cocomposée par son complice Jean-Pierre Petit. Mais sa voix n’est pas que rêverie et douceur, elle peut aussi être, à l’occasion, souriante et narquoise, à l’image de son délicieux duo avec Bertrand Burgalat, Tout ce que tu touches. Derrière le confort et l’harmonie se niche une sorte de folie douce chez Barbara Carlotti. « Le beau est uni au bizarre », affirme-t-elle d’ailleurs dans l’une de ses chansons, résumant ainsi toute sa philosophie. Elle peut aussi surprendre par son côté charnel et sexuellement ambivalent, comme dans l’inattendu Phénomène composite, dans lequel elle incite son interlocuteur à la suivre dans sa chambre/laboratoire scientifique pour lui prouver que « toutes les femmes sont hermaphrodites ». Mais à côté de ces préoccupations physiques, le cerveau tient une place prépondérante dans l’album – bien qu’elle ne le sollicite pas pour saupoudrer ses chansons de rationalité, mais plutôt d’images débridées et fantastiques. Voici comment elle explique le titre énigmatique de son disque : « Le cerveau produit une activité magnétique constante tout au long de notre existence. La nuit, il est encore plus actif au moment du sommeil paradoxal, qui devient alors un lieu d’extension du domaine de la pensée. C’est dans cet espace virtuel et inconscient que se déploie le rêve. Ce matériau qui se rapporte aussi bien à la science qu’à l’intuition poétique […] sera mon appareil de production. » Avec Magnétique, Barbara Carlotti vient caresser l’auditeur à travers sa personnalité tendre et en lui ouvrant la porte de ses rêves tantôt bienveillants, tantôt étranges. © Nicolas Magenham/Qobuz
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Soul - Paru le 30 mars 2018 | Verve Records

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Une grande voix soul ressuscitée. Des chansons engagées entrées dans le Great American Songbook. Voilà un projet ancré dans les années 60 (mais pas que…) et qui trouve pourtant un bel écho dans l’Amérique divisée et chahutée de la présidence Trump… En consacrant exclusivement ce disque à des reprises de Bob Dylan, Bettye LaVette veut faire entendre sa voix au sens propre comme au figuré. Produit par Steve Jordan, Things Have Changed, qui accueille notamment Keith Richards et Trombone Shorty, alterne entre soul vintage et chaude et uppercut plus funky voire carrément rock’n’roll. Surtout, à 72 ans passés, la soul sister originaire du Michigan continue à prouver qu’elle est encore bien loin de la voie de garage… En 2005 déjà, LaVette avait fait un joli come-back avec l’album I’ve Got My Own Hell to Raise, lui aussi composé de nombreuses reprises signées alors Sinéad O'Connor, Lucinda Williams, Joan Armatrading, Rosanne Cash, Dolly Parton, Aimee Mann et Fiona Apple. Deux ans plus tard, elle confirmait la tenue de son organe sur The Scene of the Crime en revisitant du Eddie Hinton, George Jones, Willie Nelson, Ray Charles, John Hiatt et Elton John. Jamais deux sans trois, Interpretations : The British Rock Songbook, publié en 2010, la voyait cette fois à l’assaut de compositions popularisées par les Beatles, les Rolling Stones, Traffic, les Animals, Led Zep, George Harrison, Pink Floyd, Ringo Starr, Paul McCartney, les Moody Blues, Derek & The Dominos et les Who… Cette cuvée 2018 se positionne pourtant au-dessus des autres tant la chanteuse s’approprie le répertoire dylanien avec une sincérité renversante. Du grand art. © Max Dembo/Qobuz
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Jazz - Paru le 23 mars 2018 | Columbia - Legacy

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Indispensable JAZZ NEWS - Pitchfork: Best New Reissue - 5 Sterne Fono Forum Jazz
Lorsque les noms de Miles Davis et John Coltrane se retrouvent à la même affiche, le frison est déjà à portée de main. Avec ce sixième épisode des Bootleg Series du trompettiste, il se transforme même – doux euphémisme – en extase. The Final Tour se concentre sur le dernier chapitre de la collaboration entre Miles et Coltrane. Sur quatre CD, il comprend des performances enregistrées dans le cadre de leur tournée européenne de 1960 – la dernière ensemble – avant la mort du saxophoniste en juillet 1967. On y retrouve les deux concerts de l’Olympia à Paris le 21 mars 1960, les deux du 22 mars à Stockholm et celui du 24 mars à Copenhague, le tout disponible pour la première fois à partir des bandes analogues ¼ pouces. Ces cinq concerts se déroulent un an à peine après la sortie du chef-d’œuvre Kind of Blue qui a violemment secoué la jazzosphère. La puissance nucléaire créative des protagonistes est ici telle que le quintet est à chaque seconde au bord de l’implosion. Avec le pianiste Wynton Kelly, le contrebassiste Paul Chambers et le batteur Jimmy Cobb, Miles comme Trane livrent des improvisations torrentielles dans lesquels la fusion comme l’opposition sautent aux oreilles. Mais miraculeusement, tout tient, rien ne s’effondre. Au contraire ! C’est la magie de ces cinq concerts : entendre à la fois l’individualisme de cinq géants et leur capacité à se tenir par la main pour rugir à l’unisson. Côté répertoire, ce coffret est une sorte de nirvana davisien avec les plus grands thèmes (pas toujours de lui) qui ont fait le succès du trompettiste : ’Round Midnight, Bye Bye Blackbird, On Green Dolphin Street, Walkin’, All of You, Oleo, So What ou bien encore All Blues… Enfin, The Final Tour se conclut par une étonnante interview donnée par Coltrane au DJ radio suédois Carl-Erik Lindgren. « Vous sentez-vous en colère ? », lui demande celui-ci. « Non, répond Trane. J’expliquais récemment à un ami que la raison pour laquelle je jouais tant de sons – et c’est pour ça que ça peut ressembler à de la colère –, c’est que j’essaie de dire beaucoup de choses en même temps. Et je ne les ai pas triées. » A l’écoute de ces concerts de 1960, on ne peut que crier : non au tri sélectif ! © Marc Zisman/Qobuz
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Jazz - Paru le 23 mars 2018 | Buda musique

Distinctions 4F de Télérama
Entre les 6 055 tuyaux et les 25 tonnes de bois et de métal du grand orgue symphonique de la Philharmonie maniés par Baptiste-Florian Marle-Ouvrard et les quelques centaines de grammes et les dizaines de centimètres de la clarinette de Yom, le duel semble inégal. Mais les deux virtuoses ne font pas dans l’esbroufe et leur prière commune est nuancée et harmonieuse. Cette pièce de 26 minutes, divisée en 10 parties continues (incantation, pèlerinage, méditation, doute, fatalité, lumière brûlante, Eyli Ata, méditation 2, incantation 2 et apothéose) est un dialogue partiellement improvisé dans lequel chacun montre le désir de communier avec l’autre. Les origines sépharades du clarinettiste et le rattachement de l’organiste à l’église Saint-Eustache de Paris, où il est cotitulaire des grandes orgues, n’orientent en rien cette pièce profonde vers une logique dogmatique. Tout autant imprégnée d’intentions sacrées que profanes, cette Prière commune s’élève du fond de l’âme humaine, en respectant les doutes et les profondeurs émotionnelles. Elle sera bénéfique à quiconque sait dresser l’oreille. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz 
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Alternatif et Indé - Paru le 23 mars 2018 | Bella Union

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Sept ans après Kinshasa Succursale, le rappeur belgo-congolais Baloji reste fidèle à son approche singulière. Il conjugue avec toujours plus d’adresse et de maturité les traditions musicales africaines du XXe siècle, rumba, highlife ou bikutsi, à un flow cru et poétique et des arrangements électro, funky, afro-trap ou hip-hop, ancrés dans notre époque. Sincère et fidèle à ses racines, il a conçu ce nouvel album comme un film contemporain d’art et d’essai qui mêle réalité sociale, lyrisme poétique et sentiments contrastés. Le verbe haut comme un Jacques Brel ébène, il s’appuie sur un vécu, parfois douloureux. Le titre de l’album évoque l’adresse de sa mère en RDC, dont il fut séparé pendant vingt-cinq ans et avec qui les retrouvailles difficiles sont décrites dans La Dernière Pluie – Inconnu à cette adresse".< La douleur est aussi présente dans le morceau final dédié au lac Tanganyika, théâtre de sanglants conflits entre Bantous et Pygmées. Mais tout n’est pas sombre au 137 Avenue Kaniama, il y a aussi de la bonne humeur dans les tirades vocales de Klody Ndongala, Bwanga Pilipili ou Charlotte Adigery, de la joie dans les guitares du vétéran Dizzy Mandjeku et Tom Ntale et de l’euphorie dans les grooves irrésistibles qui surgissent à intervalles réguliers. Qu’elle soit douce, amère ou sucrée, partout, il y a de la vie. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz>
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Musique de chambre - Paru le 23 mars 2018 | Ligia

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
À la question « Qui était Henriette Renié ? », seuls les harpistes savent en principe répondre. Renié (1875-1956), immense virtuose de la harpe, est aux harpistes ce que Liszt est aux pianistes. Elle fut en son temps une pédagogue extrêmement renommée, qui donna à la harpe comme instrument soliste ses lettres de noblesse. Entrée au Conservatoire de Paris à neuf ans, elle en sort trois ans plus tard avec un premier prix à l’unanimité, puis devient l’assistante de son propre professeur. Un an plus tard, elle intègre les classes de composition et d’écriture de Dubois qui, avec Massenet, l’incite à composer. Alors âgée de treize ans et elle faisait vraiment figure d’exception, seule femme dans une classe de dix-huit hommes ! Elle eut durant toute sa vie ses nombreux élèves parmi lesquels on peut citer Lily Laskine, Marcel Grandjany et… Harpo Marx. En composant une trentaine de pièces pour la harpe et en transcrivant une quantité impressionnante d’œuvres de Debussy, Bach, Ravel, Beethoven, Grieg, Rameau – pour n’en nommer que quelques-uns –, elle renouvelle considérablement le répertoire de l’instrument à sept pédales à double mouvement mis au point par Érard au début du XIXe siècle, déjà la véritable harpe moderne. Ses œuvres trahissent l’influence du romantisme tardif. Dans le Trio pour violon, violoncelle et harpe (ou piano, ici dans sa version avec piano) des années 1910-1920, on retrouvera ainsi la forme cyclique si chère à Franck. Franck qu’elle cite d’ailleurs clairement dans sa Sonate pour violoncelle et piano, l’unique œuvre qu’elle n’ait pas dédié d’une manière ou d’une autre à la harpe. L’objectif du Trio Nuori est de sortir Henriette Renié du seul cercle des harpistes, dont l’œuvre de chambre mérite la reconnaissance d’un bien plus large public. Ensuite, le Trio a certes été enregistré avec harpe mais jamais dans sa version avec piano alors qu’il a explicitement été composé pour l’un ou l’autre des deux instruments : il est très intéressant d’aborder l’ouvrage en réfléchissant aux enjeux d’interprétation liés aux différences entre la harpe et le piano en termes de volume sonore, de timbre, d’intensité, d’articulation etc. Quant à la Sonate pour violoncelle et piano, elle est ici présentée en première mondiale « discographique ». © SM/Qobuz
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Musique concertante - Paru le 23 mars 2018 | Alpha

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama
Et si ce nouvel album était la nouvelle grande version du Concerto pour violoncelle en mi mineur d’Edward Elgar ? Tout dans la personnalité de la jeune violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker nous le laisse croire, grâce à la sonorité somptueuse et à fièvre brûlante qui parcourt son interprétation de bout en bout. Evidemment il est tentant de comparer la jeune Allemande à sa lointaine collègue Jacqueline Du Pré qui avait fait de ce concerto son cheval de bataille. L’éditeur ne s’y est d’ailleurs pas trompé en photographiant Marie-Elisabeth Hecker exactement dans la même pose qu’une des célèbres photos de la violoncelliste anglaise, jeune épouse alors de Daniel Barenboim, la tête penchant juste de l’autre côté pour faire diversion. Née à Zwickau, en 1987, elle est une des plus jeunes participantes à remporter le Concours Rostropovitch à Paris. En 2010, elle obtient un vibrant succès dans sa ville natale en jouant le Concerto en la mineur pour le bicentenaire de la naissance de Robert Schumann (né dans la même ville) sous la direction d’un Daniel Barenboim sans doute très touché par une situation le renvoyant à sa propre jeunesse. L’accompagnement très attentif et soigné d’Edo de Waart nous fait découvrir les riches sonorités de l’Orchestre Symphonique d’Anvers (Antwerp Symphony Orchestra), dont il fut le titulaire de 2011 à 2016. Une nouvelle preuve de la haute qualité atteinte aujourd’hui par les orchestres dans le monde. Couplage très intéressant avec une brève pièce ultra-romantique dont Elgar avait le secret, Sospiri, transcrite ici pour violoncelle et cordes, déjà révélée par la violoncelliste Sol Gabetta. Le Quintette avec piano en la mineur est l’autre grande pièce d’Elgar figurant sur ce nouvel enregistrement. Composée en 1918, c’est une œuvre d’un grand raffinement qui prend souvent des allures orchestrales, dans un langage très brahmsien. © François Hudry/Qobuz