Les albums

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Pop - Paru le 29 juin 2018 | Transgressive

Distinctions Pitchfork: Best New Music
OK, le talent n’attend pas le nombre d’années, mais tout de même, Rosa Walton et Jenny Hollingworth ne doivent pas être loin d’un record de précocité. Deux ans après leur premier album I, Gemini, composé quand elles avaient 14 ans et qui a fasciné la presse d’outre-Manche, les deux Anglaises de Let’s Eat Grandma sont déjà de retour. I’m All Ears offre un rare coup d’œil sur la façon dont peuvent évoluer deux préados dans un monde où toute l’histoire musicale est disponible en trois paires de recommandations algorithmiques. Quand leurs aînés se contentaient de faire cohabiter deux ou trois groupes influents, les deux amies, qui ont passé une partie de leur enfance à bâtir des cabanes dans les arbres du jardin, ont reconstruit les 30 dernières années de la musique britannique à travers une dizaine de chansons façonnées comme un Tetris entre indie rock, pop électronique, new wave et dance music. L’album démarre par deux tracks produits par SOPHIE, Hot Pink, une pop song détraquée quelque part entre MIA, CHVRCHES et Mattafix, et It’s Not Just Me, entre R&B et pop 80’s, appelée à devenir l’hymne des BFF adolescentes. Derrière, elles déroulent sur Snakes & Ladders, une ballade folk mélancolique à la guitare électrique grinçante, avec un chant qui alterne entre refrains écorchés et triplet flow, puis avec I Will Be Waiting for You, qui emprunte à Rihanna… Bref, Let’s Est Grandma démontre sur ce disque référéncé un sacré sens de la pop et du clair-obscur (déployé sur l’extended Cool & Collected ou le closing Donnie Darko, un riff dérivé de Hey Hey My Mind qui délire en synth-pop à claps) et prouve que tout le monde n’est pas né sous la même étoile quand il s’agit de compétences musicales. On se demande bien ce qu’elles vont nous sortir quand elles seront majeures… © Smaël Bouaici/Qobuz
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Jazz - Paru le 22 juin 2018 | Young Turks Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Indispensable JAZZ NEWS
Après le triple, le double ! Kamasi Washington, qui avait secoué la jazzosphère avec The Epic (2015), voit toujours aussi grand avec Heaven and Earth, un diptyque tout aussi copieux. Surtout, un nouveau tsunami de jazz pluriel. Toujours aussi mystique. Toujours aussi collective. Toujours aussi éclectique (on croise une reprise du Hubtones de Freddie Hubbard et, plus fou, du thème du film La Fureur de vaincre de Bruce Lee). Toujours aussi habitée, la musique du Californien reste viscéralement insaisissable. C’est même sa raison d’être. Histoire de marquer toujours et encore sa différence, le saxophoniste est même passé de Brainfeeder, l’écurie de Flying Lotus, à Young Turks, le label de The xx, FKA twigs et Sampha, pas vraiment connu pour ses signatures jazz… Reste à se laisser tenir par la main à travers des séquences dignement héritées de l’afrofuturisme de Sun Ra, des trances chamaniques de Pharoah Sanders, du Pan-Afrikan Peoples Arkestra d'Horace Tapscott, des rugissement de Gato Barbieri, des premiers Weather Report, des embardées funky de Roy Ayers ou des itinéraires bis d’Albert Ayler ou de John Coltrane… Pour Kamasi, Heaven et Earth ne sont pas deux volumes distincts mais plutôt deux voyages se déroulant simultanément : « Earth est ce que je vis, ce que j’expérimente. Heaven est la façon dont j’imagine la vie. » On peut être aisément déboussolé par ce foisonnement stylistique de plus de deux heures vingt et cette vision à 180° du jazz (mais pas que), comme on peut être instantanément happé par ce torrent créatif. Impossible en tout cas de rester de marbre face à une telle somme… © Marc Zisman/Qobuz
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Rap - Paru le 18 juin 2018 | Parkwood Entertainment - Roc Nation

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le plus grand luxe des stars ultimes est de sortir un disque sans crier gare. Pourtant très attendu depuis leur première collaboration en 2002, l’album commun de Jay Z et Beyoncé a vu le jour par surprise le 16 juin 2018, en même temps que le Nasir de Nas et Kanye West. Drôle de coïncidence. Dans la lignée du 4:44 de Jay-Z et du Lemonade de Beyoncé, Everything Is Love est un album tourné vers l’introspection d’un couple hors norme et l’analyse de sa célébrité. Ses neuf morceaux sont à la fois une célébration de la réussite noire et une critique aiguisée de la société actuelle. Cet album est aussi le marqueur d’une réconciliation, un trait d’union entre deux amants qu’on disait proches de la rupture et qui ont oeuvré, dans l’ombre comme en pleine lumière, pour régler leurs griefs et différends, s’en servant comme carburant artistique. Dans la forme, Everything is Love colle aux standards actuels, leur donnant un autre écho entre luxe et honneur afro-américain. Le couple se rapproche une nouvelle fois de l’univers grandiose, pointu mais consciencieux de Pharrell Williams, producteur sur NICE et APESHIT. Les palettes pop de Beyoncé se mélangent aux sonorités plus soul jazz de Jay Z grâce notamment au travail de Cool and Dre, très à l’aise dans l’orchestration de ce cocktail équilibriste. Souvent plus en avant que son mari, Beyoncé opère une véritable démonstration de force, rappant avec hargne sur plusieurs titres, jouant avec son image et franchissant de nombreuses frontières. Jay Z assure son standing, parfois paresseux mais avec toujours des éclairs de génie, notamment sur FRIENDS ou LOVEHAPPY quand il parle famille et dynastie. Avec Everything is Love, les Carters réalisent l’exploit de rester intouchables et constants avec un projet intimiste et contrasté. La famille royale se porte bien. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Electro - Paru le 15 juin 2018 | Transgressive

Distinctions Pitchfork: Best New Music
SOPHIE est de cette catégorie d’artistes qui obsèdent une fois que l’on passe le pas de la porte, tant par le mystère qui entoure sa personnalité que par le caractère insaisissable de son son. On la rencontrait en 2006 sur le label londonien PC Music et Samuel Long (de son nom civil) produisait déjà une musique plus étrange que tout le reste du collectif artistique (et ce n’était pas peu dire). Son premier essai officiel, Product en 2015, réunissait déjà l’essentiel de son univers sucré, électronico-bubble-gum avec supplément chiptune, option kawaii. Avec une production en latex, des bruits sortis de l’espace et des voix totalement aseptisées, on n’avait jamais rien entendu de comparable ; on se serait cru sur un dancefloor en train de suffoquer dans un costume de Batman trop serré. Si l’aspect pop cheesy assumé et tiré à l’extrême est une composante indiscutable du« son SOPHIE », il se complète par une electro inattendue, métallique, glaciale, vrombissante et cutée au sabre laser. Inédit, bizarre, extrême, sans concession, sincère… Voilà des mots qui reviennent quand il s’agit, pour les médias spécialisés, de qualifier la musique de SOPHIE, posant par là même la question : « Et si c’était ça le futur de la pop music ? » Légitime quand on sait la renommée des artistes qui se sont alloués ses services (Madonna, Charli XCX, Vince Staples, Cashmere Cat…). Et comme tout le monde l’attendait au tournant avec ce premier album, elle prit la tangente en livrant un disque protéiforme et insaisissable : fracassant dès l’entrée, twistant au milieu avec un long passage ambient et PC Music des premières heures à la sortie. Non, cet album n’est pas facile d’accès. Il peut même être rebutant car bousculant les lignes établies, comme une certaine Islandaise put le faire une vingtaine d’années avant elle. Mais n’est-ce pas justement l’utilité de l’Art ? Et la marque des grands artistes ? © Sylvain Di Cristo/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 8 juin 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Les années 90 ont enfanté une belle armée de « filles pas contentes ». De Liz Phair à Fiona Apple, en passant par Courtney Love, Shirley Manson, Aimee Mann, PJ Harvey, Ani DiFranco ou Kristin Hersh, elles ont conjugué, chacune à leur manière, le syndrome de la postado révoltée, seule dans sa chambre, une guitare électrique en guise de doudou, et fait exploser au passage tous les clichés liés à ce type de profil. Ces années 90, Lindsey Jordan n’a pas vraiment connu… Celle qui avance masquée sous ce nom de Snail Mail a vu le jour en 1999 à Ellicott City, dans la banlieue ouest de Baltimore. Pourtant, l’ADN de sa musique est essentiellement composé de ce rock indé typiquement 90's. Lush sonne pourtant bien comme un disque de 2018, non comme une archive exhumée, de vingt ans d’âge. La voix n’est pas d’une grande originalité. Les riffs non plus. Mais dès la première écoute, impossible de ne pas être hypnotisé par la franchise de son ton, la sincérité de son propos et l’efficacité de ses mélodies. D’une certaine manière, Jordan vient rejoindre les Courtney Barnett, Angel Olsen et consorts qui ne se servent d’aucun artifice mais seulement de leur plume pour faire du bon rock’n’roll de facture classique. Une vraie révélation. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 1 juin 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Un an à peine après Pure Comedy (2017), Josh Tillman, alias Father John Misty, revient déjà. S'il prend les rênes de la production, l'ancien batteur des Fleet Foxes retrouve en studio son acolyte fétiche : Jonathan Wilson, griot de Laurel Canyon qui s'évertue à redéployer la beauté du classic rock des seventies. Mais aussi Jonathan Rado de Foxygen. Avec God’s Favorite Customer, Papa John, fils d'évangélistes rigoristes, lâche treize scénettes folk-rock qui s'enchaînent plus ou moins avec évidence. Slalomant entre une flopée de ballades au piano (The Palace, The Songwriter) et quelques fulgurances rock décomplexées aux orchestrations fines (Just Dumb Enough To Try), le songwriter continue dans la lignée de ces précédents opus. Sentimentaliste mais plus grave. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Rap - Paru le 30 mai 2018 | Tierra Whack

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 25 mai 2018 | Getting Out Our Dreams, Inc. - Def Jam Recordings

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Très attendu depuis 2015, le troisième album de Pusha T est pourtant sorti dans l’urgence. DAYTONA est le premier épisode de la série dantesque annoncée par le label de Kanye West, GOOD Music. Et dans sa course à l’instinctif, Kanye a retouché des petits détails jusqu’à la toute dernière minute. Jusqu’à cette pochette, une photo de la salle de bains dévastée de Whitney Houston, payée 85 000 dollars un jour avant la sortie. Entièrement produit par Mr West, DAYTONA résume en sept titres toute l’intégrité, la hargne et la précision de Pusha T. L’ancien membre des Clipse décline encore une fois toutes ses métaphores de la vie autour du trafic de cocaïne en y ajoutant une dimension décadente entre luxe et noblesse. Tout est intransigeant, du choix des samples entre YES et Charles Wright à l’emprunt aux modèles comme Jay Z, Eazy-E ou l’épopée Ruff Ryders. Labyrinthique et gorgé de références, ce mélange millimétré atteint son paroxysme sur un Santeria unique, évoquant Biggie et Lil Kim en même temps que les narcos mexicains appelés par la voix perçante de 070 Shake. A la fois intemporelle et complètement dans l’air du temps, la musique développée par Pusha T et Kanye West remet quelques pendules à l’heure, prend un peu de recul pour mieux fouetter la mesure. Sur son crépuscule Infrared, DAYTONA se paye même le luxe de faire bouger les lignes et bousculer quelques mastodontes en place à force de phrases subtiles et subliminales. Presque trop court pour être vrai, cette nouvelle étape pour Pusha T évite les écueils des précédents. Sans temps mort, le rappeur sans concession continue de s’acharner sur le sac de frappe que représente le milieu du rap pour lui. En voulant prendre de la hauteur royale à la manière du 4:44 de Jay Z, Pusha T enfonce finalement une fois de plus dans la boue ses mains pleines de bijoux. Et il serre les poings. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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7

Alternatif et Indé - Paru le 11 mai 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Dream pop et shoegaze light, l’univers de Beach House a beau être toujours très codifié, difficile de se lasser de la voix de Victoria Legrand et des mélodies concoctées par Alex Scally. Surtout que le tandem ne lève guère le pied niveau publications. Après deux albums en moins d’un an (Depression Cherry et Thank Your Lucky Stars en 2015) suivis d’une compilation de jolis fonds de tiroir qui laissait éventuellement entrevoir un dépôt de bilan (B-Sides and Rarities en 2017), Beach House montre ici que l’inspiration est loin d’être en berne. Sans chahuter les valeurs du groupe, 7 s’applique à les magnifier. A prouver qu’on peut ad vitam aeternam écrire la même chanson et susciter la même émotion. Une sensation assez flagrante sur un titre comme Dive où la magie Beach House fonctionne une fois de plus. © Max Dembo/Qobuz
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Rap - Paru le 11 mai 2018 | AWGE Label

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Sans aucun projet et seulement quelques extraits de morceaux, Playboi Carti est devenu une égérie de cette génération aussi attentive à la présence sociale qu’aux créations musicales. Avec une mixtape et surtout un titre, Magnolia, il avait donné raison à ses supporters de la première heure, inventant une forme au minimalisme total en s’alliant avec un producteur visionnaire et atypique, Pi’erre Bourne. Pour ce premier album studio sorti par surprise, Playboi Carti et Pi’erre Bourne déclinent sur 19 titres toutes les idées suggérées dans Magnolia. Une science de la texture et de la recherche sonore alliée à un placement millimétré de chaque mot, parfois répété en boucle pendant des mesures entières. En réduisant le rap à son simple appareil, le duo inscrit sa création comme musique électronique quasi concrète, déstabilisant l’auditeur au milieu d’un labyrinthe de syllabes et petits bruits synthétiques. Parfois surréalistes ou juste quotidiennes, les phrases de Playboi Carti semblent alors flotter dans le temps et l’espace, offrant au fil des morceaux un étourdissement permanent, une expérience unique dans le rap actuel. Même les invités comme Travis Scott, Nicki Minaj ou Chief Keef se retrouvent décomposés dans cette cuisine moléculaire où chaque atome est démultiplié pour en sortir l’essence. Avec Die Lit, la musique de Playboi Carti devient indissociable du travail de Pi’erre Bourne. Elle offre ainsi une invitation à la danse extrême, un voyage presque sensoriel, une nouvelle façon de penser la musique rap en 2018. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Electro - Paru le 4 mai 2018 | Domino Recording Co

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Les Anglo-Saxons appellent ça le "breakthrough album", le disque qui fait passer un artiste dans une autre dimension. Pour Jon Hopkins, ce fut Immunity, en 2013, qui mit le nom de cet habile sorcier de studio britannique sur toutes les lèvres dans le grand barouf de la dance music, et même au-delà. Porté par un tube de huit minutes, Open Eye Signal, il a expédié son auteur vers les salles à grosse jauge et les festivals les plus prestigieux du moment. Du coup, cinq années plus tard, la critique et le public attendaient l’Anglais au tournant et, disons-le tout de suite, personne ne sera déçu. Installé dans la patrie du Grateful Dead, en Californie, devenu adepte des retraites méditatives dans le désert, Jon Hopkins en est revenu avec un disque en forme de trip psychédélique, montée, pic et redescente inclus. Le voyage démarre avec Singularity, une longue plage qui rappelle les meilleures prises de Moderat (le supergroupe d’Apparat et Modeselektor), avec un son d’orgue lancinant, des beats composés de glitchs et cette basse assommante, suivi d’Emerald Rush et ses sonorités qui nous ont régalés chez Bicep l’an passé. Le pic arrive sur Everything Connected, le grand œuvre de cet album, une plage de 10 minutes de techno minimaliste et psychédélique, catchy mais raffinée, subtile et intelligente. Un titre calibré pour rester dans les annales et les flight cases des DJ’s durant de long mois. C O S M, avec sa basse massive, démontre le talent du Britannique pour produire des gros sons, puis on redescend peu à peu avec Feel First Life, un titre ambient qui redonnera du lustre aux playlists des salons de massage. Jon Hopkins clôt l’aventure avec un piano solo et les notes d’espoir du minimaliste Recovery, comme s’il souhaitait engager l’auditeur sur le chemin de la méditation et de l’introspection. Vu ce qu’il en a ramené, on serait bien inspirés de le suivre. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 4 mai 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Metal - Paru le 20 avril 2018 | Third Man Records

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Rap - Paru le 6 avril 2018 | Atlantic - KSR

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
Grande prêtresse du monde impitoyable des réseaux sociaux, Cardi B s’est créé une identité indestructible à grands coups de strip clubs et de télé-réalité. Véritable tornade au parler franc, elle tire profit de cette notoriété en mettant toute son énergie dans sa passion : la musique, le rap. Et là arrive un petit miracle, Bodak Yellow. En un morceau emprunté au rappeur Kodak Black, elle résume tout son bagout du Bronx, son énergie débordée et sa sincérité extrême. Choisissant une ligne plus dure à la Remy Ma ou Gangsta Boo, Cardi B s’affirme sans partir vers la pop de Nicki Minaj. Elle est alors propulsée comme une nouvelle voie originale au succès fulgurant mais aussi aux nombreuses inconnues.  Sur Invasion of Privacy, Cardi B décline toutes ses qualités en standards du moment. Chaque case du cahier des charges est cochée, de la formule club de DJ Mustard avec YG au minimalisme motivant en compagnie des Migos. Certains choix sont moins évidents comme cette ballade avec l’inclassable Kehlani, ce sourire solaire avec Chance The Rapper ou encore cet hymne provocateur à la liberté féminine avec la rebelle SZA. Tous les invités sont bien choisis, présentant Cardi B sous différents angles avec des ambiances très éclectiques jusqu’au rayonnant latino I Like It. Mais c’est encore sur ses prestations en solo que la rappeuse est la plus convaincante entre Get Up 10, introduction technique et poignante à la Meek Mill et Bickenhead, reprise triomphale et féministe d’un classique de Project Pat.  Sur chaque interprétation, la rappeuse est habitée, parfois outrancière mais toujours superarticulée, justement expressive. Son accent latin développe ainsi une rythmique atypique et originale. Chaque défaut de prononciation est utilisé comme une arme musicale dans toute sorte de situation. Cardi B se sert de son identité à multiples étiquettes pour tenter des jeux de mots et autres rimes internes élaborées qui la rendent encore plus énigmatique. Invasion of Privacy ressemble à un véritable livre ouvert avec quelques pages déchirées, une invitation à en savoir plus alors qu’on en connaît déjà trop. Toujours en équilibre entre calcul et véracité, Cardi B passe avec mention le cap compliqué du premier album. Elle y renforce encore la proximité avec son public par quelques gestes de folie et une écriture sans filtre. Et pour le reste du monde, elle devient l’icône pertinente d’une nouvelle génération en quête d’authenticité virtualisée. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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R&B - Paru le 6 avril 2018 | Virgin EMI

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Depuis 2012, Karly-Marina Loaiza alias Kali Uchis s’est lancée dans une collection de featurings digne d’une poitrine de général soviétique recouverte de médailles... Aussi, le premier album de l’Américano-Colombienne ayant posé sa voix sur des titres de Snoop Dogg, Tyler, The Creator, GoldLink, Major Lazer, Kaytranada, Miguel, Vince Staples ou bien encore Gorillaz était plus qu’attendu. Surtout qu’avant cette sortie, Kali Uchis avait déjà réussi à tracer les contours de sa forte personnalité de nouvelle reine potentielle du R&B et de la soul. Une de plus ? Non, non, non. Une vraie de vraie avec un bel alliage de chant nu soul, de R&B 90's, de pop façon (early) Madonna voire de gouaille à la Amy Winehouse. Une voix qui bénéficie d’un éclectique écrin cinq étoiles sur ce premier album où l’on croise les proches comme Tyler et Damon Albarn mais aussi les Canadiens de BadBadNotGood, Kevin Parker de Tame Impala, David Sitek de TV On The Radio, l’allumé Thundercat, la soul sister Jorja Smith, les Dap-Kings, Steve Lacy de The Internet, son compatriote Reykon ou le funkster légendaire Bootsy Collins. Sur Isolation, la chanteuse installée à Los Angeles impose aussi ses racines hispaniques en chantant dans les deux langues et slalome entre nu soul, R&B, hip-hop, latin pop et reggaeton. Séquences langoureuses ou carrément plus uptempo, Uchis gère tous les contextes, tous les reliefs, et signe un disque à la fraîcheur renversante, jamais racoleur ou niaiseux. © Marc Zisman/Qobuz
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Country - Paru le 30 mars 2018 | MCA Nashville

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
En 2013, avec l’impeccable Same Trailer Different Park qui décrocha, à la surprise générale, le Grammy Award du meilleur album country de l’année, Kacey Musgraves avait évité de tomber dans les pièges tendus par Nashville en devenant une 5 473e Taylor Swift. D’autant plus que ses textes parlaient notamment d’homosexualité, de fumette et de mères célibataires, bref de choses qu’on n’aime guère trop dans les franges les plus conservatrices de la country américaine… Pour Pageant Material, son deuxième opus paru durant l’été 2015, la Texane poursuivait dans une veine similaire. Lorsqu’une chanson semblait s’engager sur le chemin miné des clichés du genre, la jeune cow-girl donnait un gros coup de collier pour faire brillamment vriller sa composition. On alternait alors entre country pure et country pop en passant par des titres nettement plus rock voire un brin rétro avec banjo et pedal steel ou, à l’opposé, violons langoureux… Sans révolutionner le genre, ni faire vaciller Nashville, la native de Golden, dans le Nord du Texas, étendait son cercle de fans qui se demandaient sans doute à quoi allait ressembler la suite…  Printemps 2018, Kacey Musgraves sort donc la suite en question. Un troisième album qu’elle ancre encore un peu plus vers la pop. Si les intégristes de la country risquent de lâcher l’affaire, les curieux feraient bien d’écouter Golden Hour jusqu’au bout. Est-ce le fait d’avoir passé la bague au doigt de son collègue Ruston Kelly qui fait de ce disque un traité d’Amour ? Sans jamais sonner niaiseux, ses chansons d’amour offrent en effet un vrai lâcher-prise émotionnel et une sincérité inédite. Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, Kacey Musgraves dit avoir été influencée par Neil Young, Sade et les Bee Gees ! Un triumvirat on ne peut plus éclectique et déroutant mais plutôt pertinent une fois Golden Hour refermé. Reste à se laisser porter par la douceur de ses chansons qui fleurent bon l’été indien et dont les mélodies sont souvent d’une redoutable efficacité. © Max Dembo/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 30 mars 2018 | Sacred Bones Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Mélodies nues pour paroles cabossées, Freedom succède à Love et Amen Dunes ne déroge pas à ses habitudes : tout se sublime par le dépouillement. Celui offert par son timbre granit habillant de mots abstraits – à écouter et lire – son folk sauvage. Sèche et psychédélique. Immédiate, cette beauté défaite naît de motifs répétés, tantôt sombres, tantôt dansants. De Miki Dora aux crescendos shootés en hommage au surfeur outlaw aux boucles infinies de Believe, Damon McMahon renverse, emporte par ses vagues épidermiques à la profondeur émotive. Deux ans auront été nécessaires pour composer Love. Trois pour Freedom. McMahon a enregistré aux Electric Lady Studios de New York, puis a filé au Sunset Sound de LA, en s'entourant de Steve Marion à la guitare (Delicate Steve, The Growlers), Parker Kindred (Jeff Buckley) à la batterie, Chris Coady (Beach House, The Antlers, Slowdive) à la production. Mais aussi du Romain Panoram dont il s'est amouraché à Londres. D'où cet arrière-plan électro passé au tamis. Entêtant. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Rap - Paru le 30 mars 2018 | Mello Music Group

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Jean Grae est sûrement l’artiste féminine rap la plus talentueuse et constante de son époque. Présente depuis plus de vingt ans, elle a toujours été à la pointe du rap parfois dit alternatif, aux côtés de Talib Kweli, Mr. Lif ou 9th Wonder. Sa musique est caractérisée par une technique ahurissante, une recherche continue et un sens de la dérision inégalée. De son côté, Quelle Chris est un touche-à-tout extrêmement créatif qui prend un malin plaisir à tordre les formules établies, prenant ses racines dans le Detroit de J-Dilla. Son grand point commun avec Jean Grae est un sens aigu de l’indépendance, du libre arbitre total. Ils se retrouvent alors ensemble chez la meilleure maison actuelle pour rester innovant et indépendant : Mello Music Group. Entre tradition et expérimentation, le croisement de ses deux univers très spécifiques offre une multitude de couleurs à Everything Is Fine. Remplie d’improvisations presque free-jazz et de distorsions analogiques, la production de Quelle Chris, appuyée par les idées de Jean Grae, offre un champ mystérieux. Jean Grae prend alors le dessus lyricalement avec des textes cyniques toujours justes et une interprétation de reine, notamment sur le sautillant Gold Purple Orange. Quelle Chris ponctue toujours ces petits morceaux de bravoure par sa voix grave et enveloppante, ajoutant un assaisonnement différent, terriblement ludique. Les limites sont alors floues. Sur un breakbeat rock psyché, le duo se permet même d’inviter le comédien décalé Hannibal Buress sur Ohsh pour une joute absurde totalement réussie. En effet, totalement à l’inverse du titre, rien ne va bien, tout le monde le sait et le duo se sert de ce double discours pour développer des piécettes de vie très intelligentes sur la réalité du bonheur. En développant le concept “être bien” dans le monde moderne, ils développent des petits vaudevilles parfois dystopiques, rappelant les grandes heures de MF Doom, Cage ou Run The Jewels. Ces résurgences sont notamment flagrantes sur le labyrinthique Zero. Avec des nappes très cinématographiques, l’album se conclut sur quelques notes plus aériennes avec notamment les très belles prestations d’Anna Wise. Très profond, Everything’s Fine est une pièce maîtresse dans la discographie des deux artistes, une rencontre jouissive entre deux esprits frondeurs qui amène la réflexion sur de nombreux sujets de nos sociétés tout en s’amusant résolument dans la forme. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 2 mars 2018 | Fat Possum

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Electro - Paru le 17 février 2018 | Other People

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Peu savent, même auprès des fans de Nicolas Jaar, que l’Américano-Chilien se trouve bien derrière l’alias A.A.L. (Against All Logic). Alter ego « club » de l’un des artistes électroniques les plus applaudis de ces dernières années, ce projet convoque l’esprit deep house et four-to-the-floor de ses débuts sur le label Wolf + Lamb – avant son virage plus expérimental –, quand il y signait, en 2010, l’un de ses classiques, le maxi Time for Us / Mi Mujer. Et cela doit ravir plus d’un nostalgique. Avec 2012 - 2017, on a affaire à une compilation d’inédits qui reste néanmoins la plus grosse collection de tracks que Nicolas Jaar a sorti sous cet alias A.A.L. à ce jour. Et comme souvent avec cet électron libre, c’est une surprise ainsi qu’une réussite totale. Entre deux génuflexions, kicks et coups de filtre dans les synthés et les samples de vieux funk, certains connaisseurs reconnaîtront ces mystérieux morceaux que l’artiste distille depuis des années lors de ses prestations live, immanquablement sujets aux discussions autour de l'éternelle question : mais comment se les procurer ? © Sylvain Di Cristo / Qobuz