Les albums

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Soul/Funk/R&B - Paru le 17 avril 2019 | Columbia

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Il fallait que ça reste gravé à jamais. La folle prestation de Queen B lors de ses deux concerts à Coachella en 2018, retracés dans un documentaire de Netflix, se voit, surprise, assorti d’un album live. Sous forme de rétrospective, Beyoncé revient en 40 titres sur 22 ans de carrière. Pas de nouveaux morceaux mais une reprise studio avec Tay Keith, Before I Let Go, titre soul de Frankie Beverly et Maze datant de 1981. Des Destiny’s Child avec Lose My Breath, Say My Name et Soldier, Michelle Williams et Kelly Rowland en prime sur scène, Déjà Vu avec son mari Jay-Z, Get Me Bodied avec sa sœur Solange, Lift Every Voice and Sing, hymne afro-américain entonné par sa fille Blue Ivy, Homecoming rend compte de ce que Coachella a surnommé le « Beychella », tant la performance est entrée dans les annales du festival. C’était le but : 200 personnes sur scène, des moyens colossaux pour un show pharaonique de deux heures mettant en exergue l’empowerment afroféministe, B mérite son trône. « Quand j’ai décidé de faire Coachella, au lieu de sortir ma couronne de fleurs, je trouvais ça plus important d’apporter notre culture. » Au son des second lines des brass bands de La Nouvelle-Orléans, d’une drumline renforcée, de Malcolm X sur Don’t Hurt Yourself et au milieu de multiples clins d’œil à l’histoire afro-américaine, la reine de la pop, grimée en Néfertiti, nous rappelle le poids de sa discographie à l’ère du 3e millénaire. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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ZUU

Rap - Paru le 31 mai 2019 | Loma Vista Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music
29 minutes seulement. Le dernier Denzel Curry fait plus penser à une mixtape qu’à un album. Moins d’un an après le tour de force de TA1300, disque inclassable brassant accessoirement black metal et électro qui l’imposait comme l’un des protagonistes les plus intéressants du rap game et le faisait grimper dans le Billboard 200, le rappeur de Floride installé à Los Angeles revient avec le plus trap ZUU. Il freestyle la plupart du temps sur son mal du pays et convie les locaux Rick Ross (Beardz), Kiddo Marv (Wish), Ice Billion Berg, Sam Sneak (Shake 88) et PlayThatBoiZay (Pat). Ode à sa ville d’origine, ZUU, qui tire son nom de Carol City (Floride) surnommé « zoo » par Denzel, s’écarte de l’album concept aux mesures complexes pour s’approcher au plus près du spontané, sans perte de temps. Avec les fidèles producteurs FNZ et Charlie Heat, il « balance d’abord et pose les questions après. » « Si t’y vas et que t’as déjà une opinion, tu n’y arriveras jamais. C’était la mentalité et le but poursuivi pour finir l’enregistrement », explique l’outsider, qui, en 2019, tourne avec Billie Eilish et profite de Flying Lotus pour terminer sa trilogie (Black Balloons, The Blackest Balloons sur TA13OO) avec Black Balloons Reprise sur Flamagra. Du haut de ses 24 ans, Denzel Curry signe ici un opus fulgurant qui le distingue encore un peu de la scène floridienne. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Rap - Paru le 14 avril 2017 | Aftermath

Livret Distinctions 4F de Télérama - Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music
DAMN est l’album de rap le plus attendu de l’année 2018. L’unanimité autour de Kendrick Lamar est telle que quelques heures après sa sortie, la moitié de la raposphère l’avait déjà décortiqué, autopsié et sacré « chef d’œuvre » sans prendre le temps de plusieurs écoutes, voire de le digérer sur quelques jours. Oui, le kid de Compton est doué. Très doué même. Et se positionne bien au-dessus d’une mêlée certes polluée par beaucoup de suiveurs et finalement assez peu de créateurs. En 2015, To Pimp A Butterfly avait bluffé son monde par son côté osé prenant le contrepied de good kid, m.A.A.d city paru trois ans plus tôt. La densité tant musicale que verbale de ce troisième album à la saveur afrocentrique prouva que Kendrick était là pour son art et sa communauté, pas simplement pour remplir ses caisses face à un public déjà plus qu’acquis à sa cause. Musicalement, DAMN marche davantage dans les clous. Le Californien signe un quatrième album moins monolithique que ses prédécesseurs. Le tubesque côtoie le plus avant-gardiste, le sensuel se frotte au plus hardcore, les effluves de soul psychédéliques seventies (Lust) fricotent avec le minimalisme électro (Humble), etc. A l’arrivée, Kendrick retombe toujours sur ses Reebok. Surtout que sa plume engagée reste aiguisée comme jamais, entre prêches et introspections plus personnelles ponctués de belles allégories de l’Amérique de Trump. Ainsi, quand Geraldo Rivera de Fox News accuse « le hip hop de faire plus de mal aux jeunes Afro-Américains que le racisme lui-même », Kendrick lui répond brillamment sur DNA, analyse complète de son ADN personnelle. Plus loin, sur Duckworth, il se fait le conteur des galères passées de son père. Du plus grand au plus petit dénominateur commun, Kendrick Lamar rappe à 360°. La liste des invités conviés à la fête est elle aussi éclectique au possible : Rihanna (Loyalty), U2 (XXX), James Blake (Element), Kaytranada (Lust), Kamasi Washington (Lust), Steve Lacy de The Internet (Pride), le bassiste fou Thundercat (Feel), les Canadiens de BadBadNotGood (Lust), sans oublier Kid Capri (Element, XXX, Duckworth et Love), cultissime DJ et MC du Bronx qui sévit à l’aube des années 90 en plein âge d’or du rap, tous apportent non seulement leur touche personnelle mais montrent aussi l’ouverture d’esprit et la gourmandise d’un artiste dépassant les frontières du hip hop. Une fois de plus, on sort sonné de ce disque surpuissant qui lustre un peu plus la couronne de son auteur. © MZ/Qobuz
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Pop - Paru le 2 novembre 2018 | Columbia

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Réunir flamenco, R&B et électro ? Pas grand monde n’aurait parié sur ce mélange qui semble un poil cheesy sur le papier. Mais voilà, Rosalía Vila Tobella est passée par là. La Catalane avait reçu les louanges de la critique pour son “nouveau flamenco” développé sur l’album Los Ángeles en 2016. Et cette année, elle a grimpé les marches quatre par quatre. Depuis la sortie du premier single d’El Mal Querer en mai 2018, le contagieux Malamente, porté par le clip du collectif espagnol Canada et qui lui a valu 5 nominations aux Latin Grammy Awards, Rosalía enchaîne les coups d’éclat : featuring avec J Balvin sur l’album du Colombien, Vibras, vidéo en studio avec Pharrell Williams, coup de fil de Pedro Almodovar pour la booker dans son prochain film… Et voici donc cet album tant attendu, produit par El Guincho, un Espagnol signé sur le label anglais Young Turks, qui a pour lubie de sampler des beats tropicaux et qui se régale ici à couper-coller des claquements de main et de doigts, et parfois la voix de Rosalía comme sur De Aqui No Sales, qui rappelle le travail de Björk. Si le mix R&B et flamenco prend plutôt bien sur Bagdad, la tendance électro est un poil plus appuyée sur Que No Salga La Luna. Privilégiant la mélodie à l’expérimentation, l’Espagnole reste globalement dans le cadre sur ce disque, dévoilant tout de même dans les coins d’intrigants chemins de traverse, vers lesquels on verrait bien un guide plus aventurier mener cette voix phénoménale. © Smaël Bouaici/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 5 avril 2019 | Sub Pop Records

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Posséder une voix fusionnant celles de Karen Carpenter, Rufus Wainwright et Julia Holter vous installe sur un solide piédestal. Mais Natalie Mering alias Weyes Blood n’abuse pas de ce superpouvoir. Avec de telles références, la Californienne trentenaire louvoie évidemment dans une pop grand format baignant dans la mélancolie. Une BO intemporelle comme les 70's en raffolait et orchestrée avec Jonathan Rado du groupe Foxygen. Mais derrière la sophistication de ce quatrième album qui évite les boursouflures, le propos de Mering est sérieux. Car en plus d’être la star de la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic de son ambitieux Titanic Rising est aussi le monde, la planète, dont elle chante la fin proche… Une thématique récurrente dans les albums de 2019 mais qu’elle aborde avec grâce, sérénité et un brin d’espoir. La terre est foutue, Trump s’accroche au 1600 Pennsylvania Avenue à Washington et on va tous mourir, mais la symphonie de Weyes Blood est là pour que le mauvais moment à passer reste agréable. Et même qu’une issue soit possible ! D’autres auraient déballé des textes cyniques, caustiques voire décalés ; Weyes Blood préfère l’élégance de la nostalgie (Movies), de la poésie (Something to Believe) ou de la bienveillance (A Lot's Gonna Change). Majestueux. © Marc Zisman/Qobuz
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Soul - Paru le 1 mars 2019 | Saint Records - Columbia

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Qu’est-ce qu’elle fait quand elle rentre chez elle ? Qu’elle ouvre la porte de son appart ? Elle s’enfile direct deux tubes de Pringles ? Elle plonge dans un bain moussant ? Elle ouvre ses factures EDF amassées depuis des semaines ? Solange ne répond pas précisément à cette interrogation métaphysique en baptisant son quatrième album When I Get Home. D'autant plus qu’ici, Home fait davantage référence à son Texas natal – Houston plus précisément – qu’à son nid douillet. Une cité pour laquelle When I Get Home a des allures de lettre d’amour. Comme sur chacun de ses précédents disques, la sœur de Beyonce donne son humeur générale. Et l’ambiance est souvent mélancolique. Parfois proche de l’onirisme, ce qui la rapproche davantage d’une Erykah Badu – texane elle aussi – que de son illustre grande sœur... En glissant les voix de deux rappeurs emblématiques du coin, Scarface et Devin the Dude, Solange érige un peu plus sa fierté texane. D’autres invités 5 étoiles, ce bel album envoûtant en regorge : Pharrell Williams (deux productions épurées au scalpel avec Almeda et Sound of Rain), Raphael Saadiq, Earl Sweatshirt, Panda Bear, Tyler The Creator, Dev Hynes alias Blood Orange, Sampha, Metro Boomin, Playboi Carti, Cassie, Steve Lacy de The Internet ou encore le Frenchie Christophe Chassol ! Des présences, souvent discrètes, qui ne l’empêchent jamais de garder le contrôle artistique total de ses chansons. Des pièces majoritairement en apesanteur. Comme lorsqu’elle recouvre des sonorités funk/jazz-fusion 70's d’un léger voile électro (la sensation est enivrante sur Way to the Show) ou qu’elle déroule un R&B rappé au ralenti (exquis My Skin My Lego avec Gucci Mane). Solange Knowles joue parfois la carte de l’esquisse. Du jet avant-gardiste plus que de l’œuvre finalisée. L’idée est sans doute de goûter When I Get Home d’une seule traite. Comme une unique composition de 39 minutes. Le résultat reste un puissant trip atmosphérique et sensuel qui risque de figurer parmi les meilleurs albums de soul et de R&B de 2019. © Marc Zisman/Qobuz
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Rap - Paru le 7 juin 2019 | Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 17 mai 2019 | Method

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Comme The Streets prolonge sa sieste, Slowthai fait le boulot à sa place. Filiation imparable entre Mike Skinner, originaire des Midlands comme lui, et Tyron Kaymone Frampton, bad boy de Northampton qui signe avec ce premier album un brûlot de rap grime punk hors norme. Brexit, lutte des classes, mouise quotidienne, violence domestique, démontage en règle du capitalisme et de la monarchie, rien ne manque à l’appel de son coup de gueule scandé comme d’autres vomissent un excédent de Guinness. Sa mère originaire de la Barbade l'a eu à 16 ans. Son père a mis les voiles quand il en avait 3. Logique que Slowthai se soit longtemps enfilé des boîtes de Xanax… Nothing Great About Britain n’est pourtant pas la copie d’un des premiers albums de The Streets. Construit comme une sorte de journal intime, il emboîte critique sociale, humour et cynisme de manière inédite. Derrière la console sur la plupart des titres, Kwes Darko a sculpté une BO mêlant rythmes grime, rap minimaliste et électro sans oublier quelques bribes plus rock’n’roll. Slowthai n’a pas sucé que le sang de Skepta ou de Stormzy. Et son ADN est surtout punk. Côté featurings, Skepta justement est venu l’adouber (Inglorious). Jaykae (Grow Up), les punks de Slaves (Missing) et le producteur Mura Masa (Doorman) ont aussi fait le déplacement pour un album coup de poing qui rappelle la force de la singularité britannique en matière de rap. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 3 mai 2019 | 4AD

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
UFO, on connaît. C’est la version anglaise d’ovni. Mais UFOF, c’est plus flou. Pour Big Thief, ce F supplémentaire est synonyme de Friends. Des ovnis et des amis donc ? La chanteuse Adrianne Lenker dégaine un embryon d’explication. « Se faire des amis avec l’inconnu, toutes mes chansons parlent de ça. » Avec le guitariste Buck Meek, le bassiste Max Oleartchik et le batteur James Krivchenia, elle signe un troisième album pas si non identifié que ça… La musique du quartet de Brooklyn est une sorte de folk abordé comme du rock indé. Sans sonner bien évidemment comme du Sonic Youth, cette cuvée 2019 de Big Thief en possède parfois l’ADN (comme sur Jenni). La vitrine est attirante, limite chatoyante. Mais à y regarder de plus près, UFOF est étrange et presque anormal. Et comme chez feu Elliott Smith (idole de Lenker auquel on pense sur Betsy), la beauté des mélodies et des guitares joliment artisanales cachent un mal de vivre évident ; ou des situations insolites voire décalées. L’effet ovni sans doute… Moins poli et lustré que Masterpiece (2016) et Capacity (2017), UFOF montre en tout cas un groupe capable de se remettre en question et faire évoluer son art. © Marc Zisman/Qobuz
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Electro - Paru le 17 mai 2013 | Columbia

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - 5 étoiles Rock and Folk - Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music - Prise de son d'exception - Hi-Res Audio
Virage à 180° pour Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ! Avec leur quatrième album, les Daft semblent boucler l'ère de la musique électronique faite sur un simple laptop dans une chambre de 10m² pour revenir à la bonne vieille méthode à l'ancienne. Célébration du beau son et hymne grandiose au mythe du studio d'enregistrement perçu comme une Mecque de la musique, ce Random Access Memories semble avoir été conçu à la fin des années 70, avec les moyens et l'hédonisme de cette époque où régnaient notamment le disco et le rock californien. Les influences on ne peut plus éclectiques s'entrecroisent comme par magie sur ce nouveau Daft : Chic, Steely Dan, Alan Parsons Project, Todd Rundgren, Pink Floyd, etc. Pour épauler le tandem francilien dans sa démarche rétro-futuriste, un impressionnant casting de stars, lui aussi éclectique, a fait le déplacement : du pape de l'italo-disco Giorgio Moroder (dont la B.O. du film Midnight Express est entrée dans la légende) à Nile Rodgers (cerveau guitariste du groupe Chic) en passant par Paul Williams (Monsieur Phantom of the Paradise en personne !), Pharrell Williams, Todd Edwards, DJ Falcon, Gonzales, Panda Bear d'Animal Collective et Julian Casablancas des Strokes, difficile de rivaliser. Au final, Random Access Memories ne lorgne pas uniquement dans le rétroviseur car le travail des deux musiciens français les plus populaires à l'étranger est bel et bien ancré dans son temps. Entre disco-futuriste et pop ovni, le résultat est impressionnant. © MD/Qobuz
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Country - Paru le 30 mars 2018 | MCA Nashville

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
En 2013, avec l’impeccable Same Trailer Different Park qui décrocha, à la surprise générale, le Grammy Award du meilleur album country de l’année, Kacey Musgraves avait évité de tomber dans les pièges tendus par Nashville en devenant une 5 473e Taylor Swift. D’autant plus que ses textes parlaient notamment d’homosexualité, de fumette et de mères célibataires, bref de choses qu’on n’aime guère trop dans les franges les plus conservatrices de la country américaine… Pour Pageant Material, son deuxième opus paru durant l’été 2015, la Texane poursuivait dans une veine similaire. Lorsqu’une chanson semblait s’engager sur le chemin miné des clichés du genre, la jeune cow-girl donnait un gros coup de collier pour faire brillamment vriller sa composition. On alternait alors entre country pure et country pop en passant par des titres nettement plus rock voire un brin rétro avec banjo et pedal steel ou, à l’opposé, violons langoureux… Sans révolutionner le genre, ni faire vaciller Nashville, la native de Golden, dans le Nord du Texas, étendait son cercle de fans qui se demandaient sans doute à quoi allait ressembler la suite…  Printemps 2018, Kacey Musgraves sort donc la suite en question. Un troisième album qu’elle ancre encore un peu plus vers la pop. Si les intégristes de la country risquent de lâcher l’affaire, les curieux feraient bien d’écouter Golden Hour jusqu’au bout. Est-ce le fait d’avoir passé la bague au doigt de son collègue Ruston Kelly qui fait de ce disque un traité d’Amour ? Sans jamais sonner niaiseux, ses chansons d’amour offrent en effet un vrai lâcher-prise émotionnel et une sincérité inédite. Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, Kacey Musgraves dit avoir été influencée par Neil Young, Sade et les Bee Gees ! Un triumvirat on ne peut plus éclectique et déroutant mais plutôt pertinent une fois Golden Hour refermé. Reste à se laisser porter par la douceur de ses chansons qui fleurent bon l’été indien et dont les mélodies sont souvent d’une redoutable efficacité. © Max Dembo/Qobuz
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Rock - Paru le 21 octobre 2016 | Columbia

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
Evoquer la grande faucheuse aussi explicitement n’est pas une première pour Leonard Cohen. Sauf que cette fois, le poète du gris anthracite pour ne pas dire du noir foncé sait que la fin est potentiellement proche… Il est donc tentant de voir You Want It Darker qu’il publie à l’âge de 82 ans comme un « disque testament ». Le Canadien certes diminué physiquement est plus subtil et intelligent que ce genre d’étiquette marketing et fait de son quatorzième album une ode magnifique et bouleversante – avec sa pointe d’humour voire de causticité – à ses thèmes de prédilection mais dans un contexte neuf. Produit par son fils Adam Cohen, You Want It Darker propose ainsi un habillage musical inédit chez lui et plus ambitieux qu’à l’accoutumée. Fini les synthés à deux balles, place aux atmosphères chambristes fascinantes. La présence, par exemple, du chœur de la synagogue Shaar Hashomayim de Montréal – celle qu‘il fréquenta dès l’enfance – en plus de mettre en exergue sa judaïté à un moment fort de sa vie confère une spiritualité décuplée (mais parfaitement dosée) à sa musique. Evidement lorsque Cohen entame Leaving The Table par I'm leaving the table, I'm out of the game (Je quitte la table, je suis hors-jeu) ou sur la chanson You Want It Darker qu’il déclare I’m ready my Lord (Je suis prêt, Seigneur), on cerne très très bien son propos… Sauf qu’ici, rarement Leonard Cohen n’aura fusionné texte et musique avec autant de génie. Un grand disque ? Doux euphémisme…© MZ/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 17 juillet 2015 | Universal Music Australia Pty. Ltd.

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le single Let It Happen qui ouvre ce troisième album synthétise à la perfection l’évolution de Kevin Parker vers un alliage de psychédélisme léger, de pop solaire et de rythmes à peine électro. Celui qui est désormais Tame Impala à lui (presque tout) seul insuffle de fortes ondes positives à ce Currents, un opus fleurant bon l’été. Ce qui tombe plutôt bien vu qu’il parait en plein mois de juillet… L’essence du projet reste foncièrement rock mais une certaine évanescence comme une réelle mélancolie un brin sunshine pop enveloppe ce superbe disque. Surtout, Parker fait toujours en sorte que la mélodie reste au cœur de ses préoccupation, surtout lorsque les textures instrumentales sont nombreuses. Envoûtant. © MD/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 12 août 2016 | XL Recordings

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
Après les parenthèses expérimentales en solo de son chanteur Thom Yorke mais aussi de son batteur Phil Selway, et les bandes originales de films de son guitariste Jonny Greenwood, Radiohead sort des buissons avec ce neuvième album studio assez magistral, preuve que l’inspiration est toujours au rendez-vous, plus de trente ans après la naissance du groupe. Mais la grosse surprise de A Moon Shaped Pool c’est finalement qu’il n’y en a pas ! Le quintet d’Oxford signe sans doute ici son disque le plus classique. Les yeux fermés, l’organe de Yorke est apprivoisé, comme la structure des compositions est elle aussi immédiatement cernée. On est donc en terrain connu sans jamais pourtant avoir la sensation de réentendre la copie d’un ancien titre. Radiohead met en veilleuse ses velléités expérimentales voire même électroniques au profit d’arrangement tantôt minimalistes, tantôt luxuriants. Même dans ses arrangements pour cordes réellement renversants, Jonny Greenwood semble viser l’épure, le trait ultime, dénué d’artifice superflu (Daydreaming). Ses divers travaux pour le 7e Art et notamment pour le metteur en scène Paul Thomas Anderson (Greenwood a signé les partitions de ses films There Will Be Blood, The Master et Inherent Vice) lui ont apportés une vision neuve et ample qui survole tout le disque. Même dans les séquences plus intimistes (Desert Island Disk), Radiohead conserve une certaine majesté. Et lorsqu’ils abattent la carte du post-rock voire du répétitif (Full Stop et Present Tense), leur musique se visualise grandement. Avec un tel album, Radiohead renforce un peu plus sa légende, son approche toujours aussi singulière et tout simplement sa propre discographie. © CM/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 20 mai 2013 | 4AD

Hi-Res Distinctions 3F de Télérama - 5/6 de Magic - Pitchfork: Best New Music - Hi-Res Audio
Derrière un certain classicisme de façade, The National signe sans doute ici son plus grand disque. Avec ce sixième album, le gang de Brooklyn aligne des compositions de folk rock magnifiées par un jeu rythmique subtil et, surtout, de redoutables mélodies. Le genre d’album à grandir, grandir, grandir et grandir au fil des écoutes pour être à l’arrivée un… essentiel de 2013 ?
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xx

Pop/Rock - Paru le 16 août 2009 | Young Turks

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Lauréat du Mercury Prize
Les premiers albums aussi pleinement formés et assurés que XX sont rares, et le cas échéant, la musique ou le groupe ne présente pas beaucoup d'éléments bien à lui. Les influences de XX sont vastes (des traces de post-punk, de dream pop, de dubstep, de rock indé et de R&B surgissent à tout moment), mais au service de chansons aussi simples qu’uniques et mystérieuses. Les beats pulsent plutôt qu’ils ne s’écrasent, les guitares sont savamment pincées et grattées et les chants s'élèvent rarement plus haut qu'un soupir mélancolique. "Crystalised" est peut-être l’une des chansons les plus intenses ici, mais on la perçoit toujours comme une conversation entre amants dans laquelle l’expression "cœur à cœur" prend tout son sens. XX est un premier album remarquable qui se prête particulièrement bien aux écoutes répétées. L’auditeur en redemande. ~ Heather Phares
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Rap - Paru le 19 mars 2015 | Aftermath

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
Kendrick Lamar n’est pas juste l’auteur du chef d’œuvre good kid, m.A.A.d city paru en 2012. Non, le Californien est simplement le rappeur le plus important de sa génération. Haut la main même ! Rares sont en effet ceux aussi bien vénérés par l’undergound du hip hop que les anciens, les nouveaux mais aussi le grand public. Kendrick est sans doute le seul à réunir tous les suffrages. Tous. Et ce troisième album, To Pimp A Butterfly et son titre clin d’œil au To Kill A Mockingbird de Harper Lee, ne fait que conforter ce roi dans son trône. Un opus d’une densité impressionnante dans le fond comme dans la forme, dans ses productions comme dans ses textes. Un disque à écouter en boucle pour en savourer les centaines de subtilités. Loin d’avoir joué la carte de la facilité en surfant sur le succès de son précédant album, le MC de Compton brasse ici une multitude de styles, parfois même osés. G-funk, jazz, boom bap, nu soul, électro, blaxploitation, funk, P-Funk, dirty South, tout y passe ! Le soul train de Kendrick regarde aussi bien dans le rétroviseur de la Great Black Music que droit devant lui ; dans le turfu comme dirait l’autre… Quant à sa plume, son agilité est elle aussi affolante. Trip introspectif, commentaire sociétal, second degré, parenthèse politique, trait d’humour, prose du bitume ou ego trip, Kendrick Lamar sait et peut tout faire. Côté featurings enfin, c’est là aussi le grand jeu avec des piges du parrain George Clinton, du régional de l’étape Snoop Dogg, de Pharrell ‘Je suis partout’ Williams, de Ronald Isley des Isley Brothers, de Bilal, de la rappeuse Rapsody, du génial saxophoniste Kamasi Washington et même de l’allumé Thundercat ! A se demander si avec cet album, Kendrick Lamar ne livre pas aux années 2010 ce que Nas offrit aux années 90 avec son mythique Illmatic. Ambitieux et déjà historique, To Pimp A Butterfly est déjà… un classique ? © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 6 avril 2018 | Atlantic - KSR

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
Grande prêtresse du monde impitoyable des réseaux sociaux, Cardi B s’est créé une identité indestructible à grands coups de strip clubs et de télé-réalité. Véritable tornade au parler franc, elle tire profit de cette notoriété en mettant toute son énergie dans sa passion : la musique, le rap. Et là arrive un petit miracle, Bodak Yellow. En un morceau emprunté au rappeur Kodak Black, elle résume tout son bagout du Bronx, son énergie débordée et sa sincérité extrême. Choisissant une ligne plus dure à la Remy Ma ou Gangsta Boo, Cardi B s’affirme sans partir vers la pop de Nicki Minaj. Elle est alors propulsée comme une nouvelle voie originale au succès fulgurant mais aussi aux nombreuses inconnues.  Sur Invasion of Privacy, Cardi B décline toutes ses qualités en standards du moment. Chaque case du cahier des charges est cochée, de la formule club de DJ Mustard avec YG au minimalisme motivant en compagnie des Migos. Certains choix sont moins évidents comme cette ballade avec l’inclassable Kehlani, ce sourire solaire avec Chance The Rapper ou encore cet hymne provocateur à la liberté féminine avec la rebelle SZA. Tous les invités sont bien choisis, présentant Cardi B sous différents angles avec des ambiances très éclectiques jusqu’au rayonnant latino I Like It. Mais c’est encore sur ses prestations en solo que la rappeuse est la plus convaincante entre Get Up 10, introduction technique et poignante à la Meek Mill et Bickenhead, reprise triomphale et féministe d’un classique de Project Pat.  Sur chaque interprétation, la rappeuse est habitée, parfois outrancière mais toujours superarticulée, justement expressive. Son accent latin développe ainsi une rythmique atypique et originale. Chaque défaut de prononciation est utilisé comme une arme musicale dans toute sorte de situation. Cardi B se sert de son identité à multiples étiquettes pour tenter des jeux de mots et autres rimes internes élaborées qui la rendent encore plus énigmatique. Invasion of Privacy ressemble à un véritable livre ouvert avec quelques pages déchirées, une invitation à en savoir plus alors qu’on en connaît déjà trop. Toujours en équilibre entre calcul et véracité, Cardi B passe avec mention le cap compliqué du premier album. Elle y renforce encore la proximité avec son public par quelques gestes de folie et une écriture sans filtre. Et pour le reste du monde, elle devient l’icône pertinente d’une nouvelle génération en quête d’authenticité virtualisée. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 1 janvier 2013 | Polydor Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Voix androgyne façon Antony, groove feutré très 80's évoquant Everything But The Girl et Sade, et épure digne de The XX, le premier album de Rhye, Woman, est un vrai choc. D'une sensualité (sexualité ?) folle, ce disque est l'ouvre d'un improbable binôme basé à Los Angeles, composé du Canadien Mike Milosh et du Danois Robin Hannibal. Les deux hommes ont conçu la plus érotique et troublante bande originale urbaine de ces derniers mois. Une soul en apesanteur à déguster en petit comité. Bluffant.
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Alternatif et Indé - Paru le 20 juin 2011 | 4AD

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Sélection Les Inrocks - Stereophile: Recording of the Month
Sans doute l’album indé le plus attendu de l’année ! Comment donc Justin Vernon allait-il réussir à réitérer l’exploit de son premier album sorti en 2008, For Emma, Forever Ago ? Force est de reconnaitre que le cerveau de Bon Iver signe ici une nouvelle merveille, car assez différente de son prédécesseur. Moins axé autour des guitares et plus tourné vers les claviers, ce deuxième album confirme la talent d’un songwriter unique qui embarque l’idiome folk vers des cieux d’un onirisme bouleversant. Magique. © CM/Qobuz