Les albums

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Jazz - Paru le 22 juin 2018 | Young Turks Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Indispensable JAZZ NEWS
Après le triple, le double ! Kamasi Washington, qui avait secoué la jazzosphère avec The Epic (2015), voit toujours aussi grand avec Heaven and Earth, un diptyque tout aussi copieux. Surtout, un nouveau tsunami de jazz pluriel. Toujours aussi mystique. Toujours aussi collective. Toujours aussi éclectique (on croise une reprise du Hubtones de Freddie Hubbard et, plus fou, du thème du film La Fureur de vaincre de Bruce Lee). Toujours aussi habitée, la musique du Californien reste viscéralement insaisissable. C’est même sa raison d’être. Histoire de marquer toujours et encore sa différence, le saxophoniste est même passé de Brainfeeder, l’écurie de Flying Lotus, à Young Turks, le label de The xx, FKA twigs et Sampha, pas vraiment connu pour ses signatures jazz… Reste à se laisser tenir par la main à travers des séquences dignement héritées de l’afrofuturisme de Sun Ra, des trances chamaniques de Pharoah Sanders, du Pan-Afrikan Peoples Arkestra d'Horace Tapscott, des rugissement de Gato Barbieri, des premiers Weather Report, des embardées funky de Roy Ayers ou des itinéraires bis d’Albert Ayler ou de John Coltrane… Pour Kamasi, Heaven et Earth ne sont pas deux volumes distincts mais plutôt deux voyages se déroulant simultanément : « Earth est ce que je vis, ce que j’expérimente. Heaven est la façon dont j’imagine la vie. » On peut être aisément déboussolé par ce foisonnement stylistique de plus de deux heures vingt et cette vision à 180° du jazz (mais pas que), comme on peut être instantanément happé par ce torrent créatif. Impossible en tout cas de rester de marbre face à une telle somme… © Marc Zisman/Qobuz
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Rap - Paru le 18 juin 2018 | Parkwood Entertainment - Roc Nation

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le plus grand luxe des stars ultimes est de sortir un disque sans crier gare. Pourtant très attendu depuis leur première collaboration en 2002, l’album commun de Jay Z et Beyoncé a vu le jour par surprise le 16 juin 2018, en même temps que le Nasir de Nas et Kanye West. Drôle de coïncidence. Dans la lignée du 4:44 de Jay-Z et du Lemonade de Beyoncé, Everything Is Love est un album tourné vers l’introspection d’un couple hors norme et l’analyse de sa célébrité. Ses neuf morceaux sont à la fois une célébration de la réussite noire et une critique aiguisée de la société actuelle. Cet album est aussi le marqueur d’une réconciliation, un trait d’union entre deux amants qu’on disait proches de la rupture et qui ont oeuvré, dans l’ombre comme en pleine lumière, pour régler leurs griefs et différends, s’en servant comme carburant artistique. Dans la forme, Everything is Love colle aux standards actuels, leur donnant un autre écho entre luxe et honneur afro-américain. Le couple se rapproche une nouvelle fois de l’univers grandiose, pointu mais consciencieux de Pharrell Williams, producteur sur NICE et APESHIT. Les palettes pop de Beyoncé se mélangent aux sonorités plus soul jazz de Jay Z grâce notamment au travail de Cool and Dre, très à l’aise dans l’orchestration de ce cocktail équilibriste. Souvent plus en avant que son mari, Beyoncé opère une véritable démonstration de force, rappant avec hargne sur plusieurs titres, jouant avec son image et franchissant de nombreuses frontières. Jay Z assure son standing, parfois paresseux mais avec toujours des éclairs de génie, notamment sur FRIENDS ou LOVEHAPPY quand il parle famille et dynastie. Avec Everything is Love, les Carters réalisent l’exploit de rester intouchables et constants avec un projet intimiste et contrasté. La famille royale se porte bien. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Electro - Paru le 15 juin 2018 | Transgressive

Distinctions Pitchfork: Best New Music
SOPHIE est de cette catégorie d’artistes qui obsèdent une fois que l’on passe le pas de la porte, tant par le mystère qui entoure sa personnalité que par le caractère insaisissable de son son. On la rencontrait en 2006 sur le label londonien PC Music et Samuel Long (de son nom civil) produisait déjà une musique plus étrange que tout le reste du collectif artistique (et ce n’était pas peu dire). Son premier essai officiel, Product en 2015, réunissait déjà l’essentiel de son univers sucré, électronico-bubble-gum avec supplément chiptune, option kawaii. Avec une production en latex, des bruits sortis de l’espace et des voix totalement aseptisées, on n’avait jamais rien entendu de comparable ; on se serait cru sur un dancefloor en train de suffoquer dans un costume de Batman trop serré. Si l’aspect pop cheesy assumé et tiré à l’extrême est une composante indiscutable du« son SOPHIE », il se complète par une electro inattendue, métallique, glaciale, vrombissante et cutée au sabre laser. Inédit, bizarre, extrême, sans concession, sincère… Voilà des mots qui reviennent quand il s’agit, pour les médias spécialisés, de qualifier la musique de SOPHIE, posant par là même la question : « Et si c’était ça le futur de la pop music ? » Légitime quand on sait la renommée des artistes qui se sont alloués ses services (Madonna, Charli XCX, Vince Staples, Cashmere Cat…). Et comme tout le monde l’attendait au tournant avec ce premier album, elle prit la tangente en livrant un disque protéiforme et insaisissable : fracassant dès l’entrée, twistant au milieu avec un long passage ambient et PC Music des premières heures à la sortie. Non, cet album n’est pas facile d’accès. Il peut même être rebutant car bousculant les lignes établies, comme une certaine Islandaise put le faire une vingtaine d’années avant elle. Mais n’est-ce pas justement l’utilité de l’Art ? Et la marque des grands artistes ? © Sylvain Di Cristo/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 8 juin 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Les années 90 ont enfanté une belle armée de « filles pas contentes ». De Liz Phair à Fiona Apple, en passant par Courtney Love, Shirley Manson, Aimee Mann, PJ Harvey, Ani DiFranco ou Kristin Hersh, elles ont conjugué, chacune à leur manière, le syndrome de la postado révoltée, seule dans sa chambre, une guitare électrique en guise de doudou, et fait exploser au passage tous les clichés liés à ce type de profil. Ces années 90, Lindsey Jordan n’a pas vraiment connu… Celle qui avance masquée sous ce nom de Snail Mail a vu le jour en 1999 à Ellicott City, dans la banlieue ouest de Baltimore. Pourtant, l’ADN de sa musique est essentiellement composé de ce rock indé typiquement 90's. Lush sonne pourtant bien comme un disque de 2018, non comme une archive exhumée, de vingt ans d’âge. La voix n’est pas d’une grande originalité. Les riffs non plus. Mais dès la première écoute, impossible de ne pas être hypnotisé par la franchise de son ton, la sincérité de son propos et l’efficacité de ses mélodies. D’une certaine manière, Jordan vient rejoindre les Courtney Barnett, Angel Olsen et consorts qui ne se servent d’aucun artifice mais seulement de leur plume pour faire du bon rock’n’roll de facture classique. Une vraie révélation. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 1 juin 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Un an à peine après Pure Comedy (2017), Josh Tillman, alias Father John Misty, revient déjà. S'il prend les rênes de la production, l'ancien batteur des Fleet Foxes retrouve en studio son acolyte fétiche : Jonathan Wilson, griot de Laurel Canyon qui s'évertue à redéployer la beauté du classic rock des seventies. Mais aussi Jonathan Rado de Foxygen. Avec God’s Favorite Customer, Papa John, fils d'évangélistes rigoristes, lâche treize scénettes folk-rock qui s'enchaînent plus ou moins avec évidence. Slalomant entre une flopée de ballades au piano (The Palace, The Songwriter) et quelques fulgurances rock décomplexées aux orchestrations fines (Just Dumb Enough To Try), le songwriter continue dans la lignée de ces précédents opus. Sentimentaliste mais plus grave. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Rap - Paru le 30 mai 2018 | Tierra Whack

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7

Alternatif et Indé - Paru le 11 mai 2018 | Bella Union

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Dream pop et shoegaze light, l’univers de Beach House a beau être toujours très codifié, difficile de se lasser de la voix de Victoria Legrand et des mélodies concoctées par Alex Scally. Surtout que le tandem ne lève guère le pied niveau publications. Après deux albums en moins d’un an (Depression Cherry et Thank Your Lucky Stars en 2015) suivis d’une compilation de jolis fonds de tiroir qui laissait éventuellement entrevoir un dépôt de bilan (B-Sides and Rarities en 2017), Beach House montre ici que l’inspiration est loin d’être en berne. Sans chahuter les valeurs du groupe, 7 s’applique à les magnifier. A prouver qu’on peut ad vitam aeternam écrire la même chanson et susciter la même émotion. Une sensation assez flagrante sur un titre comme Dive où la magie Beach House fonctionne une fois de plus. © Max Dembo/Qobuz
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Rap - Paru le 11 mai 2018 | AWGE Label

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Sans aucun projet et seulement quelques extraits de morceaux, Playboi Carti est devenu une égérie de cette génération aussi attentive à la présence sociale qu’aux créations musicales. Avec une mixtape et surtout un titre, Magnolia, il avait donné raison à ses supporters de la première heure, inventant une forme au minimalisme total en s’alliant avec un producteur visionnaire et atypique, Pi’erre Bourne. Pour ce premier album studio sorti par surprise, Playboi Carti et Pi’erre Bourne déclinent sur 19 titres toutes les idées suggérées dans Magnolia. Une science de la texture et de la recherche sonore alliée à un placement millimétré de chaque mot, parfois répété en boucle pendant des mesures entières. En réduisant le rap à son simple appareil, le duo inscrit sa création comme musique électronique quasi concrète, déstabilisant l’auditeur au milieu d’un labyrinthe de syllabes et petits bruits synthétiques. Parfois surréalistes ou juste quotidiennes, les phrases de Playboi Carti semblent alors flotter dans le temps et l’espace, offrant au fil des morceaux un étourdissement permanent, une expérience unique dans le rap actuel. Même les invités comme Travis Scott, Nicki Minaj ou Chief Keef se retrouvent décomposés dans cette cuisine moléculaire où chaque atome est démultiplié pour en sortir l’essence. Avec Die Lit, la musique de Playboi Carti devient indissociable du travail de Pi’erre Bourne. Elle offre ainsi une invitation à la danse extrême, un voyage presque sensoriel, une nouvelle façon de penser la musique rap en 2018. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 4 mai 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 6 avril 2018 | Atlantic - KSR

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
Grande prêtresse du monde impitoyable des réseaux sociaux, Cardi B s’est créé une identité indestructible à grands coups de strip clubs et de télé-réalité. Véritable tornade au parler franc, elle tire profit de cette notoriété en mettant toute son énergie dans sa passion : la musique, le rap. Et là arrive un petit miracle, Bodak Yellow. En un morceau emprunté au rappeur Kodak Black, elle résume tout son bagout du Bronx, son énergie débordée et sa sincérité extrême. Choisissant une ligne plus dure à la Remy Ma ou Gangsta Boo, Cardi B s’affirme sans partir vers la pop de Nicki Minaj. Elle est alors propulsée comme une nouvelle voie originale au succès fulgurant mais aussi aux nombreuses inconnues.  Sur Invasion of Privacy, Cardi B décline toutes ses qualités en standards du moment. Chaque case du cahier des charges est cochée, de la formule club de DJ Mustard avec YG au minimalisme motivant en compagnie des Migos. Certains choix sont moins évidents comme cette ballade avec l’inclassable Kehlani, ce sourire solaire avec Chance The Rapper ou encore cet hymne provocateur à la liberté féminine avec la rebelle SZA. Tous les invités sont bien choisis, présentant Cardi B sous différents angles avec des ambiances très éclectiques jusqu’au rayonnant latino I Like It. Mais c’est encore sur ses prestations en solo que la rappeuse est la plus convaincante entre Get Up 10, introduction technique et poignante à la Meek Mill et Bickenhead, reprise triomphale et féministe d’un classique de Project Pat.  Sur chaque interprétation, la rappeuse est habitée, parfois outrancière mais toujours superarticulée, justement expressive. Son accent latin développe ainsi une rythmique atypique et originale. Chaque défaut de prononciation est utilisé comme une arme musicale dans toute sorte de situation. Cardi B se sert de son identité à multiples étiquettes pour tenter des jeux de mots et autres rimes internes élaborées qui la rendent encore plus énigmatique. Invasion of Privacy ressemble à un véritable livre ouvert avec quelques pages déchirées, une invitation à en savoir plus alors qu’on en connaît déjà trop. Toujours en équilibre entre calcul et véracité, Cardi B passe avec mention le cap compliqué du premier album. Elle y renforce encore la proximité avec son public par quelques gestes de folie et une écriture sans filtre. Et pour le reste du monde, elle devient l’icône pertinente d’une nouvelle génération en quête d’authenticité virtualisée. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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R&B - Paru le 6 avril 2018 | Virgin EMI

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Depuis 2012, Karly-Marina Loaiza alias Kali Uchis s’est lancée dans une collection de featurings digne d’une poitrine de général soviétique recouverte de médailles... Aussi, le premier album de l’Américano-Colombienne ayant posé sa voix sur des titres de Snoop Dogg, Tyler, The Creator, GoldLink, Major Lazer, Kaytranada, Miguel, Vince Staples ou bien encore Gorillaz était plus qu’attendu. Surtout qu’avant cette sortie, Kali Uchis avait déjà réussi à tracer les contours de sa forte personnalité de nouvelle reine potentielle du R&B et de la soul. Une de plus ? Non, non, non. Une vraie de vraie avec un bel alliage de chant nu soul, de R&B 90's, de pop façon (early) Madonna voire de gouaille à la Amy Winehouse. Une voix qui bénéficie d’un éclectique écrin cinq étoiles sur ce premier album où l’on croise les proches comme Tyler et Damon Albarn mais aussi les Canadiens de BadBadNotGood, Kevin Parker de Tame Impala, David Sitek de TV On The Radio, l’allumé Thundercat, la soul sister Jorja Smith, les Dap-Kings, Steve Lacy de The Internet, son compatriote Reykon ou le funkster légendaire Bootsy Collins. Sur Isolation, la chanteuse installée à Los Angeles impose aussi ses racines hispaniques en chantant dans les deux langues et slalome entre nu soul, R&B, hip-hop, latin pop et reggaeton. Séquences langoureuses ou carrément plus uptempo, Uchis gère tous les contextes, tous les reliefs, et signe un disque à la fraîcheur renversante, jamais racoleur ou niaiseux. © Marc Zisman/Qobuz
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Country - Paru le 30 mars 2018 | MCA Nashville

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
En 2013, avec l’impeccable Same Trailer Different Park qui décrocha, à la surprise générale, le Grammy Award du meilleur album country de l’année, Kacey Musgraves avait évité de tomber dans les pièges tendus par Nashville en devenant une 5 473e Taylor Swift. D’autant plus que ses textes parlaient notamment d’homosexualité, de fumette et de mères célibataires, bref de choses qu’on n’aime guère trop dans les franges les plus conservatrices de la country américaine… Pour Pageant Material, son deuxième opus paru durant l’été 2015, la Texane poursuivait dans une veine similaire. Lorsqu’une chanson semblait s’engager sur le chemin miné des clichés du genre, la jeune cow-girl donnait un gros coup de collier pour faire brillamment vriller sa composition. On alternait alors entre country pure et country pop en passant par des titres nettement plus rock voire un brin rétro avec banjo et pedal steel ou, à l’opposé, violons langoureux… Sans révolutionner le genre, ni faire vaciller Nashville, la native de Golden, dans le Nord du Texas, étendait son cercle de fans qui se demandaient sans doute à quoi allait ressembler la suite…  Printemps 2018, Kacey Musgraves sort donc la suite en question. Un troisième album qu’elle ancre encore un peu plus vers la pop. Si les intégristes de la country risquent de lâcher l’affaire, les curieux feraient bien d’écouter Golden Hour jusqu’au bout. Est-ce le fait d’avoir passé la bague au doigt de son collègue Ruston Kelly qui fait de ce disque un traité d’Amour ? Sans jamais sonner niaiseux, ses chansons d’amour offrent en effet un vrai lâcher-prise émotionnel et une sincérité inédite. Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, Kacey Musgraves dit avoir été influencée par Neil Young, Sade et les Bee Gees ! Un triumvirat on ne peut plus éclectique et déroutant mais plutôt pertinent une fois Golden Hour refermé. Reste à se laisser porter par la douceur de ses chansons qui fleurent bon l’été indien et dont les mélodies sont souvent d’une redoutable efficacité. © Max Dembo/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 16 février 2018 | 4AD

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le fond ne rejoindra pas la forme. Mais l'enrobage n'a-t-il pas le meilleur moyen pour faire passer l'amertume ? C’est de cette recette qu'use Meghan Remy qui se cache derrière U.S. Girls, ce faux nom de girls band banal, vieux de dix ans et à la géométrie désormais variable. Violences conjugales sous fond de société patriarcale (Velvet 4 Sale) et déceptions politiques dans l’Amérique de Trump (M.A.H), autant de sujets actuels qui donnent à la pop énergétique et édulcorée de ce sixième album toute son épaisseur. Dans la lignée, parallèle plus que droite, du minimaliste Half Free, In A Unlimited Poem recourt à Cosmic Range, collectif jazz et funk de Toronto, tout en s'appuyant sur les fidèles Louis Perceval et Maximillian Turnball. Si le sillon pop oblique à tendance psychédélique dévie plus qu’il ne se creuse, c’est qu’en devenant quasiment un véritable groupe, U.S. Girls avale tour à tour funk (Time), R&B (Pearl Gates, Incidental Boogie), disco et glam façon Madonna, Blondie voire Chromatics (la reprise de Rage Of Plastics de Simone Schmidt, Rosebud) pour une secousse colorée et luxuriante. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 16 février 2018 | Matador

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Même si l’effet “Pavement avec la voix de Beck” est toujours de rigueur, Will Toledo alias Car Seat Headrest a sa propre personnalité. Et plutôt forte même… A 26 ans seulement, il enchaîne les enregistrements avec la rapidité d’un mangeur compulsif de pistaches. Vrai faux groupe né dans le cerveau en ébullition de ce natif de Virginie installé à Seattle, Car Seat Headrest ressuscite le rock indé américain des années 90. Les guitares titubent mais gardent la mélodie dans la ligne de mire, le chant vacille lui aussi en restant toujours juste et les paroles jonglent entre ennui quotidien, cynisme délicieux et humour décalé. Tout ça évoque Pavement et Beck donc, mais aussi Guided By Voices, les Silver Jews, Dinosaur Jr. ou bien encore Nirvana, bref un peu de tout ce que le rock’n’roll underground des années 90 compta de terroristes inspirés… Avec Twin Fantasy (Face to Face), onzième album studio de Car Seat Headrest, Toledo s’est amusé à réenregistrer un disque paru en 2011. Conscient du potentiel de ses chansons écrites alors qu’il n’avait que 19 ans, il les aborde ici plus “professionnellement”, offrant un écrin de rêve à sa plume introspective pleine d’intelligence et d’honnêteté. Les tracas des adolescents et des jeunes adultes ont toujours été le carburant efficace de grands disques. En voilà une preuve supplémentaire… © Marc Zisman/Qobuz
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Pop - Paru le 15 décembre 2017 | Atlantic Records UK

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Alternatif et Indé - Paru le 27 octobre 2017 | Matador

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Une simple guitare. Un simple piano. Il n’est parfois pas nécessaire de réinventer la roue pour briller. Julien Baker le prouve aisément avec son second album qui paraît chez Matador. La songwriteuse originaire du Tennessee va ici à l’essentiel et touche l’essentiel sans le moindre artifice. Evidemment il y a cette voix, juvénile et d’une pureté tétanisante. Un chant qui délimite les contours d’un folk dépouillée et intimiste. Enregistré dans les fameux studios Ardent de sa ville natale de Memphis, Turn Out The Lightsjoue la carte de la confession. Sans lourdeur, l’Américaine médite sur ses propres expériences. Mais aussi celles de ses proches. Sur ses conflits intérieurs également… A seulement 22 ans, Julien Baker accouche d’un disque d’une profonde et sincère empathie. Un album qui embrasse les zones d’ombre et les vérités complexes de la nature humaine et de l'équilibre psychique : exprimer ses émotions les plus dures à travers la musique pour mieux tendre vers… la lumière ? © CM/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 13 octobre 2017 | XL Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music
En 2013 lorsqu’il publia 6 Feet Beneath The Moon, on se demandait s’il pouvait succéder à Mike Skinner (alias The Streets) dans le rôle du porte-parole de toute une génération. Archy Marshall plus connu sous le pseudo King Krule n’avait alors QUE 19 ans et capturait la voix saisissante des jeunes Londoniens comme l’avait fait plus d’une décennie auparavant celui qui restait le héros d’Archy… Quatre ans plus tard, son organe inattendu de baryton, profond et triste, plein de désillusion et de désorientation, a toujours ce même effet dévastateur. Et la blue wave de King Krule demeure fascinante. Cette tambouille unique que le jeune rouquin a toujours définie comme mêlant « le côté agressif du post-punk et de la no-wave et celui, plus doux, du blues et du jazz » a cette fois encore plus de gueule. Marshall a logiquement musclé ses compétences depuis ses débuts et il ose sur The Ooz des ponctuations inattendues (comme ces cuivres jazz qui accentue la mélancolie) qui rendent son second album encore plus ovni que le précédent ! © Marc Zisman/Qobuz
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Ash

Electro - Paru le 29 septembre 2017 | XL Recordings

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
L’anglais, tout le monde connait. Le yoruba, c’est moins sûr… Grâce au premier album éponyme d’Ibeyi paru début 2015, le plus grand nombre a pu réviser cette langue africaine importée à Cuba au XVIIe siècle par des esclaves originaires de l'actuel Nigeria. Ibeyi, c’est le nom du duo emmené par deux jumelles franco-cubaines d’origine vénézuélienne qui sculptent une belle musique soul habitée et empreinte de spiritualité. Elles chantent donc en yoruba mais aussi en anglais et en espagnol. Après avoir offert de grands pans de mélancolie qu’elles transforment parfois en hymnes percussifs, Naomi et Lisa-Kaindé Diaz poursuivent avec Ash la fusion entre musiques de leur héritage afro-cubain familial (leur père n’était autre qu’Anga Diaz, percussionniste du groupe Irakere) et celles de leur temps, de l’électro au rap en passant par la pop. Un alliage qu’elles appliquent également aux instruments, qu’ils soient acoustiques, électriques et même électroniques. Ibeyi s’amuse même ici avec l’Auto-Tune ! A noter enfin que ce deuxième album est aussi la convention des gens de goût puisqu’on y croise l’atypique pianiste canadien Chilly Gonzales, le saxophoniste californien furibard Kamasi Washington, la bassiste Meshell Ndegeocello et la rappeuse espagnole Mala Rodriguez. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 29 septembre 2017 | Young Turks Recordings

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Avec son bien nommé triple album de 2015 The Epic, Kamasi Washington devenait, à 34 ans passés, la nouvelle coqueluche de la jazzosphère, dépassant même ses frontières. Il faut dire que parallèlement à ses travaux purement jazz, le saxophoniste californien enchaînait les piges pour des artistes aussi variés que Kendrick Lamar (To Pimp a Butterfly et Damn), Flying Lotus (You’re Dead !), Thundercat (The Beyond / Where the Giants Roam), Run The Jewels (Run The Jewels 3) ou bien encore Ryan Adams (Gold). Et comme The Epic était publié sur Brainfeeder, le label électro de Flying Lotus, tout était réuni pour rendre encore plus atypiques le bonhomme et sa musique… Ici, c’est à nouveau une écurie « pas vraiment jazz » qui l’accueille, Young Turks Records, sous-division de XL Recordings où l’on retrouve aussi bien The XX que FKA Twigs, Sampha et SBTRKT. Opus plutôt court (à peine plus de 30 minutes), Harmony Of Difference propose en fait de la musique essentiellement composée pour une œuvre multimédia présentée au Whitney Museum de New York, et notamment des toiles peintes par la sœur du saxophoniste, Amani Washington, et un court-métrage du cinéaste espagnol AG Rojas. Le résultat est assez proche de The Epic dans son esprit. Et Kamasi Washington mêle énergie et spiritualité avec la virtuosité qu’on lui connait, son souffle réveillant aussi bien les fantômes de Gato Barbieri que de Pharoah Sanders. On retrouve aussi sa capacité à empiler les strates, qu’elles soient percussives, soufflantes ou harmoniques, sans jamais être indigeste. Au contraire, la fougue comme le tsunami d’émotions qui se dégagent d’Harmony Of Difference pourra même aisément toucher un public habituellement peu réceptif à l’idiome jazz… © MZ/Qobuz
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Electro - Paru le 1 septembre 2017 | DFA Records - Columbia

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music - Preis der deutschen Schallplattenkritik
LCD, même pas mort ! Après avoir solennellement enterré son groupe lors d’un concert d’adieu en avril 2011 au Madison Square Garden de sa New York natale, James Murphy réveille la bête, six ans plus tard, avec American Dream. Dans son costume de David Byrne du troisième millénaire (flagrant sur Other Voices dont le refrain sonne comme du Talking Heads de la grande heure), le leader et son gang azimuté signent un quatrième album articulé autour d’assemblages rock, punk, funk et electro. Une marque de fabrique LCD Soundsystem qui s’ouvre ici vers d’avantage de chansons classiques (Call The Police, intéressant croisement entre David Bowie et U2) et moins de titres purement dancefloor (les séants s’agitent tout de même sur Other Voices). Les Talking Heads donc, toujours et encore, mais aussi ce Bowie de la période berlinoise (Change Yr Mind et Black Screen), autre influence majeure de James Murphy. A quelques encablures du demi-siècle, ce dernier n’a pas à réinventer LCD Soundsystem mais plutôt à faire fructifier ce son si singulier. A sanctuariser aussi cette musique qu’il a sculptée dès le milieu des années 2000 en mêlant la gouaille punk, les sonorités électro, la grisaille new wave, l’hédonisme dance et le pesant contexte politique du moment. © MD/Qobuz