Les albums

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Rap - Paru le 30 novembre 2018 | Tan Cressida - Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Qu'il semble lointain le jour où l'on fit la connaissance d'Earl Sweatshirt. C'était en 2010 avec le clip outrancier de son morceau Earl issu de sa première mixtape qui participa à la percée spectaculaire du collectif Odd Future, formé par une poignée de gamins ultra-créatifs qui ont dynamité pour de bon le rap de leur époque. Thebe Kgositsile n'avait que 16 ans et dut patienter pour récolter les fruits de cette prodigieuse entrée en matière. De retour en 2012 d'un exil forcé aux îles Samoa, Earl prit conscience de l'impact considérable qu'eurent les premiers enregistrements d'Odd Future et du statut quasi mythique qui était déjà le sien. Moins productif et rassembleur que son collège d'alors Tyler, the Creator, Sweatshirt n'a jamais manifesté une réelle soif de succès et s'est forgé une réputation d'artiste radical et taiseux. Avec son premier album Doris – pour lequel il fit appel à ses collaborateurs proches Vince Staples, Mac Miller ou Casey Veggies mais aussi aux Neptunes, à RZA et à BadBadNotGood –, il s'installa néanmoins bel et bien au sommet de la chaîne alimentaire du rap. Plus de trois ans après I Don't Like Shit, I Don't Go Outside, sobre et impressionnant deuxième album, voici Some Rap Songs qu'on attendait fébrilement sans trop oser y croire.  Marqué pour un double deuil – celui de son père, le poète sud-africain Keorapetse Kgositsile (dont on entend la voix sur Playing Possum) et son oncle, la légende du jazz africain Hugh Masekela (qu'il sample sur Riot!) par son rapport toujours problématique à la surexposition médiatique et par sa tendance à la dépression chronique, le rap d'Earl Sweatshirt n'a jamais été aussi froid et taciturne que sur cette collection de 15 courts titres sans vrais refrains ni facilités mélodiques. Si les productions accidentées et incrustées de samples tordus, les beats habilement désaxés qu'on trouve sur Some Rap Songs doivent beaucoup à la sainte Trinité Madlib-MF Doom-J Dilla, Earl Sweatshirt se présente l'air de rien en parrain d'une nouvelle avant-garde qui rebat les cartes de la beat music et se réapproprie les codes de la musique et de la culture noires (outre Kgositsile père et Masekela, on entend le poète et activiste James Baldwin, un sample de Curtis Mayfield et des dialogues du film Blaxploitation Black Dynamite). Ses collaborations avec le collectif new-yorkais Standing On The Corner (dont il faut écouter le jazz-rap ésotérique), sur Ontheway!, le beatmaker de Detroit Black Noi$e et le rappeur Navy Blue (The Mint) ou le passionnant Adé Hakim qui coproduit l'intense Nowhere2go, laissent penser qu'Earl Sweatshirt s'est trouvé une nouvelle famille. Avec la fausse désinvolture qu'on lui connaît (le titre même de l'album est loin de refléter la richesse et la cohésion de la chose), Earl Sweatshirt ajoute un nouvel épisode à une carrière jusqu'ici irréprochable et donne surtout l'impression de faire exactement la musique qu'il veut faire. © Seuss' The Grinch
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Rap - Paru le 5 octobre 2018 | Cactus Jack Records - G.O.O.D. Music - Interscope Records

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 13 septembre 2018 | Joey Purp, LLC

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 18 juin 2018 | Parkwood Entertainment - Roc Nation

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Le plus grand luxe des stars ultimes est de sortir un disque sans crier gare. Pourtant très attendu depuis leur première collaboration en 2002, l’album commun de Jay Z et Beyoncé a vu le jour par surprise le 16 juin 2018, en même temps que le Nasir de Nas et Kanye West. Drôle de coïncidence. Dans la lignée du 4:44 de Jay-Z et du Lemonade de Beyoncé, Everything Is Love est un album tourné vers l’introspection d’un couple hors norme et l’analyse de sa célébrité. Ses neuf morceaux sont à la fois une célébration de la réussite noire et une critique aiguisée de la société actuelle. Cet album est aussi le marqueur d’une réconciliation, un trait d’union entre deux amants qu’on disait proches de la rupture et qui ont oeuvré, dans l’ombre comme en pleine lumière, pour régler leurs griefs et différends, s’en servant comme carburant artistique. Dans la forme, Everything is Love colle aux standards actuels, leur donnant un autre écho entre luxe et honneur afro-américain. Le couple se rapproche une nouvelle fois de l’univers grandiose, pointu mais consciencieux de Pharrell Williams, producteur sur NICE et APESHIT. Les palettes pop de Beyoncé se mélangent aux sonorités plus soul jazz de Jay Z grâce notamment au travail de Cool and Dre, très à l’aise dans l’orchestration de ce cocktail équilibriste. Souvent plus en avant que son mari, Beyoncé opère une véritable démonstration de force, rappant avec hargne sur plusieurs titres, jouant avec son image et franchissant de nombreuses frontières. Jay Z assure son standing, parfois paresseux mais avec toujours des éclairs de génie, notamment sur FRIENDS ou LOVEHAPPY quand il parle famille et dynastie. Avec Everything is Love, les Carters réalisent l’exploit de rester intouchables et constants avec un projet intimiste et contrasté. La famille royale se porte bien. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Rap - Paru le 30 mai 2018 | Tierra Whack

Distinctions Pitchfork: Best New Music
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Rap - Paru le 25 mai 2018 | Getting Out Our Dreams, Inc. - Def Jam Recordings

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Très attendu depuis 2015, le troisième album de Pusha T est pourtant sorti dans l’urgence. DAYTONA est le premier épisode de la série dantesque annoncée par le label de Kanye West, GOOD Music. Et dans sa course à l’instinctif, Kanye a retouché des petits détails jusqu’à la toute dernière minute. Jusqu’à cette pochette, une photo de la salle de bains dévastée de Whitney Houston, payée 85 000 dollars un jour avant la sortie. Entièrement produit par Mr West, DAYTONA résume en sept titres toute l’intégrité, la hargne et la précision de Pusha T. L’ancien membre des Clipse décline encore une fois toutes ses métaphores de la vie autour du trafic de cocaïne en y ajoutant une dimension décadente entre luxe et noblesse. Tout est intransigeant, du choix des samples entre YES et Charles Wright à l’emprunt aux modèles comme Jay Z, Eazy-E ou l’épopée Ruff Ryders. Labyrinthique et gorgé de références, ce mélange millimétré atteint son paroxysme sur un Santeria unique, évoquant Biggie et Lil Kim en même temps que les narcos mexicains appelés par la voix perçante de 070 Shake. A la fois intemporelle et complètement dans l’air du temps, la musique développée par Pusha T et Kanye West remet quelques pendules à l’heure, prend un peu de recul pour mieux fouetter la mesure. Sur son crépuscule Infrared, DAYTONA se paye même le luxe de faire bouger les lignes et bousculer quelques mastodontes en place à force de phrases subtiles et subliminales. Presque trop court pour être vrai, cette nouvelle étape pour Pusha T évite les écueils des précédents. Sans temps mort, le rappeur sans concession continue de s’acharner sur le sac de frappe que représente le milieu du rap pour lui. En voulant prendre de la hauteur royale à la manière du 4:44 de Jay Z, Pusha T enfonce finalement une fois de plus dans la boue ses mains pleines de bijoux. Et il serre les poings. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Rap - Paru le 11 mai 2018 | AWGE Label

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Sans aucun projet et seulement quelques extraits de morceaux, Playboi Carti est devenu une égérie de cette génération aussi attentive à la présence sociale qu’aux créations musicales. Avec une mixtape et surtout un titre, Magnolia, il avait donné raison à ses supporters de la première heure, inventant une forme au minimalisme total en s’alliant avec un producteur visionnaire et atypique, Pi’erre Bourne. Pour ce premier album studio sorti par surprise, Playboi Carti et Pi’erre Bourne déclinent sur 19 titres toutes les idées suggérées dans Magnolia. Une science de la texture et de la recherche sonore alliée à un placement millimétré de chaque mot, parfois répété en boucle pendant des mesures entières. En réduisant le rap à son simple appareil, le duo inscrit sa création comme musique électronique quasi concrète, déstabilisant l’auditeur au milieu d’un labyrinthe de syllabes et petits bruits synthétiques. Parfois surréalistes ou juste quotidiennes, les phrases de Playboi Carti semblent alors flotter dans le temps et l’espace, offrant au fil des morceaux un étourdissement permanent, une expérience unique dans le rap actuel. Même les invités comme Travis Scott, Nicki Minaj ou Chief Keef se retrouvent décomposés dans cette cuisine moléculaire où chaque atome est démultiplié pour en sortir l’essence. Avec Die Lit, la musique de Playboi Carti devient indissociable du travail de Pi’erre Bourne. Elle offre ainsi une invitation à la danse extrême, un voyage presque sensoriel, une nouvelle façon de penser la musique rap en 2018. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Rap - Paru le 6 avril 2018 | Atlantic - KSR

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Grammy Awards
Grande prêtresse du monde impitoyable des réseaux sociaux, Cardi B s’est créé une identité indestructible à grands coups de strip clubs et de télé-réalité. Véritable tornade au parler franc, elle tire profit de cette notoriété en mettant toute son énergie dans sa passion : la musique, le rap. Et là arrive un petit miracle, Bodak Yellow. En un morceau emprunté au rappeur Kodak Black, elle résume tout son bagout du Bronx, son énergie débordée et sa sincérité extrême. Choisissant une ligne plus dure à la Remy Ma ou Gangsta Boo, Cardi B s’affirme sans partir vers la pop de Nicki Minaj. Elle est alors propulsée comme une nouvelle voie originale au succès fulgurant mais aussi aux nombreuses inconnues.  Sur Invasion of Privacy, Cardi B décline toutes ses qualités en standards du moment. Chaque case du cahier des charges est cochée, de la formule club de DJ Mustard avec YG au minimalisme motivant en compagnie des Migos. Certains choix sont moins évidents comme cette ballade avec l’inclassable Kehlani, ce sourire solaire avec Chance The Rapper ou encore cet hymne provocateur à la liberté féminine avec la rebelle SZA. Tous les invités sont bien choisis, présentant Cardi B sous différents angles avec des ambiances très éclectiques jusqu’au rayonnant latino I Like It. Mais c’est encore sur ses prestations en solo que la rappeuse est la plus convaincante entre Get Up 10, introduction technique et poignante à la Meek Mill et Bickenhead, reprise triomphale et féministe d’un classique de Project Pat.  Sur chaque interprétation, la rappeuse est habitée, parfois outrancière mais toujours superarticulée, justement expressive. Son accent latin développe ainsi une rythmique atypique et originale. Chaque défaut de prononciation est utilisé comme une arme musicale dans toute sorte de situation. Cardi B se sert de son identité à multiples étiquettes pour tenter des jeux de mots et autres rimes internes élaborées qui la rendent encore plus énigmatique. Invasion of Privacy ressemble à un véritable livre ouvert avec quelques pages déchirées, une invitation à en savoir plus alors qu’on en connaît déjà trop. Toujours en équilibre entre calcul et véracité, Cardi B passe avec mention le cap compliqué du premier album. Elle y renforce encore la proximité avec son public par quelques gestes de folie et une écriture sans filtre. Et pour le reste du monde, elle devient l’icône pertinente d’une nouvelle génération en quête d’authenticité virtualisée. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Rap - Paru le 30 mars 2018 | Mello Music Group

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Jean Grae est sûrement l’artiste féminine rap la plus talentueuse et constante de son époque. Présente depuis plus de vingt ans, elle a toujours été à la pointe du rap parfois dit alternatif, aux côtés de Talib Kweli, Mr. Lif ou 9th Wonder. Sa musique est caractérisée par une technique ahurissante, une recherche continue et un sens de la dérision inégalée. De son côté, Quelle Chris est un touche-à-tout extrêmement créatif qui prend un malin plaisir à tordre les formules établies, prenant ses racines dans le Detroit de J-Dilla. Son grand point commun avec Jean Grae est un sens aigu de l’indépendance, du libre arbitre total. Ils se retrouvent alors ensemble chez la meilleure maison actuelle pour rester innovant et indépendant : Mello Music Group. Entre tradition et expérimentation, le croisement de ses deux univers très spécifiques offre une multitude de couleurs à Everything Is Fine. Remplie d’improvisations presque free-jazz et de distorsions analogiques, la production de Quelle Chris, appuyée par les idées de Jean Grae, offre un champ mystérieux. Jean Grae prend alors le dessus lyricalement avec des textes cyniques toujours justes et une interprétation de reine, notamment sur le sautillant Gold Purple Orange. Quelle Chris ponctue toujours ces petits morceaux de bravoure par sa voix grave et enveloppante, ajoutant un assaisonnement différent, terriblement ludique. Les limites sont alors floues. Sur un breakbeat rock psyché, le duo se permet même d’inviter le comédien décalé Hannibal Buress sur Ohsh pour une joute absurde totalement réussie. En effet, totalement à l’inverse du titre, rien ne va bien, tout le monde le sait et le duo se sert de ce double discours pour développer des piécettes de vie très intelligentes sur la réalité du bonheur. En développant le concept “être bien” dans le monde moderne, ils développent des petits vaudevilles parfois dystopiques, rappelant les grandes heures de MF Doom, Cage ou Run The Jewels. Ces résurgences sont notamment flagrantes sur le labyrinthique Zero. Avec des nappes très cinématographiques, l’album se conclut sur quelques notes plus aériennes avec notamment les très belles prestations d’Anna Wise. Très profond, Everything’s Fine est une pièce maîtresse dans la discographie des deux artistes, une rencontre jouissive entre deux esprits frondeurs qui amène la réflexion sur de nombreux sujets de nos sociétés tout en s’amusant résolument dans la forme. © Aurélien Chapuis/Qobuz
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Rap - Paru le 21 juillet 2017 | Columbia

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Après avoir enchaîné les sabotages et conclu avec le déceptif Cherry Bomb, le kid devenu insupportable d’Odd Future a mûri. Avec Flower Boy, un dernier album hédoniste au zénith, Tyler, The Creator couche ses trippes en douceur. Qui y croyait encore ? La chaleur de la soul donne le bain à ce qui pourrait bien être son meilleur coup. Les featurings sont triés sur le volet, Tyler maîtrise. On retrouve ainsi Kali Uchis sur See You Again, Jaden Smith sur Pothole, Estelle sur Garden Shed, la Norvégienne Anna Of The North et Corine Bailey Rae sur Boredom. Surtout, l'énergie jubilatoire du jeune prodige de 19 ans Rex Orange County s’infuse discrètement dans Foreword. Bien-sûr le rappeur californien n’en a pas fini avec ses démons adolescents. Preuve en est le frontal Who Dat Boy avec A$AP Rocky qui assène une violente piqûre de rappel. Flower Boy n'a pas tué le Goblin de Yonkers. Tyler buttine, papillonne, porté par ses premiers émois et fleurte même avec les ambiguïtés avec un Garden Shed où les allusions sur son homosexualité affleurent. Si le titre initial de ce quatrième album studio était Scum Fuck Flower Boy, Tyler a préféré les plaisirs innocents, les amours adolescents aux scandales maigres. Synthés chatoyants très seventies, cuivres solaires, Tyler retourne aux basiques, orne ses pistes et puise dans son éternelle source d'inspiration, N.E.R.D. Et ça fait du bien.  © BS/Qobuz
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Rap - Paru le 7 juillet 2017 | Roc Nation - Jay-Z

Distinctions Pitchfork: Best New Music - Preis der deutschen Schallplattenkritik
Si Shawn Carter alias Jay-Z s’est trouvé une cible à clasher tout au long de 4:44, il ne s’agit ni de Kanye, ni de Kendrick, ni d’un quelconque autre confrère. Non, le bras de fer dans lequel se lance ici le rappeur de Brooklyn est avec lui-même. A 47 ans passés, n’ayant plus grand-chose à prouver, Jay-Z n’est pas là pour jauger la concurrence ou batailler avec la jeune garde. Mais plutôt pour s’allonger sur le divan d’un psy. Et dans ce domaine, 4:44 est un bien beau divan. Solide. Robuste. Et joliment designé… Intégralement produit par Ernest Dion Wilson alias No I.D. (rarement par le passé, Jay-Z avait confié les clefs du camion à un seul réalisateur), ce treizième album reste bien accroché aux fondamentaux de son auteur. Pas de sons vaguement électro ou de beats contemporains. Jay-Z fait du classique, donc du Jay-Z, à coup de samples groovy et lettrés (Fugees, Stevie Wonder, Funk Inc., Donny Hathaway, etc.) sur lesquels il n’a plus qu’à déposer ses rimes introspectives sur ses turpitudes conjugales avec Madame (qui l’épaule d’ailleurs sur Family Feud) comme sur son statut et son ego. Même dans les featurings, il fait sobre en se limitant à inviter Frank Ocean et Damian Marley. Mais au fil des écoutes, 4:44 réussit à imposer sa précision, sa facture et une certaine forme de perfection. La révolution, Jay-Z l’a faite il y a des lustres. L’important pour lui est désormais de continuer à gouverner et d’être respecté. Mission accomplie. © MD/Qobuz
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Rap - Paru le 23 juin 2017 | Def Jam Recordings

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Avec Hell Can Wait, puissant et poisseux sept titres de hip hop sombre et totalement live from la street paru en 2014, Vince Staples montrait, d’entrée de jeu, qu’il était dans le clan des futures stars narrant à la perfection le quotidien des hors-la-loi. Huit mois plus tard, Summertime '06, son premier album qui confirmera cette impression, comptera parmi les meilleurs disques de rap de 2015. Au cœur de l’été qui suit, Staples enfonce le clou avec le EP Prima Donna, sept nouveaux instantanés ultra-sombres de sa Cité des Anges (mais pas que…) au cœur desquels son flow et sa plume brillaient à chaque instant. Un EP qui montrait surtout que le rappeur savait se renouveler, conviant même le Britannique James Blake sur deux titres... Ces dernières années, la Californie du gangsta rap et de ses dérivés offre un casting joliment renouvelé (de Kendrick Lamar à Schoolboy Q, en passant par YG ou bien encore DJ Mustard, la palette est stylistiquement large) alors que les ingrédients de base restent pourtant les mêmes (dope, flingues, cul, picole, chômage). A sa manière, Vince Staples réinterprète tous ces codes rabâchés, leur donnant une modernité inédite. La rue a beau rester la même, ses acteurs savent se renouveler. Avec ce Big Fish Theory qui irradie l’été 2017, le MC de Long Beach offre tout sauf une resucée de Summertime ‘06. Comme un prolongement voire un développement de Prima Donna plutôt. Ce deuxième album aux sonorités ovni navigue dans des eaux électro assumées. Des sonorités minimalistes lorgnant parfois vers la techno originelle de Detroit. Epaulé par des bidouilleurs bien typés (Zack Sekoff, SOPHIE, Jimmy Edgar, GTA et même Flume !), Vince Staples embarque son story telling bien à lui dans les méandres d’architectures sonores inédites. Sur Alyssa Interlude, il balance une interview de son idole Amy Winehouse qu’il habille d’un sample d’I Wish It Would Rain des Temptations. Plus loin, Damon Albarn vient promener sa voix sur Love Can Be… tandis que Justin Vernon de Bon Iver prête sa plume pour Crabs In A Bucket. Big Fish Theory regorge de ce genre de choses plus ou moins inattendues. Comme lorsque sur Homage, Staples plonge dans le 100% clubbing. Evidemment, le disque comprend d’autres prestigieux featurings moins surprenants : A$AP Rocky sur SAMO, Ray J, Ty Dolla Sign, Kučka, Juicy J sur Big Fish, Kilo Kish, sans oublier l’incontournable Kendrick Lamar sur Yeah Right. Mais on sort stupéfait de cette orgie d’idées que Staples réussit à canaliser et ordonner. En cela, Big Fish Theory n’est pas le joujou d’un enfant gâté mais bien le brillant manifeste d’un artiste qui ne se soucie guère des conventions du genre et crée ses propres règles. © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 14 avril 2017 | Aftermath

Livret Distinctions 4F de Télérama - Discothèque Idéale Qobuz - Pitchfork: Best New Music
DAMN est l’album de rap le plus attendu de l’année 2018. L’unanimité autour de Kendrick Lamar est telle que quelques heures après sa sortie, la moitié de la raposphère l’avait déjà décortiqué, autopsié et sacré « chef d’œuvre » sans prendre le temps de plusieurs écoutes, voire de le digérer sur quelques jours. Oui, le kid de Compton est doué. Très doué même. Et se positionne bien au-dessus d’une mêlée certes polluée par beaucoup de suiveurs et finalement assez peu de créateurs. En 2015, To Pimp A Butterfly avait bluffé son monde par son côté osé prenant le contrepied de good kid, m.A.A.d city paru trois ans plus tôt. La densité tant musicale que verbale de ce troisième album à la saveur afrocentrique prouva que Kendrick était là pour son art et sa communauté, pas simplement pour remplir ses caisses face à un public déjà plus qu’acquis à sa cause. Musicalement, DAMN marche davantage dans les clous. Le Californien signe un quatrième album moins monolithique que ses prédécesseurs. Le tubesque côtoie le plus avant-gardiste, le sensuel se frotte au plus hardcore, les effluves de soul psychédéliques seventies (Lust) fricotent avec le minimalisme électro (Humble), etc. A l’arrivée, Kendrick retombe toujours sur ses Reebok. Surtout que sa plume engagée reste aiguisée comme jamais, entre prêches et introspections plus personnelles ponctués de belles allégories de l’Amérique de Trump. Ainsi, quand Geraldo Rivera de Fox News accuse « le hip hop de faire plus de mal aux jeunes Afro-Américains que le racisme lui-même », Kendrick lui répond brillamment sur DNA, analyse complète de son ADN personnelle. Plus loin, sur Duckworth, il se fait le conteur des galères passées de son père. Du plus grand au plus petit dénominateur commun, Kendrick Lamar rappe à 360°. La liste des invités conviés à la fête est elle aussi éclectique au possible : Rihanna (Loyalty), U2 (XXX), James Blake (Element), Kaytranada (Lust), Kamasi Washington (Lust), Steve Lacy de The Internet (Pride), le bassiste fou Thundercat (Feel), les Canadiens de BadBadNotGood (Lust), sans oublier Kid Capri (Element, XXX, Duckworth et Love), cultissime DJ et MC du Bronx qui sévit à l’aube des années 90 en plein âge d’or du rap, tous apportent non seulement leur touche personnelle mais montrent aussi l’ouverture d’esprit et la gourmandise d’un artiste dépassant les frontières du hip hop. Une fois de plus, on sort sonné de ce disque surpuissant qui lustre un peu plus la couronne de son auteur. © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 27 janvier 2017 | 300 Entertainment

Distinctions Pitchfork: Best New Music
En quelques années, Atlanta est devenu l'épicentre du rap mondial. Dans le sillage d'OutKast, Young Jeezy ou Gucci Mane, une nouvelle génération de rappeurs et de producteurs de la capitale de l'État de Georgie ont redéfini les codes du genre, fait muter la trap music originelle et conquis le billboard. Nés au début des années 90, Quavo, Offset et Takeoff, qui ont formé Migos en 2009, ont d'abord fait figure de petits plaisantins. Propulsés stars internationales presque par accident avec un single-canular ultraviral, Versace, ils peuvent se targuer d'avoir mis à la mode une nouvelle façon de rapper, le fameux flow ternaire (ou triplet flow) qui a depuis fait école. Forts de cette trouvaille et de leur propension à enchaîner les hymnes (le phénoménal Bad and Boujee, avec Lil Uzi Vert, qui a battu tous les records, et le très efficace T-Shirt), les Migos ont sorti leur deuxième album studio, en plein retour de hype. Avec un casting 5 étoiles (Gucci Mane, 2 Chainz, Travis Scott et DJ Khaled sont de la partie) et une densité que le trio n'avait réussi à atteindre sur aucune de ses nombreuses mixtapes (encore moins sur son album de 2015, Yung Rich Nation), Culture se distingue dans la production pléthorique par l'inventivité des trois rappeurs qui n'ont de cesse de créer des lexiques et de tordre l'argot et par l'audace des beatmakers les plus courus du Sud des Etats-Unis qui se plient en quatre pour les satisfaire. Un jalon important. © DB/Qobuz
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Rap - Paru le 26 décembre 2016 | Run The Jewels, Inc.

Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music
Jamais deux sans trois ! Deux ans après le surpuissant tome 2 de leur projet Run The Jewels, El-P et Killer Mike glissent sous le sapin le volume 3 de leur rap à tiroirs, bariolé de soul futuriste, de fragments d’électro funky, d’humour ravageur, de punchlines politisées et de sonorités plus ovni les unes que les autres. On comprend vite que le tandem cuisine la même recette (comme dirait l’autre, pourquoi changer une équipe qui gagne) et certains titres de Run The Jewels 3 auraient aisément pu figurer sur l’un des deux précédents albums. Embellie par des featurings signés Danny Brown, Tunde Adebimpe de TV On The Radio, Joi, Boots, Trina et du saxophoniste Kamasi Washington, l’affaire reste tout de même bien au-dessus de la moyenne de la production rap actuelle. Le savoir-faire d’El-P et Killer Mike permet de ne jamais perdre le fil d’un disque politiquement intelligemment engagé. Car Run The Jewels met une fois de plus le doigt sur les plaies de l’Amérique et appuie très fort. Reste à espérer que si les deux rappeurs envisageaient un quatrième épisode à leur saga, ils s’inspirent de Thursday In The Danger Room sur lequel le saxophone de Kamasi Washington apporte un vent de fraicheur assez salvateur et permet d’entrevoir de nouveaux horizons. © MD/Qobuz
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Rap - Paru le 11 novembre 2016 | Epic

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Avec la mort de Phife Dawg, le 23 mars 2016, s’éteignait implicitement le groupe A Tribe Called Quest. Avant cette disparition prématurée à seulement 45 ans, le MC avait eu le temps d’enregistrer plusieurs sessions avec ses complices Q-Tip, Ali Shaheed Muhammad et Jarobi. Des prises destinées à un futur album que son décès avait alors mis entre parenthèses. Vendredi 11 novembre de cette même année 2016 sort ce qui restera comme le dernier album d’A Tribe Called Quest. Intitulé We Got It From Here... Thank You 4 Your Service, il a été finalisé avec un impressionnant et assez éclectique casting d’invités comptant André 3000 d’OutKast, Kendrick Lamar, Elton John, Jack White, Anderson Paak, Talib Kweli, Consequence et Busta Rhymes. Un très copieux disque testament de seize titres fleurant bon le pur Tribe et dont les multiples featurings ne sont jamais de l’esbroufe mais plutôt de vraies collaborations. Comme toujours avec cette formation qui chamboula la face du rap à l’aube des années 90, tout est dans l’épure. Celle du sample bien choisi. Et du beat minimaliste allant à l’essentiel. Et son aura est telle qu’elle peut même se permettre des expériences décalées, rock (le final de Lost Somebody) et soul (Movin Backwards) sans que cela fasse tache. Bref, vingt-six ans après la sortie de People's Instinctive Travels And The Paths Of Rhythm, ATCQ tire sa révérence avec classe, groove et conviction et surtout sans renier les valeurs qui les ont fait briller durant les années 90. Fans d'autotune et de trap, passez votre chemin ! © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 27 août 2016 | 300 Entertainment - Atl

Hi-Res Distinctions Pitchfork: Best New Music
Toujours aussi actif, Jeffrey Lamar Williams alias Young Thug appuie encore un peu plus sur la pédale de l’éclectisme avec JEFFERY. Dans la foulée d’I’m Up et de Slime Season 3, le charismatique rappeur d’Atlanta de 25 ans, génial extra-terrestre sur la scène rap, signe une mixtape blindée de featurings avec la présence de Gucci Mane, Young Scooter, Travis Scott, Quavo et même Wyclef Jean des Fugees à qui il rend hommage dès le premier titre. Young Thug s’amuse aussi à imiter Future (Future Swag) et déroule son programme hétéroclite au possible. De la trempe d’un Lil Wayne ou d’un Drake, il sait tout faire avec son micro. Que ses sons soient avant-gardistes, sombres au possible ou presque pop, que ses productions sonnent minimalistes ou plus mainstream, Young Thug fait rebondir son flow comme nul autre et secoue la raposphère par des choix esthétique inattendu. Insaisissable et totalement à part comme l’est la photo de la pochette de ce JEFFERY sur laquelle le jeune rappeur est vêtu… d’une robe du couturier italien Alessandro Trincone ! © MD/Qobuz
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Rap - Paru le 27 août 2016 | 300 Entertainment - Atl

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Toujours aussi actif, Jeffrey Lamar Williams alias Young Thug appuie encore un peu plus sur la pédale de l’éclectisme avec JEFFERY. Dans la foulée d’I’m Up et de Slime Season 3, le charismatique rappeur d’Atlanta de 25 ans, génial extra-terrestre sur la scène rap, signe une mixtape blindée de featurings avec la présence de Gucci Mane, Young Scooter, Travis Scott, Quavo et même Wyclef Jean des Fugees à qui il rend hommage dès le premier titre. Young Thug s’amuse aussi à imiter Future (Future Swag) et déroule son programme hétéroclite au possible. De la trempe d’un Lil Wayne ou d’un Drake, il sait tout faire avec son micro. Que ses sons soient avant-gardistes, sombres au possible ou presque pop, que ses productions sonnent minimalistes ou plus mainstream, Young Thug fait rebondir son flow comme nul autre et secoue la raposphère par des choix esthétique inattendu. Insaisissable et totalement à part comme l’est la photo de la pochette de ce JEFFERY sur laquelle le jeune rappeur est vêtu… d’une robe du couturier italien Alessandro Trincone ! © MD/Qobuz
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Rap - Paru le 4 mars 2016 | Aftermath III JV

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Son aura est si impressionnante et son influence a atteint un tel niveau que Kendrick Lamar pourrait se contenter de réciter la liste des promotions de la semaine de votre supermarché favori que toute la raposphère crierait au génie… Pourtant, le kid de Compton est sans doute la chose la plus incroyable qui soit arrivée au hip-hop ces dix dernières années. Autant de créativité musicale et lexicale se faisant assez rare, on déguste chacune de ses productions, on les dissèque, les analyse voire même les autopsie. En mars 2015, Kendrick Lamar publiait To Pimp A Buterfly, grand disque fou, cérébral pour ne pas dire avant-gardiste, prenant ainsi le contrepied de Good Kid, M.A.A.D City, l’album de 2012 qui l’avait révélé au grand public. Un an après To Pimp A Buterfly, et sans prévenir, il livre le 3 mars 2016, ces huit titres regroupés sur un album orphelin d’un quelconque véritable état-civil. Juste ornée d’un simple untitled unmastered., la pochette – vert olive – joue aussi la carte du mystère. Pourtant, le contenu saute à la gueule ! Rien d’anecdotique donc dans cette publication inattendue de 34 minutes. Au contraire… C’est en fait le complément à To Pimp A Buterfly qui passe entre les oreilles. Des thèmes mis en boite au même moment et dont chacun est intitulé par sa date d’enregistrement. Le résultat qui associe funk et jazz, soul et rap, ressemble finalement à un voyage au centre du cerveau de Kendrick. L’approche avant-gardiste de To Pimp A Buterfly se poursuit ici sans réel fil conducteur. Pourtant, on suit son auteur les yeux fermés. Difficile de ne pas se laisser prendre par la main par ces saynètes tantôt très groovy, tantôt plus déstructurées. Tout ceci donne-t-il un vrai nouvel album ou une simple compilation de chutes de studio ? Un véritable disque ! Cet untitled unmastered. insiste juste sur la porosité entre les styles. Une porosité dont Kendrick est sans doute le plus brillant représentant… © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 29 janvier 2016 | Bread Winners' Association - Atlantic

Distinctions Pitchfork: Best New Music
Des mixtapes à la pelle, une présence bien bodybuildée dans toutes les gazettes rap et enfin un vrai premier album studio ! Avec Islah (le prénom de sa fille), Kevin Gates veut sans doute recentrer sa carrière pour décoller vraiment auprès d’un plus large public. Son envol, le rappeur de Baton Rouge l’a pourtant déjà pris depuis quelques années grâce à des singles surpuissants. Mais cette fois, il vise sans doute encore plus haut sans pour autant faire rimer s’envoler avec culotte baissée, évidemment… Et de ce côté-là, les fans de Gates seront heureux de constater qu’il n’a pas mis une goutte d’Evian dans sa Villageoise. Le Louisianais âgé de 30 ans a plutôt diversifié son art. Hardcore dans sa plume, il alterne entre trap et dirty south avec quelques incursions en terres R&B. Efficacité garanti pour un rappeur bigger than life dont le style rappelle parfois celui de 2Pac... © CM/Qobuz