Irène Joachim, soprano Lieder & Mélodies

Lieder & Mélodies

Irène Joachim, soprano

Inclus : 1 Livret numérique

Paru le 15 juin 2015 chez INA Mémoire vive

Artiste principal : Irène Joachim

Genre : Classique

Distinctions : Timbre de platine (septembre 2000) - Choc du Monde de la Musique (juillet 2000) - Recommandé par Classica (septembre 2000)

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Album : 1 disque - 36 pistes Durée totale : 01:19:25

    Litanei auf das Fest Allerseelen D.343 (Franz Schubert)
  1. 1 Litanei auf das Fest Allerseelen D.343

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  2. An Sylvia, D.891
  3. 2 An Sylvia, D.891

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  4. Der Kleine Fritz an seinen jungen Freude, op. 15 n° 3 (Carl Maria von Weber)
  5. 3 Der Kleine Fritz an seinen jungen Freude, op. 15 n° 3

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  6. Mondnacht, op. 39 n° 5 (Robert Schumann)
  7. 4 Mondnacht, op. 39 n° 5

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  8. Wie melodien, op. 105 n° 1 (Johannes Brahms)
  9. 5 Wie melodien, op. 105 n° 1

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  10. Regenlied, op. 59 n° 3
  11. 6 Regenlied, op. 59 n° 3

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  12. Spleen, op. 51, n° 3 (Gabriel Fauré)
  13. 7 Spleen, op. 51 n° 3

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  14. Le secret, op. 23 n° 3
  15. 8 Le secret, op. 23 n° 3

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  16. Clair de lune, op. 46 n° 2
  17. 9 Clair de lune, op. 46 n° 2

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  18. 3 Chansons de Bilitis (Claude Debussy)
  19. 10 La Flûte de Pan

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  20. 11 La Chevelure

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  21. 12 Le Tombeau des Naïades

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  22. 5 Lieder, op. 2 (Alban Berg)
  23. 13 Schlafen, Schlafen

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  24. 14 Schlafend trägt man mich

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  25. 15 Nur ich der Riesen

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  26. 16 Warm die Lüfte

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  27. Chanson de Tessa, op. 44a (Maurice Jaubert)
  28. 17 Chanson de Tessa, op. 44a

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  29. Le bestiaire (Francis Poulenc)
  30. 18 Le Dromadaire

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  31. 19 La Chêvre du Tibet

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  32. 20 La Sauterelle

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  33. 21 Le Dauphin

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  34. 22 L'Ecrevisse

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  35. 23 La Carpe

    Irène Joachim, soprano - Nadine Desouches, piano

  36. La Statue de bronze (Erik Satie)
  37. 24 La Statue de bronze

    Jane Bathori, piano

  38. Air du poète
  39. 25 Air du poète

    Jane Bathori, piano

  40. Rêves (Maurice Ravel)
  41. 26 Rêves

    Jane Bathori, piano

  42. L'Ange et l'Enfant (Maurice Delage)
  43. 27 L'Enfant

    Maurice Delage, piano

  44. Impressions d'enfance pour violon & piano, op. 28 (Georges Auric)
  45. 28 Enfance

    Jane Bathori, piano

  46. Une nuit blanche
  47. 29 Nuit blanche

    Jane Bathori, piano

  48. Regrets
  49. 30 Regrets

    Jane Bathori, piano

  50. Berceuse phoque, op. 18 n° 1 (Charles Koechlin)
  51. 31 Berceuse phoque, op. 18 n° 1

    Jane Bathori, piano

  52. La Pêche, op. 8 n° 1
  53. 32 La Pêche, op. 8 n° 1

    Jane Bathori, piano

  54. L'Hiver, op. 8 n° 2
  55. 33 L'Hiver, op. 8 n° 2

    Jane Bathori, piano

  56. Menuet, op. 5 n° 4
  57. 34 Menuet, op. 5 n° 4

    Jane Bathori, piano

  58. Un jour de juin, op. 24 n° 1
  59. 35 Un jour de juin, op. 24 n° 1

    Jane Bathori, piano

  60. Mon rêve familier, op. 22 n° 3
  61. 36 Mon rêve familier, op. 22 n° 3

    Jane Bathori, piano

À propos

Lieder ou mélodies françaises de : Schubert, Weber, Schumann, Brahms, Fauré, Debussy, Berg, Jaubert, Poulenc, Satie, Ravel, Delage, Auric, Koechlin / Irène Joachim, soprano - Jane Bathori, Nadine Desouches & Maurice Delage, piano

Détails de l'enregistrement original :

79:27 - ADD - Enregistré par la radiodiffusion française les 29 janvier et 12 février 1951, le 23 mai 1959
Franz Schubert : Litanei auf das Fest Allerseelen D.343 - An Sylvia D.891 - Carl Maria von Weber : Der Kleine Fritz an seinen jungen Freude, op. 15 n° 3 - Robert Schumann : Mondnacht, op. 39 n° 5 - Johannes Brahms : Wie melodien, op. 105 n° 1 - Regenlied, op. 59 n° 3 - Gabriel Fauré : Spleen, op. 51 n° 3 - Le Secret, op. 23 n° 3 - Clair de lune, op. 46 n° 2 - Claude Debussy : Trois chansons de Bilitis - Alban Berg : Vier Lieder, op. 2 - Maurice Jaubert : Chanson de Tessa, op. 44a - Francis Poulenc : Le Bestiaire - Erik Satie : La Statue de bronze - Air du poète - Maurice Ravel : Rêves - Maurice Delage : L'Enfant - Georges Auric : Enfance - Nuit blanche - Regrets - Charles Koechlin : Berceuse phoque, op. 18 n° 1 - La Pêche, op. 8 n° 1 - L'Hiver, op. 8 n° 2 - Menuet, op. 5 n° 4 - Un jour de juin, op. 24 n° 1 - Mon rêve familier, op. 22 n° 3 Irène Joachim, soprano
Jane Bathori, Nadine Desouches, Maurice Delage, piano
Née en 1913, petite-fille du célèbre violoniste, chef d'orchestre et compositeur Joseph Joachim, Irène Joachim étudiera la musique d'abord avec sa mère violoniste. Aussitôt sortie du Conservatoire de Paris, elle est engagée à l'Opéra-Comique où elle chante le rôle de Mélisande en 1940 pour la première fois, un rôle de prédilection qui fera d'elle la plus grande Mélisande du siècle, celle de la magnifique version historique, insurpassée, de Pelléas et Mélisande de Roger Désormière. Cantatrice parmi les plus musiciennes et les plus cultivées de son temps, Irène Joachim aborde aussi bien le répertoire germanique que la musique de son temps, consacrant aux mélodies françaises et aux lieder allemands une grande part de son activité. Artiste engagée, d'une rigueur magnifique, elle restera un modèle de vertu musicienne. Le superve programme édité par INA Mémoire Vive démontre l'étendue de son immense talent et de ses possibilités vocales. Un grand disque pour une discothèque idéale.

Abeille Musique vous offre un second extrait, avec Spleen, de Gabriel Fauré sur un texte de Paul Verlaine.

L'hommage d'Alain Lompech dans Le Monde.


Fâcherait-on Irène Joachim en disant qu'elle était musicienne avant que d'être chanteuse ? Si l'on en croit ce qu'elle conseillait à ses élèves abordant le métier d'artiste lyrique, il ne fait aucun doute qu'elle se soit appliquée ce précepte. La petite-fille de Joseph Joachim (1831 -1 à07), née le treize mars 1913, fille de Herman Joachim, l'un des fils de l'illustre violoniste, et de Suzanne Chaigneau, violoniste, apprend très jeune le solfège, le violon et le piano, son instrument de prédilection, qu'elle pratique assidûment jusqu'à la découverte, en 1933, de son aptitude au chant. Cet acquis musical et technique comptera beaucoup pour son entrée au Conservatoire, en 1935 et le succès de sa carrière à venir. On a presque envie de dire que, chez cette artiste, comme chez Jane Bathori, Madeleine Grey, Irma Kolassi et même Marie-Blanche de Polignac (toutes quatre excellentes pianistes Professionnelles), la fonction a créé l'organe, I'a du moins façonné à partir d'une base certes réelle mais facilitée par cette maîtrise musicale exceptionnelle, "Ni soprano, ni mezzo-soprano", selon ses propres dires, à son entrée rue de Madrid, Joachim se construira une voix simple, droite, au métal rayonnant. Cette voix ira, au fil des ans, comme va le vin : la verdeur tonique des premières années se muera en richesse tannique. Le jeu de mot est facile, certes, mais on ne saurait décrire autrement cette patine qu'a progressivement prise la voix d'Irène Joachim au fil des quelques années qui séparent son premier disque, le célèbre enregistrement de Pelléas et Mélisande, en 1941, et ses séances de studio ou de concerts publics pour la radiodiffusion française, dont proviennent les documents quasi-inédits de 1951 ici publiés pour la première fois, et ceux enregistrés en studio, huit années plus tard, pour l'émission mythique de Guy Erismann, le "Livre d'Or".

Nous avons décidé de publier cette séance publique de 1951 pour la rareté de son répertoire et pour la présence exceptionnelle de Jane Bathori, la créatrice de tant de mélodies (dont les Histoires naturelles et les Chansons madécasses de Ravel), interprète d'élection, pianiste, chanteuse et déchiffreuse qui stupéfia les compositeurs par sa promptitude à lire à vue les partitions les plus difficiles et laissa un souvenir ébloui chez les musiciens. Ainsi, Hélène Jourdhan-Morhange, violoniste devenue musicographe (dans Ravel et nous, 1945), aura cette heureuse formule "Elle était à l'époque une des seules chanteuses qui aimât assez la musique moderne pour goûter mieux une harmonie qu'un point d'orgue sur une note flatteuse".
Ayant alors cessé de chanter et donc de s'accompagner elle-même, ainsi qu'elle le fit souvent, Jane Bathori sera volontiers la partenaire au piano de ses collègues et élèves, dans des mélodies du vingtième siècle dont elle connaissait les secrets, souvent glissés à son oreille par leurs auteurs eux-mêmes. Jane Bathori consacrera d'ailleurs de nombreuses émissions à ce genre, enregistrées pour la radiodiffusion française (notamment à travers la série des
Cours d'interprétation, de Chabrier à Satie, en 1957 : elle jouait et commentait les œuvres). Irène Joachim sera l'hôte fréquent de ces programmes, conservés par les archives de l'INA. Trois documents rassemblent les deux grandes interprètes : en novembre 1948 elles enregistrent des mélodies de Jean Rivier, en mars 1957 les Bilitis, de nouveau, puis, en novembre 1958, les mélodies de Raymond Bonheur.

Irène Joachim rencontre Jane Bathori en 1945, lorsque celle-ci revient d'Argentine, où elle s'était exilée pendant le second conflit mondial. Elles travaillent ensemble dès 1946 et donnent leur premier concert public en 1949. À Pau, elles se produisent dans un programme semblable à celui du "Livre d'Or" de 1959 : des Lieder de Schubert et Schumann, les Bilitis et des mélodies des musiciens du Groupe des Six. Au disque, en 1948, des Bilitis de haut vol sont récompensées l'année suivante par un Grand prix du disque. Sa carrière durant, Joachim respectera à la lettre les conseils de Bathori quant aux mélodies de Debussy(1). L'accompagnement au piano de Jane Bathori n'est pas gâté par la prise de son. Les conditions de ce concert en hommage au poète Léon Paul Fargue (1876-1947), où s'enchaînèrent de nombreuses déclarations et hommages, ne semblent pas avoir été aisées. D'où le côté quelque peu "improvisé" de certaines exécutions, des "tournes" de pages audiblement nerveuses ici ou là. Il semble même que certaines de ces interventions, dont le support original était des bandes enregistrées en 76 cm/seconde, n'aient jamais été diffusées (La Statue de bronze, deux mélodies d'Auric). En dépit des défauts techniques de ces documents, réduits autant qu'il est possible par le soin des techniques de restauration opérées par Jean-François Pontefract, nous avons choisi de livrer ces moments exceptionnels au public, faisant entendre deux générations d'interprètes particulièrement emblématiques de la musique française.Au sein de cet hommage à Fargue, le "Piéton de Paris" ami des musiciens (parmi ses proches, dans la bande des "Apaches", Maurice Ravel, Maurice Delage et le pianiste Ricardo Vines) on trouvera deux manières très opposées de mettre en musique le texte de L'Enfant : guillerette et presque badine, chez Georges Auric ; tendre et mélancolique chez Delage. Charles Kœchlin qui surveillait la jeunesse musicale de près (et donna conseil à Poulenc, lorsqu'il perdit le fil de son inspiration dans les premières années vingt) avait vu juste : "La tournure railleuse de M. Auric est chez lui si naturelle qu'on ne sait jamais si, dans le même temps, il ne juge pas une même phrase à la fois charmante et ridicule."(2) En ce cas, Auric a manifestement entendu Fargue autrement que le fit Delage, l'ami de Maurice Ravel, orchestrateur des Chansons de Bilitis de Debussy et auteur d'un catalogue rare, mineur et de délicieuse facture. On signalera que Georges Auric fut probablement le premier à faire savoir, par l'entremise d'un article pour Paris Soir, du 9 juillet 1938, le talent d'une jeune chanteuse qu'il avait découverte à son concours de sortie du Conservatoire: "Retenez avec moi le nom de Melle Joachim. Elle nous saisissait (..) par sa voix charmante et sensible, la qualité de son style, de son articulation, d'une expression juste et directe. Melle Joachim sera demain une précieuse collaboratrice de notre Opéra-Comique et il n'est pas un musicien qui ne doive se féliciter de pouvoir, demain, compter sur elle."(3) Excellente description du "style Joachim" et juste prophétie quant à une artiste qui allait toujours être aux côtés de la musique de son temps, celle d'Auric mais aussi celle de Pierre Boulez, deux tendances opposées s'il en est de la musique du vingtième siècle.Erik Satie, modèle de la génération des Six, fut le premier à mettre Fargue en musique. Ses premières chansons de cabaret ainsi que l'étonnante Statue de bronze, tout comme ses brèves pièces pour piano, furent à coup sûr un modèle esthétique pour le Poulenc du Bestiaire, le Milhaud des Soirées de Petrograd ou le Auric du recueil de piécettes L'Alphabet - et même le Honegger des Six Poèmes de Jean Cocteau, avant que le compositeur le moins "Groupe des Six" n'avoue son intérêt tout relatif pour le Maître d'Arcueil. Presque chanson de cabaret, mais de carrure trop bizarre pour s'y apparenter pleinement, La Statue de bronze possède un ton constamment excentrique' (c'est-à-dire insaisissable) qui convient merveilleusement à ces vrais faux vers de mirliton de la première période - de création de Léon Paul Fargue. L'"Air du poète", extrait du dernier recueil mélodique de Satie, Ludions (1923), a une délicieuse manière de ne pas y toucher, bien dans l'air du temps, déjà fixé par les musiciens du Groupe des Six.Irène Joachim, Mélisande d'exception, ne pouvait qu’être à l'aise dans les Trois chansons de Bilitis, de Claude Debussy, qui sont le substrat de l'opéra Pelléas et Mélisande. Elle habille l'érotisme un rien désuet de Pierre Louÿs d'une chair subtilement sensuelle, d'autant plus troublante qu'elle ne cherche pas l'équivoque.On se réjouira de la présence en ce récital d'une très belle mélodie de Maurice Jaubert, une chanson triste conçue pour une musique de scène demandée par Giraudoux pour l'adaptation qu'il fit d'une pièce en trois actes de Margaret Kennedy et Basil Dean, Tessa, d'après La Nymphe au cœur fidèle, de Margaret Kennedy. La pièce fut montée par Louis Jouvet à l'automne 1934 au Théâtre de l'Athénée, à Paris. C'est un témoignage tout simple mais marquant d'un compositeur resté dans l'oreille des mélomanes, grâce à ses musiques pour des films célèbres (Quatorze juillet, l'Atalante, Drôle de Drame, Carnet de Bal, Quai des brumes, etc.) mais dont la production de musique "pure" reste méconnue. Jaubert est mort au Front, le 19 juin 1940. Il avait quarante ans.Le répertoire germanique était pour Irène Joachim une seconde - voire une première - nature. Enfant, Irène avait d'abord appris l'allemand et ne possédait qu'à peine la langue française. Ce bilinguisme lui a permis de fréquenter avec bonheur le monde du Lied, qu'elle incarne avec la même singulière distinction. Intraitable sur le problème des liaisons dans la diction française, elle ne s'accorde pas davantage de solutions de facilité dans la diction allemande. On remarquera en particulier que Joachim y respecte ces hiatus entre la consonne finale d'un mot et la voyelle introductive du mot suivant, soin souvent négligé par les interprètes, car il ne rend pas la vie facile au legato... En ce cas, dans les longues phrases des Litanei de Franz Schubert, du Mondnacht, extrait du Liederkreis op. 39 de Robert Schumann ou dans le Wie Melodien de Johannes Brahms, la ligne s'étire, impeccable et justement découpée, soutenue par un souffle exemplaire. La petite fille du violoniste Joseph Joachim, formé au violon elle-même, aimait rappeler la leçon de la grande Lili Lehmann (1848-1929) (5) : "Nos muscles sont les cordes qu'il faut apprendre à tendre et à accorder, et notre âme est l'animatrice de notre art". Et le timbre franc, le verbe délié font merveille dans le juvénile enthousiasme de An Sylvia ou du Kleine Fritz de Carl Maria von Weber (qui d'autre chantait Carl-Maria von Weber, en 1959, à Paris, et lui consacrait un disque entier ?)Irène Joachim se considérait comme un "deuxième soprano" et reconnaissait avoir triché en passant ses Prix du Conservatoire en chantant Mimi et Desdémone, deux rôles qu'elle n'aurait pu incarner sur scène. En effet son médium (si précieux à l'incarnation de Mélisande) et ses graves naturels lui permirent de chanter le cycle des Quatre Lieder opus 2 d'Alban Berg, une relative audace dans le cadre d'un récital de l'époque, de surcroît par une française. (Notons qu'elle en avait donné la première audition française, en 1947, puis l'avait enregistré pour le disque, en 1949, dans la version orchestrée par René Leibowitz.) Mais Irène Joachim, outre ses goûts aventureux en matière de répertoire, est une excellente solfégiste. L'intonation de cet opus 2 ne lui pose pas le moindre problème. À peine dix ans auparavant, n'oublions pas qu'elle avait assuré, sous la direction de Roger Désormière, la création du Soleil des Eaux de Pierre Boulez, aux intervalles autrement escarpés...

© INA Mémoire Vive
Renaud Machart, janvier 2000

1 Jane Bathori : Sur l'interprétation des mélodies de Claude Debussy, les Editions ouvrières, 1953.
2 Cité par Marius Flothius dans
Exprimer l'inexprimable, essai sur la mélodie française depuis Duparc, en dix-neuf chapitres et huit digressions, Ed. Rodopi.
3 Cité par Brigitte Massin dans
Les Joachim, une famille de musiciens, Fayard, 1999
4
Maurice Ravel, Fayard 1986
5 Dans son ouvrage
Mon art du chant, 1902-1924

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