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Sir John Barbirolli

Cet illustre représentant de la direction d’orchestre britannique était pourtant né Giovanni Battista Barbirolli, certes à Londres, d’un père italien et d’une mère française. Issu d’une lignée de violonistes vénitiens, son père et son grand-père avaient participé à la création d’Otello de Verdi à la Scala de Milan, Giovanni Battista est encore un enfant lorsqu’il apprend à son tour le violon, bientôt échangé pour le violoncelle dont la voix grave le séduit davantage. Il devient rapidement un bon instrumentiste et s’intéresse à la musique de son temps au grand dam du directeur de la très sérieuse Royal Academy of Music qui interdit à ses élèves de jouer la musique de Ravel jugée alors dangereusement pernicieuse. C’est donc en secret que le jeune Barbirolli joue le Quatuor en fa du compositeur français dans les toilettes homme de l’établissement avec 3 copains…


Devenant violoncelliste dans plusieurs orchestres de la capitale, Barbirolli s’enrôle dans l’armée à la déclaration de guerre de 1914, c’est là qu’il a l’occasion de diriger pour la première fois. Reprenant sa carrière de violoncelliste à la fin du conflit, il joue en 1919, le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar avec lequel il se lie d’amitié et qu’il enregistrera en 1965 avec Jacqueline Du Pré sur un disque devenu mythique. Abandonnant son prénom italien imprononçable pour des Anglais, il devient John en 1922 au moment où s’amorce vraiment sa carrière de chef d’orchestre.


Il devient alors directeur musical de Covent Garden en 1929, puis remplace Sir Thomas Beecham au pied levé ce qui lui vaut une rapide ascension, jusqu’à sa nomination au New York Philharmonic en 1936, pour succéder à Arturo Toscanini, poste qu’avait refusé Wilhelm Furtwängler resté dans l’Allemagne nazie.


Il revient à Londres en pleine guerre, en 1943, échappant de peu à la mort en changeant de vol au dernier moment. C’est à cette époque que Barbirolli reforme le Hallé Orchestra pour en faire un des premiers du Royaume Britannique. Le répertoire de Sir John Barbirolli n’était pas immense, mais il le défendait d’une manière admirable, travaillant ses partitions avec un soin méticuleux et mettant en valeur des compositeurs comme Mahler, Elgar, Vaughan-Williams, Bax, Delius ou Sibelius qui lui doivent une fière chandelle.


Il dirigeait avec un panache particulier, en allant chercher les sonorités dans toutes les couches de l’orchestre. Ce qui frappe en écoutant ses disques aujourd’hui, c’est la puissance orchestrale qu’il arrive à déchaîner, ainsi qu’une gamme infinie de nuances et de couleurs. Certains disques de Barbirolli sont devenus des légendes, comme le splendide cycle des Sea Pictures d’Elgar avec Janet Baker, son Concerto pour violoncelle déjà cité avec Jacqueline Du Pré ou l’oratorio Le Songe de Gerontius, qui est un véritable chef-d’œuvre. Son intégrale des 7 symphonies de Sibelius qu’il achève juste avant sa mort est particulièrement remarquable. C’est l’essence même de la musique de Sibelius que Barbirolli nous dévoile avec sa hauteur de vue, sa puissance, sa solitude et son extraordinaire originalité. Cet enregistrement reste aujourd’hui encore d’une nécessité absolue.


Mort en 1970 d’une crise cardiaque alors qu’il préparait disques et tournées, Sir John Barbirolli, trop peu médiatisé, intransigeant et prenant de courageuses positions politiques, reste un des très grands chefs du siècle dernier dont l’art nous est heureusement préservé aujourd’hui par une quantité de très beaux enregistrements.


© François Hudry/QOBUZ/mars 2018

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