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Samson François

Il a traversé le monde de la musique comme un météore, un flambeur. Excessif en tout, il  a brûlé sa vie par tous les bouts. Son éternelle cigarette à la bouche symbolisait parfaitement le feu qui habitait cet homme passionné par le jazz et par le monde interlope de la nuit. Né en 1924 à Francfort, d’un père français et d’une mère alsacienne follement romanesque, puis balloté de ville en ville durant son enfance et son adolescence, ce grand sensible était un écorché vif, un romantique à l’humeur fantasque et souvent imprévisible.  Admirateur d’Arthur Rimbaud et d’André Breton, il en avait aussi les fulgurances. Samson François était un véritable interprète pour lequel le mot galvaudé d’inspiration avait un sens. Tout à tour poète ou exalté, il ne laissait jamais ses auditeurs indifférents. Il pouvait aussi les dérouter par des concerts où il ne se passait pas grand-chose ; c’est le propre des créateurs, car c’est bien de cela qu’il s’agit. A l’étroit dans les limites de son clavier, son imagination en faisait également un compositeur, laissant de la musique de film, un Concerto pour piano (qu’il a d’ailleurs enregistré), des pièces pour le piano et…beaucoup de projets avortés. Son répertoire de prédilection ? Ravel, Debussy, Schumann, Chopin, Liszt et Prokofiev, un choix qui lui permettait d’exprimer les extrêmes de ses états d’âme instables et fascinants.


Cet élève de Marguerite Long n’a pas enseigné, mais il nous laisse un legs discographique d’une importance capitale, duquel émergent une compilation consacrée à Chopin, son intégrale Ravel et une des grandes versions de référence des deux concertos du compositeur français : un Concerto en sol empreint d’une luminosité toute classique et un Concerto pour la main gauche d’un dramatisme implacable et tourmenté. Samson François aimait enregistrer des disques et n’était nullement effarouché par l’ambiance feutrée d’un studio d’enregistrement. De 1947 à sa mort soudaine et prématurée en 1970, (il laisse de ce fait inachevée son intégrale des œuvres pour piano de Claude Debussy) il a enregistré l’essentiel de son répertoire avec beaucoup de soin, en se confiant au micro aussi intimement qu’il le faisait face à un auditoire. « On arrive à réaliser en dur la conception qu’on a d’une œuvre, disait-il, et, comme on a la chance de pouvoir recommencer, il est possible d’arriver à ce qui vous satisfait. »


Son nom restera à jamais attaché à Frédéric Chopin, un compositeur qui commença par lui résister et dont il devint l’un des meilleurs interprètes. Il trouvait probablement dans la musique du compositeur franco-polonais un éventail d’humeurs changeantes correspondant parfaitement à sa propre nature, avec ce mélange de sérieux, de frivolité, de mélancolie, avec des sentiments exprimés avec élégance, subtilité et un art du bel canto qu’il savait si bien transmettre. Le temps a fait son œuvre et, si on a oublié la popularité exceptionnelle de ce pianiste hors du commun, on peut aujourd’hui savourer en toute plénitude les sortilèges que sa nature inquiète a mise dans son art.


© FH/Qobuz

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