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Prog Mehldau

Par Marc Zisman |

Avec "Jacob's Ladder", le pianiste américain Brad Mahldau signe un album étonnant rendant hommage à sa première passion musicale: le rock progressif !

Il n’a jamais snobé la musique de son temps, bien au contraire, et s’est souvent délesté des habits de digne héritier de Bill Evans et de Keith Jarrett qu’on lui a enfilés à ses débuts. Mais avec Jacob’s Ladder, Brad Mehldau signe peut-être l’un de ses projets les plus… atypiques ? Sorte de voyage au pays du rock progressif, mêlé à une quête divine, cet album est d’abord un coup d’œil dans le rétro. Lors de ces années où le jeune Mehldau se gavait de prog’ en écoutant en boucle les disques de Rush, Yes et autres Emerson, Lake and Palmer. « Le rock progressif, c’est la musique de mon enfance, avant que je ne découvre le jazz. Ça correspondait aux livres de fantasy et de SF que j'avais lus de C.S. Lewis, Madeleine L'Engle et bien d'autres, quand j’avais 10, 12 ans. Ça a été ma porte d’entrée à la fusion de Miles Davis, Weather Report et le Mahavishnu Orchestra qui, à leur tour, ont été la porte d'entrée vers plus de jazz… Ici, le prog’ de Rush, Gentle Giant et Emerson, Lake and Palmer ne fait qu’allusion à la gamme conceptuelle, compositionnelle et émotionnelle du genre. Ces groupes et bien d'autres ont continué d'influencer de nouveaux groupes qui apportent des impulsions progressives dans le hard rock et le math metal, comme Periphery, dont la musique est incluse ici, et qui ont également inspiré la voix rageuse sur le titre Herr und Knecht. »

Le résultat est des plus déroutant et aussi éclectique que pouvait l’être le rock progressif des 70's. Avec le batteur Mark Guiliana, le saxophoniste Joel Frahm, le mandoliniste Chris Thile, le guitariste Pedro Martins, et les chants de Cécile McLorin Salvant, Becca Stevens, Tobias Bader, Safia McKinney-Askeur et Luca van den Bossche, Brad Mehldau signe un disque protéiforme, à des années-lumière de ses albums en trio piano basse batterie. Entre concept-album et trip cérébral, il assemble des compositions intrigantes et apatrides qui se gaussent des styles et des frontières, et enfile les contrepieds (il reprend même Tom Sawyer de Rush) et les changements de rythmes incessants.

Même dans son instrumentarium, il ose tout, du bon vieux Steinway au glockenspiel, en passant par les synthés Korg et Yamaha, le Moog, le Wurlitzer, le Mellotron, le Fender Rhodes, l’harmonium ou l’orgue Hammond ! On peut sortir perplexe de tant de créativité comme totalement hypnotisé. Le parti pris est tel que le Mehldau de Jacob’s Ladder ne laissera personne indifférent…

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