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Florent Marchet, les mots des maux

Par Nicolas Magenham |

Avec son 6e album "Garden Party", le chanteur à part aborde l'homophobie, les violences conjugales et de nombreux thèmes engagés...

En racontant des histoires intimes qui sont autant de peintures sociales de notre époque, rythmées par une musique à la fois pop et mélancolique, Florent Marchet semble cocher toutes les cases d’une certaine chanson française. Celle où Vincent Delerm et Alex Baupain règnent en maîtres. Mais Marchet parvient à faire décoller son cahier des charges en y injectant une dose colossale de poésie et d’émotion. Comme s’il tachait un tableau impressionniste de couleurs vives et rageuses. Ici ce ne sont pas les jardins de Monet qui sont décrits, mais ceux, parfaitement tondus, de la classe moyenne française. Quelles sombres pulsions se cachent derrière les garden parties soignées de cette France tentée par l’extrême-droite (L’Éclaircie ou l’incendie) ou des exils en forme de d’échappatoire (Loin Montréal, en duo avec PR2B) ?

C’est aussi la France homophobe (Paris Nice) et celle des violences conjugales (Comme il est beau) que Florent Marchet dépeint dans un étonnant mélange de pudeur et d’émotions fortes. Il est question également de son statut de père angoissé (De justesse et La Vie dans les dents). Au milieu de cet envers du décor en demie-teinte se niche un morceau en forme de bouteille à la mer puisque le quadragénaire part à la recherche d’un ami d’enfance subitement disparu (Freddie Mercury).

A travers cette petite annonce en musique, il décrit une famille dont le quotidien est synonyme de misère, grisaille et violence. Seules la solide amitié entre les deux adolescents, ainsi que la musique apportent des touches de couleur dans ce tableau morose. « Un paradis perdu » : telle est l’expression employée par Florent Marchet pour résumer ce cinquième album rempli d’instantanés sensibles.



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