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Ceci n'est pas Bertrand Belin

Par Nicolas Magenham |

Avec "Tambour Vision", le dandy de la chanson française habille d'un groove raffiné et très synthétique ses compositions surréalistes.

On dit que le chiffre « sept » a une portée sacrée. C’est pourtant un élan profanateur qui ouvre Tambour Vision, le septième album de Bertrand Belin, à travers une ode au carnaval. Amateur de contrastes, le chanteur d’origine bretonne n’affuble cependant pas ce titre d’une musique exubérante mais, au contraire, d’une petite danse onirique qui met l’accent sur des synthétiseurs minimalistes, estampillés 80's (les musiciens Thibault Frisoni et Tatiana Mladenovitch sont aux manettes).

Dès les premières minutes de ce disque inclassable, Belin affiche donc la singularité de son langage pétri d’intimité et d’étrangeté, mais aussi d’un certain humour pince-sans-rire. La danse devient plus dynamique grâce à des chansons comme Que dalle tout, Tambour ou Pipe – cette dernière étant à la fois un hommage à René Magritte et une réflexion sur la mort. Comment faire danser l’auditeur tout en jouant sur les mots, la syntaxe et les éléments de langage ? Tel est la gageure de ce Tambour Vision, dont la production a été confiée au légendaire Renaud Létang (Émilie Simon, Alain Souchon, Matthieu Boogaerts).

On retiendra également le morceau National, dont la jolie ligne de basse accompagne une liste à la Prévert tournant autour du mot « national ». Bertrand Belin porte enfin le masque du crooner fatigué dans T’as vu sa figure et La Comédie, deux titres à la grâce nonchalante.

Inspiré par David Byrne, Alain Bashung, Kraftwerk et par le David Bowie de Ashes to Ashes (Alleluia), Tambour Vision se clôt avec Maître du luth, expression suprême de l’élégance surréaliste et désarticulée de Bertrand Belin.

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