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Lugansky à Paris

Par Marc Zisman |

Après cinq ans d’absence, le pianiste russe Nikolaï Lugansky retrouvera l’Orchestre de Paris les 9 et 10 juin à Paris, Salle Pleyel.

Mercredi 9 et jeudi 10 jeudi, Nikolaï Lugansky se produira à Paris à la Salle Pleyel pour interpréter le Concerto pour piano d’Edvard Grieg. Aux côtés du grand pianiste moscovite, l’Orchestre de Paris sera dirigé par le très prometteur chef norvégien Eivind Gullberg Jensen. Un concert réjouissant à plus d’un titre ! Lugansky revient à l’Orchestre de Paris après cinq ans d’absence, pianiste tout de sobriété et d’assurance, idéal pour Grieg. Exactement de la même génération qu’Eivind Gullberg Jensen, à qui le public de l’orchestre doit une éblouissante Symphonie n°13 "Babi Yar" de Chostakovitch en 2007 et dont le talent se confirme puisque le Norvégien vient d’être invité par le London Philharmonic et fera ses débuts prochainement avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Il est également le nouveau directeur musical de la Philharmonie de la radio allemande Nord Deutsche Rundflunk (NDR) à Hanovre.

Cette soirée sera également placée sous le signe de la flûte avec un hommage à Jean-Pierre Rampal. La phalange parisienne offrira au public la création du Poème nocturne pour flûte et orchestre op.80 du compositeur libanais, installé en France, Bechara El Khoury avec le flûtiste catalan Vicens Prats. Un bel hommage au grand Rampal, disparu il y a dix ans en mai 2000 (mais on pourra aussi voir cet anniversaire comme le trentième de la création du concours de flûte qui porte son nom). Lui rendre hommage sous la forme d’une œuvre nouvelle, était une évidence, puisque, outre une activité discographie insatiable, Jean-Pierre Rampal fut aussi l’infatigable créateur des partitions de Jolivet, Poulenc, Tomasi, Bernstein, Penderecki...

Enfin, la Symphonie n°1 "Rêves d'hiver" de Tchaïkovski sera également au menu de ce festin symphonique des 9 et 10 juin.

Pour Lugansky, ces deux soirées interviennent deux mois après la sortie sur le label Onyx d’un superbe album Chopin où le sens de l’équilibre et de l’architecture fascine autant que le naturel des phrasés ou la richesse des plans sonores. Un art du piano sidérant pour l’un des albums Chopin les plus excitants de ce début d’année avec, entre autres, la Sonate n°3.

Depuis désormais plusieurs années, Nikolaï Lugansky s'est imposé au niveau international à la scène comme au disque. Maître et serviteur du clavier, il est un interprète russe dans la meilleure acception du terme, avec tout ce que cela implique de grandeur expressive, poétique, de fiabilité technique et d'aisance musicale. Une infinie palette pour servir Chopin, Beethoven, Prokofiev, Sibelius, les romantiques, les Français – Debussy, Ravel, Franck – et bien sûr Rachmaninov, compositeur vénéré par dessus tout.

Brillant héritier de la grande école russe, Lugansky semble surgi d'un autre âge. Sa noblesse innée et son brio incandescent en font l'archétype du virtuose, le vrai. Celui dont la technique à toute épreuve ne sacrifie jamais l'expression, chez qui la profondeur d'âme l'emporte toujours sur la poudre aux yeux. Lumineux, précis et coloré, s'enflammant sans s'abandonner jamais, son chant se tient en équilibre entre l'intime et le sublime. L'art du clavier bien tempéré.

Né à Moscou le 26 avril 1972, fils de deux scientifiques russes, Nikolaï Lugansky commence l'étude du piano à l'âge de 5 ans. Deux ans plus tard, il rentre à l'Ecole centrale de musique de Moscou, où il étudiera pendant cinq ans avec Tatiana Kestner, puis pendant neuf ans avec Tatiana Nikolaïeva. Il finit alors ses études au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou sous la direction de Sergueï Dorenski. En 1988, il remporte la médaille d'argent du 8e Concours international Bach de Leipzig ; puis en 1990, le second prix du Concours Rachmaninov de Moscou. Lors de l'académie d'été du Mozarteum de Salzbourg de 1992, il se voit décerné un prix spécial de « meilleur pianiste ». En 1994, il remporte le second prix du prestigieux Concours international Tchaïkovski de Moscou (cette année-là aucun premier prix n'est accordé).

Lugansky partage ses concerts entre récitals pour piano, musique de chambre (en particulier avec ses compatriotes Boris Berezovsky, Vadim Repin, Mischa Maisky, Alexandre Kniazev et concerti pour piano. Ses compositeurs de chevet sont Rachmaninov (qu'il considère comme son père spirituel) et Chopin. Mais son répertoire comprend également des œuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Debussy, Liszt, Nikolaïeva (son professeur pendant neuf ans), Prokofiev, Schubert, Schumann, Scriabine et Tchaïkovski.

Le site officiel de Nikolaï Lugansky

Le site d’Eivind Gullberg Jensen

Le site de l’Orchestre de Paris

Le site de la Salle Pleyel

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