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James Chance, terroriste et sax maniac

Par Marc Zisman |

Le free jazz punk funk blanc du saxophoniste américain bousculera les murs du Sunside à Paris le 6 mai prochain.

La verve (jazz) d’Ornette Coleman, la transe (funk) de James Brown et la punk attitude, James Chance terrorise les oreilles de la planète depuis la fin des années 70 avec un certain génie et un vrai atypisme... Une furie à constater sur la scène parisienne du Sunside, jeudi 6 mai.

À 57 ans, le saxophoniste américain trimbale avec autant d’énergie sa carcasse de légende punk et no wave. Aux commandes de Teenage Jesus & The Jerks, des Contortions, des Blacks, des Flaming Demonics, des Sardonic Symphonics ou de Terminal City, Chance a chamboulé les codes et les esprits à coup d’éjaculations saxophoniques et vocales qui lui sont propres.

Né le 20 avril 1953 à Milwaukee dans le Wisconsin, James Chance débarque en 1976 à New York alors en pleine effervescence punk. La scène du mythique CBGB est la Mecque punk locale et des Ramones aux Talking Heads en passant par Blondie et Television, chacun apporte sa pierre à cet édifice d’high energy arty et furibarde. La touche personnelle de Chance est 100% jazz. Un jazz à vif. Déstructuré. Et libéré de tous carcans, comme une version spasmophilique du free jazz d’alors. Le « grand » public découvre réellement le saxophoniste sur No New York, cultissime compilation produite par Brian Eno au printemps 1978 et qui saisit la scène no wave de la Grosse Pomme et sur laquelle quatre titres des Contortions offrent un James Chance incontrôlable, azimuté et passablement chamanique.

Chance traine alors sur scène (et au lit) avec la prêtresse punk Lydia Lunch, se pose à Paris au début des années 80 et enregistre chaotiquement ça et là. Son nom disparait durant les années 90 avant de remonter à la surface de la terre à l’aube du Troisième Millénaire. En 2001, il reforme même les Contortions s'amusant à jouer les crooner punk. Deux ans plus tard, le label Tiger Style publie même un coffret 4CD de ses œuvres passées, belle boite de Pandore alors saluée par la critique.

Depuis 2006, James Chance a franchement remis en route sa propre machine, se produisant régulièrement aux Etats-Unis et surtout en Europe où le culte qui lui est voué s’amplifie au fil des ans. L’album The Fix Is In qui parait cette année est en fait une réédition de Get Down And Dirty ! paru au Japon il y a cinq ans sur le label Wind Bell. Moins funk blanc fou qu’autrefois, James Chance montre sa face la plus policée (mais pas la moins intéressante) le temps d’un hommage au film noir où il « croone », légèrement décalé, avec un humour et grande classe.

James Chance & The Contortions au Max’s Kansas City de New York en 1979 avec I Can't Stand Myself :



James Chance & The Contortions à la Fondation Cartier de Paris en 2009 avec Contort Yourself :


James Chance & Les Contorsions - Contort Yourself
envoyé par FondationCartier. - Regardez plus de courts métrages.

Le site officiel du Sunside/Sunset

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