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Brad Mehldau, what else…

Par Max Dembo |

Le pianiste Brad Mehldau se produira en solo sur la scène parisienne du Théâtre du Châtelet, le 3 mars.

Mercredi 3 mars, Brad Mehldau est en concert au Théâtre du Châtelet. Pour cette soirée parisienne, le pianiste américain, à l’aube de ses quarante ans, se produira en solo. Depuis quinze ans qu’il arpente tant les clubs enfumés de jazz que les grande salles aux confortables fauteuils de velours, Mehldau s’est perpétuellement remise en question. En trio, en solo comme lorsqu’il agit en sideman, le pianiste ne se contente guère de développer sa riche sémantique mais surtout de la « démonter » pou mieux la « remonter »…

Il y a une sorte de dichotomie dans le tempérament musical de Brad Mehldau. C’est d’abord et surtout un improvisateur, qui tient beaucoup à la surprise et à l’émerveillement suscités par une idée spontanée exprimée directement, en temps réel. Mais il est également fasciné par l’architecture formelle de la musique et cela marque tout ce qu’il fait.

Dans ses œuvres les plus inspirées, la structure de sa pensée musicale devient un outil d’expression. Tout en jouant, il prête attention à l’apparition des idées et à l’ordre dans lequel elles se développent. Chaque morceau comporte une construction narrative très forte, qu’elle s’exprime au commencement, à la fin, ou dans quelque chose qui est laissé volontairement ouvert. Les deux aspects de la personnalité de Mehldau – improvisateur et formaliste – entrent en interaction, ce qui donne souvent une impression de chaos contrôlé.

Brad Mehldau s’est progressivement produit un peu partout dans le monde depuis le milieu des années 90, avec son trio et en solo. Ses concerts se caractérisent par une large palette expressive : une rigueur intellectuelle dans le constant processus d’abstraction qui peut sous-tendre un morceau donné, et une certaine densité d’informations. Peut-être suivie d’une ballade épurée, qui touche droit aux émotions. Il se plaît à juxtaposer les extrêmes. Il s’est acquis au fil des ans un public fidèle, qui s’attend à vivre une expérience singulière et intense lors de ses concerts.

En dehors de ses projets en trio et en solo, le pianiste américain a travaillé avec bon nombre de grands musiciens de jazz, faisant une expérience enrichissante avec le groupe du saxophoniste Joshua Redman pendant deux ans, des disques et concerts avec Pat Metheny, Charlie Haden et Lee Konitz, et des enregistrements en sideman avec des personnalités comme Michael Brecker, Wayne Shorter, John Scofield, et Charles Lloyd.

Pendant plus de dix ans, Mehldau a collaboré avec plusieurs musiciens et collègues qu’il respecte énormément, notamment les guitaristes Peter Bernstein et Kurt Rosenwinkel et le saxophoniste ténor Mark Turner. Il a également participé à des enregistrements d’autres musiques que le jazz, comme Teatro de Willie Nelson et Scar du chanteur-auteur compositeur Joe Henry. Il a contribué à divers films, dont Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et Million Dollar Hotel de Wim Wenders. Il a également composé la bande-son originale d’un film français, Ma Femme est une actrice. Il a aussi écrit deux œuvres pour chant et piano commandées par le prestigieux Carnegie Hall, The Blue Estuaries et The Book Of Hours : Love Poems To God, présentées au printemps 2005 avec la grande soprano Renée Fleming.

Brad Mehldau les a ensuite enregistrées avec elle et publiées en 2006 dans le disque Love Sublime ; simultanément, Nonesuch a sorti un album de ses compositions pour trio de jazz intitulé House On Hill. En mars 2007, il a donné la première du concerto pour piano The Brady Bunch Variations for piano and orchestra au Théâtre du Châtelet avec l’Orchestre National d'Île-de-France.

Le site officiel de Brad Mehldau

Le site officiel du Théâtre du Châtelet

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