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Concerts, festivals et tournées

Le Classique se met au vert au Parc Floral

Par Isabelle Couillens |

Le Parc Floral de Paris accueille le festival Classique au Vert sur sa scène en plein air, le Delta, du 4 août au 16 septembre.

Le festival Classique au Vert se tient au Parc Floral, à Paris, du 4 août au 16 septembre. Le bois de Vincennes se met à la musique classique pendant sept week-end, pour les quatorze concerts programmés durant toute la période. Cette édition prévoit de mêler tous les arts et de présenter les correspondances qu'ils existent entre eux.

En premier lieu, c'est bien entendu la nature qui sera mise à l'honneur, création spontanée sur laquelle l'Homme a passé la main. Les compositeurs s'inspirent souvent d'elle : Schumann avec les Scènes de la forêt ou encore Messiaen avec son Catalogue des Oiseaux, parmi d'autres. Pour ouvrir Classique au Vert il paraît naturel de consacrer ses premiers concerts à la végétation. Alexis Cardenas, ouvre le bal. Violoniste virtuose, improvisateur et chanteur, il va nous entraîner de Jean-Sébastien Bach, Brahms ou Paganini au compositeur brésilien Hermeto Pascual, qui explose toute tentative de catégorisation. Il assure la transition avec le Paris Jazz Festival et permet d'entrer de plein de pied dans le classique ! Le lendemain, les musiciens de l'Ensemble 2e2m, jouent un tour à Vivaldi et à ses Quatre saisons en leur insufflant un Automne de la main d'un autre, Italien lui aussi mais né en 1973, Francesco Filidei.

La littérature rencontre les notes, le week-end du 11 août, lors des jours "Musique, poésie et littérature". Un samedi sur Francis Poulenc permet de mettre en évidence le rapport entre ses compositions et les textes des auteurs qui lui étaient contemporains : il a notamment mis en musique les poèmes de Paul Eluard. Par ailleurs, le comédien Didier Sandre sera récitant le lendemain pour un dimanche avec Proust. Il sera accompagné par la musique française de César Franck, Claude Debussy et Camille Saint-Saëns interprétée par Sandra Moubarak au piano et Anthony Leroy au violoncelle. Ensembles, ils viennent de sortir un album intitulé Marcel Proust : Le musicien, un titre révélateur du rapport que l'auteur entretenait avec la musique qu'il intégrait volontiers à l'intrigue de son œuvre.

Véritable sculpture en mouvement, la danse sera l'objet central du week-end du 18 août. Les lauréats de la fondation d'entreprise Banque Populaire étudieront notamment la valse. Avec son rythme à trois temps, elle a connu son avènement à Vienne à la fin du XVIIIe siècle. Elle a été magnifiée par nombres de compositeurs, de Schubert à Chopin en passant par Stravinski et bien sûr Johann Strauss. Leur programme nous transportera d'un pays à l'autre, sautant les époques et les rythmes. C'est également aux mouvements du corps dans l'espace que s'intéresseront les musiciens de l'ensemble Doulce Memoire dirigé par Denis Raisin Dadre ; accompagnés par les danseurs de la compagnie Il Ballarino de Florence, ils présentent un "Grand Bal à la cour d'Henri IV".

La représentation de la musique tient dans la peinture occidentale une place importante. La couleur et le chromatisme sont une source d'inspiration infinie pour le musicien et l'improvisateur. Certains peintres et certains tableaux sont indissociables de l'esthétique musicale. Le romantisme allemand incarné par Schubert, par exemple, se retrouve dans la peinture de Friedrich Der Wanderer, nom que le compositeur a donné à une de ces pièces et qui fut repris par l'ensemble français : le Trio Wanderer. Leur prestation associera aussi Turina à Goya et Picasso puis Copland à Chagall. Le samedi, Jean-François Zygel improvisera sur le thème "Les couleurs de la musique".

Le cinéma a toujours eu besoin du support de la musique. Du temps du muet, l'orchestre avait une place centrale pour accompagner les images. Au fil du temps, la mélodie a pris une telle place que certains scénarios comme celui de Mort à Venise de Visconti sont indissociables de leur bande originale, en l'occurrence l'Adagietto de la Cinquième Symphonie de Mahler. La musique a un pouvoir d'évocation et fait resurgir des images. Les œuvres interprétées le week-end du 1er septembre ont pour vocation d'amener le spectateur à se remémorer les intrigues, que les musiques soient des transcriptions de partitions symphoniques de compositeurs pour violoncelles ou celles écrites directement pour le cinéma. Les Violoncelles Français joueront le samedi 1er la Toccata en ré mineur de Bach en référence à Fantasia, différents airs de Bizet et Verdi et la 5e symphonie de Mahler. Puis le dimanche 2 septembre, ce sont les célèbres compositions de John Williams et de Henry Mancini qui seront interprétées par l'Orchestre Divertimento.

Iannis Xenakis percevait la musique comme une composition logique qui répondait à des lois mathématiques d'équilibres et de proportions tout comme l'architecture qu'il avait également étudié. C'est donc tout naturellement que ces deux formes d'art peuvent être assimilées. S'il fallait ne citer qu'un seul compositeur architecte c'est certainement J.S Bach, qui viendrait a l'esprit en premier. Loin d'être isolé dans ce cas, il faut aussi évoquer, Brahms qui lui aussi a réalisé un équilibre parfait entre la construction intellectuelle et l'émotion immédiate. La perfection instinctive de l'équilibre revient à Mozart avec le charme et l'élégance du style rococo. Autant de partitions que joueront l'Orchestre national d'ile-de-France.

Par ailleurs, il y a aussi le cadre de la musique dont il faut tenir compte. Les salles et scènes en plein air ne peuvent exister que grâce au génie des architectes et des acousticiens. Le Delta, la scène du Parc Floral, est un haut lieu de musique en plein air. Elle est posée au bord de l'eau, comme celle de la Roque d'Anthéron et sa célèbre conque. Le concert du 9 septembre est l'occasion de rendre hommage au fameux festival de piano avec Philippe Cassard et François Chaplin.

Enfin, une note d'humour achève Classique au vert. Les arts de la scène regroupent toutes les expressions populaires et spontanées. Les clarinettistes virtuoses des Bons Becs proposent un tour du monde en musique en révisant de manière hilarante toutes les formes musicales exposées dans une mise en scène comique. Leur prestation est un moment de détente simple. En outre, Igudesman and Joo, un duo de musiciens classiques interviendront le lendemain, le 16 septembre, dans un spectacle comique et burlesque. Pendant ces deux jours, mises en scène et mélodies seront associées pour le meilleur et pour le rire.

Créé en 1993 par le Mairie de Paris ce festival est considéré comme un des événements musicaux majeurs et récurrents de la vie estivale parisienne. Il s'intègre à la saison d'un Eté musical au Parc Floral de début juin à fin septembre composé en trois temps : "Paris Jazz Festival", "Classique au vert " et "Pestacles". Chant, récital, musique symphonique tout y est. Le fil rouge de cette édition 2012 sont les prestations du pianiste compositeur-improvisateur Jean-François Zygel.

Site du festival classique au vert

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