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Test Sonoro Primus : la mini-chaîne connectée au son 3D qui s’occupe de tout

Par Alban Amouroux |

Les mini-chaînes à l’ancienne constituées de multiples sources et de leurs enceintes associées ont mué. Elles se sont transformées en un appareil tout en un, toujours multisource et désormais connecté. Occupant moins de place, elles sont à mi-chemin entre l’enceinte sans fil classique et le ghettoblaster. Elles restent toutefois sédentaires, à l’image de cette Sonoro Primus représentant un condensé idéal de ce qui se fait de mieux dans le domaine actuellement.

Ces ensembles connectés avec haut-parleurs intégrés ont donc repris le nom de mini-chaîne. La filiation est logique car ces nouvelles représentantes condensent tout ce dont vous avez besoin dans un équipement unique. Inutile d’aller chercher plus loin : elles savent tout faire. Grâce à un encombrement mesuré, elles pourront facilement prendre la place d’une mini-chaîne dépassée technologiquement. Étrangement, les fabricants actifs sur ce créneau sont principalement allemands et italiens. Les fabricants d’électronique Hi-Fi japonais et américains se sont désintéressés et n’ont pas suivi le mouvement, préférant miser sur la petite enceinte sans fil. Il y a bien quelques exceptions ici et là, chez Panasonic/Technics par exemple.

Sonoro est une marque allemande spécialisée dans ce créneau. Il y a par ailleurs une caractéristique qui les différencie des autres équipements audio connectés : la présence d’un écran complet, et souvent d’une télécommande. Cela permet de les utiliser sans avoir forcément besoin d’un smartphone ou d’une tablette. C’est bien le cas des produits Sonoro avec différentes mini-chaînes tout en un et même certains modèles auxquels il suffit d’ajouter vos enceintes existantes. Ils sont tous connectés à Internet, pilotable depuis une app mobile et équipés d’un écran couleur en façade. En plus des multiples sources intégrées et entrées pour sources externes, certains modèles disposent d’un tuner radio et même d’un lecteur CD. La Sonoro Primus, positionnée en milieu de gamme, a bien le tuner mais pas le CD.

Caractéristiques

● Mini-chaîne stéréo connectée
● Prix : 699 €
● Puissance : 120 watts
● Haut-parleurs : 2x tweeters 19 mm, 2x médiums 76 mm, 1x woofer 133 mm
● Réponse en fréquence : n.c.
● Connectivité : Ethernet, wi-fi, Bluetooth bidirectionnel (aptX), radios Internet, Qobuz intégré, 1x entrée analogique RCA, 1x entrée analogique mini-jack, 1x entrée numérique optique, 1x port USB, 1x sortie ligne, 1x prise casque, tuner FM/DAB
● Accessoires : télécommande IR, antennes wi-fi & FM/DAB, gants de protection
● Dimensions (l x h x p) : 155 x 450 x 258 mm
● Poids : 6,7 kg

Présentation générale de la Primus

La Primus se présente sous la forme d’un gros parallélépipède posé sur quatre pieds absorbant les vibrations. Elle est disponible dans quatre combinaisons de couleurs : gris graphite mat et face avant argent, noir mat et face avant noire, blanc brillant et face avant argent, blanc mat et face avant cuivre rose. Vous avez de quoi trouver votre bonheur selon vos goûts.

La face avant comporte en son centre un écran et les touches de commande avec, de chaque côté, les haut-parleurs correspondants aux canaux gauche et droit. Cette configuration permet à la Primus de fonctionner en stéréo. Les haut-parleurs sont protégés par des grilles inamovibles. Ils fonctionnent en deux voies, tweeter et médium, complétées par un haut-parleur de grave à la façon d’un mini-caisson de basses intégré. Ce dernier prend place sous la mini-chaîne, accompagné d’un évent bass-reflex. Le haut-parleur de graves n’est pas protégé mais étant donné sa position, il y a peu de chances qu’un objet vienne en contact avec lui. Chaque haut-parleur bénéficie de son propre canal d’amplification : 20 watts pour ceux en façade et 40 watts pour le grave, soit un total de 120 watts.

L’écran en façade associé aux touches sur sa droite offre un contrôle de l’intégralité des fonctions de la Primus : sélection de la source, navigation dans les menus, paramètres, etc.. Les touches à gauche de l’écran servent à la lecture tandis que les touches tout en bas donnent un accès direct aux différentes sources. Notons également la présence d’une touche de mise en veille, de quatre touches de favoris et d’une prise casque.

Les panneaux latéraux et supérieur du coffret en bois sont dépourvus de toute ouverture. Ils permettent de profiter de la finition, mate dans notre cas. La connectique se trouve au bas de la face arrière. Elle comprend deux entrées audio analogiques auxiliaires, l’une en RCA, l’autre en mini-jack, pour relier par exemple une platine vinyle. Il y a également une entrée numérique optique, pour brancher la TV. Un port USB accueille clé ou disque externe rempli de fichiers audio. Une sortie ligne pourra alimenter un caisson de basses externe ou un amplificateur pour multiplier les enceintes.

Sonoro propose le wi-fi, via une antenne détachable, et l’Ethernet pour la liaison réseau. Ils sont complétés par le Bluetooth aptX bidirectionnel. Il est donc possible de transmettre la musique depuis un appareil mobile vers la mini-chaîne, mais également depuis cette dernière vers un casque sans fil. La dernière prise est celle du double tuner FM et DAB+ pour relier, là encore, une antenne détachable. Comme vous pouvez le constater, la Primus porte parfaitement son nom de mini-chaîne.

Utilisation de la Primus

Au premier allumage de la Primus, l’écran nous parle en allemand pour nous inviter à procéder à la configuration initiale. Heureusement, il nous demande immédiatement de sélectionner la langue. Les étapes sont rapides puisqu’il faut régler l’heure et le wi-fi en connectant la Primus à notre réseau personnel. Les touches en façade permettent de naviguer dans un clavier virtuel pour entrer les caractères du mot de passe wi-fi. La Primus est alors prête à fonctionner.

En sélectionnant la musique par Internet, c’est-à-dire la dernière touche en bas à droite de la façade avec l’icône d’une note dans un petit nuage, l’écran affiche les logos des différents services audio disponibles. Nous sélectionnons bien entendu Qobuz, puis la chaîne nous demande de rentrer les identifiants de notre compte. Il faut dire que c’est un peu fastidieux depuis l’écran en entrant chaque caractère un par un. Nous basculons alors sur l’application mobile.

Celle-ci se nomme Undok. Elle reprend les fonctions disponibles depuis l’écran en façade, avec une présentation et une ergonomie forcément différentes. Comme nous avons déjà connecté la Primus au wi-fi, elle est immédiatement affichée sur la page d’accueil de l’application Undok. En la sélectionnant, nous tombons sur un écran principal avec trois onglets. Il y a tout d’abord la liste des sources et des services de streaming. Celle-ci comprend également le tuner FM/DAB, le port USB ainsi que les dossiers partagés sur notre réseau, depuis un serveur NAS par exemple. L’onglet suivant correspond à la lecture en cours tandis que le dernier nous amène au menu de navigation de la source sélectionnée.

Il n’est pas possible de modifier la liste en déplaçant ou en supprimant certaines sources non utilisées. En revanche, les fonctions accessoires comprennent un timer d’extinction, une égalisation sonore (pop, rock, jazz, classic) et le choix de la qualité audio. Pour profiter de la Hi-Res avec Qobuz, il faut bien penser à modifier ce réglage par défaut sur qualité normale et le passer en haute qualité. En revanche, il n’y a pas accès aux autres réglages sonores, disponibles uniquement depuis les réglages en façade de la Primus.

La navigation dans le menu Qobuz depuis l’application est à première vue similaire à ce qui se fait dans bon nombre d'applications concurrentes. L’accès aux dernières nouveautés par genre musical est bien possible, mais aussi à nos favoris, nos playlists et nos achats. Cependant, la présentation est moins graphique que chez d’autres. Les jaquettes sont plus petites et ne sont pas forcément affichées à chaque niveau de navigation. Nous pouvons nous y habituer, un peu moins à la lenteur de l’application. Elle met beaucoup de temps à afficher la totalité d’une playlist par exemple. Et si jamais le smartphone s’éteint, dès qu’on le rallume, il faut à nouveau patienter pour retourner à la fin de notre playlist. En réalité, il n’y a pas de mise en mémoire de la navigation, contrairement à ce que font les applications des concurrents.

Bien sûr, on peut se contenter de la navigation sur l’écran en façade de la Primus avec sa télécommande infrarouge. Le problème de lenteur est identique. De plus, l’écran affiche uniquement des lignes, pas de jaquette. Autant dire que la navigation dans de grandes listes ou depuis la recherche est à proscrire via l’écran. C’est dommage car celui-ci nous informe sur plein de petites choses que beaucoup d’autres ne font pas, comme la bande passante de chaque morceau ou l’état de la mémoire tampon. Par ailleurs, l’écran de lecture en cours de l’application mobile affiche quelques informations issues de la base de données rédactionnelle Qobuz. Elles ne sont pas toutes là, mais c’est bien mieux que d’autres fabricants faisant totalement l’impasse sur ce sujet.

A l’écoute

Nos écoutes se sont déroulées en plaçant la Sonoro Primus entre nos deux enceintes de test habituelles pour profiter de la restitution stéréo. Le saxophone de Julieta Eugenio sur son dernier album Jump est reproduit avec douceur et légèreté pour une écoute agréable. La scène sonore est renfermée sur elle-même avec peu d’ouverture. C’est là qu’entre en scène le mode 3D Sound avec son effet bénéfique incontournable. Le centre recule légèrement, il devient moins projeté. Surtout, une ambiance fait son apparition, loin des limites de la mini-chaîne Primus. La scène n’est pas vraiment plus large, c’est la sensation d’espace qui est saisissante. Elle fonctionne si bien que nous avons conservé ce mode 3D pour le reste de nos écoutes. Sur l’album solo Broken Hearts Club de Syd, les guitares et les résonances de la batterie étaient même reproduites au niveau des murs latéraux de notre pièce. Ce n’est pas forcément fidèle mais c'est idéal pour remplir la pièce de musique, où que l’on se trouve dans celle-ci.

Le hip-hop aux accents asiatiques de The Waxidermist sur l’album Tribe passe bien et permet de profiter des capacités de la Primus sur des messages un peu plus complexes. Les voix sont compréhensibles tandis que les différentes sonorités sont correctement séparées les unes des autres, malgré une restitution toujours ultra-centrée. Le grave est entraînant sans faire trembler la pièce. Le mode loudness doit être activé tout le temps, sinon le son de cette mini-chaîne manque cruellement de vie. Quant aux modes audio, seul le mode Pop apporte un surplus de chaleur et de grave sans trop en faire. Nous avons trouvé les autres modes un peu trop extrêmes dans leurs corrections fréquentielles.

La musique classique profite également du mode 3D Sound pour mieux nous transporter dans la salle de concert de l’Orchestre philharmonique tchèque jouant la Symphonie No. 4 en sol majeur de Mahler. Car la restitution de l’orchestre dans toute l’étendue de sa largeur et de sa profondeur reste cantonnée aux limites de la Primus. L’ambiance qui se crée tout autour est suffisamment présente pour créer la sensation d’une grande scène. Nous sommes loin de la restitution d’un ensemble avec une paire d’enceintes écartée de deux ou trois mètres, mais le résultat est suffisamment probant pour satisfaire bon nombre d’auditeurs pour qui la douceur et le respect des registres prime avant tout. De plus, les forts niveaux sonores ne font pas peur à la Primus. Même si l’on ressent une certaine compression dynamique à volume élevé, la Primus pourra sonoriser sans peine de grandes pièces.

Les + :
Une mini-chaîne tout en un complète
Connectivité et nombre de sources
Qobuz intégré nativement
Restitution sonore chaleureuse
Efficacité du mode 3D Sound

Les - :
Lenteurs de l’application mobile
Stéréo étriquée

Conclusion

La mini-chaîne Sonoro Primus s’adresse à une catégorie spécifique d’utilisateurs. Ses multiples sources et prises d’entrée lui permettent de remplacer une chaîne Hi-Fi complète. Elle couvre en effet le nécessaire pour la radio hertzienne, les radios web, les services de streaming, la connexion d’une platine vinyle, d’un lecteur CD, d’un téléviseur. De plus, en intégrant directement amplification et haut-parleurs, elle se suffit à elle-même. Sonoro a fait le choix d’une double interface : d’un côté sans smartphone avec l’écran sur la Primus et une télécommande, de l’autre via une application mobile. C’est dans ce domaine que nous émettons un bémol. L’application est trop lente si vous avez l’habitude de faire beaucoup de recherches ou d’avoir des playlists bien remplies. En revanche, si vous associez vos titres préférés ou votre radio Internet habituelle aux touches de raccourcis sur la Primus, c’est parfait. Terminons par les compétences sonores largement satisfaisantes grâce à un loudness bien adapté et à un mode audio 3D idéal. Inutile de se placer en face comme une chaîne Hi-Fi classique : elle remplit la pièce pour une ambiance musicale de qualité.