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Les éditos

San Francisco s’invite à Pleyel les 17 et 18 Mars 2014

L’Orchestre Symphonique de San Francisco, sous la baguette de Michael Tilson Thomas, est en tournée européenne, avec passage à Paris : musique états-unienne - Ives et Adams - ainsi que Beethoven et Mahler à l’honneur. Et si l’orchestre ne fait pas officiellement partie des « Big Five » américains, c’est tout simplement que cette classification exigerait remaniement, car il n’a plus rien à envier à ses pairs de New York, Boston, Chicago, Cleveland et Philadelphie.

A tout seigneur tout honneur, c'est avec le géant fondateur de la musique classique états-unienne, Charles Ives, que débute ce premier concert parisien de l’Orchestre de San Francisco, dirigé par Michael Tilson Thomas (MTT, prononcez EmmTiTi, pour les intimes et les admirateurs). Et pas n’importe quel œuvre puisque l’on nous proposera le troisième mouvement de la Concord Symphony – qui n’est autre que le titre donné par Henry Brant à l’orchestration qu’il a réalisée de la révolutionnaire et radicale Concord Sonata pour piano. Le troisième mouvement seulement ? Eh oui, car l’intégrale, durant près d’une heure, serait sans doute un peu risquée vis-à-vis du public. MTT a choisi le mouvement le plus « classique », ce qui chez un maverick libre penseur et libre compositeur comme Charles Ives représente quand même une solide quantité de dissonances et de trouvailles avant-gardistes.

EmmTiTi poursuit le premier concert avec le clou de la soirée, la création française de Absolute Jest de John Adams (article-maison sur l'ouvrage ici), dédié au chef et à son Orchestre de San Francisco qui célébrait en 2012 le centenaire de sa fondation. Absolute Jest peut se traduire par « Plaisanterie absolue », mais Adams indique que « Jest » est à prendre aussi selon son acception latine, « gesta », autrement dit « la geste », l’exploit narratif – même si l’équivoque subsiste et, à vrai dire, rien n’interdit de considérer Absolute Jest aussi comme un clin d’œil. Clin d’œil à Beethoven en particulier dont Adams cite par moments quelques bribes ou tournures de quatuors, au point d’ailleurs d’inclure un quatuor à cordes solo dans l’orchestration de son ouvrage. Ne cherchez pas d’enregistrement de cet Adams, pas même sur Qobuz où l'on trouve tout : certes, EmmTiTi et l’Orchestre de San Francisco l’ont déjà mis en boite, mais la sortie n’est prévue qu’en 2015. Seuls les chanceux Qobuzonautes ont droit à trois minutes exclusives généreusement transmises par qui de droit. Les autres pourront découvrir ce concentré d’irrépressible et tumultueuse énergie quasiment stravinskienne, une sorte de frénétique scherzo d'une vingtaine de minutes, le lundi 17 mars à la Salle Pleyel.

Michael Tilson Thomas finit le concert par un grand standard orchestral, la Septième de Beethoven - l'auditeur saisira immédiatement le lien organique entre Absolute Jest et le "moteur" rythmique du premier mouvement de la Septième. Un somptueux concert donc, et qui, pour sa première moitié, sort singulièrement des sentiers battus. Ne tardez pas à réserver, les places commencent à se faire rares !

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