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St. Vincent takes a walk on the wild side

Par Marc Zisman |

Avec son 5e album "Daddy's Home", Annie Clark s'oriente vers une soul 100% seventies que n'aurait pas reniée le Bowie de cette période...

Aussi fascinante que déroutante, Annie Clark alias St. Vincent joue perpétuellement à cache-cache avec des valeurs, des sons et des influences, comme déconnectés de leur temps. En 2013, sur son éponyme St. Vincent, elle imbriquait par exemple un esprit à la Talking Heads dans des textures dignes de King Crimson, lorgnant aussi bien sur la new wave des eighties que vers David Bowie, l’artiste à qui elle ressemble sans doute le plus…

Quatre ans plus tard, son cinquième album, Masseduction, avait la particularité d’être son plus personnel, avec ses mots de l’intime, ses phrases sans maquillage. Des introspections qui ne l’empêchaient toutefois pas de déballer quelques parenthèses farfelues voire surréalistes pour être, à l’arrivée, son disque le plus… bowiesque !

Paru vendredi, Daddy’s Home enfonce d’avantage le clou dans ce domaine en lorgnant vers la période Young Americans (1975) du Thin White Duke. Et sur la face personnelle, ce titre, Daddy’s Home, qui annonce le retour de papa à la maison est celui de son propre père, sorti de prison en 2019 après une lourde condamnation pour détournements d’argent…

Le vrai choc est ici surtout esthétique et l’atmosphère générale de l’album décale clairement Clark des eighties vers les seventies. Et de la cold wave et la pop électronique vers le rock imbibé de soul voire de funk. Comme sur la chanson titre qui semble être un inédit du There’s a Riot Goin’ de Sly and the Family Stone. Ou lorsqu’elle claque un vrai solo de guitar hero sur Live in the Dream, un thème grandiloquent baignant dans l’hédonisme à la Prince et le planant à la Pink Floyd (elle cite même Dark Side of the Moon sur The Melting Of The Sun). Annie Clark ne cherche jamais le catchy, ni le tube à tout prix. Et ses compositions s’étirent, prennent leur temps et se prélassent dans cette langueur propre à cette décennie 70 qui la fascine tant, et nous aussi par la même occasion.

En 2014, Qobuz avait rencontré Annie Clark à Paris à l’occasion de la sortie de son album éponyme St. Vincent. Séance de rattrapage :

ÉCOUTEZ "DADDY'S HOME" DE ST. VINCENT SUR QOBUZ

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