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Les mondes de Macha Gharibian

Le mélange jazz, world et pop toujours aussi savoureux d'une voix à part de la scène actuelle...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 30 janvier 2020
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Le mot joie de ce Joy Ascension n’est pas là par hasard. Car avec son troisième album, Macha Gharibian n’a jamais paru aussi épanouie et pleine de vie.

Jusqu’ici la pianiste et chanteuse d’origine arménienne mélangeait les genres avec un raffinement divin, évitant l’indigeste mille-feuille jazz’n’world convenu ou cliché. Jazz et musiques improvisées comme colonne vertébrale, folklore arménien en filigrane, approche presque pop de certaines mélodies, sonorités parfois orientalisantes, incantations vocales graves et déchirées, tout s’est toujours assemblé avec aisance. Et son éducation au piano classique comme ses études aux côtés de Ravi Coltrane, Craig Taborn, Jason Moran et Andy Milne lui ont permis de façonner un jazz nomade, instrumental ou chanté très original.



Cette fois, avec l’aide d’une rythmique d’exception composée du batteur belge Dré Pallemaerts et du contrebassiste canadien Chris Jennings, son univers accueille davantage de groove (le funky Fight) et de furie incantatoire (Freedom Nine Dance). Ce qui n’empêche pas la trompette de Bert Joris de rendre encore plus magnifique la ballade The Woman I Am Longing To Be et le doudouk d’Artyom Minasyan de transcender la force déjà quasi-mystique de Sari Siroun Yar.



Ajoutez une belle et sage reprise du classique de Paul Simon 50 Ways To Leave Your Lover ponctuée par quelques étincelles de Fender Rhodes et Macha Gharibian signe ici un disque dense et attachant rappelant qu’elle est une personnalité joliment singulière de la scène jazz actuelle.

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