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Dr. Dre, chronic d'un chef d'œuvre

Par Marc Zisman |

Considéré comme l'un des plus grands disques de l'histoire du rap, le premier album solo de l'ex-N.W.A est enfin disponible en streaming et en téléchargement en Hi-Res 24Bit !

Fin 1992 lorsque paraît The Chronic, le hip hop américain vit au rythme des rivalités entre Côte Est et Côte Ouest. New York qui revendique la paternité du genre a la chance de posséder un large éventail allant notamment du militantisme agressif à base de samples stridents de Public Enemy, à une version plus abstraite voire poétique et décalée signée De la Soul et A Tribe Called Quest.

De l’autre côté du pays, la Californie est plongée dans le gangsta rap, B.O. ultra-violente illustrant la guerre des gangs entre Crips et Bloods, et dont les membres de N.W.A (Niggers With Attitude) sont les intouchables parrains. Mais lorsqu’il décide de se lancer en solo, Dr. Dre (producteur et membre fondateur de ce all-stars originaire de Compton et qui comprend également Eazy-E, Ice Cube, MC Ren et DJ Yella) s’engage dans une nouvelle direction artistique. Mieux, il invente un genre, le G-funk.

La philosophie gangsta du ghetto est toujours bien là (grosses bagnoles, gros flingues, liasses de dollars, deals en tous genres, sexe à gogo) mais nettement plus orientée sur la fumette comme le titre explicite du disque (Chronic pour cannabis et logo du papier à rouler Zig-Zag sur la pochette) le fait comprendre.



La vraie révolution Dre est surtout musicale. Ciao les samples agressifs de N.W.A, place au funk moelleux de la fin des 70’s et du début des 80’s. Et plus particulièrement celui de la galaxie P-Funk de George Clinton et des deux hémisphères de son cerveau, Parliament et Funkadelic, samplés sur un tiers des titres de l’album. Et sans le son des claviers de Bernie Worrell et de la basse de Bootsy Collins, ce G-funk ne serait rien. Dre étoffe même cet univers de grooves vintages en samplant aussi les Ohio Players, Bill Withers, One Way, Donny Hathaway, Willie Hutch, Joe Tex, Isaac Hayes, B.T. Express, Graham Central Station et Trouble Funk.



L’ambiance général de The Chronic est surtout laid-back et langoureuse comme jamais, une vraie nouveauté dans le hip hop habitué à des productions bien plus up-tempo. Cette lenteur est aussi celle d’un rappeur-branleur de Long Beach d’à peine 20 ans et dont le flow relax assez unique explose sur douze des seize titres de l’album, un certain Calvin Broadus Jr. surnommé Snoop Doggy Dogg. Il est la co-star de cet album qui n’oublie pas les bases du genre comme le clash (uppercut contre son ex partenaire Eazy-E mais aussi Tim Dog et Luke de 2 Live Crew sur le classique Fuck wit Dre Day (And Everybody's Celebratin')) et les featurings (Warren G, the D.O.C., Kurupt, Nate Dogg, RBX, Dat Nigga Daz, Jewell, Lady of Rage, Bushwick Bill).

28 ans après sa sortie, The Chronic atterrit enfin sur les plateformes de streaming et de téléchargement. Une écoute suffit à réaliser qu’il n’a non seulement pas pris une ride et que le génie du bon Docteur en 1992 reste d’une hallucinante modernité en 2020...



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