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Diana Damrau tient les reines

Par François Hudry |

Avec "Tudor Queens", la grande soprano allemande se glisse dans la peau des reines Tudor mises en musique par Donizetti, maître du bel canto...

Le terrible destin des reines Tudor a inspiré à Gaetano Donizetti trois opéras comptant parmi les grands ouvrages du belcanto : Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux. C’est un régal pour une cantatrice de la trempe de Diana Damrau qui, comme sa consœur Beverly Sills autrefois, peut exprimer la féminité et la détermination de ces héroïnes sacrifiées par le machisme ou la raison d’État à travers les mélodies somptueuses du compositeur italien.

Les scènes finales présentées dans le nouvel album de l'Allemande, Tudor Queens, décrivent toutes le moment le plus terrible de l’action, même si Donizetti et ses librettistes ont pris leur distance avec la vérité historique. La pauvre Marie Stuart est décapitée par sa cousine, la reine Elizabeth Iere, tout comme Anne Boleyn qui aura elle aussi la tête tranchée par Henri VIII en même temps que ses proches. Elisabeth sera plongée dans la plus grande détresse après l’exécution de l’amour de sa vie, Roberto, le comte d’Essex. Folle de douleur, elle est prise de visions et voit la couronne d’Angleterre baignant dans le sang et un homme courant dans tout le palais en portant sa propre tête. Le cinéma saura, cent ans après Donizetti, reprendre à son compte ces macabres situations.

Andrii Ganchuk (bar), Diana Damrau (sop), Antonio Pappano, Orchestra Santa Cecilia from The Opera Fan on Vimeo.



Diana Damrau aime avant tout la caractérisation donnée par Donizetti à ces trois femmes. « Il leur donne, dit-elle, la capacité d’aimer, une énorme tendresse, un désir insatiable, une vulnérabilité, une allure grandiose, force, conviction, vanité, fierté, avidité, un côté impitoyable, détermination et dureté, un sens des responsabilités et du pouvoir, colère, rage, désespoir, impuissance, détresse, tristesse… et une angoisse de la mort sous-tend probablement tout cela… ».



Au pupitre de ce Tudor Queens, le maestro Antonio Pappano, à la tête du Chœur et de l’Orchestre de l’Académie Sainte-Cécile de Rome et de six solistes vocaux, cisèle ses accompagnements en donnant toute la force tragique à ces trois moments pathétiques.

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