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Cyril Mokaiesh, entre Paris et Beyrouth

Avec son nouvel album, le chanteur signe un magnifique parcours intime qui n'oublie jamais d'être engagé...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 16 janvier 2020
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Le dernier Cyril Mokaiesh débute par un solo de oud, ce qui propulse d’emblée l’auditeur dans un voyage au Moyen-Orient, et plus précisément au Liban, d’où est originaire le chanteur. S’ensuit un hommage vibrant et sensuel à ce pays, « mariage de sable et de sang chaud hispanique / De miel et d’épices ».

Mais comme Paris-Beyrouth, le titre de ce quatrième opus l’indique, le bonhomme possède également une culture occidentale (il est né à Paris), et c’est un désir constant de métissage qui s’exprime ici, ce que traduit l’emploi de sonorités électroniques mélangées à des instruments traditionnels.

Tels des satellites poétiques à ces noces séduisantes, on pourra croiser également un piano (le splendide solo interprété par Bachar Mar-Khalifé dans La vie est ailleurs) ou bien un chœur classique (Mater Vitæ). Et à l’occasion, Mokaiesh invite des voix féminines, notamment celles de la comédienne Razane Jammal (Au Nom du père) et de la rappeuse Sòphia Moüssa (La Lueur) – seule apparition de la langue arabe dans l’album.



Si Paris-Beyrouth décrit avant tout le parcours intime de Mokaiesh, les préoccupations politiques de cet ancien tennisman ne sont pas absentes du tableau, comme l’atteste Le Grand changement, charge acerbe contre le néolibéralisme. Un titre qui prouve que le chanteur n’est pas qu’un contemplatif poète et nostalgique : c’est Cyril Mokaiesh dans toute sa complexité que décrit ce Paris-Beyrouth généreux et ivre de liberté.



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