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Aux grands motets, les grands remèdes (de Lully)

Jean-Baptiste Lully eut une influence décisive sur la musique française, en particulier sur l’opéra et le développement du grand motet, un genre emblématique du Grand Siècle. Enregistré à la Chapelle Royale du Château de Versailles, l'album du chef Leonardo García Alarcón présente trois des onze grands motets que Lully composa pour Louis XIV.

Par Elsa Siffert | Vidéo du jour | 21 août 2019
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Sitôt nommé surintendant de la Musique de la Chambre (1661), Lully développe pour les grandes cérémonies de la cour un genre digne de célébrer dans un même éclat la gloire de Dieu et celle du roi : le grand motet. Hymne royale et expression de la pompe du pouvoir par excellence, il célèbre victoires, traités de paix et autres grands évènements tels que les naissances royales. Cette hymne devient sous le règne de Louis XIV la clef de voûte du protocole royal.


Parmi les cérémonies de cour, les funérailles sont ainsi rehaussées par l'exécution des grands motets de Lully : le Dies Irae et le De Profundis sont joués lors de l’imposante cérémonie funèbre pour la reine Marie-Thérèse, « Infante d’Espagne et épouse du Grand Roi », en septembre 1683. Le rituel, grandiose, est chargé de symboles et d'allégories. À la tête du Chœur de chambre de Namur, du Millenium Orchestra, et de sa Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón déploie toute l'emphase qui sied à cette musique d'apparat, et sa précision fait entendre toutes les nuances de sentiments de ces partitions aux multiples couleurs vocales et instrumentales. On les entend ici au Festival de Saint-Denis dans la basilique qui n'est autre que la dernière demeure des rois et des reines de France :




Le plus célèbre des grands motets de Lully est certainement son Te Deum. C'est aussi le préféré du roi. Composé en 1677, il est chanté pour la première fois à l’occasion du baptême du fils aîné de Lully : le parrain et la marraine n'en sont autres que le roi et la reine eux-mêmes. On est musicien favori du roi ou on ne l'est pas. Mais l'histoire a surtout retenu sa représentation en l’église des Pères Feuillants de janvier 1687 qui célèbre la convalescence du roi. Battant fiévreusement la mesure de son Te Deum avec sa lourde canne, Lully se frappe violemment le pied. La blessure s'infecte et la gangrène l'emporte le 22 mars suivant. Cet épisode est mis en scène dans le film de Gérard Corbiau, Le Roi danse. On préfère toutefois de très loin l'interprétation qu'en donne Leonardo García Alarcón aux côtés des sublimes Judith van Wanroij et Sophie Junker.




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