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Aaron Frazer, enfin soul !

Par Marc Zisman |

Qobuzissime pour le premier album solo du co-chanteur de Durand Jones & the Indications qui signe une merveille de soul vintage revisitée...

La soul music, c’était mieux avant ? Non !, répond le premier album d’Aaron Frazer, un disque Qobuzissime ! Repéré comme batteur et co-chanteur de Durand Jones & the Indications, ce jeune soul brother de Baltimore installé à Brooklyn se lance en solo avec Introducing…, impeccable opus à la saveur vintage (mais pas trop) dont il a confié la production à l’incontournable Dan Auerbach. Dans l’Easy Eye Sound Studio de Nashville, l’antre du cerveau des Black Keys, Frazer fait résonner à la perfection son falsetto céleste influencé par Smokey Robinson et Curtis Mayfield.

Aussi bien conscient qu’amoureux, comme tous les grands chanteurs soul fifties et sixties, il jongle avec une aisance déconcertante entre pures love songs et chansons engagées. Cette voix, moelleuse, est un susurrement divin, moderne et intemporel à la fois. Comme le casting transgénérationnel qui l’épaule, aussi bien composé de vieux routiers comme les Memphis Boys (des cadors ayant posé leur griffe sur Son of A Preacher Man de Dusty Springfield et (You Make Me Feel Like) A Natural Woman d’Aretha Franklin) que des plus jeunes virtuoses de l’écurie Daptone - Big Crown Records

Gospel, doo-wop, funk et Northern Soul (Over You et son beat up-tempo addictif), Frazer convoque même les fantômes de Marvin Gaye et Gil Scott-Heron sur le smooth et funky Bad News. Il connait et maîtrise surtout ses classiques sans jamais faire dans la taxidermie vaine. Et son magnifique Introducing… est bel et bien un album de 2021, pas de 1961.

Comme ses contemporains Mayer Hawthorne ou Curtis Harding, Aaron Frazer transpose dans son époque, sa passion pour une musique typée et datée. Il sait que la beauté de la soul est qu’elle pleure avec vous, se réjouit avec vous, donne envie de danser et peut aussi faire réfléchir socialement et consciemment. Qu’on soit en 1961 ou 2021.

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