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Qobuzissime ? C’est la distinction décernée par Qobuz pour un premier ou second album.

Pop ou reggae, metal ou classique, jazz ou blues, aucun genre n’est mis de côté.

Artiste découverte, le plus souvent. Confirmé parfois, mais pour un disque ovni, un projet crossover ou décalé dans une discographie.

Seuls comptent la singularité, la sincérité et la qualité. Celle de l’enregistrement, du projet musical et de son identité.





Les albums

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925

Alternatif et Indé - Paru le 27 mars 2020 | Domino Recording Co

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
Affirmer qu’un groupe ne ressemble à aucun autre est une manière de dire qu’il ressemble à tous les autres. Et comme l’époque adore flouter les frontières stylistiques et n’écouter qu’en mode aléatoire, Sorry, groupe 100 % 2020, est encore plus inétiquetable que ses contemporains… L’âme viscéralement rock, les idées aussi bien rangées qu’une chambre d’ado, Asha Lorenz et Louis O'Bryen signent l’un des premiers albums les plus étonnants et déroutants du moment. Le temps les a sans doute aidés à peaufiner ce 925 puisque les deux Londoniens se connaissent depuis le collège. Aucune grande rivalité, juste une intense complicité qui leur fait s’échanger le micro tout au long du disque. Se le partager aussi ; comme Sonic Youth au siècle passé.C’est d’ailleurs à une version soft voire moelleuse de leurs aînés new-yorkais à laquelle on pense parfois. Comme eux, Sorry ne sourit pas beaucoup et affiche une sorte de moue, une espèce de nonchalance paresseuse qui repousse plus qu’elle n’attire. Et pourtant, tout ça reste fascinant. Le quotidien The Guardian avait génialement cerné ce sentiment en titrant : “Sorry, le groupe qui rend l’ennui sexy”. Difficile de viser plus juste… Au grunge, Sorry a piqué l’attitude slacker, aux Pixies leurs guitares (Perfect), à Garbage la gouaille sexy (Snakes), aux Kills une certaine imagerie junky (More), à la no wave le saxo alcoolo et au courant post-punk la vision ombrageuse. Il faut surtout écouter et réécouter ce Qobuzissime pour en apprécier l’originalité et finir par être envoûté. Impossible de passer à côté ! Aucune excuse, Sorry. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 28 février 2020 | Heavenly Recordings

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
De "trois weirdo" du Yorkshire, les sœurs Esmé et Sidonie Hand Halford (basse et batterie) et leur ami d'enfance Henry Carlyle Wade (guitare) sont devenus le groupe indé à suivre. "C'est un album échappatoire, si j'allais dans l'espace, je ne reviendrais sans doute pas", confesse Esmé, voix fluette et basse solide de The Orielles. Après un narcotique Silver Dollar Moment sous influence Stone Roses paru en 2018, ce second opus ovniesque va du psyché turc façon Altin Gün au cinéma expérimental italien pour mieux s'éloigner du rock 90's à guitares. Deux ans, c'est long quand on est à l'aube de sa vingtaine, qu'on sort de l'ennuyeuse Halifax pour tourner en Europe. Entre-temps, il y a eu l'arrivée d'Alex au clavier, la cover de It Makes You Forget (Itgehane) de Peggy Gou, “très instructive”, qui les a ouverts à la dance, ou encore le remix de leur single Sugar Taste Like Salt par le regretté Andrew Weatherall. Enregistré au Eve Studio de Stockport, avec leur productrice Marta Salogni (Liars, Temples, Björk ou The Moonlandingz), Disco Volador place la mélodie au centre, fait neuf avec du vieux. “Toutes les influences que nous avons eues lors de l'écriture de ce disque étaient présentes lorsque nous l'avons enregistré, nous savions comment l'album devait sonner et comment y parvenir", poursuit la batteuse. Pop cinétique aérienne 60's (Come Down on Jupiter), disco expérimental (Space Samba (Disco Volador Theme)), funk des 70's (Bobbie's Second World, Euro Borealis), psyché uptempo (Rapid i, 7th Dynamic Goo) ou planant à la Khruangbin (A Material Mistake), rien n'est à jeter. Solaire, addictif, Qobuzissime. © Charlotte Saintoin/Qobuz
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Pop - Paru le 20 septembre 2019 | Verve Forecast

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
L’American dream est un sujet inépuisable. On l’aborde frontalement, de biais, par-derrière, dessus ou dessous, c’est le carburant ultime de hordes de songwriters ; même lorsqu’ils ne sont pas nés là-bas, aux Amériques. Comme J.S. Ondara. Ce jeune Kenyan que son label qualifie de « trait d'union entre Tracy Chapman et Michael Kiwanuka » (facile mais pas faux) y va donc de son petit essai personnel. En 2013, Ondara jette l’ancre chez sa tante à Minneapolis. Les bars, les clubs et même la rue, celui qui n’avait jusqu’ici connu que son Nairobi natal promène ses chansons portées par une simple guitare acoustique dans l’espoir de devenir un Bob Dylan du troisième millénaire peut-être. Le Dylan de  The Freewheelin’, son disque fétiche ; avec Nebraska de Springsteen… Mais se limiter à cloner de tels géants n’aurait pas grand intérêt. Et Tales of America évite cela. Déjà, J.S. Ondara a sa propre voix. Ce ton plaintif un brin androgyne qui marque sa différence. Côté instrumentarium, il ose quelques ajouts de goût avec l’aide notamment du grand Andrew Bird, de Griffin Goldsmith de Dawes ou encore de Joey Ryan du duo Milk Carton Kids. Dans une Amérique divisée et un monde secoué comme jamais, les chansons de J.S. Ondara sont plus que de simples pansements. Plutôt de puissants baumes qui pénètrent la peau et réchauffent le cœur. Un Qobuzissime nécessaire en quelque sorte… © Marc Zisman/Qobuz
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Pop - Paru le 20 septembre 2019 | Columbia

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music - Qobuzissime
Tout le monde aime la soul et le funk vintage ! Si des héritiers de Curtis Mayfield, Al Green, Prince et autre Sly Stone naissent chaque jour, souvent, l’intérêt reste limité… Mais en seulement deux albums, le groupe Alabama Shakes a imposé son originale et torride version d’un funk garage sudiste. Sa botte secrète ? Brittany Howard, chanteuse au charisme XXL. Tellement charismatique qu’elle se lance déjà en solitaire avec ce premier opus choc. Un disque qui conserve les valeurs d’Alabama Shakes pour les embarquer sur des sentiers bien plus atypiques et bien moins sages. Howard signe ici un trip funk et psyché assez délirant, aux frontières de l’expérimental, comme sur le History Repeats d’ouverture avec une guitare à vif, une rythmique ivre et une voix chahutée.La native d’Athens s’est entourée d’un gang restreint composé de Zac Cockrell, bassiste d’Alabama Shakes, et de deux jazzmen prisés et eux-mêmes singuliers, le pianiste/clavier Robert Glasper et le batteur Nate Smith. Sur leur impeccable bande-son, riche dans le fond, minimaliste dans la forme, elle mêle autoportrait et étude de ses contemporains. Tout y passe ! L’homosexualité (Georgia), la mort (le titre de l’album, Jaime, est le nom de sa sœur aînée emportée par un cancer à 13 ans, quand elle n’en avait que 8), la religion (He Loves Me) et le racisme qu’elle-même, fille d’une mère blanche et d’un père noir, a souvent côtoyé (Goat Head relate ce matin où sa mère retrouva sa voiture avec les quatre pneus crevés et une tête de chèvre déposée sur la banquette arrière). On sort chamboulé de ce disque solo jamais lisse et très personnel. Ses valeurs, ses références et ses influences (Prince, Curtis et Sly, donc) sont connues – ou semblent l’être – mais le résultat, lui, est d’une très grande originalité. © Marc Zisman/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 16 août 2019 | Human Season Records

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Qobuzissime
Dublin, épicentre d’un nouveau séisme post-punk. Après Fontaines D.C.  et Girl Band, avec qui ils ont partagé un espace de répétition, voici les cinq Irlandais de The Murder Capital et leurs angoisses claustro-urbaines. Ils sont postapocalyptiques, 80’s, tendres, furieux, émus et émouvants. Reprenant les codes de Joy Division, The Cure ou encore Fugazi, leur premier album s’intitule When I Have Fears d’après un poème de John Keats. Choix éloquent que le frontman James McGovern résume ainsi : « Ce serait trop facile d’écrire un album de 10 chansons de punk à 170 BPM […], ça doit être une réflexion de ce qui est dans nos têtes et il est impossible de rester énervé aussi longtemps ». À la source de ce manifeste de la nuance, partagé entre romantisme sulfureux et sursauts de rage déchaînée, les revendications sociopolitiques du chanteur, qui attribue l’origine de son projet à un évènement traumatique, le suicide d’un ami proche. « Nous voulions refléter la négligence à l’égard de la santé mentale en Irlande », affirme-t-il. La plume du baryton ténébreux puise dans l’héritage littéraire de l’île d’Emeraude pour dresser le tableau cinglant d’une jeunesse en pleine errance, dont les communautés fracturées sont marquées par l’alcoolisme et les drogues dures. Ses propos sont soulignés par des arrangements aiguisés, dépouillés au maximum pour communiquer un sentiment d’urgence des plus sinistres. Néanmoins, la batterie fracassante de Diarmuid Brennan – quel jeu de charley ! – dans Don’t Cling to Life, ainsi que le piano et les murmures fantomatiques de How the Streets Adore Me Now, démontrent que l’ensemble est capable de s’affranchir du cadre formel du post-punk des années 2000, en ce qu’il avait de binaire et de restrictif. When I Have Fears est 100 % dublinois, sublimant la misère et le froid sans jamais céder en sincérité et en puissance. Un Qobuzissime aussi fulgurant que sensible. © Alexis Renaudat/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 19 juillet 2019 | Mr Bongo

Hi-Res Distinctions Qobuzissime
De la samba lo-fi d’Anatolie chantée en anglais, en français et en turc ! Avec un tel programme ovni, Mantra Moderne a tout du disque culte de l’été 2019. Derrière cette BO d’indie world se cache le duo Kit Sebastian. Homme-orchestre de la maison, Kit Martin vit entre Londres et Paris, compose et interprète les pépites de ce premier album pour la voix de sa complice Merve Erdem, chanteuse stambouliote ayant jeté l’ancre dans la capitale britannique. L’époque adore les fusions stylistiques improbables et Mantra Moderne en est la preuve flamboyante. Du tropicalisme brésilien à la pop anglaise 60's, du psychédélisme turc à l’électro analogique, Kit Sebastian fait son petit marché dans ces musiques du XXe siècle comme avant eux Stereolab, Broadcast et Khruangbin… Avec une vaste quincaillerie entassant des instruments acoustiques, analogiques, des tablas, de la darbouka, une balalaïka, un oud, un Korg MS-20 et un orgue Farfisa, le tandem déroule une délicieuse symphonie minimaliste espiègle et typée 60's. Le Qobuzissime le plus dépaysant de l’année ! © Marc Zisman/Qobuz