Grâce au travail réalisé en amont avec les studios d'enregistrement, et en collaboration avec des labels de plus en plus nombreux, indépendants et majors (Plus Loin Music, Bee Jaz, Ambronay Editions, Zig Zag Territoires, ECM, Mirare, Aeolus, Ondine, Winter & Winter, Laborie etc.), Qobuz propose de plus en plus de nouveautés et une sélection croissante de son fond de catalogue en qualité Hi-Res 24 bits. Ces albums reproduisent à l'identique le son fourni par le studio en sortie de console, et offrent un confort d'écoute inégalé, supérieur à celui des CD (généralement \"réduits\" pour le mastering en 44,1 kHz / 16 bits). Les fichiers \"Qobuz Hi-Res\" sont sans DRM et sont 100% compatibles Mac et PC. Loin de la démarche du tout-MP3 qui s'est développée ces dernières années au détriment de la qualité sonore, Qobuz renoue ainsi avec l'exigence sonore pour faire bénéficier les mélomanes tout à la fois du confort de la musique en ligne et de l'exigence audiophile.

Note Les albums vendus par Qobuz en qualité Hi-Res 24 bits nous sont fournis par les labels directement. Ils ne sont pas ré-encodés depuis des SACD et nous garantissons leur provenance directe. Nous nous interdisons, pour faire grossir plus vite cette offre, les tripatouillages suspects.

110 albums triés par Date : du plus récent au moins récent et filtrés par Classique et Glossa
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Classique - Paru le 15 mars 2019 | Glossa

Hi-Res Livret
C’est à la personnalité si singulière de Jan Dismas Zelenka, concrètement à sa Missa Omnium Sanctorum, que Ruben Jais et laBarocca dédient ce nouvel album chez Glossa. Durant plus de trente ans, Zelenka cumula l’emploi de compositeur et celui de contrebassiste de l’Orchestre de la Cour de Dresde, institution justement reconnue – dans la première moitié du XVIIIe siècle – comme l’une des gloires de son temps. Zelenka termina sa messe, une œuvre ample, dynamique (notamment le Gloria) en plusieurs mouvements, comprenant solistes vocaux, chœurs et orchestre, en 1741. Le compositeur avait alors atteint la soixantaine, et la messe peut être considérée comme l’un des sommets de son activité créatrice. Le Milanais Ruben Jais – qui a déjà signé des programmes de Bach et Gluck pour Glossa – dirige avec une exubérance bienvenue une œuvre chamarrée comprenant des sections en accords rigoureux, des fugues grisantes, des ornements du Haut Baroque tout autant que des penchants pour... les danses typiques du style galant ! Pour exprimer cette diversité musicale, Ruben Jais peut compter non seulement sur une équipe idéale de solistes – Carlotta Colombo, Filippo Mineccia, Cyril Auvity and Lukas Zeman – mais encore sur la contribution essentielle du chœur et des instrumentistes de laBarocca. © Glossa
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Classique - Paru le 15 mars 2019 | Glossa

Hi-Res Livret
Dans ce nouvel enregistrement dédié à Alessandro Scarlatti, La Ritirata de Josetxu Obregón montrent un art vocal et instrumental éblouissant : quatre cantates comprenant flûtes et violons, ainsi qu’une aria indépendante pour soprano, constituent un jalon de plus dans l’impressionnante série de musiques napolitaines chez Glossa. Provenant d’un catalogue d’environ 800 cantates séculaires, ces œuvres allient harmonieusement des récitatifs débordants d’imagination avec des arias expressives et dramatiques rythmées par des sinfonias et des ritornelli aux couleurs vives, formant un tout élégant et cohérent ; les textes des poèmes s’inscrivent dans l’esthétique raffinée de l’Accademia degli Arcadi, cercle littéraire actif à Rome au tournant du XVIIIe siècle. Le décor entourant la créativité du prolifique Scarlatti est brossé de main de maître par Stefano Russomanno dans l’essai accompagnant le livret. La partie vocale est confiée à trois des premiers interprètes du temps : la mezzo Giuseppina Bridelli, le contre-ténor Filippo Mineccia et la soprano Alicia Amo. Les défis instrumentaux élaborés par le maître palermitain sont relevés avec feu par les membres de longue date de La Ritirata, Tamar Lalo (flûte) et Hiro Kurosaki (violon), que rejoignent le flûtiste Michael Form et le violoniste Pablo Prieto. Avec le violoncelliste Josetxu Obregón, Lalo et Kurosaki sont aussi les protagonistes des « Concertos napolitains pour plusieurs instruments », le récent album de La Ritirata. © Glossa
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Classique - Paru le 4 janvier 2019 | Glossa

Hi-Res Livret
Avec Vieni, dolce Imeneo, La Compagnia del Madrigale nous invite une fois encore à découvrir l’inépuisable trésor de l’art vocal profane italien de la Renaissance finissante et du Baroque naissant. Ce nouvel album est dédié à Cipriano de Rore, l’un des compositeurs les plus importants de son temps, longtemps oublié et qui, aujourd’hui, est en passe de (re)devenir un compositeur-culte. D’origine flamande, Cyprien converti en Ciprianio illumina les cours de Ferrare et de Parme et son prestige s’étendit dans toute l’Europe. Il composa dans de nombreux genres mais c’est sans doute dans le madrigal profane – auquel est dédié cet enregistrement – où son art brilla le plus. On admirera entre autres l’innovation de sa ligne mélodique, ample et expressive, peuplée de pré-échos de la « seconda pratica » que Monteverdi perpétuera – avec les critiques que l’on sait. La grande expérience des membres de La Compagnia del Madrigale, mêlant avec une rare délicatesse les timbres vocaux et soulignant les dynamiques avec raffinement, qui nous a permis de goûter les plaisirs exquis d’autres albums Glossa de madrigaux de Marenzio, Gesualdo et Monteverdi, se retrouve dans ces dix-neuf madrigaux de Cipriano de Rore composés à l’apogée de sa carrière. L’art du compositeur volant à la même hauteur que celui des poètes qui inspirent ces madrigaux – entre autres, Pétrarque et l’Arioste – permet de consommer idéalement cette douce union de la musique et de la poésie, reflétée, comme l’indique le fascinant essai de Marco Bizzarini, dans le titre de l’album : Vieni, dolce Imeneo. © Glossa
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Messes, Passions, Requiems - Paru le 4 janvier 2019 | Glossa

Hi-Res Livret
Réconfortante méditation, Un Requiem allemand de Johannes Brahms est présenté dans la version décapante et inspirée de Daniel Reuss à la tête de l’Orchestre du XVIIIe siècle. Cet ensemble prestigieux décida, après la mort encore récente de Frans Brüggen, de suivre la dynamique de son fondateur consistant à programmer plusieurs tournées par an et à enregistrer les œuvres en concert en choisissant les meilleures prises. Voulant conserver son indépendance, la formation préfère choisir un chef selon le répertoire : l’un d’eux, Daniel Reuss, est aussi le directeur artistique de la Cappella Amsterdam, chœur ayant assidûment collaboré avec l’Orchestre du XVIIIe siècle ces dernières années. La Missa solemnis de Beethoven enregistrée par ces deux ensembles trouve son pendant protestant et humaniste dans cette œuvre sacrée mais non liturgique de Brahms. Enregistré dans la salle De Doelen à Rotterdam, ce Requiem allemand, dont les deux solistes sont Carolyn Sampson (soprano) et André Morsch (baryton), respecte le plus possible (timbres, intentions, tempi) les indications du compositeur. L’œuvre, basée sur des textes de la Bible traduits par Luther, et d’une puissance émotionnelle constante sur toute sa durée (soixante-dix minutes), a sans doute été composée en souvenir de la mère du compositeur et de son cher Robert Schumann. © Glossa
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Classique - Paru le 19 octobre 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama - Gramophone Editor's Choice
L’un des plus grands compositeurs du Baroque français, Michel-Richard de Lalande, brillait par son absence dans la discographie et ce n’est que récemment qu’il y trouve sa juste place. Glossa se réjouit de participer à cette renaissance avec cet enregistrement de trois grands motets somptueux où Olivier Schneebeli dirige Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles. Très influent durant le règne de Louis XIV, Lalande accapara à partir de 1680 les fonctions musicales les plus importantes de la cour. L’une d’elles consistait à composer de la musique sacrée pour la Chapelle Royale du château de Versailles. Bien que la consécration de la chapelle « définitive » n’ait eu lieu qu’en 1710, ce trio de grands motets (pièces vocales et chorales de grande dimension, avec accompagnement instrumental, se fondant généralement sur les textes des psaumes) fut conçu en pensant aux caractéristiques architecturales et acoustiques de ce nouvel espace. L’essai de Thomas Leconte, du CMBV, inclus dans le livret, situe cette musique dans son contexte historique. Nous disposons d’une information détaillée sur l’interprétation au temps de Lalande – incluant la configuration des effectifs instrumentaux ainsi que les révisions successives réalisées par le compositeur – qui a permis aux experts du CMBV de préparer méticuleusement l’enregistrement, dans la Chapelle Royale, de ces trois motets, Venite, exultemus Domino, De profundis et Dominus regnavit. À la qualité vocale de la maîtrise de cette institution s’ajoute l’art de quatre solistes experts en la matière, Chantal Santon-Jeffery, Reinoud Van Mechelen, François Joron et Lisandro Abadie, ainsi que l’environnement instrumental idéal du Collegium Marianum. © Glossa
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Messes, Passions, Requiems - Paru le 19 octobre 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - Le Choix de France Musique - 5 étoiles de Classica
En participant au sauvetage de Francesco Bartolomeo Conti mis aux oubliettes depuis plus d’un siècle, Glossa nous permet d’apprécier ce compositeur, considéré de son temps comme l’un des meilleurs d’Europe, en nous offrant sa Missa Sancti Pauli dans l’interprétation de György Vashegyi dirigeant le Purcell Choir et l’Orfeo Orchestra. C’est curieusement l’oeuvre sacrée du compositeur qui a entretenu son maintien dans les mémoires collectives jusqu’à la fin du XIXe siècle alors que la cour impériale de Vienne, où il passa la plupart de sa vie, l’admirait surtout pour ses opéras, cantates et oratorios, que certains labels discographiques ont commencé à enregistrer. Signalons aussi que ce musicien florentin, adulé par les cantatrices, intéressa profondément deux de ses collègues – et non des moindres ! – Zelenka et Johann Sebastian Bach, qui achetèrent et copièrent ses œuvres. Moins préclassique que sa production dramatique, la musique religieuse de Conti mêle la douceur mélodique et le « style concertato » (pour voix et pour instruments) à une écriture proche du « stile antico », fuguée et en imitation. Cette Missa est une Messe du Credo – caractérisée par les répétitions du mot Credo – que Mozart ou Beethoven, entre autres, perpétueront. Le Purcell Choir fait montre des qualités d’homogénéité et d’intensité déjà appréciées dans ses précédents enregistrements Glossa – Rameau et Mondonville en particulier – que l’on retrouve aussi avec bonheur dans l’orchestre, à cordes principalement, et chez les brillants solistes vocaux, Adriána Kalafszky, Péter Bárány, Zoltán Megyesi et Thomas Dolié. Bárány et Megyesi sont aussi les solistes des deux pages additionnelles, le motet Fastos caeli audite et l’aria Pie Jesu, ad te refugio. © Glossa « [...] le quatuor de solistes ne vole pas bien haut – quand le contreténor sort du rang… Mais la musique est si riche (en ors comme en ombres) et Vashegyi voit si loin, au-delà des aléas du détail, que cette découverte nous vaut un festin. [...] La qualité de l’écriture culmine dans le traitement des voix solistes et dans les ensembles choraux concertants [...] Conti voit large. [...] Le Purcell Choir s’adapte bien aux exigences de cette musique, avec des tutti imposants et une précision louable dans les fugues. L’orchestre souligne avec puissance la solennité d’une page singulière [...] » (Diapason, février 2019 / Jean-Luc Macia)
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Opéra - Paru le 19 octobre 2018 | Glossa

Hi-Res Livret
Caius Julius Caesar était une star de l’opéra baroque, que courtisaient les librettistes et les compositeurs, et pas seulement Georg Friedrich Haendel avec son collaborateur Nicola Francesco Haym... Dans « Giulio Cesare, a Baroque hero », Raffaele Pe crée un récital entièrement dédié à la personnalité multiple du militaire et dictateur romain en choisissant des arias puisées dans des opéras composés au cours du XVIIIe siècle. Avec une sensibilité artistique et une musicalité admirables, le contre-ténor Raffaele Pe (que nous avons déjà pu applaudir dans plusieurs enregistrements publiés sous étiquette Glossa, dont le récital « A due alti », avec La Venexiana) aborde ces rôles qui révèlent des aspects différents, et même opposés, de la personnalité de César : non seulement le héros de guerre mais encore l’homme bienveillant ou l’amoureux voluptueux et frêle, physiquement autant qu’émotionnellement. L’ample éventail des oeuvres ici présentées évoquent aussi l’apogée scénique de ces merveilleuses créatures ayant pour nom Felice Salimbeni, Senesino, Cusanino, Sciroletto ou Gasparo Pacchiarotti, et exigent une agilité inouïe à Raffaele Pe qui doit chanter dans les diverses tessitures de ces castrati, allant du contralto au soprano. Les arias de Giulio Cesare in Egitto de Handel sont entourées par un ample choix d’œuvres de Carlo Francesco Pollarolo, Niccolò Piccinni, Geminano Giacomelli et Francesco Bianchi que Pe a éditées avec le concours de la musicologue Valentina Anzani, auteur de l’essai principal du livret. Pe est ici accompagné par Luca Giardini (collaborateur habituel de L’Europa Galante de Fabio Biondi) à la tête de La Lira di Orfeo qui fait ici ses débuts discographiques. © Glossa
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Duos - Paru le 14 septembre 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Les sonates pour violon et piano de Brahms furent soumises à un dur criblage d’autocritique qui n’en laissa passer que trois, datant d’un âge mature et contemporaines, respectivement, du Concerto pour violon, du Trio pour piano en ut mineur et de la Sonate pour violoncelle No. 2. D’autres échos, intimes, y résonnent, provenant de lieder sur des poèmes de Klaus Groth. Cette atmosphère romantique d’un Brahms amoureux se reflète dans le jeu des interprètes de ce nouvel enregistrement Glossa : la violoniste Leila Schayegh et le pianiste Jan Schultsz. Schayegh joue sur une copie d’un violon d’époque avec un archet original du milieu du XIXe, tandis que le piano de Schultsz est un Streicher original de 1879. Les deux instrumentistes se proposent de récupérer la tradition interprétative que Brahms, évidemment, connaissait. Schayegh et Schultsz ont travaillé avec Clive Brown et Neal Peres da Costa afin de recréer « l'esprit au-delà de la lettre morte de la partition », en se focalisant avec le plus grand soin sur les questions interprétatives de la musique de cette époque. Et bien entendu, tout en nous offrant une réponse émotionnelle intuitive au lyrisme des deux premières sonates et au climat plus sombre de la Troisième qui imprègnent la musique de la fin du XIXe siècle. © Glossa « [...] La Suissesse signe la première version du genre complètement convaincante [...] Les interprètes [...] dialoguent avec une liberté proprement inouïe, sans garder les yeux rivés sur le texte imprimé. [...] Le pianiste sait pertinemment où rejoindre sa partenaire pour épouser et renforcer sa ligne lorsque la musique l'exige. S'il faut plusieurs écoutes pour faire le tour des idées induites par cette nouvelle approche, on saisit la poésie qui en émane dès la première audition. Cerise sur le gâteau, [...] chaque transition sonne comme l'évidence même, et l'architecture tient debout toute seule dans l'enchaînement des sections [...] » (Diapason, novembre 2018 / Nicolas Derny)
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Classique - Paru le 14 septembre 2018 | Glossa

Hi-Res Livret
Björn Schmelzer et Graindelavoix nous offrent « The Liberation of the Gothic » avec une liberté inouïe et une imagination débridée. Ils y interprètent la musique de deux compositeurs anglais actifs à la fin du XVe siècle : l’immense John Browne et Thomas Ashwell (o Ashewell), un peu plus jeune, moins connu mais également phénoménal. Schmelzer établit une connexion fascinante entre la polyphonie fleurie de ces compositeurs et la liberté structurelle et ornementale de l’architecture du gothique tardif, particulièrement celle de la Lady Chapel, chapelle mariale de la cathédrale de Ely. Dans son interprétation de la Missa Ave Maria de Ashwell où les voix s’enchevêtrent d’une façon incroyable – référence indispensable dans l’histoire de la polyphonie –, Schmelzer et son ensemble reflètent, grâce à la liberté individuelle des chanteurs, la riche ornementation qui recouvre les murs de la Chapelle mariale de Ely comme un feuillage se mouvant constamment. Les chanteurs y ajoutent leur propre colorature, concept central de Graindelavoix dans ses interprétations de la musique médiévale et renaissante. Dans son essai pour le livret, Schmelzer cite l’indispensable John Ruskin, artiste et historien de l’art, selon lequel la « libération du Gothique » affectait aussi « les travailleurs, non soumis à une tache répétitive, mécanique mais s’investissant dans une variation continuelle et infinie ». Encadrant la Messe de Ashwell, cet enregistrement propose deux de ces amples motets tant aimés des premiers polyphonistes de l’Angleterre des Tudor, provenant du Eton Choirbook : le Stabat Mater et la première version du Salve Regina de John Browne. © Glossa
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Musique de chambre - Paru le 22 juin 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 Sterne Fono Forum Klassik - 5 étoiles de Classica
François Francœur épanouit son talent de violoniste et de compositeur dans la France du XVIIIe siècle, tout au long d’une vie considérablement longue (1698-1787) et fort remplie, puisque qu’il fut admis à l’Académie Royale de Musique en tant que violoniste alors qu’il avait à peine quinze ans. Après quelques années de concerts dans les plus grandes villes d’Europe, il rejoignit les Vingt-Quatre Violons du Roi en 1730 puis devint membre du Concert Spirituel, honneur rare et très convoité. Il fut également Maître de Musique à l’Opéra de Paris en 1739, puis directeur musical de la même institution en collaboration avec son bon ami François Rebel. La faveur de Francœur grandit encore auprès de Louis XV qui le nomma Maître de Musique de Sa Majesté en 1760 et l’anoblit dans la foulée. On était à l’époque de la grande opposition entre musique française et italienne ; Francœur ne tranche pas et accepte les deux influences dans sa musique instrumentale. Les dix sonates pour violon ici enregistrées ici constituent l’intégralité du Premier Livre publié en 1720 – dix sonates, un nombre inhabituel à une époque où l’on marchait par six ou douze, la plupart du temps. L’écriture fusionne l’élégance courtoise française et l’énergie italienne un peu plus terrienne et festive, et Francœur y fait entendre une voix propre et unique. Dans cette musique fraîche et mélodieuse, raffinée et robuste, se côtoient chants tendres, danses endiablées, pastorales, mais aussi une ébouriffante virtuosité. La violoniste Mitzi Meyerson a choisi de ne pas donner ces sonates dans l’ordre de la publication, partant du principe qu’elles n’étaient pas conçues pour être jouées à la suite. Dans cet agencement, Meyerson enchaîne les tonalités de la manière la plus harmonieuse possible, et en fonction de l’influence musicale prédominante – française, italienne mais aussi allemande –, elle joue les lignes en infléchissant légèrement les rythmes et les appuis selon le style connu de l’époque pour chacune des influences nationales. © SM/Qobuz
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Musique de chambre - Paru le 22 juin 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions Gramophone Editor's Choice
Si, d’habitude, on associe Paganini avec ses vingt-quatre Caprices et la diabolique virtuosité qu’ils exigent du violoniste, le voici sous un tout autre jour : celui des œuvres pour violon et guitare, autrement plus proches de Haydn et de Mozart que de la main du diable qui le guida pour les Caprices. Écrites soit au tout début du XIXe siècle pour les unes, et les années 1830 pour celles des recueils connus sous le nom de Centone di sonate, ces œuvres font la part belle autant au violon qu’à la guitare - on rappellera ici que Paganini était aussi un phénoménal guitariste. Quant au terme « Centone », il évoque une collection d’œuvres constituée d’éléments éventuellement repris à une ou plusieurs autres ; une sorte de patchwork, en quelque sorte, et en effet le compositeur y a intégré un peu tout ce qui pouvait être à la mode à l’époque, de la valse à la polonaise, de la pastorale à la marche – on ne sait pas forcément de qui ou quoi il l’a repris, ou s’il a seulement utilisé le terme pour caractériser l’aspect medley de la chose. Fabio Biondi au violon et Giangiacomo Pinardi à la guitare romantique (un instrument de 1825) s’en donnent à cœur joie, et nous prouvent que Paganini pouvait être tout autre chose qu’un simple dérouleur de virtuosité. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 22 juin 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Emprisonné au début des années 520, Boèce (de son vrai nom Anicius Manlius Severinus Boethius, né vers 477-480) ne pouvait s’imaginer que sa dernière œuvre deviendrait un des livres les plus lus au Moyen Âge. Né dans une noble famille romaine à l’époque de l’abdication du dernier empereur d’Occident, Boèce effectue une belle carrière d’homme d’état, de traducteur d’auteurs grecs vers le latin, et de poète. Mais l’Occident était alors gouverné par un roi ostrogoth, Théodoric le Grand, et la loyauté de Boèce au sénat romain le rend vulnérable : accusé de trahison, il est emprisonné puis condamné à mort en 524. Dans la Consolation de Philosophie, écrite en prison, il décrit la lutte qu’il mène contre soi-même pour accepter son sort, se penchant sur les grandes questions autour du bien et du mal. Par ailleurs, on sait qu’au Moyen Âge, ces textes étaient chantés puisqu’on a retrouvé de la notation musicale dans une trentaine de manuscrits datant d’une période s’étendant du neuvième siècle jusqu’au début du douzième siècle. Les neumes utilisés pour cette notation transcrivent le contour global des mélodies, une sorte d’aide-mémoire pour les chanteurs qui connaissaient les hauteurs précises des notes. Cette tradition orale étant désormais perdue, il a longtemps semblé impossible de reconstituer ces mélodies, mais des recherches récentes ont permis d’identifier les modèles de chants qui se cachent derrière cette notation ; les musiciens médiévaux associaient certains schémas métriques utilisés dans la Consolation à des styles particuliers de chants. Les chanteurs et instrumentistes de Sequentia, aguerris à cette époque, ont mis en pratique ces découvertes, en partant d’une collection de quelque quatre-vingt chants du XIe siècle ; plusieurs poèmes de Boèce sont pourvus de cette notation, en l’occurrence la partie la plus dramatique du texte, où Boèce se lamente sur sa condition d’homme déchu. Un arc de quelque quinze siècles nous séparent de ces singulières sonorités qui semblent à la fois surgies du fond des âges, et pourtant si proches de nous par la clarté du propos. © SM/Qobuz
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Opéra - Paru le 18 mai 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 Sterne Fono Forum Klassik
Il ne faut pas confondre le présent opéra de chambre La Descente d'Orphée aux enfers H. 488, que composa Marc-Antoine Charpentier en 1686, avec la cantate Orphée descendant aux enfers H. 471 du même Marc-Antoine Charpentier, écrit trois ans plus tôt. C’est bien ici de La Descente d’Orphée H. 488. On hésite un peu quant à la forme de l’ouvrage : ce n’est pas d’une tragédie lyrique – qui exigerait un prologue et cinq actes, alors que La Descente n’offre que deux actes. La présence de danses pourrait suggérer un opéra-ballet, mais alors la proportion de ballet devrait de facto l’emporter sur les parties chantées. Une comédie-ballet ? Pas vraiment… les modèles de Molière traitent tous de sujets de la vie de tous les jours : un bourgeois gentilhomme, un mari confondu, mais en aucun cas Orphée, Eurydice ou des figures mythologiques. Serait-ce une pastorale héroïque, genre alors très en vogue en France ? Voire… habituellement, les pastorales héroïques comptaient trois actes et débutaient par un prologue allégorique. On en est réduit à se demander si La Descente n’est pas une œuvre inachevée, ou qui nous serait parvenue sous forme tronquée – dont l’hypothétique troisième acte est désormais perdu, soit qu’il n’a jamais été achevé, ou même jamais écrit. La Descente fut conçue pour les menus plaisirs de sa protectrice Mademoiselle de Guise, au service de laquelle Charpentier resta de 1670 à 1687. Autour d’elle gravitait tout une cour dévote, savante et artiste qui constituait un somptueux creuset intellectuel, quand bien même ces personnages étaient au mieux des sortes de laquais de luxe logés, nourris, blanchis, servis, peut-être même parfois payés. Ils avaient droit de vivre dans un grand luxe mais en contrepartie ils « appartenaient » plus ou moins à Mademoiselle. Ainsi Charpentier devait-il composer en flux tendu des motets et ses fameuses Histoires sacrées, le tout en latin, permettant d’adoucir en musique les exercices spirituels inspirés de jésuitisme de la princesse. Mais c’est pour les récréations plus profanes de Mademoiselle qu’il développa de petites formes lyriques – chantées en français, cette fois –, de véritables opéras miniatures, qui occupent une place singulière dans le paysage musical de la fin du XVIIe siècle français, en marge de la grande tragédie en musique cultivée par Lully – une forme sur laquelle le Florentin, cupide, inflexible et jaloux, imposait une exorbitante exclusivité. Par son ampleur dramatique et sa densité musicale, La Descente d’Orphée aux Enfers de 1686 reste un des plus grands bijoux de l’art lyrique français de son temps. Au chant d’Orphée, il associe deux ensembles de sonorités bien distinctes : d’abord deux violons tant que le personnage évolue dans ce monde. Puis le timbre profond de trois basses de viole dans les Enfers, évoquant ainsi la lyre dont s’accompagnait le berger ; Charpentier y fait même usage de sourdines dans l’un des plus plaintifs trios, une stupéfiante modernité de conception. Eurydice, quant à elle, est toujours accompagnée de deux flûtes : une flûte à bec et un traverso, comme quoi les deux instruments n’étaient alors pas exclusifs l’un de l’autre. Quel dommage que cet absolu chef-d’œuvre, dont le niveau musical repousse dans l’ombre bien des ouvrages de Lully, nous soit sans doute parvenu tronqué. Réjouissons-nous toutefois de ces deux actes, tellement différents l’un de l’autre que l’on pourrait croire qu’ils n’appartiennent pas à la même œuvre : le compositeur aurait-il délibérément refusé d’établir des liens musicaux organiques entre les deux volets ? © SM/Qobuz
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Musique de chambre - Paru le 4 mai 2018 | Glossa

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Classique - Paru le 20 avril 2018 | Glossa

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Sur les 200 cantates sacrées et 15 cantates profanes connues de Bach, seules deux font appel à la seule basse en termes d’effectif vocal : la célèbre BWV 82 Ich habe genug de 1727, d’ailleurs recyclée pour divers solistes vocaux différents au cours des ans, et Ich will den Kreuzstab gerne tragen BWV 56 de 1726. Si l’on ne veut pas qu’un énième enregistrement de ces deux cantates ressemble, en termes de programme, aux dizaines déjà enregistrés depuis plus de soixante ans (signés Hans Hotter, Dietrich Fischer-Dieskau, Gérard Souzay, Gerhard Hüsch, Hermann Prey, John Shirley-Quirk, Bernard Kruysen, Philippe Huttenlocher, Max von Egmond, Siegfried Lorenz, Siegmund Nimsgern, Matthias Goerne, Thomas Quasthoff…) et quand bien même cette nouvelle version serait chantée par Christian Senn, il convient de compléter par un brin d’originalité. Ce qui fut fait. En plus des deux « tubes » cités, on trouvera donc ici la rare cantate BWV 158 Der Friede sei mit dir – dont on ne connaît pas la date exacte de conception, peut-être déjà à Weimar pendant les années 1715, peut-être seulement aux alentours de 1730 à Leipzig. Cet ouvrage est sans nul doute la version remodelée d’une cantate plus ancienne, perdue. Certaines sources la donnent comme « cantate pour basse et soprano » mais en réalité, voilà une lourde erreur d’observation : certes, l’aria constituant le second mouvement est bel et bien indiquée Aria & Chorale, le choral étant confié au registre de soprano, mais en réalité il devait être chanté par « une ou plusieurs sopranos du chœur », et en aucun cas par une voix réellement soliste : c’est donc bien une cantate (inachevée ou incomplète) pour basse solo, et par conséquent une sorte d’intégrale des trois cantates de Bach pour cet effectif vocal. © SM/Qobuz
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Opéra - Paru le 6 avril 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 5 Sterne Fono Forum Klassik
Créée en 1749 pour saluer le Traité d’Aix-la-Chapelle signé entre George II et Louis XV qui met fin à la guerre de Succession d’Autriche, la pastorale héroïque Naïs de Rameau consacre le triomphe de la virtuosité sur la scène de l’Académie Royale de Musique, alors qu’en Angleterre, Haendel écrit sa célèbre Musique pour les feux d’artifice royaux pour la même occasion. Lassé des sombres tragédies et de leur lot de passions noires et oppressantes, le public accueille avec enthousiasme les ouvrages plus légers – ballets et pastorales – dans lesquels la soprano Marie Fel et le ténor Pierre Jélyotte se font applaudir pour leurs tours de gosier prodigieux. Avec Naïs, Rameau signe certaines de ses pages les plus impressionnantes, parmi lesquelles l’ouverture et le prologue descriptif, retraçant le combat entre les Titans et la cour céleste pour gouverner l’Olympe. Échanges galants, évolution d’athlètes, prophétie, fête pastorale, combat naval et noces sous-marines ponctuent l’ouvrage et accompagnent l’éclosion des sentiments tendres qui unissent Naïs et Neptune. Cette coproduction entre le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) et le Müpa Budapest Early Music Festival vient confirmer la place prise désormais par György Vashegyi dans le domaine de la musique baroque et de la musique française en particulier. Après le succès des Fêtes de Polymnie du même Rameau en 2015 ou encore la révélation d’Isbé de Mondonville, voilà que le chef hongrois récidive à la tête d’excellents chanteurs et de ses deux ensembles, le Budapest Orfeo Orchestra et le Purcell Chorus qu’il a fondé à Budapest, à la fin de ses études à l’Académie Franz Liszt complétées par des masterclasses avec Sir John Eliot Gardiner et Helmut Rilling. Cette production franco-hongroise autour de Rameau va se prolonger avec la parution prochaine des Indes Galantes. © François Hudry/Qobuz
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret
Avec un zèle infatigable Antonio Florio et ses collègues de la Cappella Neapolitana ont sauvé de l’oubli un autre chef-d’oeuvre du Baroque napolitain: un oratorio de Donato Ricchezza, trésor non seulement pour la beauté de la musique mais encore pour les informations nouvelles qu'il apporte sur la forme de l’oratorio italien. La tâche (l’art) de Florio – secouer de vieilles feuilles poussiéreuses pour en transformer les notes en une fête musicale chamarrée – s'épanouit de la meilleure des façons dans cet enregistrement de Los Santos Niños (« Oratorio di San Giusto e San Pastore »), écrit par un compositeur qui fut élève du grandissime Francesco Provenzale. Nous ne savons pratiquement rien de Donato Ricchezza (ca. 1650-1722), si ce n’est qu’il légua une quantité considérable de partitions à l’Oratoire des Girolamini de Naples, où il travailla. L’oratorio enregistré ici relate l’histoire des « enfants saints » (les frères Just et Pasteur) qui proclamèrent leur foi face au gouverneur romain Dacien et moururent en martyrs lors de la persécution ordonnée par Dioclétien en Espagne dans les années 303/4). Marta Fumagalli (contralto), Federica Pagliuca (soprano), Luca Cervoni (ténor) et Giuseppe Naviglio (basse) brillent dans leur rôle soliste. Dans l’essai marqué par son élégance habituelle, Dinko Fabris nous éclaire sur les raisons ayant poussé Ricchezza à mettre en musique cette histoire. Nous savons en outre que Ricchezza a composé huit autres oratorios et nous incluons comme bonus track une aria de La gara degli elementi, ainsi que deux symphonies de Gaetano Veneziano, contemporain de Ricchezza et lui aussi disciple de Provenzale. © Glossa
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Secrète, Mara Galassi distille ses albums avec un raffinement rare au long de ces vingt dernières années, aiguisant ainsi notre impatience d’écouter son dernier projet, fascinant, ayant pour titre "Portrait of a Lady with Harp (« Portrait de dame à la harpe »). L’atmosphère dans laquelle nous plonge la grande harpiste milanaise est celle de la cour de Christine de Suède : la reine splendide et scandaleuse qui renonça au trône, se convertit au catholicisme et s’établit à Rome en plein Seicento, pour mener une vie – culturelle – spectaculaire où elle troqua son titre de Majesté contre celui de Mécènisssime d’une multitude de gens de lettres, de science et, surtout, de musique. Parmi les compositeurs actifs à Rome, Christine protégeait ceux qu’elle admirait le plus avec la même générosité, qu’ils fussent ou non de sa cour, entre autres : Alessandro Stradella, Bernardo Pasquini, Arcangelo Corelli et Alessandro Scarlatti. Le mystère qui entoure tous les projets discographiques de Mara Galassi n’est pas absent ici : cette dame à la harpe, dont le livret reproduit le portrait, est-elle la reine auto-exilée ? Dans l’essai accompagnant cette édition, Arnaldo Morelli enquête sur l’histoire, sulfureuse, de ce tableau tout en peignant en pleine pâte la vie musicale de Christine à Rome. Cette vie, intense et turbulente, reflet fidèle de la Rome des années centrales du Seicento, flamboie dans l’interprétation de Mara Galassi qui joue d’un instrument basé sur la célèbre « Arpa Barberini » construite par Girolamo Acciari en 1632, une harpe triple au registre ample et d’une grande subtilité sonore. © Glossa
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Classique - Paru le 23 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
S’il n’est pas aussi connu de nos jours comme ses contemporains et compatriotes Francesco Durante ou Leonardo Leo, Francesco Feo n’en est pas moins un représentant majeur de la grande école napolitaine ; il laissa d’ailleurs son poste au Conservatoire Sant-Onofrio de Naples à Leo pour prendre celui laissé vacant par Durante au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo, toujours à Naples : c’est tout dire de ce magnifique creuset que fut le royaume des Deux-Siciles (dont Naples était la capitale) à la grande époque. L’oratorio San Francesco di Sales, Apostolo del Chablais fut donné pour la première fois à Bologne en janvier 1734, puis repris quelques années plus tard à Venise, preuve évidente que l’ouvrage connut quelque renommée. D’ailleurs, Feo, du haut de ses seize opéras – dont le premier mettait pour la première fois en musique le livret d’un nouveau-venu, Metastasio – était l’un des compositeurs les plus considérés de son temps, non seulement à Naples mais aussi à Vienne et à Madrid, et l’on ne peut que se demander pourquoi diable sa musique n’est pas plus diffusée de nos jours. Gageons que cet enregistrement, une première discographique (la partition n’a été reconstituée que tout récemment), saura le replacer sur l’avant-scène baroque italienne qu’il devrait légitimement partager avec Leo et Durante. L’Orchestre de Chambre de Stuttgart, sous la direction de Fabio Biondi, s’est associé les talents d’un parfait plateau de chanteurs. © SM/Qobuz
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Musique vocale (profane et sacrée) - Paru le 2 mars 2018 | Glossa

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - Gramophone Editor's Choice - 5 Sterne Fono Forum Klassik
"Siface: l’amor castrato", tout un programme ! celui d’un opéra-pasticcio imaginaire et imaginé par le contreténor Filippo Mineccia, en compagnie de Javier Ulises Illán à la tête de l’ensemble Nereydas : la musique, la vie, l’amour, qui ne font qu’un pour ce castrat contralto surnommé Siface, d’après le rôle qui le lança. Né Giovanni Francesco Grossi en 1653 en Toscane, Siface, célébrissime pour son art, le devint encore plus par la tragédie qui couronna sa vie amoureuse. Il chanta dans les opéras et les oratorios des plus grands : Stradella, Pasquini, Bassani, Pallavicino ou Agostini. Longtemps au service de Francesco II d’Este à Modène, Siface était le chanteur étoile du « circuit ducal » dans la Péninsule italienne, et fut même envoyé en Angleterre pour chanter devant les monarques et où il rencontra et impressionna... Henry Purcell ! Filippo Mineccia fait sienne cette urgence des émotions kaléidoscopiques traversant ce choix d’arias qui reflètent le mode de vie torride et spectaculaire de la fin du XVIIe en Italie (et forment aussi une mise en miroir de la mort de Siface sur la route de Ferrare à Bologne). L’ensemble espagnol Nereydas s’inscrit entièrement dans l’esprit de cette célébration de la musique vocale et instrumentale, parfois colorée, toujours profonde et poignante, où l'on trouve aussi des pages d'Alessandro Scarlatti (l’émotive berceuse Dormi o fulmine), Francesco Cavalli ou Purcell (My song shall be alway). Dans son texte, Elena Bernardi donne corps à certains aspects encore peu compris du début de l’opéra à la fin du Seicento. © Glossa