Les albums

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Symphonies - Paru le 9 novembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Certes, la pièce de résistance de l’album est sans doute la Septième Symphonie (parfois considérée comme la Huitième), dite « inachevée » même si elle est ici présentée… achevée. Car en réalité, le scherzo était déjà très avancé sous forme de particell, et même en partie orchestré par le compositeur lui-même. Pourquoi n’a-t-il pas poursuivi, la question reste ouverte ; d’aucuns pensent qu’il a lui-même conçu que le scherzo était très, très en deçà de la monumentalité des deux premiers mouvements, presque un faux pas (ce n’est là qu’une des nombreuses opinions, bien sûr) – à l’auditeur de se faire sa propre religion, en écoutant ici la version terminée en 2015 par Nicola Samale et Benjamin-Gunnar Cohrs. Quant au quatrième mouvement, on s’accorde à imaginer que l’ample premier entracte de Rosamunde, dans la même tonalité, écrit exactement à la même période et avec bien des parallèles thématiques, serait sans doute un candidat très plausible. La première partie de l’album propose quelques lieder, mais dans des versions orchestrées. Oh, pas par les premiers venus ! Webern et Brahms, en l’occurrence. Et surprise, en écoutant la partie la plus agitée de Gruppe aus dem Tartarus avec accompagnement orchestral, n’a-t-on pas soudain la sensation d’entendre de très troublants accents de la scène de la forge de Siegfried, « Nothung, Neidliches Schwert » ! À la barre, le Concentus Musicus, dont c’est le premier enregistrement depuis la disparition de Harnoncourt ; les lieder sont chantés par Florian Boesch. © SM/Qobuz
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Musique symphonique - Paru le 2 novembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
L'Orchestre d'Auvergne, qui rayonne bien au-delà de ses frontières régionales, livre un programme aux couleurs de la Bohème des compositeurs tchèques Dvořák, Janáček et Martinů. La mélancolie de la Sérénade pour cordes de Dvořák diffuse une chaude lumière crépusculaire qui font miroiter les œuvres de ses deux compatriotes.
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Musique symphonique - Paru le 2 novembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Les Concertos Op. 6 de Corelli furent sa dernière œuvre publiée (1714, en l’occurrence), ce qui ne signifie pas nécessairement que les douze concertos constituant le recueil soient tous de la dernière maturité du compositeur – en ce temps, on rassemblait parfois des œuvres de très diverses époques. Voici présentés six des douze concertos du recueil, précédés de la Sinfonia pour Santa Beatrice d'Este ; le choix s’est porté surtout sur les concertos « d’église », lent-rapide-lent-rapide, qui diffèrent des concertos « de chambre » dont le format reprend plutôt celui des suites de danse. Pour mémoire, l’Op. 6 comporte huit des premiers (dont le célèbre Concerto pour la nuit de Noël, qui n’est pas donné ici) et quatre des seconds. Le présent enregistrement signé du Freiburger Barockorchester, mené par Gottfried von der Goltz, diffère radicalement de bien des enregistrements précédents sur un point fondamental : oui, la partition éditée ne fait mention que de cordes, mais on sait qu’à l’époque de Corelli, il était d’usage d’étoffer les orchestres de divers vents et continuos. Les listes d’effectifs, les feuilles de paye même, qui nous sont parvenus de ce début du XVIIIe siècle attestent qu’on rajoutait des hautbois, des bassons, des cuivres même, et c’est précisément ce qui est ici reproduit. La sonorité d’ensemble y gagne bien sûr en richesse ; par contre, il est évident que le concertino, autrement dit les trois solistes, restent uniquement deux violons et violoncelle. C’est l’orchestre seul qui se symphonise ! De bien troublantes sonorités pour qui était habitué à des enregistrements plus traditionnels, y compris dans la sphère baroque. © SM/Qobuz
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Musique symphonique - Paru le 19 octobre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Qui peut arrêter Maxim Emelyanychev ? Claviériste accompli, continuiste de Teodor Currentzis, chef d’orchestre prodige fraîchement nommé à la tête du Scottish Chamber Orchestra après une carrière remarquée à la direction d’Il Pomo d’Oro, ce musicien brille dans tous les répertoires. Après un premier projet en solo consacré à Mozart, au pianoforte, le jeune surdoué originaire de Russie passe du clavier à la baguette dans ce programme couplant Beethoven et Brahms. Avec sa profusion de thèmes et contrastes, la 3e Symphonie de Beethoven est un terreau fertile pour l’imagination du tempétueux chef. A la tête de l’Orchestre de Chambre des Solistes de Nizhny Novgorod, berceau de sa carrière musicale, il déploie dans cette partition essentielle un souffle nouveau et grisant, à grand renfort de cors et trompettes naturels. Les Variations sur un thème de Haydn qui complètent cet enregistrement offrent un éclat et une fièvre toute brahmsienne. Une réussite détonante, à l’image de son chef ! © Aparté
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Piano solo - Paru le 19 octobre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Le nouvel album du pianiste Fabrizio Chiovetta réunit une sélection de pages solistes où Mozart, à différents moments de sa vie, s’est confié au piano. Ces confidences musicales nous plongent dans le laboratoire intime de la création mozartienne. Les Sonates K. 282, K. 332, K. 310 et le Rondo K. 511 sont la caisse de résonance de l’évolution esthétique du compositeur. De l’immédiate sensibilité de la jeunesse au tragique plus intérieur et techniquement plus exigeant du musicien épanoui, le pianiste Fabrizio Chiovetta joue au plus près de l’émotion. Un disque en forme d’hommage à l’art de Mozart, génie aux multiples facettes. © Aparté
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Jazz - Paru le 28 septembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Le voyage auquel Lionel Loueke nous convie démarre au Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest où il a ouvert les yeux, les oreilles et tous les éléments sensibles qui constituent un homme. Les préparatifs ont duré dix-sept ans, depuis que l’homme s’est emparé d’une guitare pour ne plus la lâcher. Il l’a accompagnée de son chant et l’a nourrie de visites attentives dans de nombreuses terres musicales : traditions de son continent, le jazz, les musiques classiques européennes, le rock, le blues, les musiques brésiliennes… Si The Journey contient en filigrane des éléments assimilés de chacune de ces sources, il présente surtout le portrait d’un musicien qui a brisé les frontières et a su, à travers ses expériences, se construire une identité forte et touchante. Le délicat travail du producteur arrangeur Robert Sadin (Herbie Hancock, Wayne Shorter, Sting) a construit un écrin au sein duquel brillent musiciens classiques, (Patrick Messina clarinettiste de l’Orchestre national de France), expert de la pulsation rock (Pino Palladino, bassiste des Who post-John Entwistle), jazzmen (le violoniste Mark Feldman, le saxophoniste John Ellis) virtuose tout-terrain (le violoncelliste Vincent Ségal), maître des rythmes brésiliens (le percussionniste Cyro Baptista) ou africains (Christi Joza Orisha) ou le flûtiste peul Dramane Dembélé. Ils ont su reproduire l’extraordinaire connivence du trio que Lionel Loueke forme avec le percussionniste Ferenc Nemeth et le bassiste Massimo Biolcati et démontre sur Okagré. Stimulés par cette addition de talents exceptionnels, les compositions subtiles, le chant velouté et la guitare agile de Lionel Loueke ont trouvé une piste de décollage vers le Soleil. © Benjamin MiNiMuM/Qobuz
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Musique symphonique - Paru le 14 septembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Dans tant et tant de symphonies classiques – de Haydn et d’autres – les surnoms ont été rajoutés bien plus tard par les éditeurs, histoire de les rendre plus reconnaissables du public et, donc, plus vendables. L’Ours, qui porte le numéro 82 parmi les symphonies de Haydn, n’y déroge pas. L’œuvre fut écrite pour Paris, en même temps que les cinq autres « Parisiennes » de 1785 et 1786, sur commande du Chevalier de Saint-Georges qui les fit immédiatement créer par les Concerts de la Loge Olympique, avec un éclatant succès. Le surnom zoologique proviendrait de la danse délibérément lourdaude du Finale, qui aurait évoqué auprès des auditeurs les piétinements malheureux des ours alors exhibés en foire. À chacun d’y voir ce qu’il veut, en particulier la musette d’une fête populaire ; on notera que c’est ici la version reprise du manuscrit autographe, donc sans trompettes. Le Concert de la Loge – l’ensemble fondé de nos jours, pas l’orchestre d’il y a deux siècles ! – mené par Julien Chauvin poursuit l’album avec une amusante rareté, la Symphonie concertante mêlée d’airs patriotiques pour deux violons principaux de Jean-Sébastien Davaux (1742-1822) dans laquelle on reconnaîtra aisément La Marseillaise, La Carmagnole et bien autres chants révolutionnaires. L’album se referme sur une dernière rareté, la Symphonie concertante du flûtiste et bassoniste virtuose François Devienne. Cette œuvre, composée en 1789 pour ses collègues du Conservatoire de Paris, fait dialoguer la flûte, le hautbois, le cor et le basson, qui tour à tour s’écoutent, s’accompagnent, se querellent et finalement s’amusent dans un tourbillon virtuose. Pour mémoire, Devienne fit partie des Concerts de la Loge Olympique ; et s’éteignit en 1803 à Charenton, plus précisément à l’asile de fous dans lequel on l’avait enfermé… © SM/Qobuz
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Violon solo - Paru le 7 septembre 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Le chef et premier violon du Freiburger Barockorchester a gravé à son tour ces pages emblématiques pour violon. Sur son instrument dû au luthiste milanais Paolo Antonio Testore (1690-1767), Gottfried von der Goltz aborde sans la moindre esbroufe ce corpus pour violon seul qu’il livre sur un ton authentique, personnel et sobre (un soupçon trop retenu ?) avec le souci permanent de mettre en avant leur riche architecture et polyphonie toujours dans une compréhension profonde de l’écriture. © Qobuz 2018
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Intégrales d'opéra - Paru le 31 août 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Voilà de quoi définitivement ridiculiser la stupide jalousie que l’on colle sur le dos du pauvre Salieri vis-à-vis de Mozart. À l’écoute de son opéra Les Horaces de 1786 – l’année des Noces de Figaro – on conçoit que Salieri suit le sillage de Gluck, et non point de son excellent ami et collègue. En cette époque le compositeur n’en est certes pas à son coup d’essai sur la scène lyrique française. Deux ans plus tôt, l’Académie Royale avait créé Les Danaïdes avec grand succès. Salieri y avait révélé non seulement un tempérament dramatique et une audace d’écriture musicale vraiment avant-gardistes, mais surtout une capacité extraordinaire à se plier aux règles de l’opéra français. La déclamation, l’orchestration, la composition des chœurs et des ballets, tout y dénotait une parfaite connaissance des us et coutumes parisiens. Les Horaces sont donc attendus avec impatience, mais la création, prévue à Fontainebleau en novembre 1786, devant toute la Cour, n’eut pas lieu. Selon les Mémoires secrets dits « de Bachaumont » de cette année, la dernière répétition « avait tellement déplu que la reine n’en avait pas voulu ». L’opéra est finalement représenté devant la Cour un mois plus tard à Versailles, mais sans succès, les Mémoires secrets assurant que « l’on ne [pouvait] guère éprouver un sort plus humiliant pour une tragédie de ce genre, qui, au lieu de faire pleurer la cour, l’a fait rire ». Les Horaces, sous cette même forme, sont pourtant représentés à l’Académie Royale de Musique quelques jours plus tard. L’échec est plus cuisant encore : la musique est à peine écoutée, et le poème excite « des réclamations vives de la part du parterre. Lorsque la toile a été baissée, il s’est même élevé des huées générales assez soutenues », toujours selon les Mémoires secrets. L’ouvrage est immédiatement retiré de l’affiche pour permettre de remanier les passages les plus décriés. Toujours sans succès... Une troisième représentation a encore lieu, cette fois dans une indifférence polie : l’œuvre quitte définitivement l’affiche et n’est pas même imprimée. Aujourd’hui, seuls des manuscrits permettent un accès à l’ouvrage. Outre les cabales qui agitaient alors le milieu parisien, la raison du mauvais accueil des Horaces est à chercher du côté du (fort tarabiscoté et fade) livret d’après Racine, et non pas de la musique qui est d’excellente tenue : fresques chorales, récitatifs tendus, accents pathétiques, jamais Salieri ne peut être pris en défaut d’originalité ou d’inspiration. Saluons donc l’entreprise des Talens Lyriques de Christophe Rousset de nous servir, en première discographique mondiale, ce superbe opéra. © SM/Qobuz « [...] À peine une heure et demie de musique : d’une concentration remarquable, l’œuvre ne trahit pas le moindre temps mort. Par sa puissance dramatique, elle annonce Cherubini ou Spontini, Salieri exploitant avec maestria toutes les ressources de l’orchestre. C’est bien ainsi que la conçoit Christophe Rousset, incendiaire comme on ne l’entend pas toujours, qui nous tient en haleine [...] Distribution de haut vol [...] L’orchestre et le chœur sont au sommet. » (Diapason, octobre 2018 / Didier Van Moere)
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Musiques du monde - Paru le 3 août 2018 | Aparté

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Mélodies (France) - Paru le 22 juin 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - Le Choix de France Musique - 5 étoiles de Classica
À ne voir en Gounod qu’un magistral compositeur de grands opéras à la française, on en oublie qu’il écrivit aussi, entre autres œuvres diverses, quelque cent cinquante mélodies tout au long de son ample carrière. Fait assez remarquable, près d’un tiers de ces pages ont été écrites en anglais (lors de ses années londoniennes, de 1870 à 1874), une quinzaine en italien, quelques-unes en espagnol et en allemand. Il en reste néanmoins bon nombre en français, parmi lesquelles Tassis Christoyannis et Jeff Cohen ont choisi vingt-quatre perles, un éventail complet allant de la toute première mélodie publiée – Où voulez-vous aller de 1839, l’année de son Prix de Rome ! – jusqu’à À une jeune Grecque de l’ultime maturité, en 1884. Le compositeur passe par tous les styles qui lui étaient chers, avec l’éclectisme qu’on lui connaît : romantisme français, Lied à l’allemande, orientalisme, écriture archaïque à l’ancienne… Sensible au sens des mots comme à leur sonorité, au balancement des vers, à la variété des périodes, Gounod excelle à trouver le mouvement mélodique qui colle aux inflexions de la prononciation, au rythme du débit expressif de la parole, établit les respirations qui sont l’alpha et l’oméga de l’éloquence. Chez lui, à la différence sans doute de son illustre aîné Berlioz, la musique est au service du mot qu’elle doit porter et rehausser si possible. Découvrez ce délicieux chapelet de perles, des œuvres qu’on aimerait entendre bien plus souvent en récital. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 15 juin 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica
Des trois compositeurs présentés sur cet album, l’Estonien Jaan Rääts est sans doute moins connu du public ouest-européen que Arvo Pärt et Henryk Górecki – même si ce dernier est célèbre pour une œuvre, la monumentale Troisième Symphonie qui ne représente guère la majorité de sa production. Cela dit, Lerchenmusik – un jeu de mots, puisque « Lerche » est l’alouette en allemand, mais aussi le nom de la dédicataire ! – ne manque pas de points communs avec la symphonie en question : tempo constamment lent, voire très, très lent, longs accords planants et sombres, thématique de considérable ampleur. L’ouvrage pour clarinette, violoncelle et piano, a éventuellement été écrit en cette année 1985 dans un esprit similaire, puisque Górecki avait peut-être conçu ce qui plaisait au public dans son langage, du moins celui de la symphonie, à savoir l’aspect incantatoire quasi-religieux. Alors pourquoi décevoir le public… Pärt, de son côté, avait écrit Mozart-Adagio en mémoire à Oleg Kagan, dans une première version pour violon, violoncelle et piano, mais la présente réécriture a été réalisée exprès pour les musiciens de cet enregistrement. Le compositeur se saisit d’un mouvement lent de Mozart auquel il fait subir quelques métamorphoses harmoniques et thématiques. Enfin, les Études kaléidoscopiques de Jaan Rääts sont présentées en première mondiale discographique. L’aspect kaléidoscopique est obtenu en juxtaposant de courtes cellules thématiques, rythmiques ou instrumentales, comme les mille facettes minimalistes et fermées sur elles-mêmes, comme ce que peut offrir la vision à travers le kaléidoscope. © SM/Qobuz
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Musique vocale (profane et sacrée) - Paru le 8 juin 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 étoiles de Classica
Avec ce nouvel opus discographique, Thibault Noally et son ensemble Les Accents dressent un portrait du genre de l’oratorio, au croisement des XVIIe et XVIIIe siècles et dans quatre écoles stylistiques : Naples, Rome, Venise et Vienne, sous la plume de Scarlatti-père, Caldara, Porpora, Bononcini et Gasparini. De la prière à la fureur, des feux d’artifice vocaux au recueillement, les airs sélectionnés (dont neuf inédits) l'ont été pour Blandine Staskiewicz et sont de parfaits exemples d’équilibre entre la qualité du matériau musical, la tension dramatique du texte, et le sentiment de ferveur. L’"oratorio", dans la mouvance de la Contre-Réforme, effectue un retour aux textes sacrés, mêlant ainsi la pratique artistique à la méditation religieuse. Les premières formes musicales développées privilégient l’emploi du « parler-chanter », qu’on appellera ensuite le récitatif, et du continuo. À vrai dire, peu de choses différencient alors l’oratorio de l’opéra. On ne peut même pas affirmer que l’oratorio se passait de représentation visuelle, puisqu’à Naples, Rome et Vienne, nombre d’oratorios étaient donnés en costumes et décors somptueux. Quant aux formes musicales, l’oratorio suit l’exemple de son frère scénique : à la fin du XVIIe, le récitatif y perd peu à peu de son importance au profit d’autres formes plus élégantes comme l’aria, riche en reprises, coloratures et ornements. Surtout, l’oratorio offre l’occasion d’entendre à bon compte de très grands chanteurs qui, pour diverses raisons, ne peuvent se produire sur scène : à Rome, lorsque les papes ordonnent la fermeture des théâtres – propices, selon eux, à la licence, voire à la prostitution – et interdisent aux femmes de chanter à l’église, on se précipite chez les princes et les prélats pour applaudir les belles. À Naples, les quatre grands conservatoires vont bientôt irriguer la vie musicale de toute la Péninsule, offrant des représentations d’oratorios permettant à leurs élèves de se roder en public. À Venise, les quatre « ospedali » réservés aux jeunes orphelines préservent certes leur pudeur derrière des gazes, mais elles entonnent force roucoulades sexy. Rome, Naples et Venise s’affirment ainsi comme les patries originelles de l’oratorio, auxquelles il faut ajouter Vienne, fer de lance du catholicisme au cœur du territoire germanique : grâce aux subsides des empereurs, la ville engage les meilleurs librettistes et compositeurs qu’a formés l’Italie. Parus à une époque charnière, les ouvrages choisis perpétuent jusqu’au milieu du XVIIIe siècle la veine rhétorique du XVIIe. © SM/Qobuz « [...] l'engagement dramatique de la mezzo-soprano abolit les frontières entre sacré et profane... pour ne pas dire entre l'âme et le corps. [...] Porpora écrivait pour les plus grands castrats du moment. Blandine Staskiewicz ne leur cède en rien pour ce qui est de la rondeur du timbre, du galbe des phrasés et de la ductilité vocale. On peut compter sur les biens nommés Accents pour contrepointer la soliste de leurs échappées instrumentales. Un récital de haute volée. [...] » (Classica, septembre 2018 / Jérémie Bigorie)
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Classique - Paru le 11 mai 2018 | Aparté

Hi-Res Livret
Qui a dit que la valse était légère ? Pour cet album consacré au genre, Vassilis Varvaresos bouscule les préjugés avec un florilège étourdissant. Loin de la danse frivole du XVIIIe siècle, les œuvres choisies ici sont chargées de sensualité, d’ironie et de puissance. Le programme propose en soi un véritable tourbillon musical : Liszt et sa valse diabolique ; Schumann et son émotion tout en clair-obscur ; l’élégance triste de Tchaïkovski ; Scriabine et sa sensualité luxuriante ; la liberté jubilatoire de Rosenthal sur des thèmes de Johann Strauss; et, sur les ruines du passé, la Valse de Ravel à la noirceur vénéneuse... Cette invitation au vertige à trois temps est un terrain de jeu idéal pour l’expressivité nuancée et la virtuosité éclatante du pianiste grec, diplômé de la Julliard School et du CNSM de Paris, lauréat du concours international de piano George Enescu en 2014, et du Piano Masters Competition en 2015. Eblouissant ! © Aparté
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Classique - Paru le 27 avril 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 Sterne Fono Forum Klassik
Athanor. Un nom mystérieux qui désigne, en alchimie, le fourneau à combustion prolongée qui permet de réaliser la pierre philosophale. Cette matrice, symbole de la quête d’absolu, représente métaphoriquement la démarche de Liszt. Avec la patience de l’alchimiste qui cherche à parfaire la matière, le compositeur et pianiste virtuose a longuement mûri la genèse de ses deux Concertos pour piano et de sa Totentanz : plus de vingt années séparent les premières esquisses de leur publication. Ces trois œuvres majeures sont chacune traversées par un fil conducteur thématique puissamment envoûtant, et mues par une logique de transformation : la Totentanz utilise la forme "Thème et variations", tandis que dans dans les concertos, un thème unificateur nourrit tout le flux musical par ses métamorphoses. La pianiste Beatrice Berrut, qui s’aventurait déjà sur les sentiers lisztiens dans son précédent disque, témoigne ici de l’invention infinie de Lizst : elle interprète le Premier Concerto en intégrant les variantes notées par le compositeur lui-même sur l’exemplaire de son élève Hans von Bülow. © Aparté
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Musique de chambre - Paru le 27 avril 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Il n'est plus utile de présenter Emmanuel Ceysson, harpiste prodige multi-récompensé, soliste à l’Opéra National de Paris et désormais au MET Opera de New York. Sa folle ascension évoque celle du français Carlos Salzédo, né au XIXe siècle et qui devint à New York le plus grand harpiste de son temps, et révolutionna le répertoire de son instrument. Ce nouvel album traverse le XXe siècle dans un programme à l’inspiration gothique, placé sous le signe du mystère et du fantastique. La lumineuse Ballade de Salzédo résonne ici avec les œuvres de compositeurs célèbres : les atmosphères impressionnistes d’un Debussy miroitent, les décors fantastiques de Caplet s’animent, et les beautés de l’écriture de Hindemith jouent de l’incroyable palette sonore de cet instrument-orchestre. Puissante dans le grave, cristalline dans l’aigu, l’insolite harpe rouge d’Emmanuel Ceysson – conçue d’après la harpe de Salzédo lui-même – s’épanouit pleinement tant dans les pièces virtuoses en solo que dans le dialogue avec les cordes du Quatuor Voce dans le très argentin Quinteto Rojo de Gustavo Leone. Intelligente de cohérence, cette balade musicale offre de découvrir les mondes sonores inédits et captivants de la harpe, avec un répertoire spécialement écrit pour cet instrument. © Aparté « [...] Un bon disque de harpe, c'est d'abord un programme bien construit. Ce deuxième opus pour Aparté est à cet égard exemplaire. [...] le Red Quintet mis à part, on n'a affaire qu'à des œuvres de grande valeur. [...] Tout cela est joué avec un art consommé, sur un instrument superbe : nuances et phrasés d'un soin irréprochable, maîtrise des polyphonies, variations extraordinaires des timbres et des attaques, absence de bruits parasites, maîtrise des résonances, tout contribue au bonheur. Le Quatuor Voce, inspiré par ce voisinage, se montre à la hauteur de l'enjeu, et son expressivité fait merveille dans le Caplet, recevant ici une version de référence [...] » (Diapason, juillet-août 2018 / Michel Stockhem)
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Quatuors - Paru le 20 avril 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Choc de Classica
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, cette première intégrale des quatuors à cordes (dont deux inédits) sur instruments d’époque révèle une partie méconnue de son œuvre, dominée par la musique vocale. Figure majeure du Romantisme français, Gounod s’inscrit avec ses cinq quatuors dans la lignée du classicisme viennois. Les accents lyriques du Quatuor en sol mineur ou la légèreté aérienne du Scherzo du Petit Quatuor évoquent rien moins que les noms de Schubert et Mendelssohn. Les musiciens du Quatuor Cambini-Paris (Julien Chauvin, Karine Crocquenoy, Pierre-Éric Nimylowycz et Atsushi Sakaï) restituent avec grâce ces pages empreintes de gravité et de suavité. © Aparté/Little Tribeca
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Duos - Paru le 30 mars 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - Gramophone Editor's Choice
« Contrastes vifs, élans intenses et soutenus, timbres riches, prises de risque : les premières mesures de l'Opus 80 promettent un disque hors du commun : la palette des nuances est aussi tendue au violon qu'au piano. La violoniste moldave [...] démontre qu'une personnalité ardente (Allegro brusco) peut rester maître de ses émotions. Quant au pianiste ouzbek Michail Lifits [...], il joint l'agilité à la puissance. La connivence de ces deux forts tempéraments nous aura tenus en haleine tout au long de la première sonate. Chaque phrase a quelque chose à dire, et les climats les plus étranges sont livrés "en chair et en os" sans que les deux jeunes musiciens n'aient jamais besoin de forcer. [...] » (Diapason, juillet-août 2018 / Jean-Michel Molkhou)
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Messes, Passions, Requiems - Paru le 23 mars 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
Dès les premières années du XVIIIe siècle s’affirme dans l’Allemagne luthérienne la tradition d’un oratorio de la Passion donné chaque année lors de la Semaine sainte. À Hambourg, où Telemann devait demeurer quarante-six ans directeur de la musique, ce seront donc autant de Passions qu’il fit entendre. Mais en d’autres postes occupés antérieurement, il avait déjà fait exécuter des oratorios de la Passion, ce qui porte à une soixantaine (!) le nombre de ses œuvres sur ce seul thème. Ces Passions pouvaient être strictement liturgiques, c’est-à-dire suivre rigoureusement le texte de l’un des quatre évangiles, mais elles pouvaient également paraphraser librement le récit de la Passion, dans une narration d’un auteur contemporain, voire proposer des méditations sur ces événements. Ainsi Seliges Erwägen de Telemann, dont le titre entier précise bien l’objet : Oratorio de la Passion, ou Contemplation spirituelle sur les amères souffrances et la mort de Jésus Christ, pour inciter à la prière, en diverses méditations tirées du récit de la Passion. Non pas un récit linéaire de la Passion, comme chez Bach, mais une suite de méditations individuelles en musique. L’œuvre aurait été composée en une version primitive dès 1719, puis revue et complétée trois ans plus tard pour Hambourg où eut lieu la première exécution le 19 mars 1722. Le succès fut semble-t-il considérable, et l’œuvre fut redonnée de très nombreuses fois tout au long des décennies suivantes. Ce fut peut-être l’œuvre sur la Passion la plus jouée au XVIIIe siècle, avant même la Brockes Passion du même Telemann… Pas d’évangéliste ni de narrateur, mais une évocation de la suite des principaux événements de la Passion. C’est pourquoi il n’y a que deux « rôles » principaux, celui du Christ avec six airs et six récitatifs, et l’allégorie de la Dévotion (soprano ou ténor) comme porte-parole des pensées des fidèles, avec huit airs et huit récitatifs. Restent pour toute narration Pierre, avec son reniement et son désespoir, et Caïphe, le grand prêtre qui va condamner Jésus, pour un unique air très violent. Il s’agit donc bien d’une succession de méditations dévotionnelles individuelles. L’instrumentation, en particulier, est d’une extraordinaire richesse. Outre les cordes, le continuo et les bois habituels, s’adjoignent pour leur couleur spécifique deux cors, deux chalumeaux, ancêtres de la clarinette – quel dommage que Bach ne se soit jamais saisi de cette sonorité ! –, des effets d’écho de flûtes à bec, un magnifique solo de basson entrelaçant la voix de soprano ; bref, encore une fois, Telemann nous prouve que loin d’être un robinet d’eau tiède baroque, il est l’un des plus imposants esprits musicaux de son temps. Aux commandes l’exemplaire Freiburger Barockorchester et un beau plateau de solistes. © SM/Qobuz « [...] Ce chef-d'œuvre miroitant, d'une intense profondeur spirituelle, méritait de nous être révélé et dans d'excellentes conditions. Gottfried von der Glotz sait jouer de ce kaléidoscope d'affects [...] Un grand Telemann. » (Diapason, juin 2018 / Jean-Luc Macia)
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Musique symphonique - Paru le 16 mars 2018 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason

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